L'agriculture est un secteur important de l'économie de l'Algérie. Elle génère elle-même, sans les industries agroalimentaires, près de 14,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2022, mais avec des variations importantes selon les années en fonction des conditions climatiques. Le secteur agricole emploie 22,68 % de la population active en 2022 avec 2,7 millions de travailleurs, avec un taux de couverture des besoins nationaux par la production nationale de 75 %..
Depuis les années 2000, l'agriculture est devenue l'une des priorités du gouvernement afin de diversifier son économie, encore dominée par la production pétrolière.
Les principales productions végétales sont les céréales, largement majoritaires en surface, l'arboriculture, les cultures maraichères, notamment les pommes de terre, les agrumes et les fourrages. L'élevage occupe une place non négligeable, en particulier l'élevage ovin et l'aviculture.
En 2014, la production agricole algérienne a atteint 35 milliards de dollars permettant de satisfaire les besoins du pays à 72 %. Mais l'Algérie doit importer du lait et des céréales pour un coût de l'ordre de 4 milliards de dollars. Ce sont en effet ces deux derniers produits qui constituent le principal talon d'Achille de l'agriculture nationale et qui l'empêchent de réaliser, du moins à court terme, l'autosuffisance alimentaire..
Mais l'augmentation de sa production agricole nationale entre 2016 et 2018, grâce à la modernisation des outils et techniques agricoles de production et la généralisation des programmes d'irrigation par les autorités publiques, rapproche un peu plus le pays de son objectif d’autosuffisance alimentaire d'ici 2025..
La production céréalière a enregistré un record au cours de la campagne agricole 2017/2018, récoltant 6,1 millions de tonnes de céréales contre 3,5 millions de tonnes récoltées durant la campagne précédente, soit une augmentation de 74 %. En matière de légumes secs, la production de pois chiches a atteint 34 000 tonnes pendant la saison 2017/2018, contre 12 300 tonnes en 2001, et la production de lentilles est passée de 458 tonnes à 30 000 tonnes au cours de la même période. La culture des haricots blancs, à large consommation par les Algériens, reste insuffisante et ce produit est toujours importé.
Production L'Algérie a produit, en 2018:
4,6 millions de tonnes de pomme de terre ( producteur mondial); 3,9 millions de tonnes de blé ( producteur mondial); 1,9 million de tonnes d'orge ( producteur mondial); 118 000 tonnes d'avoine ( producteur mondial); 38 274 tonnes de pois chiche ( producteur mondial); 10 071 tonnes de lentille ( producteur mondial); 2 millions de tonnes de pastèque ( producteur mondial); 1,4 million de tonnes d'oignon ( producteur mondial); 1,3 million de tonnes de tomate ( producteur mondial); 1,1 million de tonnes d'orange ( producteur mondial); 1 million de tonnes de datte ( producteur mondial, juste derrière l'Égypte, l'Arabie saoudite et l'Iran); 860 000 tonnes d'olives ( producteur mondial); 651 000 tonnes de poivron ( producteur mondial); 502 000 tonnes de raisin ( producteur mondial); 431 000 tonnes de carotte ( producteur mondial); 388 000 tonnes de citrouille ( producteur monddel); 262 000 tonnes de mandarine ( producteur mondial); 242 000 tonnes d'abricot ( producteur mondial, juste derrière la Turquie, l'Iran et l'Ouzbékistan); 207 000 tonnes de chou-fleur et brocoli ( producteur mondial); 202 000 tonnes d'ail ( producteur mondial); 200 000 tonnes de poire ( producteur mondial); 193 000 tonnes de concombre ( producteur mondial); 190 000 tonnes de pêche et nectarine ( producteur mondial); 186 000 tonnes de pois; 181 000 tonnes d'aubergine ( producteur mondial); 124 000 tonnes d'artichaut ( producteur mondial, derrière l'Italie, l'Égypte, l'Espagne et le Pérou); 111 000 tonnes de prune ( producteur mondial); 109 000 tonnes de figue ( producteur mondial, juste derrière la Turquie, l'Égypte et le Maroc); 78 798 tonnes de citron ( producteur mondial);
En plus de petites productions d'autres produits agricoles..
Structure agraire thumb|right|Plaine de la Mitidja, dans le Nord de l'Algérie La surface agricole utile (SAU) s'élève à 8,5 millions d’ha., soit seulement 3,6 % de la superficie totale du pays qui englobe une immense zone saharienne en grande partie non utilisable pour l’agriculture. Mais à cette SAU au sens strict, il convient d’ajouter d’importantes zones de parcours (32,9 millions d'ha), notamment en zones steppiques, peu productives mais utilisables par les cheptels. 4,2 millions d’ha de forêts et maquis complètent les terres à vocation agricole et rurale. La surface irriguée s’élève 1,4 million d'ha en 2020 contre irrigués en 2000..
Les petites exploitations de moins de 10 ha dominent largement puisqu'elles représentent 70 % environ de l’ensemble des exploitations, mais elles couvrent seulement 25 % des surfaces cultivées. Les grandes exploitations sont très minoritaires (2 % de l'ensemble), mais leur poids économique est important car elles occupent une superficie quasi équivalente aux précédentes. Les exploitations de taille moyenne (entre 10 et 50 ha) représentent une catégorie intermédiaire non négligeable (plus de 25 %) qui occupe la moitié environ de la surface cultivée. Par ailleurs 2,5 millions d'ha relèvent du domaine privé de l'État. Elles font l'objet aujourd'hui d'attributions sous le régime de la concession d’une durée de 40 ans renouvelable.
Le secteur agricole algérien souffre d’une faible productivité en raison de plusieurs facteurs défavorables, qu’ils soient externes (aléas climatiques) ou internes (sous mécanisation, faiblesse des investissements, infrastructures déficientes, manque de formation des ressources humaines...). Cette faible productivité est encore accentuée par le niveau élevé des terres « en repos » qui représenteraient plus de 3 millions d’ha.
Politique agricole À partir de l'an 2000, les autorités algériennes ont mis en place un Plan national de développement agricole (PNDA) afin d'améliorer la sécurité alimentaire du pays, de développer l'emploi et d'augmenter les revenus en zone ruraleMinistère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, Les Politiques agricoles à travers le monde : quelques exemples, 2015. En 2002, ce programme a été élargi et est devenu le Plan national de développement agricole et rural (PNDAR). Dans ce cadre, des Plans de proximité de développement rural intégré (PPDRI) ont été mis en place. Ils ont intégré outre les questions agricoles, des thématiques de santé, d’éducation et de développement des infrastructures.
En 2008, ce programme a été réaménagé pour définir une nouvelle politique de renouveau agricole et rural avec la promulgation d'une loi d'orientation agricole affichant des objectifs ambitieux. Le Renouveau agricole et rural repose sur 3 piliers complémentaires : Le renouveau agricole qui comprend des programmes d’action pour intensifier la production dans les filières prioritaires, la mise en place d’un système de régulation des marchés et des mesures de sécurisation de l'activité agricole.
Le renouveau rural qui cible prioritairement les zones difficiles (montagnes, steppes, Sahara).
Le Programme de renforcement des capacités humaines et de l'appui technique aux producteurs (PRCHAT), avec notamment un investissement important dans la recherche, la vulgarisation et la formation.
Certains progrès ont été constatés depuis le lancement de cette politique, la sensible amélioration des exportations agricoles algériennes en témoigne. Mais en 2015, la réussite du Renouveau agricole et rural demeure encore incertaine.
Productions agricoles Ceréaliculture thumb|Céréales irriguées dans le Sud algérien
Les céréales d'hiver occupent le tiers de la SAU. Le blé dur est la céréale la plus représentée devant l'orge et le blé tendre. La production varie fortement en fonction de la pluviométrie. La production moyenne sur les 4 campagnes agricoles allant de 2007/2008 à 2010/2011 a été de 36,3 millions de quintaux. En 2022, la production moyenne des 5 dernières campagnes était de 42 millions de quintaux.
À l'issue de la campagne moisson-battage 2017/2018, la production nationale céréalière a atteint 60,5 millions de quintaux, contre 34,7 millions de quintaux enregistrés durant la campagne 2015/2016..
Les besoins sont loin d’être couverts en matière de blé tendre, même en année favorable, ce qui entraine des importations coûteuses en devises pour le pays qui dépassent le milliard de dollars chaque année. En 2024, l'Algérie figurait au 5ème rang mondial des importateurs de blé tendre avec 7,2 millions de tonnes, soit 11 % de plus que les 6,5 millions de tonnes achetés l'année précédente.
L'Algérie envisageait d’être autosuffisante en blé dur dès 2020. En 2024, la production algérienne de blé dur a atteint 80 % des besoins nationaux. A cette occasion, le Président Abdelmadjid Tebboune a déclaré que "l'auto-suffisance totale est désormais à portée de main". +Évolution de la production céréalière (données des rapports de l'ONS).2015/20162016/20172017/20182018/20192019/20202020/2021Céréales d'hiver34 322 74234 702 52060 568 04056 259 90343 895 46027 648 258Blé dur19 376 17319 909 57031 780 20732 087 67825 785 83218 341 617Blé tendre5 024 7914 455 4608 031 9846 681 0845 281 7063 342 243Orge9 199 0649 696 96419 573 27116 477 46312 131 3715 553 638Avoine721 209640 1751 180 1781 013 052693 855404 611Triticale1 5053502 4006262 6976 148Céréales d'été126 44276 06091 34072 95434 776183 076Maïs36 86526 33555 12563 68332 212179 212Sorgho89 57749 72536 2159 2712 5643 864 *Lecture du tableau: durant la campagne 2020/2021, l'Algérie a produit 18,3 millions de quintaux de blé dur.
Cultures maraîchères thumb|Pomme de terre au cœur du Sahara à El Oued.
Elles ont connu un développement important au cours des dernières années. La production totale est passée de 6 millions de tonnes en 2007/2008 à 9,5 millions en 2010/2011, soit une augmentation de 58 %. Puis la production nationale des cultures maraichères a atteint 13 millions de tonnes en 2017.. Parmi les wilayas les plus productrices du pays, on retrouve en tête de liste les wilayas d'El Oued, de Aïn Defla, de Mostaganem, de Biskra, de Skikda et de Boumerdès.
La production de légumes est variée, on retrouve la salade, carottes, oignons et la pomme de terre. Cette dernière est un produit de grande consommation, est l’espèce la plus représentée avec une production de 47 millions quintaux en 2017, contre 26 millions quintaux en 2009. Les superficies cultivées sont passées de 105.121 hectares en 2009 à 148.692 hectares en 2017. L'Algérie est d’ailleurs devenue récemment exportatrice de pomme de terre..
+Évolution de la production des cultures maraîchères en quintaux (données rapports de l'ONS)2016/20172017/20182018/20192019/20202020/2021Maraîchage (total)130 000 000135 000 000142 000 000140 000 000149 000 000Pommes de terre38 000 00040 000 00042 000 00041 000 00045 000 000Tomates18 000 00019 000 00020 000 00019 500 00021 000 000Oignons12 000 00012 500 00013 000 00012 800 00013 500 000Autres cultures maraîchères62 000 00063 500 00067 000 00066 700 00069 500 000
Oléiculture
vignette|Usine d'huile d'olive.
L'augmentation des surfaces plantées en oliviers est l'un des objectifs des projets de développement agricole du pays. L'ambition des autorités algériennes est d'atteindre à moyen terme 1 million d'ha alors que la superficie actuelle n'est que de 500 000 ha.. En 2017/2018, la production de l'huile d'olive a été de , contre durant la saison 2010/2011, occupant ainsi le neuvième rang mondial..
L'oléiculture est concentrée beaucoup plus au niveau des wilayas de Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira, Bordj Bou Arreridj, Jijel, Sétif, Mascara, Biskra, El Oued et Laghouat..