vignette|Barbelés coupants. vignette|Barbelés piquants. vignette|Barbelés rouillés. vignette|Rameau de robinier faux-acacia. vignette|Rameau de roncier. thumb|Clôtures de confinement robustes et dissuasives pour le bétail, Sécurité périmétrique. Le fil de fer barbelé, appelé aussi ronce artificielle ou barbelé, est une forme de fil de fer fabriqué de sorte à être piquant avec des pointes ou des angles parfois coupants disposés à intervalles réguliers. Une personne ou un animal essayant de franchir ou de passer à travers du fil de fer barbelé aura de forts risques de se blesser.

Il est notamment utilisé dans les clôtures pour le bétail en raison de son faible coût, et autour des zones nécessitant une sécurité accrue pour éviter les intrusions ou les évasions. Sa pose est aisée et ne nécessite pas de compétences particulières, il suffit de disposer de quelques points d'attache où l'on peut le fixer avec des câbles ou des agrafes.

Le fil barbelé a été beaucoup utilisé sur les champs de bataille. Déroulé et déposé simplement sur le terrain, il freine la progression des soldats, qui peuvent même s'y emmêler. Dans ce cas, le fil est composé de lames coupantes.

Histoire Dénomination Le mot barbelé vient du mot français barbel (pointe, dent). L'invention ou la version améliorée et les premières commercialisations massives le firent connaître sous le nom de ou aux États-Unis, traduit en français par fil de fer barbelé et fil en fer de ronce ou fil de ronce artificiel. Mais la première traduction est la plus utilisée de nos jours. Le terme de ronce artificielle provient non seulement de sa ressemblance avec ces plantes mais aussi parce que les premières clôtures de ce type étaient végétales. .

Invention Le , l’Américain Joseph Glidden de DeKalb (Illinois), déposa le brevet du fil de fer barbelé le plus répandu et construisit la première machine capable de le produire en grande quantité. Il s'agissait d'une version améliorée qui rencontra plus de succès que l'invention de Louis Janin en France en 1865. La facilité avec laquelle on pouvait le déployer fit qu'il se répandit très vite auprès des éleveurs aux États-Unis. De vastes superficies pouvaient désormais être clôturées, ce qui permit d'améliorer le rendement des élevages et la rentabilité des terres. Les barrières étaient auparavant essentiellement en bois et nécessitaient beaucoup de temps pour être installées et entretenues.

Perfectionnements La première tentative sérieuse de fabrication de fil de fer barbelé est l'œuvre du Français Léonce Eugène Grassin-Balédans en 1860.

Il conçoit une clôture hérissée de pointes acérées en s'appuyant sur les nouveaux produits manufacturés de l'époque : fil de fer, câble en acier et autres nouveautés industrielles. Mais le prototype élaboré présente des inconvénients : temps de fabrication, fiabilité, difficulté de mise en place, longévité... En Louis François Janin est sur ses talons et souhaite améliorer le prototype. Pour cela il s'inspire des techniques artisanales. Il découvre que beaucoup d'installations de clôtures stables de ce type sont issues de matériaux récoltés dans la nature : branchages ou lianes hérissées d'épines. Il est fasciné par les haies les plus infranchissables selon ses recherches : les haies de ronciers ou autres plantes du genre botanique Rubus (exemple : Rubus fruticosus ou ronce commune).

Après une étude attentive, les trois avantages qu'il désire reproduire sont : les aiguillons acérés portés par les tiges et perpendiculaires à elles ou formant avec elles un angle aigu. Cette disposition est la plus efficace car l'angle aigu augmente le pouvoir d'accrochage de la peau ainsi que le déchirement ; les tiges arquées peuvent atteindre trois à quatre mètres de long, et leur extrémité rejoint le sol la deuxième année et s'enracine par marcottage, émettant ensuite de nouvelles tiges qui colonisent rapidement le terrain. Cet ancrage a pour avantage de rendre la structure très stable et difficile à enlever ; la structure interne de la tige du roncier est constituée de dizaines de fibres imbriquées, ce qui augmente la résistance et la difficulté de destruction des tiges.

Louis-François Janin invente ainsi un fil de fer constitué de plusieurs fils entortillés. Pour des raisons économiques et de fabrication les versions ultérieures ne garderont le plus souvent que deux fils entortillés.

De nos joursKansas Barbed Wire Museum, La Crosse, État du Kansas, États-Unis, exposition permanente, le fil de fer classique présente toujours des pointes perpendiculaires ou formant un angle aigu. Les points d'appui des tiges ne se font pas au sol mais sur des piquets. Afin de reproduire la deuxième caractéristique les fils seront équipés d'un système de tendeur (évoluant avec le temps).

Mais à la même époque, Michael Kelly, de New York aux États-Unis, a les mêmes idées d'amélioration. Malgré le brevet déposé par le Français, le procédé de fabrication américain s'impose. Grâce à la forte demande des exploitations de l'Ouest américain, la promotion publicitaire du nouveau produit et sa réussite industrielle, celui-ci finit par dominer le marchéDevil's Rope Museum, Route 66 Mc Lean, État du Texas, États-Unis, Exposition partie Historique. vignette|Une collection de différents fils de fer utilisés au .

Vers la fin du , les Grandes Plaines du Midwest manquent de bois pour les palissades ou de pierre pour les murets. Cela a comme effet de ralentir la colonisation agraire. Fin 1872, un fermier de Waterman dans l'Illinois développe un système de clôture constitué d'un fil avec une pièce en bois munie de pointes pour repousser les Autochtones d'Amérique et empêcher le bétail des grands éleveurs (partisans de l, soit la libre pâture) de la franchir, notamment les cow-boys conduisant leur troupeau vers les villes du Nord et de l'EstAndré Kaspi, « Au temps du Far West », émission Au cœur de l'histoire, 28 février 2012. Il dépose un brevet en et en fait la démonstration lors du marché du comté de DeKalb durant l'été. Cette innovation intrigue plusieurs habitants de la région, Isaac Ellwood, Joseph Glidden et Jacob Haish qui décident d'améliorer le concept. Ellwood dépose un brevet en mais arrive à la conclusion que la version de Glidden est plus efficace. Une fois fabriquées, les pointes sont placées sur le fil de fer puis torsadées. Pour les maintenir en place, Glidden enroule un autre fil autour des pointes. Ellwood achète la moitié du concept à Glidden en , et Glidden dépose son brevet en novembre de la même année. Ils fondent ensuite la I.L Ellwood Manufacturing Company. Ils fabriquent au début à l'arrière de la boutique d'Ellwood un fil porteur composé de deux câbles torsadés. Le succès arrive rapidement, de même que la concurrence puisque Jacob Haish démarre son propre commerce à partir de ses brevets. En 1876, Glidden vend la moitié des parts de son brevet à la Washburn and Moen Manufacturing Company basée à Worcester dans le Massachusetts. Ellwood y est intégré et le commerce du fil barbelé continue à prospérer.

Utilisation dans le sud-ouest américain thumb|Fil de fer moderne John Warne Gates fait une démonstration pour la Washburn Moen à la de San Antonio (Texas) en 1876. Il prouve l'efficacité de ce nouveau type de clôture avec le bétail et invite le public à passer commande à l'hôtel Menger. Gates s'installe par la suite à Saint-Louis dans le Missouri où il fonde la Southern Wire Company qui devient le plus grand producteur de fil barbelé sans licence. En 1881, une décision de justice déboute ces fabricants et renvoie le monopole aux propriétaires du brevet de Glidden. En 1892, la décision est confirmée par la cour suprême des États-Unis. Gates s'empare de Washburn Moen en 1898 et transforme la société en American Steel and Wire qui est un prédécesseur de lUnited States Steel. En 1875, de fils barbelés ont déjà été produites. En 1901, plus de ont été fabriquées. Il existerait un millier de types de fil de fer barbelé.

Dans le sud-ouest américain, les clôtures en barbelé provoquent querelles et conflits de voisinage entre les éleveurs (la range war ou « guerre des parcours »). Certains ranchs laissent paître leur bétail sans limite territoriale, alors que certains fermiers protègent leurs terres avec des clôtures. Il arrivait que des éleveurs coupent les fils barbelés pour laisser passer les animaux ce qui déclencha les (les guerres de coupage de clôtures), au cours de laquelle plusieurs personnes trouvèrent la mort. Finalement, la justice mit en place un système d'amendes et de peines pour tous ceux qui couperaient des fils dans une clôture. En moins de , la quasi-totalité des ranchs est clôturée, afin de délimiter clairement les possessions. estiment que la fin de la « Conquête de l'Ouest » coïncide avec l'arrivée du fil de fer barbelé.

Des groupes religieux et conservateurs donnent le nom de Devil's Rope (la corde du diable) au fil de fer barbelé. Une partie de l'opinion publique s'indigne aussi des blessures constatées sur les animaux à la suite de l'introduction du barbelé..

Utilisations Clôtures autour des domaines agricoles vignette|250px|Clôture en barbelé dans l'ouest du Texas Le fil barbelé reste l'un des moyens les plus répandus pour établir une clôture autour d'un domaine. Aux États-Unis, les propriétaires utilisent généralement le fil barbelé mais ceci n'est pas le cas pour tous les pays. La taille du domaine est aussi un critère important quant à l'utilisation de telles clôtures.

Le fil est tendu entre des poteaux robustes et solidement plantés dans le sol. Un système de tendeurs et des poteaux intermédiaires en bois ou en acier permettent de maintenir le câble à la bonne hauteur. Des planches sont parfois ajoutées entre les poteaux pour rendre l'ensemble plus robuste. La distance entre deux poteaux varie selon le terrain. Elle peut aller de sur les terrains accidentés jusqu'à près de sur les zones planes.

Le fil utilisé pour l'agriculture se décline en deux catégories : acier mou ou acier haute tension. Dans tous les cas, le fil est galvanisé pour résister à l'usure et à l'oxydation. L'acier haute tension permet de faire du câble plus fin et plus résistant. Il ne se déforme pas si le bétail tente de le franchir. La déformation causée par les animaux ou la chaleur est compensée par ses meilleures propriétés élastiques (il retrouve son état initial) contrairement au fil barbelé en acier mou qui reste déformé. Le fil haute tension peut être déployé sur de plus grandes distances mais ses caractéristiques font qu'il est plus difficile à installer et peut être dangereux s'il est manipulé par des personnes inexpérimentées. La pose d'un fil mou est plus aisée mais sa durabilité est plus faible et il n'est pas pratique pour de longues distances.

Dans les zones très fertiles où le troupeau est plus dense, des clôtures avec cinq ou sept câbles sont courantes pour délimiter le domaine mais également établir des divisions à l'intérieur de la propriété. Dans les élevages de moutons, les clôtures avec sept fils sont fréquentes avec quatre ou cinq fils lisses au milieu et des fils barbelés en haut et en bas. En Nouvelle-Zélande, les clôtures doivent laisser passer les chiens puisqu'ils conduisent le troupeau. En France, l'usage veut que le fil le plus bas laisse passer la faune sauvage, les chiens de berger s'ils sont employés et les chiens de chasse.

Clôtures contre les intrusions humaines vignette|Clôture avec du barbelé au sommet|gauche