vignette|240px|Le Kinkaku-ji à Kyoto.

Le a été importé de Chine et de Corée à partir des et s ; il est donc fortement influencé par les bouddhismes chinois et coréen, mais aussi par le shintoïsme, principale religion du Japon née plusieurs siècles auparavant.

On peut diviser son histoire en trois grands moments: l’époque de Nara (jusqu'en 784), l’époque de Heian (794-1185) et la période post-Heian (à partir de 1185, début de l’époque de Kamakura). Chacune de ces périodes a vu l'introduction de nouvelles doctrines ou l'évolution d'écoles existantes, relevant de l'un ou l’autre des trois grands courants du bouddhisme : hīnayāna, (voie du Petit Véhicule), mahāyāna (voie du Grand Véhicule), vajrayāna (voie du Diamant).

Les treize écoles principales du bouddhisme japonais vignette|240px|Tōdai-ji, le plus haut temple de Kegon.

Il existe aujourd'hui treize du bouddhisme au Japon, classées d'après leur époque d'apparition :

Selon les statistiques religieuses de 2021 de l'Agence pour les Affaires culturelles du Japon, les corporations religieuses sous la juridiction du Ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie comptent 135 millions de croyants, parmi lesquels 47 millions sont bouddhistes et majoritairement issues des nouvelles écoles bouddhiques de la période Kamakura (1185 - 1333). Le nombre de croyants estimés pour les différentes sectes est indiqués ci-dessous文化庁 宗教年鑑令和3年版. p.51 Agence pour les Affaires culturelles. Époque de Nara (environ pratiquants) : Hossō (école chinoise Faxiang zhong, Dharmalaksana, caractéristiques des Dharmas). Kegon (école chinoise Huayan, traduit par guirlande de fleurs ou stricte quintessence), de l'Ornementation Fleurie. Ritsu, école chinoise Lüzong, dite école des Préceptes. Époque de Heian : Tendai, école du Mont Tiantai (montagne chinoise de la province du Zhejiang où se situe le temple fondateur) fondée en 806. Environ 2,8 millions de pratiquants. Shingon, (Bouddhisme vajrayāna, ou bouddhisme tantrique) école de la Parole vraie (mantra en sanskrit, conservé en japonais) appelée parfois aussi dharani shu (école des dharanis) fondée en 810. Environ 5,5 millions de pratiquants. Époque de Kamakura : Bouddhisme de Nichiren ou Hōkke shū (fondée en 1253) : « école du Lotus », (Hō : la Loi, Ge : la fleur), école du moine Nichiren (« Soleil-Lotus »), se référant au Sûtra du Lotus de Shakyamuni et aux commentaires qu’en avaient fait Zhiyi de l'école Tiantai et Miaole (Zhanran) son disciple, en Chine, puis Saichō (Dengyō Daishi), fondateur du bouddhisme Tendai au Japon. Environ 11 millions de pratiquants. Écoles inspirées par la Terre pure chinoise (souvent réunies sous le vocable d'amidisme, du nom du bouddha Amida) , environ 22 millions de pratiquants pour l'ensemble des écoles de la terre pure : Jōdo, école de la Terre pure, fondée à la fin du . Jōdo shin, école de la véritable Terre pure, fondée au début du . Yūzū nenbutsu, dérivé du Tendai, école de l'Attention Mutuelle au Bouddha (le nenbutsu est en fait l'invocation du nom du Bouddha Amida). Ji, école de l'Heure. Écoles Zen, fondées sur la « méditation silencieuse » (bien que le terme zen, quasiment intraduisible, ne suppose pas de sujet méditant) , environ 5,3 millions de pratiquants pour l'ensemble des écoles zen : Rinzai, école du bonze chinois Linji (fondée au début du ). Sōtō, école des bonzes chinois Caoshan Benji (Cao-Sō) et Dongshan Liangjie (Dong-Tō), fondée dans les années 1230. Ōbaku, école du mont Huangbo (montagne chinoise de la province du Fujian, où se situe le temple fondateur), influencée par la Terre pure, fondée au .

La plupart sont issues du bouddhisme mahāyāna ; seule l'école Ritsu provient du bouddhisme hīnayāna, Shingon appartenant au courant vajrayāna, et Tendai se situant à mi-chemin entre le mahāyāna et le vajrayāna.

De ces treize écoles principales découlent les 56 que l'on trouve actuellement au Japon. Aujourd'hui, les écoles dominantes sont celles de l'époque de Kamakura, ainsi que Shingon de l'époque de Heian.

Historique

Époque de Yamato

thumb|240px|right|Hōryū-ji, le plus haut temple de Shōtoku. Les Japonais de l'époque de Yamato , et ils mirent en place une importation massive des choses chinoises, les recopiant, les triant et parfois innovant eux-mêmes. Parmi ces choses, il y a bien sûr la religion : le taoïsme, le bouddhisme, mais aussi des rituels confucéens. Pour les Japonais, au départ, ces courants de pensée se déclinant de différentes manières.

Selon le Nihon Shoki, l'empereur Kimmei aurait reçu en , de la part de Seong Myong, le roi coréen de Kudara, une statuette dorée de Shaka (représentant Shakyamuni) et plusieurs rouleaux d'écritures bouddhiques. Le roi aurait également accompagné les présents par une lettre vantant les mérites du bouddhisme. L'authenticité de cette lettre est cependant discutable, dans la mesure où la traduction chinoise de cette dernière n'apparaîtra que bien plus tard. On pense à un faux rédigé par les auteurs du Nihon Shoki. D'ailleurs, on estime que le bouddhisme a été importé au Japon bien avant .

Devant l'importance d'un tel présent, l'empereur rassembla ses conseillers au nombre de trois, afin de décider de ce qu'ils devraient en faire. Soga no Iname voulut accepter l'existence du bouddhisme, tandis que Mononobe no Okoshi et Nakatomi no Kamako étaient contre, craignant la vengeance des Kami. Malgré tout, l'empereur décida de faire un essai du bouddhisme. De fait, Soga créa un monastère dans sa propre demeure, dans laquelle il plaça la statue. Mais rapidement, une épidémie se déclara. Mononobe et Nakatomi ordonnèrent alors de se débarrasser de la statue, qu'ils jetèrent dans un canal, et ils brulèrent le monastère. Cependant, l'épidémie se renforça et un incendie se déclara à l'intérieur de palais impérial. On se dépêcha donc de repêcher la statue, et les malheurs prirent fin.

Cependant, ce ne sera véritablement que grâce à l'empereur Yōmei, et surtout grâce à son fils, Shōtoku-taishi que le bouddhisme s'implantera définitivement au Japon. En effet, Shōtoku-taishi commentera de nombreux sūtras bouddhiques et créera de nombreux monastères. À sa mort, on comptait 46 monastères.

En , après des luttes d'influence avec le shintō, le bouddhisme fut déclaré religion d'État.

En , l'empereur Tenmu promulgue les premières lois visant à interdire la consommation de viande d'animaux (bovins, chevaux, chiens, poulets et singes). Cette interdiction restera en vigueur pendant près de ..

Le bouddhisme s'est introduit par le « haut », dans les classes sociales dominantes, avant d'atteindre le peuple, car ses enseignements relativement difficiles ne pouvaient pas encore être compris par l'ensemble de la population, non lettrée, du Japon.

Époque de Nara

Pendant l'époque de Nara, naissent les écoles bouddhiques appelées les : Hossō (Dharmalaksana Vijnanavada) ; Jojitsu (fondée sur le Satyasiddhi-çastra de Harivarman) ; Kegon (fondée sur le sūtra Avatamsaka) ; Kusha (fondée sur l'Abhidharmakośa de Vasubandhu) ; Ritsu (fondée sur l'observance de la vinaya) ; Sanron (aussi appelée école de la vacuité, fondée sur les trois sastras fondamentaux du madhyamaka).

Hossō, Jojitsu, Kusha et Ritsu appartiennent à la branche indienne du bouddhisme. Kusha et Ritsu suivent de façon nette la branche du Petit véhicule. Jojitsu s'inscrit dans une zone de transition entre Petit et Grand véhicule, alors que Hossō, Sanron, et Kegon (qui trouve ses origines en Serinde et en Chine), appartiennent au Grand véhicule. Seuls Hossō, Kegon et Ritsu subsistent de nos jours.

Époque de Heian

Durant l'époque de Heian, on assiste à la fondation de deux nouveaux courants par des moines revenus de Chine : Shingon, courant vajrayana fondé par Kūkai (Kōbō-Daishi, 774-835) qui s'était rendu en Chine en et en rapporta le Vajrasekhara sutra qu'il associa au Tantra de Vairocana (ou Mahavairocanabhisambodhi tantra), pour en faire la base de son enseignement. Tendai, dérivé de l'école chinoise tiantai (ou Tien Taï, « terrasse céleste », nom du lieu où elle est née), basé sur le Saddharma pundarika sutra ou sūtra du Lotus, à la suite du voyage de Saichō (Kogyo-Daishi, 767-822) ;

Époque de Kamakura

vignette|Eihei-ji dans Fukui, le plus haut temple de Sōtō. L'époque de Kamakura est celle de l'introduction du zen en provenance de Chine à partir de deux écoles : le Rinzai par le moine Eisai (1141-1215) et le Sōtō par Dōgen (1200-1253).

Deux courants inspirés par l'amidisme chinois naissent : l'école Jōdo sous l'impulsion de Hōnen (1133-1212), un prêtre Tendai, et l'école Jōdo shin (école véritable de la Terre pure aussi nommée bouddhisme shin) fondée par un disciple de Hōnen, Shinran (1173-1263). Viendront ensuite le développement de l'école Yūzū nenbutsu créée par un autre moine Tendai Ryōnin (1072–1132), et celui de l'école Ji fondée par Ippen (1234-1289), un moine-prêtre de l'école Jōdo.

À la même époque se développe le bouddhisme de Nichiren (du nom de son fondateur, Nichiren 1222-1282), qui désire revenir à une pratique uniquement centrée sur le sūtra du Lotus traduit par Kumarajiva, déjà popularisé à l'époque de Heian par le Tendai.

Toujours à la même période, le Shugendō, voie des ascètes des montagnes (les yamabushi) et syncrétisme entre bouddhisme et shintoïsme, connaît un important développement.

Époque d'Edo (1603-1868) Le début de l'époque d'Edo correspond à une phase d'ancrage plus profond du bouddhisme dans la population japonaise. Jusqu'au début du , le bouddhisme est surtout ancré dans la partie la plus aisée de la population. Lors d'une période qui s'étend grossièrement de l'an 1500 à 1700, les principales sectes bouddhistes développent leurs réseaux de temples pour couvrir la majeure partie du pays, y compris les campagnes. Le bouddhisme Jōdo dispose ainsi à la fin du de (sur ) dont la date de fondation est connue ; 65 % d'entre eux sont fondés entre 1573 et 1643, et 90 % entre 1501 et 1696. Cette phase de diffusion du bouddhisme des détermine assez largement la couverture ultérieure de cette religion dans le pays : des du bouddhisme Jōdo actifs en 1941 sont fondés avant la fin du . Cette dynamique de diffusion du bouddhisme est similaire dans les autres grands courants de l'époque comme le Shingon.

C'est aussi au début de la période que le nouveau régime cherche à assoir sa domination sur les différentes écoles bouddhistes en établissant un contrôle centralisé sur celles-ci, mais aussi en s'assurant de la conformité de leurs doctrines avec les intérêts du pouvoir. Dans le même temps, le pouvoir se place hors du champ religieux et les responsables politiques ne sont pas incités à prendre appui sur le bouddhisme. Plusieurs lois sont adoptées dès 1615 qui imposent aux temples de fonctionner en réseau, un temple devant servir de siège central à chaque école et fournir une liste de tous les temples qui y sont affiliés. Ce cloisonnement entre écoles de pensée accroit les différences doctrinaires qui deviennent alors plus marquées. Si la période de trouble du siècle précédent avait déjà vu émerger un système de loyautés plus ou moins marquées vis-à-vis d'une communauté religieuse, la spécialisation de ces communautés par doctrine était encore presque absente.