Paris-Normandie est un journal quotidien régional de la presse écrite française fondé à Rouen (Seine-Maritime) en 1944. Il est diffusé principalement dans l'ancienne Haute-Normandie. Il appartient depuis au groupe Rossel« Paris-Normandie : la justice choisit l'offre du belge Rossel, », AFP, 15 juin 2020., qui l'a acquis au groupe de presse SNIC., dont l'actionnaire majoritaire était depuis 2017 Jean-Louis Louvel..
Déjà présent dans la presse quotidienne régionale en France avec la Voix du Nord, l'Union de Reims, l'Est Éclair, l'Aisne Nouvelle et le Courrier Picard, le Groupe Rossel poursuit son déploiement dans le quart Nord-Ouest de la France.
Le groupe Rossel crée un pôle picardo-normand qui regroupe l'Aisne Nouvelle, le Courrier Picard et Paris-Normandie.
Jusqu'en 1983, Paris-Normandie édite une édition dans le Calvados, se concentrant sur la capitale, Caen, et la zone de Lisieux, la plus proche de l'Eure. En 1983, Robert Hersant préfère stopper cette aventure initiée par Pierre-René Wolf et se reconcentrer sur les hebdomadaires locaux qu'il possède dans la région.
Après avoir été longtemps un journal indépendant, Paris-Normandie devient, dans les années 1970, la propriété du groupe France-Antilles, dirigé par Philippe Hersant, transformé en en groupe Hersant Média.
Le tribunal de commerce de Rouen a acté la reprise de Paris-Normandie par le Groupe Rossel en . Le nouvel actionnaire a nommé Éric Berthod président de la SNIM, la nouvelle société éditrice, et Jean-Dominique Lavazais, directeur général et directeur de la publication.
En , David Guévart a succédé à Jean-Dominique Lavazais au poste de directeur général et de directeur de la publication.
En , il confie la rédaction en chef à un binôme : Baptiste Laureau, éditeur délégué Le Havre - Dieppe - Bray - Caux, et Audrey Rohrbach, éditrice déléguée Rouen - Eure
Histoire
Libération 1944-1945 En 1944, à la Libération, le journal Normandie prend la place du Journal de Rouen interdit de publication pour collaboration.
Le débute devant la Cour de justice, tribunal d'exception installé dans l'Hôtel de Ville le procès des propriétaires du Journal de Rouen, dont deux sont condamnés à des peines de prison. Suivant le verdict d'un second procès, la société est dissoute et condamnée à la confiscation de 50 % de ses biens (capital financier, immeubles, imprimeries).
En 1947 Normandie devient Paris-Normandie . Sa gestion est confiée à la Société normande de presse républicaine, au sein de laquelle siègent désignés par la Résistance. Pierre-René Wolf est nommé directeur.
Années 1950 et 1960 Dans les années 1950-1960, les lecteurs participent avec ferveur au concours annuel Poustiquet.
Années 1970, l'arrivée de Robert Hersant En , le quotidien normand "commence à défrayer la chronique" car le puissant groupe de Robert Hersant commence à vouloir en prendre le contrôle et "un certain nombre de porteurs des parts, qui leur avaient coûté 10000 francs de 1945, reçus à titre de garants moraux du journal, ont accepté de céder leurs droits chacun pour 300 000 francs de 1971, multipliant ainsi leur mise par 3000"La presse comme marchandise" le 17 mai 1972, par Pierre Viansson-Ponté dans Le Monde . Une première série de péripéties juridiques se déroulent à l'occasion d'une maladie de Pierre-René Wolf.
Lors du congrès du Syndicat national des journalistes de 1971, les délégués ont décidé de "faire du journal de Rouen un test national", demandant "à toutes les sections de se préparer à la riposte si le groupe Hersant venait à prendre le contrôle de l'entreprise, décidait de licencier des journalistes ou portait atteinte aux droits moraux et matériels de la rédaction ".
La résolution générale, adoptée à l'unanimité, réclame aussi "la réunion d'états généraux de la profession" pour "aboutir à un véritable statut de presse, promis depuis un quart de siècle", afin de "garantir la liberté d'information et d'opinion""Le Syndicat national des journalistes demande aux pouvoirs publics d'assumer leurs responsabilités pour préserver l'indépendance des journaux", article de Joanine Roy le 25 mai 1971 dans Le Monde le . Le syndicat réclame aussi "une campagne d'information du public". Un an après, le congrès suivant vote une nouvelle motion "contre la scandaleuse abdication des anciens gérants de ce quotidien et la mainmise immorale par le groupe financier de M. Hersant"Article le 26 mai 1972 dans Le Monde le .
De nombreuses organisations de résistants et personnalités, de Pierre Mendès France à Armand Salacrou et de l'archevêque de Rouen au pasteur Westphal, apportent leur appui au Syndicat national des journalistes.
Mais finalement, le groupe Hersant propose une formule complexe de société anonyme à directoire qui, par divers biais, revient à lui donner le contrôle total de l'entreprise.
Années 1980, le départ de Robert Hersant Inculpé d'infraction sur la législation de la presse pour le cumul de propriété de titres de quotidiens, Robert Hersant a vendu la moitié du capital de Paris-Normandie à Jacques Fournier, un des dirigeants du groupe Thomson-Brandt, en peu après l'élection à la présidence de la République de François Mitterrand"Le groupe Hersant devient minoritaire à Paris-Normandie , dans Le Monde le 3 août 1981 . Années 2000, le déclin Après avoir été longtemps un journal dynamique et réputé, Paris-Normandie est plongé dans un profond déclin qui menace son existence même. Un plan dit « de modernisation sociale » aboutit, en 2005, au départ de nombreux salariés et à la fermeture de plusieurs rédactions locales, notamment à Pont-Audemer, aux Andelys et à Verneuil-sur-Avre.
Le quotidien passe au format tabloïd le . Années 2010, le rachat par Xavier Ellie et Denis Huertas Au début 2012, les syndicats du journal font part de leur inquiétude pour l'avenir du titre, qu'ils estiment gravement menacé, au point de craindre, disent-ils, « au minimum un plan social, au pire un dépôt de bilan »« Les syndicats craignent pour l'avenir de Paris-Normandie », AFP, 20 février 2012. . Le , le tribunal de commerce du Havre place en redressement judiciaire pour six semaines la Société normande de presse d'édition et d'impression (SNPEI) qui édite le quotidien et les titres qui lui sont associés« Paris-Normandie en redressement judiciaire pour six semaines », AFP, 29 février 2012. . En , la Société normande de presse d'édition et d'impression semble s'acheminer vers une liquidation judiciaire« Paris-Normandie se dirige vers la liquidation », Les Échos, 14 juin 2012 . . Le , le tribunal de commerce du Havre autorise la reprise du quotidien par les journalistes Xavier Ellie et Denis Huertas. Cette offre prévoit la suppression de sur 357.. Depuis le , Paris-Normandie et ses titres associés (Le Havre Presse, Havre Libre et Le Progrès de Fécamp) continuent de couvrir les deux départements de la Haute-Normandie, la Seine-Maritime et l'Eure, avec neuf éditions du lundi au samedi. Paris-Normandie possède des agences à Rouen, Dieppe, Neufchâtel-en-Bray, Yvetot, Lillebonne, Fécamp, Le Havre, Évreux, Bernay, Louviers et Vernon.
En , le quotidien est racheté par les journalistes Xavier Ellie et Denis Huertas. Le , Xavier Ellie est l'unique actionnaire de la Société normande d'information et de communication (SNIC), société éditrice de Paris-Normandie, Le Havre Presse, Havre libre, Le Progrès de Fécamp, Liberté-Dimanche, Havre Dimanche, Eure Dimanche et Normandie Dimanche. Éric Berthod exerce les fonctions de directeur général adjoint de la SNIC et de directeur de la Régie normande de publicité (RNP). Arthur de Milleville est secrétaire général de la SNIC. Le , Xavier Ellie cède l'intégralité de ses actions à un entrepreneur normand, Jean-Louis Louvel, président-fondateur de PGS Group (, de CA). Romuald Uzan est nommé président et directeur de la publication. Précédemment directeur de Marianne (2012- ), Frédérick Cassegrain a occupé le poste de directeur général d' à , date de la prise de fonction de Valéry Jimonet qui lui succède.
En 2016, l'entreprise connaît d'importantes difficultés de trésorerie consécutives à une nouvelle baisse de ses ventes et de ses recettes publicitaires« Paris-Normandie a l'intention de se déclarer en cessation de paiement le », AFP, 25 mars 2016.. Le , le tribunal de commerce de Rouen la place en redressement judiciaire, assorti d'une période d'observation de six mois« Paris-Normandie placé en redressement judiciaire », Presse Nexs, . . Le suivant, le tribunal prolonge la période d'observation de quatre mois. Le , le tribunal de commerce de Rouen choisit la continuité en préférant l'offre de l'actuel PDG Xavier Élie à celle du groupe belge Rossel, contre l'avis de la rédaction qui avait affiché sa préférence pour ce dernier« Paris-Normandie : le tribunal de commerce choisit la continuité contre Rossel », AFP, 15 mars 2017.. En , un industriel normand, Jean-Louis Louvel, PDG du groupe PGS, basé à Saint-Étienne-du-Rouvray, spécialisé dans la fabrication des palettes en bois, prend 49 % du capital pour « Un industriel normand prend 49 % de Paris-Normandie », Ouest-France, 29-30 avril 2017.. Le , Xavier Ellie cède l'intégralité de ses actions (51 %) à Jean-Louis Louvel. Devenu actionnaire majoritaire de la SNIC, Jean-Louis Louvel nomme au poste de président et directeur de la publication Romuald Uzan. Recruté en pour remplacer Éric Berthod (parti à La Voix du Nord), Frédérick Cassegrain est confirmé par le nouvel actionnaire au poste de directeur général. Initiatives Le , pour la demi-finale de la coupe de France US Quevilly / Paris Saint Germain, le quotidien se rebaptise Quevilly Normandie.
Le , le journal lance son nouveau site web, devenu payant.
En , Paris-Normandie installe le « paywall » (ou mur de paiement) sur son site Internet qui est le site le plus prisé en Haute-Normandie avec plus de un million de visites par mois et entre trois et cinq millions de pages vues.
Présent sur les principaux réseaux sociaux, Paris-Normandie possède plus de 85 000 abonnés à son compte Twitter, 199 000 fans sur Facebook et 16 000 abonnés sur Instagram.
Depuis la reprise par Ellie et Huertas, Paris-Normandie intensifie ses développements numériques. Fin 2013, il s'équipe d'un studio TV qui lui permet de créer puis de diffuser des émissions sur le web (https://www.paris-normandie.fr/nos-videos).
Paris-Normandie s'est aussi doté d'une solution de feuilletage numérique sur tous supports (tablettes, mobiles), un feuilletage enrichi avec des vidéos, des diaporamas, des liens hypertextes, des compléments rédactionnels.
En 2014, la SNIC dépose un dossier de reprise des titres Nice-Matin et Var-Matin, en dépôt de bilan. Xavier Ellie défend sa position le devant le tribunal de commerce de Nice. En vain. Cette même année, Paris-Normandie se sépare de son dernier photographe à l'agence du Havre.
Le , pour tenir compte de la réunification de la Normandie et surtout pour tenter de contrer l'arrivée de Ouest-France sur ses terres, Paris-Normandie sort une nouvelle édition France Paris-Normandie qui publie une synthèse de l'information sur l'ensemble de la nouvelle région. Tirée à , elle est diffusée dans la partie est du Calvados, ainsi qu'à Caen, et dans les principales villes haut-normandes« Le quotidien Ouest-France étend son empire en Haute-Normandie, Paris-Normandie réplique », AFP, 2 décembre 2015..
En , il absorbe le quotidien local Havre libre.
Sous l'impulsion de sa nouvelle direction, Paris-Normandie lance lors du second trimestre 2017 une collection de hors-séries : Les Géants au Havre, Les Grandes Voiles au Havre, Les grandes affaires criminelles de Normandie.
Le , Paris-Normandie lance avec son édition « Grand Rouen » un hebdomadaire Sortir à Rouen.