L'archidiocèse de Rimouski ( en latin) est un archidiocèse métropolitain de l'Église catholique au Québec au Canada situé dans la région du Bas-Saint-Laurent dans l'Est de la province de Québec. Son siège épiscopal est la cathédrale Saint-Germain de Rimouski. Depuis 2015, son évêque est Denis Grondin.

Le diocèse a été érigé canoniquement le par le pape Pie IX sous le nom de diocèse de Saint Germain de Rimouski. Il a été élevé au rang d'archidiocèse le par Pie XII et adopta alors son nom actuel. En 2017, l'archidiocèse de Rimouski comprend près de et .

Description vignette|gauche|Façade de la cathédrale Saint-Germain de Rimouski L'archidiocèse de Rimouski est l'une des juridictions de l'Église catholique au Québec au Canada. Son siège épiscopal est la cathédrale Saint-Germain de Rimouski... Il est le métropolitain de la province ecclésiastique de Rimouski et deux diocèses lui sont suffragants : le diocèse de Baie-Comeau et le diocèse de Gaspé.... Depuis 2015, son évêque est Denis Grondin... Bertrand Blanchet est archevêque émérite de Rimouski..

Le territoire de l'archidiocèse de Rimouski s'étend sur dans la région du Bas-Saint-Laurent dans l'Est du Québec. Il est contigu au diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière au sud-ouest, au diocèse de Chicoutimi à l'ouest, au diocèse de Baie-Comeau au nord, au diocèse de Gaspé au nord-est, au diocèse de Bathurst à l'est, au diocèse d'Edmundston au sud et au diocèse de Portland au Maine au sud. En fait, il est bordé, au nord par le fleuve Saint-Laurent, au sud-est par le Nouveau-Brunswick et au sud-ouest par le Maine aux États-Unis.. Il inclut toutes les paroisses à partir de Cacouna jusqu'aux Capucins, incluant les vallées de la Matapédia et du Témiscouata, sauf trois paroisses de Rivière-du-Loup qui sont Saint-Patrice, Saint-Ludger et Saint-Antonin. En 2022, il compte réparties en six régions pastorales : Trois-Pistoles, Témiscouata, Rimouski-Neigette, La Mitis, La Matanie et La Matapédia.

En 2022, l'archidiocèse de Rimouski dessert une population de , soit 96,2% de la population totale de son territoire, avec un total de et permanents.

Histoire Naissance du diocèse vignette|gauche|Congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire de Rimouski Le diocèse est érigé canoniquement le par une bulle apostolique du pape Pie IX sous le nom de diocèse de Saint Germain de Rimouski. Auparavant, son territoire faisait partie de l'archidiocèse de Québec duquel il devint suffragant. La création du diocèse de Rimouski en 1867 s'inscrit dans un contexte de régionalisation plus vaste qui s'opère sur tout le territoire québécois entre 1847 et 1913. Il répond au développement démographique des régions après 1850, même si des luttes internes au sein de la hiérarchie ecclésiastique ont pu influencer les découpages. La création du siège diocésain de Rimouski, et celui de Chicoutimi en 1878, ont toutefois été exemptes de controverse, compte tenu de l'urgence d'appuyer le développement de la colonisation. Dans sa forme initiale, le diocèse regroupait le Bas-Saint-Laurent à partir de Cacouna, la Gaspésie et la Côte-Nord, à l'est de la rivière Portneuf.

Le premier évêque du diocèse fut Jean Langevin.. Ce dernier dut se mettre rapidement au travail afin de pourvoir aux besoins pressants des catholiques de l'Est du Québec. Entre 1868 et 1870, il fonda neuf paroisses et recruta des prêtres de l'extérieur en attendant les premières promotions du séminaire de Rimouski, dont il prit la direction de 1867 à 1882, considérant que cet établissement était son œuvre de prédilection. Au total, Jean Langevin érigea durant son mandat comme évêque.

Durant son mandat à la tête du diocèse, Jean Langevin mit en place les bases d'une organisation robuste en encourageant notamment les communautés de femmes à s'établir dans la région. Déjà présentes lors de la création du diocèse, à l'invitation du clergé local, des congrégations de Montréal et de Québec s'établissèrent au Bas-Saint-Laurent afin de prodiguer des services comme l'enseignement primaire, l'entretien des hôpitaux, des crèches, des orphelinats et des foyers pour personnes âgées. Une première congrégation d'origine locale, la congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Saint-Rosaire, aussi connues comme les Sœurs des Petites Écoles, virent le jour à Rimouski en 1879 à l'instigation d'une enseignante originaire de Beaumont, Élisabeth Turgeon, béatifiée en 2015. vignette|145px|L'église de Pointe-au-Père du sanctuaire Sainte-Anne. Jean Langevin mit aussi en place un lieu de dévotion en inaugurant, en 1874, le sanctuaire de Sainte-Anne de la Pointe-au-Père. Il développa également une série d'organisations pieuses ou charitables qui dépassait la stricte mission spirituelle de l'Église, en encourageant la création d'organismes à mission sociale ou culturelle. Considérant que la colonisation du territoire était une œuvre « patriotique et religieuse par excellence », Jean Langevin mit sur pied une Société diocésaine de colonisation dès 1882. Les résultats de cette initiative furent cependant mitigés de l'aveu même du premier évêque de Rimouski.

Le , le diocèse de Rimouski perdit une partie de son territoire lors de l'érection de la préfecture apostolique du Golfe Saint-Laurent, de nos jours le diocèse de Baie-Comeau. En effet, la Côte-Nord est détachée du diocèse à la demande de l'évêque de Rimouski de l'époque, Jean Langevin, et devient une préfecture apostolique sous la responsabilité du diocèse de ChicoutimiLe territoire de la Côte-Nord deviendra un vicariat apostolique en 1905, après l'arrivée des pères Eudistes, puis un diocèse à part entière à compter de 1945.. Le , il perdit à nouveau une partie de son territoire lors de l'érection du diocèse de Gaspé.

L'Église omniprésente vignette|left|Georges-Alexandre Courchesne, évêque de Rimouski de 1928 à 1950 Le diocèse de Rimouski atteignit le sommet de sa puissance au cours des six décennies suivantes. Implanté sur un territoire où les catholiques représentaient 99% de la population, servi par un clergé de plus en plus nombreux, auquel s'ajoutaient des communautés religieuses, le diocèse assuma une part importante dans l'organisation de l'éducation, des services de santé et de l'assistance sociale.

Les effectifs passèrent de en 1892 à 213 en 1931, pour atteindre 321 en 1951. En 1950, le diocèse comptait , qui permettaient d'encadrer les croyants de la naissance au décès. En plus de veiller à la pratique religieuse, le curé était responsable des bonnes mœurs de ses ouailles, supervisait l'éducation des jeunes, organisait des œuvres de bienfaisance et des associations charitables ciblées vers des segments de la population.

Le développement du diocèse exigea l'érection d'un nouvel évêché au début du . Le successeur de Jean Langevin, André-Albert Blais, entreprit la construction d'un nouvel édifice au printemps de 1901. Les plans furent confiés à un architecte de Sherbrooke, Joseph-J.-B. Verret, qui avait réalisé les travaux d'agrandissement de la cathédrale Saint-Germain. Au bout de deux ans de travaux dont les coûts se sont élevés à , le diocèse disposait d'un édifice de cinq étages, incluant le sous-sol, d'une superficie de 120 × (39 × ).

Dans la lignée de Jean Langevin, ses successeurs poursuivirent la promotion active d'un mode de vie rural et agricole malgré la progression de l'industrialisation et de l'urbanisation. Le clergé fut notamment actif dans les mouvements de colonisation au Témiscouata et dans La Matapédia, qu'il favorisait notamment par l'organisation d'une quête annuelle décrétée par André Blais dès 1894.

Alors que le mouvement de colonisation s'essoufflait au lendemain de la Première Guerre mondiale, le clergé rimouskois lui insuffla une nouvelle vie en organisant une société diocésaine chargée d'en faire la promotion. La crise des années 1930 transforma cet effort sanctionné par le nouvel évêque, Georges-Alexandre Courchesne, en , soutiennent Fortin et Lechasseur dans leur Histoire du Bas-Saint-Laurent, publiée en 1993.

Durant cet « âge d'or » de l'Église québécoise, la mission des diocèses dépassait la sphère religieuse et s'inscrivait dans une vision de développement économique, social et culturel, à l'inspiration de la doctrine sociale de l'Église catholique promue par l'encyclique Rerum novarum publiée en 1891 par le pape Léon XIII. Les et 1930 virent la création de plusieurs mouvements d'action catholique diocésains, qu'il s'agissait de l'Union catholique des cultivateurs, des mouvements de jeunesse , ou féminins, comme les cercles des Fermières. À l'instar de l'archidiocèse de Québec, qui faisait ouvertement la promotion des coopératives d'épargne et de crédit, le diocèse de Rimouski s'impliqua dans la création de caisses populaires sur son territoire dès les . À la mort d'Alphonse Desjardins en 1920, le territoire du diocèse de Rimouski comptait populaires, auxquelles étaiet activement associés les curés des paroisses, à la demande expresse des autorités diocésaines.

Le , le diocèse a été élevé au rang d'archidiocèse métropolitain par une bulle apostolique du pape Pie XII et adopta le nom d'archidiocèse de Rimouski. Il devint alors le métropolitain d'une province ecclésiastique avec les diocèses de Baie-Comeau et de Gaspé comme suffragants. Il avait également la responsabilité du vicariat apostolique de Labrador-Schefferville, qui est devenu le diocèse de Labrador City-Schefferville en 1967 et a été dissout en 2007, jusqu'à la création du siège métropolitain de Keewatin-Le Pas le ...

Vers la fin des , l'archevêque de Québec, Maurice Roy, proposa la création d'un nouveau diocèse regroupant le Kamouraska, le Témiscouata et la région de Rivière-du-Loup. Cette proposition, qui aurait amputé l'archidiocèse de Rimouski de la vallée de la Témiscouata, suscita une réaction négative au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, qui craignait sa marginalisation. Les protestations portèrent fruit et le diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière fut érigé en 1951. Celui-ci fut découpé exclusivement dans les limites de l'archidiocèse de Québec et exclut le transfert du Témiscouata qui demeure dans les limites de l'archidiocèse de Rimouski.

Laïcisation et redéfinition Au décès de Georges Courchesne, en 1950, l'Église de l'Est du Québec est au faîte de sa puissance. Décrite comme « le dernier bastion de l'idéologie conservatrice et ruraliste de l'Église traditionnelle québécoise », le nouveau titulaire du diocèse, Charles-Eugène Parent devait toutefois composer avec une modernisation des institutions et des idées, promue par l'Église de Montréal.

Dès le milieu de la décennie, les problèmes surgirent : certaines dessertes réclamèrent d'être érigées en paroisses alors que le clergé bas-laurentien ne suffisait pas à la tâche. Selon une étude menée en 1945, 55% du clergé diocésain était affecté au ministère paroissial à Rimouski, alors que cette proportion variait de 30% à 34% dans les diocèses de Montréal, de Québec et de Valleyfield. La cause n'était pas le déclin des vocations, mais la taille des paroisses. Alors qu'à Montréal, les paroisses comptaient plus de en 1958, le tiers des et dessertes du Bas-Saint-Laurent ne regroupent que . En revanche, les neuf plus grandes paroisses urbaines de la région rassemblaient en moyenne .

À son apogée, l'Église diocésaine comptait plus de et religieux, qui enseignaient dans les écoles, prodiguaient des soins de santé et d'assistance sociale au Bas-Saint-Laurent. Ils étaient regroupés au sein de , dont de femmes. Le réseau d'organismes charitables, d'associations professionnelles et de syndicats catholiques était toujours en place dans les . Le Conseil des œuvres du diocèse de Rimouski mena des campagnes de souscription : sa première campagne permit de recueillir en 1955. Une dizaine d'années plus tard, le Conseil suspendit ses activités à cause du déclin des sommes recueillies.