vignette|Carte du Liberia L'histoire du Liberia en tant que pays commence en 1847, année où il devient officiellement indépendant de la Société américaine de colonisation, l'American Colonization Society, qui avait installé des esclaves noirs libérés à proximité du Cap Mesurado. Rapidement, un malaise entre Américano-Libériens et population autochtone apparaît.
Avant 1821 thumb|Carte de cette région vers 1830.
Le premier contact avec les populations autochtones est établi en 1461 par les explorateurs portugais qui désignent le pays sous le nom de Costa da PimentaD'après .. En 1602 les Néerlandais créent un poste de traite à Grand Cape Mount, détruit l'année suivanteD'après .. C'est en 1663 que les Anglais installent un comptoir. Groupes ethniques au Libéria Langues du Libéria Capitalisme marchand, Compagnies européennes fondées au XVIIe siècle (portugaises, britanniques, françaises, néerlandaises...) Côte du Poivre (Maniguette, grains de paradis, Grain Coast), Traites négrières, Commerce triangulaire Royal African Company (1672-1752), dont (au Sierra Leone actuel : Île de Bunce et Île Bonthe)
Colonisation américaine
En 1817, le pasteur américain presbytérien abolitionniste Robert Finley du New Jersey crée aux États-Unis l'American Colonization Society, en lui assignant comme objectif l'aide à la remigration d'Afro-Américains affranchis vers l'Afrique. En 1820, cette association arme un brick, l’Elizabeth, à destination de l'Afrique de l'Ouest. Outre l'équipage, l'expédition est composée de 88 colons noirs dont Jehudi Ashmun et Elijah Johnson ainsi que 3 agents blancs de la société américaine de colonisation. Le , ils accostent à l'Île Bonthe (Sherbro Island) au Sierra Leone actuel.
Les colons rencontrent des conditions hostiles et souffrent de lourdes pertes dues à la malaria et la fièvre jaune dont les 2 agents de la société qui meurent lors des premières semaines. La traite négrière a toujours cours sur la côte où ils s'installent même si les Britanniques l'ont récemment interdite. Les Anglais saisissent les bateaux négriers espagnols, portugais et français ainsi que leurs cargaisons d'esclaves qu'ils relâchent sur ces mêmes côtes. En 1821, les survivants rejoignent Providence Island sur le site actuel de la ville de Monrovia où la société rachète des terres à l'embouchure du fleuve Saint-Paul.
Depuis le début des années 1830, quelques citoyens de Philadelphie subventionnent la création de Port-Cresson (aujourd'hui Buchanan) pour permettre aux colons noirs de contrôler l'embouchure du fleuve Saint-John, et empêcher l'embarquement de esclaves par mois.. Le négociant américain Elliott Cresson, après une tournée promotionnelle en Europe, débarque au Libéria au début de 1833 pour participer à la création de cette colonie ; mais la colonie de Port-Cresson est dès 1835 la proie d'un raid des tribus Bassa., poussées par les trafiquants d’esclaves espagnols : tous les bâtiments sont détruits, 20 des 126 colons sont tués, les survivants parvenant à se réfugier dans la colonie voisine d’EdinaD'après .. Un mois plus tard, une nouvelle colonie voit le jour à Bassa CoveD'après ..
Création de la République, domination des Américano-Libériens (1847-1980)
En 1847, la colonie devenue Commonwealth du Liberia en 1838, devient une république indépendante. La (1847) est rédigée par Hilary Teague, un membre de l'American Colonization Society venu des États-Unis, et est ratifiée le . Le suffrage censitaire permet aux américano-libériens de conserver le pouvoir durant un siècle.
Le Liberia s'était proclamé neutre au début de la Première Guerre mondiale. Mais le blocus de l'Empire allemand par les Alliés et la guerre sous-marine que les Allemands leur opposaient réduisirent à néant le commerce extérieur de ce petit pays d'Afrique occidentale provoquant une grave crise financière et économique. Espérant se faire bien voir des États-Unis dont il voulait obtenir un prêt, le Liberia rompit ses relations diplomatiques avec l'Allemagne le (en raison de son isolement la nouvelle ne fut connue en Europe et à New York que le ). Le , il lui déclara la guerre sans l'intention de la mener, le but étant de s'emparer des biens des ressortissants allemands relativement nombreux car l'Allemagne était le premier partenaire du Liberia avant 1914 (la nouvelle ne fut connue en Europe et à New York que le ). Le , un sous-marin allemand pénétra dans le port de Monrovia, coula l'unique navire de la marine libérienne (un voilier), bombarda la ville dans le but de détruire les stations de radio et du télégraphe tuant plusieurs civils (quatre ?) puis quitta la place quand un bateau à vapeur britannique alerté par radio s'approcha..
Au début du , près d'un tiers du budget de l’État libérien provient de la taxe des travailleurs africains, dont l'élite elle-même ne s’acquitte pas. Cette situation entraine des soulèvements réprimés avec violence. Lourdement endetté, le Liberia reste aligné sur Londres, Paris et Washington pour les questions de natures diplomatiques. Le pays connait une reprise économique dans les années 1920 grâce à la vente des propriétés allemandes confisquées pendant la guerre..
En 1931, la Société des Nations condamne les conditions de travail forcé imposées aux autochtones par les américano-libériens pour le compte de multinationales de l'industrie du caoutchouc. Le scandale contraint le gouvernement à la démission. En 1936, le nouveau gouvernement interdit le travail forcé. Néanmoins, les autochtones, privés de droit de vote, restent des citoyens de seconde zone. C'est en mai 1945 que le président William Tubman accorde le droit de vote aux autochtones.
À partir de 1960, le Liberia entre dans une période de vingt années de prospérité, grâce à des concessions offertes à des multinationales étrangères (principalement américaines et allemandes) pour l'exploitation des gisements de minerai de fer.
Liste des présidents de la république du Liberia, vice-président de la république du Liberia 1944-1971 : présidences William Tubman (1895-1971)
Présidence William Tolbert, puis renversement du pouvoir des américano-libériens (1971-1980) En 1971, William Tolbert (1913-1980), vice-président depuis 1951, accède à la présidence à la suite de la mort du président Tubman. La politique économique qu'il mène accroît le clivage entre américano-libériens et autochtones.
Présidence Samuel Doe (1986-1990) Et le , le gouvernement est renversé lors d'un coup d'État mené par Samuel Doe (1951-1990), krahn), un autochtone qui prend le pouvoir. Il instaure rapidement une dictature.
Guerres civiles Désastreuse guerre civile (1989-1997)
La guerre civile au Liberia a coûté la vie à près de personnes, des civils pour la plupart, et a provoqué un effondrement total de l'État. Des milliers de personnes ayant été déplacées à l'intérieur du Liberia et hors de ses frontières, quelque personnes se sont réfugiées dans les pays voisins. Les combats ont commencé à la fin de l'année 1989 et au début de l'année 1990, causant plusieurs centaines de morts lors des affrontements entre les forces gouvernementales et les combattants se réclamant d'un groupe d'opposition, le National Patriotic Front of Liberia (NPFL), dirigé par un ancien membre du Gouvernement, Charles Taylor. Charles Taylor est de père américano-libérien et de mère native. Après des études aux États-Unis, il est revenu en Afrique, s'est plongé dans les intrigues politiques et militaires ouest-africaines, et est devenu un chef de guerre, avide de profits financiers..
En 1989, le National Patriotic Front of Liberia (NPFL), le groupe d'opposition placé sous son autorité, s'organise. Ce mouvement prend les armes et s'empare rapidement d'une grande partie du pays sans rencontrer de résistance sérieuse de la part des forces gouvernementales. Les forces rivales ont des pratiques meurtrières très similaires. Néanmoins, l'avancée est stoppée aux portes de Monrovia. Dans le même temps, les membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) décident l'envoi d'une force d'interposition, l'Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group (ECOMOG), composée de hommes. Ce contingent militaire, majoritairement nigérian, bloque la progression des troupes de Charles Taylor.
En 1990, un désaccord au sein du NPLF conduit Prince Johnson à faire sécession, et à créer l'Independent National Patriotic Front of Liberia (INPFL) avec un millier de dissidents. Le , le président Doe est assassiné par Prince Johnson lors d'une visite aux troupes de l'ECOMOG. Le NPLF tente un nouvel assaut sur Monrovia en 1992, qui se solde par un échec. La situation s'enlise. Des chefs de guerre créent de nouvelles factions dissidentes. Les tentatives de résolution du conflit par la CEDEAO restent vaines.
Après la signature de l'accord de paix de Cotonou (Bénin) en 1993, négocié grâce à la CEDEAO, le Conseil de sécurité crée la Mission d'observation des Nations unies au Liberia (MONUL), avec pour mandat notamment de contrôler le respect de l'accord de paix, et d'en vérifier l'application impartiale par toutes les parties. La MINUL a été la première mission de maintien de la paix que l'Organisation des Nations unies a entreprise en coopération avec une mission de maintien de la paix déjà mise sur pied par une autre organisation.
Toutefois, des retards dans l'application des accords et la reprise des combats entre factions libériennes ont fait qu'il n'y a pas eu d'élections en février-mars 1994, comme prévu. Au cours des mois suivants, plusieurs accords supplémentaires, amendant et précisant certaines dispositions de l'accord de Cotonou ont été négociés. Grâce au cessez-le-feu en vigueur, les Nations unies ont pu observer le déroulement des élections de juillet 1997, avec trois ans de retard sur le calendrier initial. Charles Taylor fait campagne avec un slogan resté célèbre : , signifiant ainsi son intention en cas d'échec de remettre le pays à feu et à sang. Le , il est élu président de la république du Liberia avec 75 % des voix.
Charles Taylor au pouvoir et reprise progressive de la guerre civile (1997-2003)
Après avoir été intronisé, le , ce nouveau président, Charles Taylor, forme un gouvernement et annonce la mise en œuvre de mesures de réconciliation et d'unité nationale. L'objectif principal de la MONUL semble avoir été atteint. En , le mandat de la MONUL s'étant achevé le , l'ONU crée le Bureau d'appui des Nations unies pour la consolidation de la paix au Liberia (BANUL), dirigé par un représentant du secrétaire général. Sa tâche principale est d'aider le gouvernement à consolider la paix. En 1998, l'ECOMOG quitte le Liberia.
Toutefois, le gouvernement au pouvoir et les dirigeants de l'opposition se révèlent incapables de surmonter leurs différends. Entretemps, la promotion de la réconciliation nationale est affaiblie par les violations systématiques des droits de l'homme, l'exclusion et le harcèlement des opposants politiques et l'absence de réforme dans le secteur de la sécurité. Rien ne change vraiment pour la population, par rapport à la première guerre civile. Ces éléments contribuent à la reprise de la guerre civile au Liberia et poussent la communauté internationale à demander aux parties belligérantes de parvenir à un règlement négocié du conflit.