Oufa (en ; en , Öfö ) (Œfœ) est une ville de l'Ouest de la Russie. Située à une centaine de kilomètres des monts Oural, elle est la capitale et la plus grande ville de la république de Bachkirie, en Russie. Elle en représente le centre industriel, économique, scientifique et culturel. Sa population s'élevait à en 2020.

Géographie

Situation vignette|gauche|200px|Oufa : la rivière Belaïa gelée. La ville se trouve sur de légères collines, à une centaine de kilomètres à l'ouest des monts Oural méridionaux. Elle est située sur la presqu'île d'Oufa, au bord de la rivière Belaïa, dans laquelle se jettent la rivière Oufa et la Dyoma (affluent gauche). Elle a une municipalité qui s'étend sur du nord au sud et sur d'est en ouest. Ses en font la troisième municipalité la plus étendue de Russie, après Sotchi et Volgograd.

Oufa est située à à l'est de Moscou et à à l'est de Nijni Novgorod.

Le fuseau horaire de Oufa est GMT+05:00 ou CET+04:00 (heure d'Europe centrale + 4 heures) pendant toute l'année.

Climat Oufa est située dans la zone de steppe arborée modérée du nord. Le climat est continental et humide, avec des étés frais et des hivers froids.

Géologie La ville d'Oufa est construite sur des dépôts permiens et quaternaires. La partie inférieure, épaisse au total de , des dépôts est composée de gypse, d'anhydrite et de dolimite du Koungourien, bien que parfois ces roches peuvent se retrouver la surface en raison de l'érosion. La partie intermédiaire, épaisse d'environ , est composée d'argile, d'argilite, de calcaire et de marne, avec de fortes infiltrations d'eau, provoquant a formation dans la couche du karst. Les dépôts supérieurs du Quaternaire sont eux plus minces.

La ville se trouve sur un éperon érodé à la confluence des rivières Belaïa et Oufa. Les processus tectoniques au cours des périodes négoène et quaternaire ont conduit à la formation de failles dans le sous-sol de la ville. Actuellement, en raison de la masse des constructions et de la pression croissante qui en est entraînée, la subsidence du sol est d'entre . Le karst, les failles et les mouvements de blocs de roches en sous-sol entraînent la déformation des bâtiments, accentué par les infiltrations d'eaux dans le sol qui permettent la formation du karst.

Morphologie urbaine La morphologie urbaine d'Oufa fait d'elle une ville linéaire, qui s'étend dans un axe nord-sud. L'urbanisation est délimitée par la rivière Belaïa au sud et à l'ouest, et par la rivière Oufa à l'est.

Histoire

Anciens peuplements vignette|Figurine en bronze d'un cheval du site archéologique d'Oufa II des . Des restes du Paléolithique ont été découverts à Oufa, ainsi le site Oufa par l'archéologue Piotr Ichtcherikov en 1953, dans le centre-ville moderne actuel. Le savant arabe Al Idrissi décrit au un village bachkir du nom de Gourkhan qui abrite de nombreux guerriers turcs et un autre auteur du , Ibn Khaldoun, évoque la ville de Bachkort, appartenant à la Horde d'or. Les cartographes occidentaux la situent au à l'embouchure de la rivière Oufa, c'est-à-dire à l'endroit actuel de la ville. L'historien russe du , Piotr Rytchkov, décrit une ville bachkire s'étendant sur une dizaine de verstes, comme étant la résidence du khan bachkir Tourakhan.

Oufa tsariste

Fondation () La plus grande partie de la Bachkirie entre volontairement dans les limites russes en 1557, les chefs bachkirs gouvernent de Kazan. Ils demandent en 1573 à Ivan le Terrible de leur construire une forteresse. C'est ainsi qu'à partir de la fête de la Trinité 1574, Ivan Hagovo (parent de la dernière épouse d'Ivan le Terrible) fait construire un fortin sur un emplacement stratégique, à la confluence de la Belaïa et de la rivière Oufa. C'est donc le fondateur de la ville moderne dans la seconde moitié du . La fondation de la ville permettait de collecter le iassak ainsi que d'améliorer la défense des Bachkirs contre les raids des Kazakhs et des Kalmouks. Une église dédiée à la Sainte Trinité est construite sur la colline de Tourataï (la colline-forteresse) et un peu plus loin les premières maisons et isbas.

Un centre de colonisation (Fin et ) La fondation de la ville commença la colonisation russe de la Bachkirie, Oufa étant la dernière véritable ville avant les immensités sibériennes et un avant-poste russe à la limite des contrées d'Asie centrale. Elle devint rapidement un centre pour les opérations russes de colonisations, supervisant la collecte du iassak de la Bachkirie mais aussi de régions environnantes comme Perm et la Sibérie occidentale. Elle devint aussi un centre diplomatique où les autorités russes conduisaient leurs échanges avec les Kazakhs et les pays d'Asie centrale. La ville occupait notamment à la fin du une position stratégique face au Khanat de Sibérie, dont son khan Koutchoum mençait le pouvoir russe dans ses régions orientales. Dans les années 1590, les terres autour d'Oufa furent distribuées généreusement aux officiers, grands propriétaires et streltsy.

Elle était sous le commandement de Mikhaïl Nagoï et la garnison abrite deux cents soldats.

Obtenant en 1586 les droits de cité, elle reste la seule ville de la région jusqu'à la fondation de Birsk en 1663, hébergeant nombre de dignitaires tsaristes, de streltsy et de marchands. Les premiers habitants de la ville furent des officiers, des Tatars servant l'armée russe, des Bachkirs baptisés, des traducteurs et le groupe le plus nombreux que constitue celui des traducteurs. Un voïvode fut placé à Oufa, dirigeant les activités du tsarat dans la région.

On l'entoure ensuite de remparts et on y installe une place de marché. La longueur de ses remparts étaient au début d'environ 440 mètres, soit le plus petit fort des villes de la frontière russe. La ville est dotée dès la fin du d'une cathédrale dédiée à Notre-Dame de Kazan, détruite en 1600. Une nouvelle cathédrale est construite à la place dédiée à Notre-Dame de Smolensk à l'emplacement actuel du monument de l'Amitié. Cette nouvelle cathédrale est consacrée en 1616.

En 1662, une rébellion des Bachkirs éclata envers les Russes, avec comme raison immédiate les Russes qui s'étaient mis du côté des Kalmouks, désavantageant les Bachkirs, tandis que les raisons profondes étaient les politiques russes en Bachkirie. La rébellion commença dans l'ouïezd d'Oufa et s'étendit à travers le territoire. En , les troupes assiégèrent la ville, mais pour des raisons inconnues les quatre différentes forces ne se retrouvèrent pas sur le même lieu pour conduire le siège, menant à l'échec de celui-ci. Après la fin de la rébellion en 1664, le voïvode d'Oufa Fiodor Fiodorovitch Volkonski, réputé pour sa corruption, fut remplacé.

Centre de gouvernement vignette|gauche|Oufa en 1910, phot. de S. Prokoudine-Gorski. La ville fait partie du gouvernement de Kazan à partir de 1708 et devient le chef-lieu de la province d'Oufa en 1728. En 1744, elle fait partie du gouvernement d'Orenbourg et devient en 1781 le chef-lieu du district d'Oufa, dont le premier gouverneur est Ivan Lamb (1761-1804).

Quand Peter Simon Pallas visita la ville en 1770, il la décrit comme une pauvre ville sans commerce ni manufactures. Le commerce à Oufa consistait d'après ses dires à tirer le plus possible de Kazan pour le vendre au plus haut prix possibles aux Bachkirs dans la ville.

En 1796, elle retourne au gouvernement d'Orenbourg et en 1802 elle devient chef-lieu de gouvernement avec siège de l'administration. L'architecte écossais William Hastie réalise le premier plan général de la ville en 1803, mais son projet n'aboutit pas. Il retourne à Oufa en 1817 qui aboutit à un autre projet deux ans plus tard et qui est mis en œuvre pendant tout le . La ville reçoit son blason au .

Oufa devient la capitale du gouvernement d'Oufa en 1865. La ville est alors en plein essor industriel, tandis que le chemin de fer lui donne une nouvelle impulsion entre 1888 et 1892.

Guerre civile russe vignette|Plan directeur soviétique d'Oufa de 1939. Sous la protection de la Légion tchèque, un gouvernement « panrusse », surnommé Directoire d'Oufa, dominé par les socialistes révolutionnaires est installé à Oufa pendant la guerre civile russe. Le , l'amiral blanc Alexandre Vassilievitch Koltchak renverse ce gouvernement et se proclame régent suprêmeAndré Fontaine, Histoire de la guerre froide, en deux tomes, Fayard, 1967, réédition Le Seuil, 1983 : 1. De la révolution d'octobre à la guerre de Corée ; ..

Période soviétique La fin de la période soviétique dès la deuxième moitié des années 1980 s'est illustrée à Oufa par l'apparition de réseaux informels. En 1987, un projet de construction d'usine chimique à Sterlitamak entraîne des manifestations dans cette ville puis à Oufa, où plusieurs manifestations rassemblent des milliers de manifestants dans les rues de la ville. En parallèle, la crise profonde que traverse le PCUS de Bachkirie en pleine chute du bloc de l'Est fait que le , le Comité municipal du parti pour la ville d’Oufa présente sa démission. Le , Boris Eltsine dans le discours qu'il prononce dans la ville fait de la surenchère face au gouvernement soviétique bachkir. Le , alors que le Soviet suprême de Bachkirie doit adopter la déclaration de souveraineté de la république, le bâtiment du Soviet est cerné pendant plusieurs heures par la foule des manifestants.

Depuis 1991

Population et société Démographie Recensements (*) ou estimations de la population — — — .

Nationalités Selon les résultats du recensement national de 2002, Oufa est habitée principalement par des Russes (50,2 %), des Tatars (28,1 %) et des Bachkirs (14,8 %).

Les autres groupes ethniques (plus de ) sont les Ukrainiens (), Tchouvaches (), Maris (), Biélorusses (), Mordves (), Arméniens (), Allemands (), Juifs (), Azéris ()National composition of population of the Republic of Bashkortostan (according to the All-Russia population census 2002). Statistical handbook. Bashkortostanstat. Ufa. 198 p..

Religion vignette|Clocher de la cathédrale de la Nativité-de-la-Vierge Les deux religions principales d'Oufa sont l'orthodoxie (estimé à près de 50 % de la population) et l'islam sunnite (près de 45 % de la population). Église orthodoxe russe : Oufa est le siège du diocèse d'Oufa-Sterlitamak. L'église-cathédrale d'Oufa est la cathédrale de la Nativité-de-la-Vierge, rue Kirov. Les autres églises sont celles de Saint-Serge, de Saint-Georges, de la Nativité, de l'Intercession, de Saint-Méthode-et-Saint-Cyrille, de Saint-André, de l'Ascension, de l'Exaltation de la Croix, de Saint-Nicolas, de Saint-Nicolas-de-la-Gare, de Saint-Pantélémon, de Saint-Siméon, et du Sauveur. Il y a aussi deux paroisses de Vieux-Croyants. Sunnisme : Oufa est le siège de la direction centrale spirituelle des musulmans de Russie et des pays européens de la CEI, qui inclut aussi la Sibérie et le Kazakhstan. Depuis 1980, il s'agit du grand mufti Talgar Tadschouddine. Il y a dix mosquées à Oufa, dont beaucoup ont été construites grâce aux subsides turcs. La mosquée Lyalya-Tyulpan constitue l'un des édifices architecturaux les plus marquants de la ville. Luthéranisme : la paroisse luthérienne-évangélique d'Oufa a été reconstituée dans les années 1990 et son église a été construite en 2010 Catholicisme: il existe une petite paroisse catholique, sous le vocable du Sacré-CœurElle dépend du diocèse de Saratov et elle est dirigée par un missionnaire italien Site de l'évêque de Saratov. Judaïsme : la synagogue d'Oufa a été construite en 2008.

Il existe aussi des mouvements religieux issus des États-Unis qui se sont récemment installés à Oufa, comme les mormons en 2001, qui ont construit un temple de prières, ou les Adventistes du Septième jour.

Sports

Le club de football FK Oufa, connu du temps du communisme comme Gastello Oufa, joue en deuxième division russe. Les matches sont joués au Stroitel-Stadion, d'une capacité de assises.