Le jeûne d’Esther (en hébreu : ) est un jeûne mineur du judaïsme, observé de l’aube au crépuscule du , à la veille de la fête de Pourim, en commémoration du jeûne de trois jours prescrit par la reine Esther aux Juifs de Suse ( : ).
L'instauration du jeûne Contrairement à une croyance populaire, le jeûne d’Esther ne célèbre pas les jours anniversaires du jeûne. En effet, ce jeûne eut lieu, selon la tradition rabbinique le 13, le 14 et le , c’est-à-dire à la veille de Pessa’h et ses deux premiers joursT.B. Meguila 15a, Yebamot 121b, Midrash Sho’har Tov 22.. L’interdit de jeûner à Pessa’h aurait été outrepassé car, aurait dit Esther, s’il n’y avait plus d’Israël, à quoi servirait Pessa’hMeguila 15a ; Yalkout Shim’oni sur Esther, Remez 800-156. ? Toutefois, l’état d’urgence étant passé, et le Second Temple reconstruit, cet usage ne pouvait être maintenutraité Soferim 21:1. et le jeûne fut transféré au premier et second lundi ainsi qu’au premier jeudi suivant Pourimid. 17:3..
Ce fut selon toute vraisemblance au temps des Gueonim que fut institué le jeûne d’Esther à la date du , car dans le Talmud de JérusalemYeroushalmi Ta’anit 2:13, qui se basait sur la Meguilat Ta’anitRédigée peu avant la destruction du Second Temple. Néanmoins, les jours fériés, pendant lesquels il était interdit de jeûner, furent abolis après la destruction de Second Temple, raison pour laquelle il est possible de jeûner un 13 Adar., le était un jour de joie, appelé le « Jour de Nicanor », commémorant la victoire de Judas Maccabée sur le général hellène Nicanor (également mentionné dans 2 Macc. 15:35-36), et la coutume de jeûner le n’apparaît ni dans le Tanakh ni dans le Talmud. En revanche, RachiResponsum de Rachi rapporté dans le Sefer Pardes et le Mahzor Vitry., et Moïse Maïmonide la mentionnent<ref>Maïmonide précise même que le est en commémoration, du jeûne tenu à l’époque de Haman - Mishneh Torah Hilkhot Ta'aniot 5:4.</ref>. La première occurrence du jeûne, ainsi que le calcul de la date se trouvent dans le She’iltot deRav A’haï Gaon (parashat Vayaqhel she’ilta 67:18) : le jeûne s’était perpétué depuis, ainsi qu’il est écrit (Esther 9:31) : or, selon le Gaon, parle d’un treizième jour, et le Talmud de Babylone (Meguila 2a) enseigne que , ce rassemblement se serait fait dans un but de prière publique et de jeûne. du fait de l’interdiction de jeûner le , le jeûne avait été repoussé après PourimAinsi qu’on le trouve dans le traité Soferim..
Rabbenou Tam (cet enseignement ne se trouve pas dans les Tossafot, mais est cité par le RoshCommentaire du Rosh sur le traité Meguila 1:1), le plus éminent des Tossafistes () enseignait que le jeûne ne commémorait pas celui prescrit par Esther, mais était néanmoins suggéré dans la Meguila : zman qehila signifiait selon lui que le peuple se serait réuni à la veille de la bataille, le , afin de s’attirer la faveur divine. Afin d’appuyer ses dires, Rabbenou Tam faisait remarquer que Moïse jeûna lors de la bataille contre AmalekExode 17:11..
Ordonnances du jeûne Ce jeûne n’étant cependant pas l’un des quatre prescrits par la Torah et les prophètesRachi le considérait même comme un minhag ’alma, une coutume mondialement observée - , les restrictions sont moindres, et les femmes enceintes, les mères au foyer, toute personne trop malade ou affaiblie pour supporter ce jeûne, en sont dispensésMoïse Isserles, Darkei Moshe sur le Tour, 786..
avis : cependant certains décisionnaires ne considèrent pas ce jeûne comme une coutume mais comme une commémoration du jeûne de trois jours instauré par la prophétesse Esther. Il s'applique donc à toute personne qui peut le supporter.(https://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/1128432/jewish/4-Le-Jene-dEsther.htm)
Certains jeûnaient trois joursChoulhan Aroukh, Orah Hayim 786. mais de nos jours, seul le jeûne du 13 continue d’être observéSelon l’Aroukh Hachoul’han ad loc, du fait de l’affaiblissement des générations..
Lorsque le tombe un jour de Shabbat (comme c’était le cas en 2007, en 2013 et en 2017), le jeûne est repoussé au jeudi précédent, car le vendredi est nécessaire pour se préparer pour le Shabbat, et la fête de Pourim à venir.
Le jeûne d'Esther dans la Kabbale Selon Joseph CaroMaguid MeYsharim, parashat Vayaqhel., le jeûne prescrit à la veille de Pourim, ainsi que celui à la veille de Pessa’h ont pour but de rappeler à l’homme que s’il lui est permis de boire du vin à volonté, ce n’est pas pour satisfaire son (yetzer hara''), mais pour honorer son Créateur.
De plus, le jeûne d’Esther ne célèbre pas seulement le passé mais aussi les jours à venir, la demande de libérer les Juifs de Haman s’appliquant aussi à l'exilRabbi Moshe ben Makhir, in ’Hemdat Hayamim..
Date du jeûne dans le calendrier grégorien Le jeûne d’Esther coïncide avec le : lundi jeudi 25 Février 2021 mercredi lundi jeudi (avancé en raison de shabbat) jeudi lundi lundi
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Pourim Livre d’Esther Esther (Bible)
Liens externes Taanit Esther Pniné Halakha, Rav Eliézer Melamed. Lois du Taanit Esther sur le site.daat Shiour d’Avraham Korman sur le jeûne d’Esther
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