vignette|La Joconde, célèbre portrait en buste de Mona Lisa par Léonard de Vinci.

Le portrait est un genre graphique dont le but est de représenter, de façon ressemblante ou non, un modèle humain. Il s'applique d'abord à la peinture, puis à la sculpture dès l'époque classique. On applique plus rarement le terme à la représentation des animaux bien qu'ils puissent apparaître dans les portraits. Ils n'y ont cependant qu'un statut accessoire, comme dans le portrait équestre. Lorsque le modèle du portrait est le peintre lui-même, on parle alors d'autoportraitTrésor de la langue française informatisé « Portrait » ; ;.. Par métaphore, on parle également de portrait littéraireL'expression est attestée en 1816 dans le Journal de la Librairie, , numéro 1202., musicalAttesté, sur un mode quelque peu ironique, dans Le Figaro du 26 juin 1856, ., cinématographiqueAttesté dans Le Figaro du 30 octobre 1901, ., radiophoniqueSur la radio nationale le 7 janvier 1944, selon Le Matin de ce jour . ou télévisuel.

Un portrait représente le plus souvent un seul modèle. Les portraits qui représentent plusieurs personnes sont appelés « portraits de groupe », lesquels se subdivisent en plusieurs genres spécifiques dont le portrait de famille.

Au-delà de la volonté de , le portrait témoigne d'un intérêt pour l'individuel et le singulier, à l'opposé, par exemple, de l'allégorie ou de la scène de genre dont le sujet est général. À ce titre, c'est un genre inégalement valorisé selon les époques ; .. L'Antiquité voit apparaître les premiers portraits, par opposition aux représentations génériques ou mythologiques dénuées d'individualité qui existaient déjà auparavant. L'évolution de l'art du portrait a été conditionnée par celle des techniques, du style privilégié ou de son usage.

Histoire

Dans le mythe de Boutadès rapporté par Pline l'Ancien, le portrait est à l'origine de l'art plastique.. C'est dans les écrits de Pline que le portrait hérite de sa fonction première de , ainsi que le formulera Alberti.. Il subsiste assez peu de portraits peints de l'Antiquité, à l'exception notable des portraits du Fayoum datant du égyptien.

En Europe, la représentation visant à la ressemblance remonte, pour l'époque moderne, à la peinture flamande et aux primitifs italiens du .. Auparavant, on trouve principalement des effigies de profil, comme celles gravées sur les pièces de monnaie. C'est à la Renaissance qu'on exige de l'artiste qui réalise un portrait qu'il reflète la singularité de la personne vivante dans son rapport avec la personne qui le regarde d'après . Sur la ressemblance, lire et en quoi le portrait se différencie de l', .. Les frères de Limbourg et Jan van Eyck représentent ainsi des hommes d'affaires hollandais. Le roi de France Jean II le Bon est le premier à se faire portraiturerGérard Lefort, « Royales de luxe », Vanity Fair n°19, janvier 2015, pages 128-131.. En 1549, le peintre et essayiste portugais Francisco de Holanda écrit ce qui est considéré comme le premier traité sur la peinture de portrait en Europe : Do tirar polo natural Sylvie Deswarte-Rosa, Do Tirar Polo Natural (1549) de Francisco de Holanda. Anísio Franco. Tirar polo Natural. Inquérito ao retrato português/ Inquiry to the Portuguese Portrait, Museu Nacional de Arte Antiga, 2018, p. 18..

Au XVIIe siècle, la hiérarchie des genres émise par l'Académie royale de peinture et de sculpture en France place le portrait en deuxième position après la peinture d'histoire. Cela n' empêcha pas beaucoup de grands noms retenus par la postérité de répondre à des commandes de portraits.

La Révolution française amène les bourgeois à se faire représenter en portrait.

L'invention de la photographie au milieu du trouve immédiatement un débouché dans la réalisation de portraits. L'intervention de l'artiste garantit la ressemblance par la mise en scène et la capacité à diriger le sujet, pour qu'il adopte une attitude familière, de nature à le faire reconnaître ; car ce n'est pas parce que le procédé est entièrement physico-chimique que l'image est un portrait, c'est-à-dire évoque la personne représentée. À l'époque, les personnes posant pour un portrait photographique doivent parfois rester une minute devant l'objectif ; c'est moins que les heures de pose pour un peintre, mais plus astreignant, car dans cet intervalle, il faut rester aussi immobile que possible.

Durant le Second Empire, les photos de l'empereur et de l'impératrice Eugénie de Montijo se diffusent grandement.

Formes et médiums vignette|Autoportrait de Ganku (Japon, ). Les différentes formes du portrait figuré sont : le portrait peint : forme la plus couramment rencontrée dans les arts visuels et la plus diffusée. Les plus anciens vestiges de portrait en peinture datent de l'Antiquité romaine. Les techniques employées sont la détrempe au Moyen Âge et au début de la Renaissance, qui fait place à la peinture à l'huile. La gouache et l'aquarelle sont aussi employées. Au apparaît l'acrylique, qui est employée par les peintres figuratifs américains et se généralise à la fin du siècle. Différents supports sont utilisés, comme le bois, la toile ou même l'ivoire pour les portraits en miniature. le portrait dessiné : tout aussi ancien que le portrait peint, il se singularise par la grande diversité de ses techniques, qui vont du fusain au crayon, en passant par le lavis d'encre et le pastel, qui constitue une technique intermédiaire entre le dessin et la peinture. le portrait gravé : plusieurs artistes comme Dürer et Rembrandt pratiquent la gravure appliquée au portrait. On rencontre toutes les techniques de gravure. le portrait sculpté : on n'appelle plus en général ces représentations des portraits, mais plutôt statue, pour les personnages représentés entièrement, statue équestre s'ils sont à cheval, buste, très répandu, pour les représentations du haut du torse et de la tête, bas-relief si c'est le cas. La plupart des portraits conservés depuis l'Antiquité sont des sculptures. la silhouette : c'est un profil généralement découpé dans une feuille noire, représentant une figure en ombre chinoise. La pratique du portrait en silhouette s'est répandue au . le portrait photographique : c'est, depuis le , la forme de portrait la plus courante et la plus diffusée, par l'intermédiaire des médias et de l'impression. Il apparaît au milieu du et remplace le portrait en miniature. Dans l'histoire de ce médium, plusieurs photographes se sont fait une spécialité du portrait, comme Nadar, Étienne Carjat, August Sander, Yousuf Karsh et, plus récemment, Helmut Newton ou Annie Leibovitz.

Ressemblance Au-delà de la représentation de l'apparence d'un être humain, le portrait répond à la volonté de transcrire le caractère d'une personne, sa façon d'être. Le portrait peut révéler également l'image que se fait d'une personne le portraitiste, ou ses sentiments envers elle. Cet aspect peut amener à s'éloigner de l'apparence physique du modèle.

On peut utiliser pour cela différentes expressions faciales. Les possibilités pour donner sens à un portrait sont assez variées : jeux de lumière, maquillage, coupe de cheveux, lieu du portrait, matériel utilisé (en peinture notamment), flou ou netteté. En dessin, selon les coups de crayon donnés, le portrait peut paraître doux ou agressif.

Il apparaît donc que les problématiques du portrait vont bien au-delà de celle d'une simple ressemblance avec le modèle. Le Désespéré, réalisé par Gustave Courbet, illustre très bien cette penséeAnalyse du Désespéré.

Le portrait peut donc constituer la représentation d'une personnalité en plus d'une représentation physique. Et il peut être le témoignage de la représentation que l'on a (ou que l'on veut donner) d'une personne.

Des peintres ont absolument renié la ressemblance. .

À la même époque, Madame Cavé discute de l'opportunité d'être précis : . Elle conseille donc : . Constatant la rareté des bons peintres de portrait, selon cette définition, elle compare avec le daguerréotype. et conclut .

Types et usages du portrait La critique d'art peut isoler un cadre dans une peinture de bataille, dans une peinture d'histoire ou une scène de genre et parler de portrait pour cette partie, pour indiquer que le personnage qui s'y trouve représente les traits d'une personne connue, comme l'artiste, un général, le commanditaire de l'œuvre ; on parle alors de « portrait contextuel »..

Différents types de portraits se retrouvent dans chaque discipline artistique suivant le nombre de personnes : sans autre précision, le portrait est individuel de groupe, de famille, de classe ; suivant la proportion du corps représentée ; : « en pied » (représentation intégrale du modèle, de la tête aux pieds), « à mi-jambe » (représentation du modèle jusqu'au milieu des jambes (jusqu'aux genoux)), « à mi-corps » dit aussi « demi-figure » (représentation du modèle jusqu'à la taille ou jusqu'aux hanches), « en buste » (jusqu'à la poitrine), « tête » ; suivant l'orientation de la tête de la personne représentée : de face, de trois-quarts, de profil, les vues de profil perdu, de dos, ne sont pas généralement considérées comme des portraits, mais on peut trouver l'expression portrait de dos dans la description d'une partie d'une œuvre, quand le personnage dont il est question est identifié ; suivant la position de la personne : debout, assis, à cheval.

Les portraits se différencient aussi par le fond, qui, selon les époques et les écoles, peut être uni, à peine traversé d'une vague lumière, ou au contraire détaillé, décrivant un intérieur, un paysage, une nature morte, qui viennent compléter les indications sur la position sociale du sujet que donnent toujours ses vêtements.

Un portrait qui accentue les traits caractéristiques d'une personne est une caricature. La caricature, plus que tout autre portrait, vise à la ressemblance ; alors que le portrait commandé par la personne qu'il représente vise à rapprocher son image d'un idéal esthétique, en recherchant les angles favorables à ce projet et en atténuant les traits qui pourraient l'en éloigner, la caricature, à l'inverse, exalte le particulier. Le portrait chargé met en évidence le aspects singuliers et, puisque dans le sentiment esthétique occidental, la question des proportions et de la régularité est importante, il amplifie les anomalies.. Autoportrait

C'est un portrait de l'artiste fait par lui-même. Portrait funéraire Dans de nombreuses cultures du monde, les activités liées à la mort comprennent des images du défunt, de toutes sortes, d'existence temporaire pour les cérémonies funèbres, ou permanentes sur les sépultures ou au domicile des descendants.. Art copte Peints sur des planchettes intégrées au voile qui entourait le corps du défunt ou sa momie, ces portraits pouvaient rechercher la ressemblance.

Art occidental Le portrait funéraire, ou portrait mortuaire, découle en Occident de la tradition de vénération du corps du souverain défunt. Grâce à la photographie, cette pratique se démocratisa au et au .

Sous la République Romaine, l'art du portrait mortuaire se développe chez l'aristocratie qui bénéficie d'un "droit d'image" (ius imaginum). Ce droit leur permet de conserver des effigies de leurs ancêtres les plus prestigieux. Au départ ces effigies, conservées dans l'atrium, se présentent sous la forme de masques de cire moulé à partir du visage du défunt, appelés imago. Par la suite ces effigies prendront la forme de buste, portraits en marbre ou en bronze. Au vu de leur fragilité, l'archéologie n'a pas conservé de traces de ces masques, à l'exception du masque de la jeune Claudia Victoria (10ans) découvert dans sa tombe à Lyon.

Extrême-Orient La Chine et le Japon connaissent le portrait d'ancêtre.

Portrait officiel vignette|Portrait officiel de par Hyacinthe Rigaud.