Paris Match est un magazine hebdomadaire français d'actualités et d'images. Il est considéré comme .
Fondé en 1949, il est connu par sa devise : . En 2008, l’hebdomadaire adopte toutefois une nouvelle devise, .
Il appartient au groupe LVMH depuis le . Le magazine était auparavant la propriété de Vincent Bolloré, via la holding Lagardère News. Depuis , le magazine est disponible en version numérique. La version classique est en vente tous les mercredis.
Historique Les trois prédécesseurs Match-L'Intran, supplément sportif Le journal tire son origine d’un titre plus ancien, Match-L'Intran, supplément du quotidien L'Intransigeant, qualifié de « plus grand hebdomadaire sportif »Gallica Bnf.. Il passe avec L'Intransigeant dans le giron du groupe Louis-Dreyfus en 1931 puis en 1938, dans celui de Jean Prouvost, déjà propriétaire de Paris-Soir.
Hebdo d'information générale en 1938 vignette|redresse=1|Couverture de Life, qui a inspiré Match dès 1938, avec le général américain Dwight D. Eisenhower le . Paul Gordeaux, correspondant de Paris-Soir à Londres, est nommé rédacteur en chef de L'Intransigeant par Jean Prouvost. Ne souhaitant pas relancer ce supplément sportif, domaine où il est novice, il veut à la place un magazine d'information générale, sorte de version française de Life, un magazine américain hebdomadaire fondé en 1883, qui a mis l'accent sur le photojournalisme.
L'hebdomadaire sportif devient ainsi le , pour son numéro 633, Match, l’hebdomadaire de l'actualité mondiale. Le mot « Match » est imprimé en blanc sur un rectangle rouge, s'inspirant de celui du magazine américain Life. À l'intérieur, la mention " paraît tous les jeudis".
Vendu et plein de photographies, il est d'abord tiré à exemplaires puis exemplaires dès . Le tirage monte régulièrement pour s'élever à 1,45 million en . et progresse encore quand il atteint huit mois après 1,8 million d'exemplaires en , au moment où la rédaction doit quitter Paris face à l'avancée allemande..
Le Match de la guerre en 1940 Son aspect évolue dès le n° 13 [Nouvelle Série] du : le rectangle devient un cercleEn couverture, "La vitesse tuera-t-elle l'aviation de chasse ?" (La guerre d'Espagne est le tragique banc d'essai des forces aériennes d'Europe" (11 Août 1936, N°6 de la nouvelle série), présentation qui perdurera jusqu'au N°99 du . Interrompu le (numéro 101), Match ne cesse pas de paraître durant la Seconde Guerre mondiale.. Il devient Le Match de la Guerre, avec Paul Gordeaux et Pierre Lazareff, de retour des États-Unis pour préparer, et le photographe Paul Renaudon.
Paris-Match vignette|droite|Télégramme de 1962 de Paul Chaland, rédacteur en chef à un correspondant.
Le projet des Beghin et Prouvost Match renaît en 1949, mais avec « Paris » dans son titre : Paris Match. La société est dirigée par Philippe Boegner, secondé par André Roux, les codirecteurs de Paris-Soir pendant la guerre, pour le même patron, l'industriel Jean Prouvost, qui a perdu à la Libération son groupe de presseOlivier Royant, « Adieu Évelyne Prouvost », Paris Match, semaine du 27 juillet au 2 août 2017, page 7., mais blanchi son nom en 1947, avec leur aide. Comme dans Paris-Soir, il partage le capital avec Henri Béghin, héritier d'une dynastie qui règne sur le sucre et le papier"Histoire de Thumeries" par Jean-Claude Collérie. Société historique de Thumeries."Les Grandes Familles" de Maurice Druon, publié en 1948 aux éditions Julliard, Prix Goncourt la même année, inspiration du film français éponyme de Denys de La Patellière, sorti en 1958 avec Jean Gabin dans le rôle de Jean Prouvost..
La rédaction est dirigée pendant moins d'un an par Paul Gordeaux, rédacteur en chef de L'Intransigeant, fusionné le avec Paris-Presse puis France-Soir, où Gordeaux revient en 1950, cédant à Hervé Mille la rédaction en chef de Paris-Match.
Selon Philippe Boegner, le public français a oublié la vocation généraliste du Match de 1938-1940. Il le confond avec Match-L'Intran, supplément hebdomadaire sportif de L'Intransigeant (1926-1938)"France and the Mass Media" par Nicholas Hewitt et Brian Rigby aux Editions Springer, en 1991 .. En 1949, les envoyés de Paris-Match sont systématiquement pris pour des journalistes sportifs. Une des premières couvertures, consacrée au boxeur Marcel Cerdan, très populaire, y contribue.
Le sport se fait pourtant rare à la une, Paris Match ne s'y intéresse le plus souvent que dans . Pour se forger une image de généraliste, il compte sur ses reportages de guerre et les articles de Raymond Cartier qui prend le relais, à New-York, des traductions de journaux étrangers effectuées par Paul Gordeaux à Londres pendant la guerre. La politique éditoriale met en avant des choix très conservateurs"Paris Match: le magazine "institution nationale" par Marc Mentré, dans Mediatrends, le 22 avril 2009 .. Le magazine s'engage contre la décolonisation"Paris Match et la fabrique sportive de la figure de l’immigré au cours des années 1950 : entre naturalisation et assignation" par Michaël Attali dans la revue Migrations Société 2011 et vante l'engagement militaire en Indochine, où est mort le fils de la comtesse qui hébergeait Jean Prouvost. René Dugravot, ex-militaire de carrièreLes Charles et les Georges Prouvost, par Thierry Prouvost"La lignée des Prouvost", en 2018 par Thierry Prouvost., bras droit de Charles Prouvost III, l'héritier de la branche "François Masurel""La Saga des Prouvost. Vingt générations depuis le XIVe siècle ., s'y est engagé volontaire.
Rédigé par des anciens de Paris-Soir et de Match, le magazine se veut .. Chacun doit y trouver son compte, la ménagère comme le cadre pressé, répondant à la devise de Jean Prouvost (« le journal de la famille ») comme à celle de Raymond Castans : « le journal que l’on n’oublie pas dans les trains ».
Jean Prouvost parvient aussi à débaucher le trio de direction du supplément dominical de France-Soir, France-Dimanche, en désaccord avec Pierre Lazareff: Max Corre, Bill Higgins et Philippe de Baleine, qui tous trois en 1955 reviendront à France-Dimanche pour tenter avec succès d'en faire un nouveau Paris-Match"Des échos mondains du XIXe siècle à Voici" par le professeur Christian Delporte - Université de Versailles - Saint Quentin-en-Yvelines, pour la revue Médiamorphoses en 2008 ..
Premiers numéros, premières pertes Le premier numéro paraît le . À la une, le premier ministre britannique Winston ChurchillPhotothèque Willy Rizzo , le pont aérien de Berlin et un reportage sur Shangaï.. Le tirage de lancement, , est abaissé pour les numéros suivants, sur fond de pénurie de papier et de rétrécissement du marché publicitaire"Naissance, constitution progressive et epanouissement d'un genre de presse aux limites floues : le magazine" par Gilles Feyel Hermès Science Publications – 2001 .. Tito, Svetlana, la fille de Staline, Roosevelt et un dossier sur la bombe atomique . Des articles du grand chroniqueur Raymond Cartier, , dénoncent la force « croissante » du « monstre communiste ».
Les débuts sont difficiles et après seulement quelques mois, mais Philippe Boegner tente : il décide de faire alterner les sujets sérieux avec les stars et starlettes ou amourettes de saison. Parmi eux, Yvette Chauviré, première danseuse de France, Ali Khan et Rita Hayworth, Michèle Morgan (deux fois en quatre mois), Martine Carol, Maurice Chevalier (deux fois en cinq mois) et Tyrone Power. Malgré cette tentative, le tirage moyen tombe à , avec à pour le dernier numéro de l'année, consacré à Zizi Jeanmaire. Les neuf premiers mois de 1949 génèrent 250 millions de francs de déficit.. La cessation de paiements est imminente. De plus, la famille Béghin déplore la promotion des amourettes de saison y voyant de « l’immoralité notoire ». Pour neutraliser leurs protestations Jean Prouvost, fait publier un long reportage sur l’archevêché de Paris.
Les actionnaires remettent au pot Début 1950, la famille Béghin accepte de remettre au pot, au moment où elle acquiert aussi, de concert avec Jean Prouvost, les parts d'Yvonne Cotnareanu dans Le Figaro. La veuve du parfumeur François Coty était restée en conflit, lors de l'Assemblée générale de 1949 du Figaro, avec le directeur Pierre Brisson"Le Figaro: Deux siècles d'histoire", par Claire Blandin, en 2007 aux Éditions Armand Colin, page 1971., malgré le procès gagné par ce dernier en 1948. Début 1950, elle lui concéde finalement la création d'une société fermière de presse, dotée d'un conseil de sept membres, parmi lesquels seulement 2 représentants des propriétaires"La bataille du Figaro" par Maurice Roy, dans L'Express du 19 mai 1969 . Ce dispositif qui garantit l'indépendance de la rédaction. est finalement reconnu par les nouveaux actionnaires malgré une négociation .
Même si Pierre Brisson de la rédaction de Paris-Match à celle du Figaro"Oui patron. La fabuleuse histoire de Jean Prouvost, qui de France-Soir à Paris-Match a créé le premier empire de presse français", en 1976 aux éditions Julliard ., les deux sont intégrées en dans une structure financière commune. Le Figaro assure à Paris-Match une relative sécurité financière, rassurant les annonceurs face à un marché globalement en difficulté : le nombre d'hebdomadaires français chute à partir de 1949, passant de 34 à 21 en 1950. D'autres se créent, mais 137 au total meurent entre 1949 et 1953. Le Figaro a au contraire doublé ses ventes entre 1945 et 1950, sa couverture équilibrée du retentissant Procès Kravtchenko"Le Figaro littéraire, de la revue politique et littéraire au news magazine", par Claire Blandin, dans la revue Matériaux pour l'histoire de notre temps en 2004 . ayant assuré la réputation d'indépendance de Pierre Brisson.
Jean Prouvost, directeur-rédacteur en chef de « Paris-Match », y est par contre souverain sans limites. Il souhaite s'impliquer beaucoup plus dans le journal après le succès du numéro en photos sur le couronnement d'Élisabeth II au Royaume-Uni en , qui culmine à un tirage de d'exemplaires. Il paie sa rédaction à prix d'or et offre à ses journalistes, dont l'âge s'échelonne de 26 à 32 ans, et dont il est très proche, des avantages et primes généreux. Il parcourt les couloirs de son journal pour donner les consignes. Son projet est d’inventer la formule de l’information par l’image, alors que la télévision ne représente encore que 3794 postes en France en 1950"Paris Match “L’album des Français” par François Pédron dans Paris Match le 14/08/2012 ..
L'Annapurna et le couronnement d'Élisabeth II Les ventes de l'hebdomadaire rebondissent à partir de la couverture historique du sur la conquête de l'Annapurna avec 320 000 exemplaires pour le numéro 74, qui affiche en "Une" Herzog brandissant le drapeau français. Paris Match a déboursé pour obtenir le récit exclusif des membres de l'expéditionParis Match du 19 août 1950.. Le reportage photographique de Marcel Ichac comporte 16 pages, noir et couleur.. Ce numéro paraît à et assure la pérennité du journal.. Le succès réel ne viendra cependant qu'en 1951, et très progressivement: le tirage moyen sera toujours de exemplaires en 1952 trois fois moins que le de 1957.
Le magazine fera ses nouveaux coups commerciaux, réussis de manière progressive, à partir d'un an plus tard, avec la mort du maréchal Pétain, en (580 000 exemplaires), la mort du maréchal de Lattre (), le décès de George VI, en (), puis ses funérailles ().
C'est le succès de la "Une" consacrée au couronnement d'Élisabeth II, en , avec 1,3 million d’exemplaires qui renforce l'intérêt de Jean Prouvost pour Paris-Match et le console de n'avoir finalement aucun pouvoir au Figaro: il s'implique de plus en plus dans la vie du journal, à la place du directeur Philippe Boegner. Le magazine continue à consacrer une pagination importante à l’actualité générale et en , Paris-Match consacre un numéro spécial à René Coty, nouveau Président de la République, proche d'Antoine Pinay.
Le départ de Philippe Boegner