vignette|upright|Joseph Hackin étudie la "Grande plaque en ivoire à décor sculpté en fort relief". Mission Hackin 1939-1940, Trésor de Begrâm, salle n°13, juillet-août 1939.

Le Trésor de Begrâm est une découverte archéologique majeure effectuée dans les années 1930 à Begrâm, en Afghanistan. Les pièces ont été partagées entre la France et l'Afghanistan.

Le trésor était composé d’œuvres d’art fabriquées de la Grèce à la Chine et emblématiques du rôle commercial intense mené sur la route de la soie.

L'ensemble retrouvé à Begrâm, l'ancienne Kapiçi, .. Pris longtemps comme une cache de marchand, on le reconnaît maintenant comme une trésorerie royale murée, durée 58 min, moment: 19:50.

Histoire

Le site de Begrâm, à environ 60 km au nord de Kaboul, est occupé dès l'époque achéménide et correspond à la cité d'Alexandrie du Caucase fondée par Alexandre le Grand en 328-327 av. J.-C..

L'Empire kouchan fut administré sous Kanishka, règne sous lequel il est à son apogée. à partir de trois capitales : Purushapura (actuelle Peshawar au nord du Pakistan), Bagram, Mathura, au nord de l’Inde. Begrâm, alors appelée Kapisa, était leur capitale d'été.

La cité est abandonnée à partir de 400 environ.

Redécouverte Le est signée à Kaboul une convention attribuant à la France le privilège des fouilles archéologiques en Afghanistan. Alfred Foucher identifie en 1923 Begrâm comme Kapiçi, la capitale du Kapiça, considérant le site comme prometteur pour les recherches archéologiques qui y seraient entreprises.. Cependant les ordres venus de Paris lui imposent de commencer la recherche archéologique à Bactres.

Les fouilles de Begrâm débutent en décembre 1936, menée par Joseph Hackin et son épouse Ria dans le cadre de la Délégation archéologique française en Afghanistan ; le trésor est découvert en octobre. 1937 par Ria Hackin et dégagé avec soin dans la chambre 10 et la salle contigüe (n°13) est fouillée quant à elle en juillet-août 1939..

La salle 10 avait été murée, sans doute à la veille d'une attaque. Les objets, installés sur des étagères, s'étaient brisés lors de l'effondrement de celles-ci en un aggravé par la chute du plafond de la pièce selon HackinCité par Cambon dans ..

La découverte a un retentissement international.

Les découvertes sont partagées entre la France et l'Afghanistan, en vertu d'un accord de monopole des fouilles, en 1937. Certaines pièces rejoignent les collections du musée Guimet à Paris tandis que d'autres intègrent celles du Musée national afghan de Kaboul..

Les fouilles se terminent sans avoir pu être achevées le .. Les fouilleurs, le couple Hackin et l'architecte Jean Carl qui leur était attaché, disparaissent tragiquement lors de la Seconde Guerre mondiale et les rapports de fouilles sont publiés après le conflit. Aucune publication générale ne permet de préciser le contexte de la découverte du trésor..

Certains éléments du musée de Kaboul sont confiés par sécurité sous couvert de l'UNESCO au musée Guimet en 1997 et 1999..

Description et galerie Le trésor était constitué de pièces d'artisanat fabriquées tout au long de la Route de la soie, de l'Empire romain à la Chine.

Le trésor contenait une grande variété d'objets : des éléments de décoration en ivoire sculpté provenant de meubles indiens. Ces ivoires sont travaillés dans plusieurs styles, comparables à ceux de Mathura (et de Sanchi) ou d'Inde du Nord-ouest, voire réalisés par des ateliers locaux (bactriens) formés en Inde du Nord. Un ivoire similaire ayant été trouvé à Pompéi ; des laques chinoises de l'époque Han ; des verres peints gréco-romains, dont un verre comportant une représentation du phare d'Alexandrie (conservé à Kaboul) et un verre comportant une scène de l'Enlèvement d'Europe par Zeus (conservé à Paris) ; des verres soufflés, dont des flacons en forme de poisson, des bronzes évoquant l'art indo-grec et indo-parthe de Taxila ; des emblemata (singulier : emblema), stucs d'origine méditerranéenne ou hellénistique, marquant les liens avec Alexandrie et le monde romain et rappelant les trouvailles de Chersonèse..

Joseph Hackin interprète alors le trésor comme étant d'époque kouchane, l'empire kouchan sous Kanishka se situant au carrefour entre monde romain et monde chinois.

Galerie

Interprétation et datation

Les objets par leur variété posent de nombreuses questions., en particulier sur l'histoire de l'empire kouchan et des civilisations voisines, et aussi la raison de la concentration de tels éléments à cet endroit.

La datation de l'ensemble est complexeEn 2004 le trésor est daté, par deux experts, du : . en 2004 la datation se porte sur le , et plus précisément sur l'époque du royaume indo-parthe, si les dates de ce royaume restent sans changement. Les recherches de 2001 évoquaient le début du , époque du règne de Kanishka à qui le trésor aurait peut-être appartenu. Les pièces retrouvées à Begrâm n'ont que peu de parallèles ailleurs qui auraient permis une comparaison, pour la verrerie romaine et aussi les ivoires dont seul un exemple provient de Pompéi. Cependant on remarquait en 2004 que ces verres colorés provenaient probablement d'Alexandrie d'Égypte. Un verre semblable a été découvert à Pompéi..

Les pièces gréco-romaines et chinoises sont datées du début de l'ère commune, les éléments d'ivoire étant plus difficiles à dater. L'Inde n'a en effet pas conservé de vestige de l'activité des ivoiriers de la période .-IIIe siècle..

Le trésor est un témoignage essentiel des échanges commerciaux denses que connaissait la région à l'époque. Le trésor démontre ainsi l'étendue des échanges entre traditions gréco-bactriennes, nomades et indiennes sous les souverains kouchans. L'art kouchan du Gandhara a su cultiver cette synthèse étonnante..

Notes et références

Bibliographie

Ouvrages généraux et sur l’Asie centrale en général

Ouvrages sur l’Afghanistan

Articles et ouvrages sur le trésor

Voir aussi

Liens internes Royaume indo-parthe Empire Kouchan Royaume indo-grec Parthes Gandhara Art gréco-bouddhique

Liens externes

Le trésor de Begrâm sur le site histoiredelantiquite.net Le mystère du trésor de Begram Film retrouvé sur la découverte Article sur la restauration des verres du trésor Galerie de photos Compte-rendu de l'ouvrage de Cambon, Jarrige, Bernard, Schiltz : Afghanistan, les trésors retrouvés. Collections du musée national de Kaboul, catalogue d’exposition, Musée national des arts asiatiques-Guimet, Paris, 6 décembre 2006-30 avril 2007 Compte-rendu de l'ouvrage de Darbois et Tissot, Kaboul, le passé confisqué. Le musée de Kaboul 1931-1965 Rachel Mairs, Glassware from Roman Egypt at Begram (Afghanistan) and the Red Sea trade

Bagram Catégorie:Archéologie en Afghanistan