Sans famille est un roman français d'Hector Malot paru en chez Édouard Dentu à Paris.
L'histoire se situe au . C’est celle d’un enfant abandonné, Rémi, vendu par ses parents adoptifs à un saltimbanque nommé Vitalis. Parcourant les routes françaises et anglaises, l'enfant exerce différents métiers avant de découvrir le secret de ses origines.
L’œuvre fut d’abord publiée en feuilleton dans le journal Le Siècle du au , puis parut la même année sous forme de roman en deux volumes chez Édouard Dentu. En 1880, une édition illustrée fut publiée, avec des illustrations d’Émile Bayardde la Bibliothèque nationale de France.
L'œuvre a été de nombreuses fois adaptée au cinéma et à la télévision.
Les personnages Sans famille est une œuvre mettant en scène de nombreux personnages, tous plus ou moins importants, qui marqueront Rémi, l’aideront dans sa quête et dans sa vie, surtout pour retrouver sa mère.
Rémi : enfant trouvé. Il est le protagoniste de l’histoire. Vitalis : musicien ambulant, qui achètera Rémi à Jérôme Barberin. Mattia : ami proche de Rémi. Musicien prodige, il devient son compagnon le plus fidèle. Il partage avec lui les épreuves et les joies de son voyage. Leur relation prend une dimension fraternelle. Arthur : fils de Madame Milligan, c’est un enfant handicapé qui lutte pour survivre à sa terrible maladie. Rémi le rencontre pour la première fois sur Le Cygne, bateau appartenant à la mère d’Arthur, après que Rémi a été condamné à errer à la suite de l’arrestation de Vitalis à Toulouse. Joli-Cœur, Capi, Zerbino et Dolce : les animaux qui composent la troupe ambulante de Vitalis (le premier étant un singe et les trois autres des chiens). Jérôme Barberin : vend Rémi à Vitalis, le saltimbanque. Madame Barberin : mère adoptive de Rémi. Madame Milligan : anglaise, mère d'Arthur et de Rémi, vivant avec son fils cadet sur son bateau-péniche Le Cygne, au gré des rivières françaises. Lise : la petite fille muette Garofoli : il dirige et maltraite les enfants vagabonds et ainsi Mattia. Il sera mis en prison pour ses actes. Les Driscoll : Une famille de receleurs qui prétend être la vraie famille de Rémi.
Histoire Tome I Un village en Limousin
Jérôme Barberin vit avec son épouse à Chavanon, un village du sud de la Creuse, non loin d'Ussel, petite ville de Corrèze. Travaillant à Paris comme maçon, Il n’est généralement pas chez lui. Un jour, il découvre un nourrisson dont, apparemment, les parents sont riches car il porte de beaux langes. Dans l’espoir d’obtenir une bonne récompense, Barberin propose de prendre soin de l’enfant. Il le confie à sa femme, qui le nomme Rémi.
Lorsque Barberin est blessé dans un accident du travail, il attaque son employeur en justice, espérant recevoir une compensation financière. Engagé dans un coûteux procès, Barberin ordonne à sa femme de vendre sa principale source de richesse : leur vache, ainsi que d’abandonner Rémi. Celle-ci s’exécute, mais garde Rémi.
L’histoire débute, alors que Rémi a huit ans, avec le retour inattendu de Barberin. Constatant que Rémi est toujours là, le maçon estropié décide de se débarrasser de lui. Le lendemain, Barberin rencontre un artiste ambulant au cabaret local. Cet artiste, répondant au nom de Vitalis, qui voyage à travers la France avec trois chiens – Capi, Dolce et Zerbino – et Joli-Cœur le singe, propose de se charger de Rémi. Le marché conclu, Rémi doit quitter sa maison d’enfance, sans même avoir eu la possibilité de dire au revoir à sa mère, éloignée pour la circonstance, car elle aurait sûrement agi pour empêcher la transaction.
Voyage avec Vitalis
vignette|La vente de Rémi à Vitalis (dessins signés Ivan Loewitz)Pseudonyme de Léon-Alexandre Blanchot..|alt=Rémi est vendu à Vitalis|gauche
Rémi commence à parcourir les routes du sud-ouest de la France (le Quercy, Bordeaux, Pau) en compagnie de Vitalis, dont il s’avère qu’il est un homme bienveillant et sensible, et certainement de bien meilleure compagnie que Barberin. Vitalis apprend à jouer de la harpe, à lire et à jouer la comédie à son jeune protégé. Rémi connaît souvent la faim et il n’a pas de toit au-dessus de la tête, mais les animaux, en particulier Capi, deviennent des amis proches. En Vitalis, il trouve le père qu’il n’a jamais eu. Ensemble, ils sillonnent la France en gagnant leur vie en donnant des représentations théâtrales et musicales.
Lors de leur séjour à Toulouse, à la suite d’un triste incident, qui reflète l’injustice des structures sociales du , Vitalis est jeté en prison. Il n’est pas facile pour un enfant de dix ans de subvenir à ses besoins ainsi qu’aux quatre animaux laissés à sa garde.
Rencontre avec vignette|233x233px|Rémi faisant ses adieux à Arthur (dessins d'Ivan Loewitz). Sur le point de mourir de faim, ils rencontrent Le Cygne, une péniche descendant le canal du Midi et appartenant à une Anglaise du nom de et son fils malade Arthur. Afin de divertir le petit malade, les Anglais recueillent Rémi, qui devient bientôt une partie de la famille. Rémi apprend qu’Arthur avait un frère aîné, qui a disparu avant sa naissance, et que le beau-frère de , James, a tenté en vain de le retrouver. Cette disparition avantageait James Milligan, qui, aux termes du droit anglais, devait hériter de toute la fortune de son frère, si mourait sans descendance. La naissance d’Arthur a empêché cet héritage de se réaliser.
Rémi voyage pendant deux mois avec et Arthur sur le canal jusqu'à Béziers et Sète. Lorsque Vitalis sort enfin de prison, les Milligan offrent de garder Rémi avec eux. Vitalis désire cependant conserver Rémi avec lui, et, lorsque reconnaît qu’il est un homme bon et honnête, elle se résigne et ils se séparent. Vitalis dit à Rémi qu’il a fait le bon choix car il faut manger son propre pain.
Suite du voyage avec Vitalis gauche|vignette|La mort de Joli-Cœur (dessins d'Ivan Loewitz). Vitalis, Rémi et leurs animaux reprennent leur route vers le nord pour se rendre à Paris en passant par Arles, Avignon, Montélimar, Valence, Lyon et Dijon. Sur le chemin de Paris, une tempête de neige provoque une catastrophe pour la troupe : Zerbino et Dolce sont dévorés par des loups dans la forêt, et Joli-Cœur attrape une pneumonie. Afin de tenter d’amasser des fonds pour payer le médecin, Rémi et Vitalis donnent une représentation au cours de laquelle l’enfant entend chanter pour la première fois son maître. Jamais il n’a entendu chanter aussi bien, et il n’est pas le seul à avoir été ainsi surpris : une jeune dame, apparemment riche, se dit étonnée de la voix magnifique de Vitalis. Celui-ci réagit cependant avec courroux et explique ses capacités à la dame en lui disant qu’il fut jadis le domestique d’un grand chanteur. La dame explique qu’il lui rappelle un célèbre chanteur disparu de la Scala de Milan. Il ne manifeste aucune joie lorsque la dame donne à Capi une pièce d’or. À leur retour à leur auberge avec l’argent de la représentation, ils découvrent qu’il est trop tard et que Joli-Cœur est mort.
La troupe poursuit son voyage à Paris où Vitalis projette de laisser Rémi pour l’hiver chez un « padrone », pendant qu’il forme d’autres animaux. Le « padrone » était une autre institution du à qui les parents frappés par la pauvreté vendaient leurs enfants qui travaillaient pour lui. Lorsque Vitalis amène Rémi chez Garofoli, un « padrone » de sa connaissance, celui-ci n’est pas à la maison. Vitalis dit à Rémi de l’attendre, et qu’il sera bientôt de retour. Rémi va passer deux heures, en attendant le retour du padrone, à converser avec Mattia, un garçon maladif qui garde la maison, car Garofoli le croit trop stupide et incapable pour travailler dans les rues. La tâche de Mattia est de garder la marmite qui est cadenassée pour l’empêcher de s’alimenter à la dérobée. Lors du retour de Garofoli et des autres garçons, Rémi est le témoin des terribles abus de Garofoli envers ceux qui n’ont pu ramener le salaire quotidien qu’il exige d’eux. Lorsque Vitalis revient et qu’il voit les garçons punis au fouet, il menace de la police Garofoli, qui lui rétorque : « Si je disais seulement un nom, un seul nom, qui est-ce qui serait obligé d’aller cacher sa honte ? » Vitalis emmène alors Rémi, qui est intrigué, mais reconnaissant de ne jamais avoir à retourner chez Garofoli.
Mais cet acte de désintéressement sera fatal à Vitalis : cette nuit-là, en sortant par le sud de la capitale, incapable de trouver un endroit pour passer la nuit dans la tempête de neige qui fait rage, tous deux s’écroulent sous une haie après avoir vainement cherché à s’abriter dans une carrière dont ils ne trouveront jamais l’entrée. Lorsque Rémi reprend connaissance, il est dans un lit avec des gens autour de lui : un homme, deux garçons et deux filles. Rémi apprendra la terrible vérité : Vitalis est mort. Pour tenter de découvrir son identité, les policiers emmènent Rémi chez Garofoli, qui révèle la vérité : Vitalis était le célèbre chanteur italien Carlo Balzani. Lorsque, avec l’âge, sa voix s’est affaiblie, la honte l’a déterminé à disparaître et à changer son identité pour devenir « le signor Vitalis ».
Adoption puis désadoption par la famille Acquin vignette|Rémi chez les Acquin. La famille recueille Rémi et Capi. Le jardinier Pierre Acquin devient un vrai père pour Rémi, tandis qu’Alexis et Benjamin deviennent ses frères, et Étiennette et Lise, ses deux sœurs. Rémi aime surtout Lise, qui est muette, mais dont les yeux sont si éloquents. Il lui apprend à lire et il joue de la harpe pour elle. Elle aime particulièrement une chanson napolitaine qu’il lui chante.
Devenu jardinier en banlieue sud de Paris, Rémi connaît des années de travail acharné et de joyeux dimanches. Mais après deux ans, un terrible orage de grêle qui ravage les verrières des serres du père Acquin le réduit instantanément à la ruine. Ne pouvant plus acquitter ses obligations, il est emprisonné pour dettes. Même si les enfants, qui sont dispersés dans plusieurs villes chez des oncles et tantes, insistent sur le fait que Rémi fait aussi partie de la famille, aucun des oncles et tantes n’est disposé à prendre soin de lui. Le cœur à nouveau brisé, Rémi reprend ses pérégrinations de musicien ambulant en compagnie de Capi, en promettant à ses frères et sœurs de leur rendre visite sur son chemin et de leur apporter des nouvelles de leur père.
Tome II vignette|Rémi et Mattia.
Voyage avec Mattia
Rémi n’est pas long à rencontrer un compagnon. De passage à Paris, il tombe sur Mattia, le garçon italien de la pension Garofoli, en train de mourir de faim dans la rue. Mattia l’informe que Garofoli est en prison pour avoir battu à mort un jeune garçon, et il le supplie de le prendre dans sa troupe, composée seulement de Rémi et Capi. Rémi a peur car Mattia pourrait tout aussi bien mourir de faim avec lui que tout seul, mais ce dernier réussit à le convaincre qu’en s’entraidant l’un l’autre, ils ne mourront pas de faim. La « troupe de Rémi » se composera donc désormais de deux garçons de douze ans et d’un chien. Violoniste de talent, Mattia joue aussi d’autres instruments. Ayant travaillé quelque temps dans un cirque qui avait deux clowns anglais, il possède également un peu leur langue.