À l'instar du système juridique, le complexe pénitentiaire américain est divisé entre prisons fédérales, gérées par le Bureau fédéral des prisons, et prisons relevant des États fédérés. Les autorités des États-Unis ont passé des contrats avec des entreprises, telles GEO Group et la Corrections Corporation of America, pour construire et gérer certaines prisons (ainsi que des centres de détention).
En 2012, environ de personnes étaient incarcérées aux États-Unis contre environ janvier 2011, soit environ 0,9 % de la population adulte (). Entre 2019 et 2020, les États-Unis ont connu une baisse significative du nombre total d'incarcérations. Dans les prisons d'État et fédérales et les prisons locales, elles ont diminué de , passant de 2,1 millions en 2019 à 1,8 million à la mi-2020..
Les États-Unis ont dépensé de dollars en 2009 pour leur système carcéral.
Depuis au moins les années 2000, les États-Unis ont le taux d'incarcération le plus élevé du monde ; en valeur absolue, ce pays compte plus de prisonniers que la Chine (environ de détenus), le Brésil (environ ) ou la Russie (environ ) « World Prison Population List » (sixth edition) - Roy Walmsley, International Centre for Prison Studies, King's College de Londres, 2007.. En 2017, les États-Unis comptent 25 % des prisonniers de la planète pour une population représentant 5 % de la population mondiale.
Organisation du système d'incarcération aux États-Unis Catégories et niveaux de sécurité des établissements Les établissements d'incarcération aux États-Unis se distinguent en deux catégories : les prisons, d'État ou fédérales, () et les prisons au niveau local ().
Les prisons aux États-Unis, appelées « institutions » au niveau fédéral, sont, au niveau fédéral et dans la plupart des États, divisées en catégorie correspondant à leur niveau de sécurité et aux catégories de détenus incarcérés :
Les institutions de sécurité minimum (), également appelés ou FPC au niveau fédéral : ces établissements, où le ratio détenus/personnel est relativement faible, accueillent les détenus dans des dortoirs. La sécurité périmétrique est limitée voire absente, l'établissement étant orienté sur le travail et les programmes de réhabilitation des détenus. Certaines institutions fédérales de niveau supérieur disposent de petits camps à sécurité minimum adjacents à l'établissement principal et souvent appelés ou SCP. Les institutions de sécurité basse () catégorisent également des institutions correctionnelles fédérales ( ou FCI) au niveau fédéral : ces établissements, où le ratio détenus/personnel est plus élevé que pour les établissements à sécurité minimum, disposent de dortoirs ou de cellules et bénéficient d'une sécurité périmétrique à double clôture. Ils sont, tout comme pour les institutions à sécurité minimum, très fortement axés sur le travail et les programmes de réhabilitation des détenus. Certaines institutions fédérales de niveau supérieur disposent également de satellites fédéraux à basse sécurité ( ou FSL). Les institutions de sécurité moyenne () catégorisent également des institutions correctionnelles fédérales ( ou FCI) et certains pénitenciers fédéraux () au niveau fédéral : ces établissements, où le ratio détenus/personnel est plus élevé que pour le établissements à sécurité faible avec la mise en place de contrôles renforcés, sont essentiellement constitués de cellules et bénéficient d'une sécurité périmétrique renforcée, souvent à double clôture avec systèmes de détection électronique, Ces établissements disposent également d'offre de travail et de programmes de réhabilitation pour les détenus. Les institutions de haute sécurité (), également appelés pénitenciers fédéraux () au niveau fédéral (même si certains pénitenciers peuvent être de sécurité moyenne) : ces établissements, où le ratio détenus/personnel est le plus élevé et où un contrôle strict des déplacements des détenus est mis en œuvre, sont composés de cellules individuelles ou partagées et bénéficient d'une sécurité périmétrique très élevée, notamment avec des murs ou des clôtures renforcées.
Il existe également, au niveau fédéral, des complexes correctionnels fédéraux ( ou FCC) constitués de plusieurs établissements de niveau de sécurité différent mais regroupés dans un même périmètre afin d'optimiser et de mutualiser les moyens.
Toujours au niveau fédéral, il existe également des établissements administratifs () qui assurent des missions spécifiques dans le système pénitentiaire : incarcération des détenus en attente de leur procès, de détenus suivis pour des pathologies médicales lourdes ou chroniques ou des détenus particulièrement dangereux, violents ou susceptibles de s'évader. Cette catégorie regroupe :
les centres correctionnels métropolitains ( ou MCC), les centres de détention métropolitains ( ou MDC), les centres de détention fédéraux ( ou FDCs), les centres médicaux fédéraux ( ou FMC), le centre de transfert fédéral ( ou FTC), le centre médical pour prisonniers fédéraux ( ou MCFP), l'Administrative-Maximum Security Penitentiary de Florence (ADX Florence)
Catégories particulières Mineurs
+ Nombres de mineurs en détention, 1997-2006« Prisoners in 2008 ». (NCJ 228417). December 2009 report from the U.S. Bureau of Justice Statistics. By William J. Sabol, Ph.D. and Heather C. West, Ph.D., BJS Statisticians. Also, Matthew Cooper, BJS Intern. Table 9 on page 8 of the PDF file has the number of inmates in state or federal public prison facilities, local jails, U.S. territories, military facilities, U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) owned and contracted facilities, jails in Indian country, and juvenile facilities. Table 8 on page 8 has the incarceration rates for 2000, 2007, and 2008.Sickmund, M., Sladky, T.J., Kang, W., & Puzzanchera, C. (2008). « Easy Access to the Census of Juveniles in Residential Placement ». Available: Click "crosstabs" at the top, and then choose the census year. Click "Show table" to get the total number of juvenile inmates for that year. Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention. Année Hommes Femmes Total1997 1999 2001 2003 2006
Alors que la population globale de détenus a augmenté jusqu'en 2008, le nombre de mineurs en établissement surveillé a diminué depuis 1999.
Selon une étude de Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International (AI) publiée le , au moins qui étaient mineurs au moment des faits pour lesquels ils ont été condamnés, purgent une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Cet élément est en contradiction avec la Convention relative aux droits de l'enfant qui n'est pas ratifiée par les États-Unis. Toutefois, en 2012, la Cour suprême a interdit la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération pour les mineurs au moment des faits, dans l'arrêt Miller v. Alabama.
Selon cette même étude, c'est aux États-Unis que sont détenus à vie le plus de personnes sans possibilité de libération conditionnelle pour des crimes commis alors qu'ils étaient mineurs. Seuls trois autres pays, parmi les 154 où l'étude a pu être menée, autorisent ce type de condamnation : l'Afrique du Sud, la Tanzanie et Israël. C'est en Virginie, en Louisiane et au Michigan que l'on trouve les plus forts taux de condamnations de ce type. Certains détenus ont été condamnés pour des crimes moins graves que des meurtres.
Plus de et adolescents sont détenus aux États-Unis en 2019 en lien avec l'immigration selon l'ONU. Ce nombre comprend les mineurs non accompagnés, ceux qui ont été arrêtés avec leurs familles et ceux qui ont été séparés de leurs parents avant la détention.
Statistiques vignette|Entrée du centre correctionnel d'Attica.
Le droit pénal américain est devenu de plus en plus répressif jusqu'aux années 2000, en particulier à partir des années 1970 puis sous Reagan, quand triomphe le slogan get tough on crime (« soyez durs envers le crime »). Alors que les États-Unis se lancent dans la « guerre contre la drogue », l'entrée en vigueur des lois réprimant toxicomanes aussi bien que trafiquants de drogues conduit à des peines de prison minimales incompressibles (ou peines plancher).. En 2004, 25 % des prisonniers du pays l'étaient pour trafic ou consommation de drogue. Cette proportion montait à 55 % des prisonniers fédéraux du pays en 2009Cocaine Justice, éditorial de The Washington Post, 26 juillet 2009, proportion passé en 2011 à moins de 51 %.
Depuis le milieu des années 1980, les lois sur les peines plancher concernant les stupéfiants ont aussi établi une disparité de 1 à 100 pour ce qui concerne le crack et la cocaïne : une personne en possession de de crack recevait la même peine plancher ( ferme selon la loi fédéraleSentencing: House Subcommittee Approves Reducing Federal Crack Cocaine Penalties, Drug War Chronicle, Issue #595, 24 juillet 2009) qu'une personne avec de cocaïne. Cela conduit à une discrimination ethnique envers les Afro-Américains, qui forment le groupe le plus gros des personnes condamnées pour possession de crack (84,7 % de celles-ci), alors qu'ils ne représentent que 27 % des personnes condamnées pour possession de cocaïneCarrie Johnson, Parity in Cocaine Sentences Gains Momentum, The Washington Post, 25 juillet 2009.
Dans les années 1990, la « théorie de la vitre brisée » (en particulier à New York, sous Rudy Giuliani, maire de 1994 à 2001) est en vogue. Le taux d'incarcération, qui était déjà l'un des plus élevés des pays industrialisés dans les années 1970, quadruple en quinze ans : on passe de en 1975 à près d'un million en 1995 (conséquence du Crime Bill), puis deux millions en 2005Denis Salas, La volonté de punir. Essai sur le populisme pénal, Hachette Littératures, 2005, 108.. En 2014, on assiste à une baisse faible mais continue du nombre de détenus depuis 2008. Selon les chiffres officiels, environ meurent annuellement dans les prisons américaines..
Environ 80 % des personnes inculpées aux États-Unis pour des crimes passibles d'une peine supérieure à un an d'incarcération vivaient dans la pauvreté.
Statut de la population sous contrôle judiciaire en 2012
+Statut de la population sous contrôle judiciaire en 2012 Statut Population Pourcentage Total 100 «Probation» (libération conditionnelle) 56,8 «Parole» (autre forme de libération conditionnelle) 12,3 Prison 21,4 Cellules locales 10,7 Sous statut multiples
Répartition ethnique
En 2004, au niveau national, la moitié des détenus étaient des Afro-Américains et 25 % des Latinos.
Début 2017, les prisons fédérales comptaient environ (dont 21,2 % n'ayant pas la nationalité américaine). Parmi l'intégralité des détenus, 34,8 % étaient hispaniques, 34,5 % afro-américains 27,1 % caucasiens et 3,6 % d'une autre ethnie. On comptait 93,2 % d'hommes et 6,8 % de femmes Quick Facts - Federal Offenders in Prison – February 2017.
D'autre part, 47 % des déclarations d’innocence après des erreurs judiciaires concernent des condamnés noirs.
Thomas Piketty relève qu'environ 5 % des hommes adultes noirs sont en prison en 2018, soit un taux comparable à celui de l'ensemble de la population en URSS en 1953, à la mort de Staline.
Comparaison internationale
Les États-Unis ont le plus grand nombre relatif de prisonniers de toutes les nations qui ont des statistiques à ce sujet : 710 prisonniers pour en 2012 contre 714 prisonniers pour en 2007. En 2017, les États-Unis comptent 25 % des prisonniers de la planète pour 5 % de la population mondiale.. En 2018, 1 % de la population adulte américaine est en prison, contre 0,7 % en Russie, 0,3 % en Chine, et moins de 0,1 % dans tous les pays d'Europe de l'Ouest..
À titre de comparaison, en 2007, le taux d'incarcération au Royaume-Uni était de 142 pour , en Norvège de 65 pour , en France de 91 pour , en Chine de 118 pour (seules les personnes condamnées sont comptabilisées) et en Russie World Prison Population List 2007 - International Centre for Prison Studies de 532 pour .