La chapelle du Château de Laval est située à Laval en Mayenne. Elle est à l'origine de la constitution de la collégiale Saint-Tugal de Laval. Il s’agit d'une chapelle romane du . Elle est souvent caractérisée de « souterraine » car elle se trouve sous les logis, mais le château étant construit en hauteur, elle reste bien au-dessus des rives de la Mayenne. Elle se trouve par exemple à une dizaine de mètres au-dessus de la rue du Val-de-Mayenne située en contrebas. Son plan forme un rectangle de douze mètres et demi sur seize. Elle possède trois absides ouvertes par des fenêtres ; deux fenêtres latérales existaient aussi, mais elles ont été bouchées lors de la construction des logis de chaque côté de la chapelle. La nef est divisée en trois par des colonnes à chapiteau soutenant des voûtes en plein cintre et à arêtes.

De la chapelle à la collégiale Chapelains du En 1170, Guy V de Laval, sire de Laval, avait dans son château deux chapelains nommés Guyomard et Ruello. Il paraît que les offices qu'ils exerçaient étaient dès cette époque des bénéfices en règle. Les chapelains des seigneurs n'étaient pas alors chargés seulement de célébrer la sainte messe ; ils chantaient aussi les heures canonicales auxquelles il était généralement d'usage d'assister. Les chapelains du château de Laval exerçaient même les fonctions curiales à l'égard du seigneur et de sa famille.

Collégiale Guy V de Laval

Approbation Guillaume de Passavant, évêque du Mans, approuva et confirmaConfirmation de Guillaume de Passavant, évêque du Mans, 17 juillet 1170, imprimé par Isidore Boullier, Recherches historiques sur la Trinité, ; copie du au Recueil de chartes et titres de Saint-Tugal, manuscrit de la Bibliothèque de Laval. cette fondation par un décret du , y reliant pour condition que lui et ses successeurs seraient chanoines et auraient à perpétuité une des prébendes du chapitreC'est en vertu de cette qualité que les évêques du Mans n'ont jamais fait de visite dans l'église de Saint-Tugal sans que l'aumusse ne leur fût apportée et sans qu'ils ne l'aient gardée pendant tout le temps que durait la visite. Guyomard et Ruello paraissent déjà ne plus exister lors du décret de Guillaume, car il désigne leurs successeurs sans donner leurs noms, ainsi que ceux de Jean Le Roux (Joannis Rufi), de Guy de Bossé et de Benoit, pour les cinq prêtres qui seront pourvus de prébendes. Guy V, Emma sa mère et Herbert, peut-être Herbert de Bootz, dont le nom se trouve parmi les signataires du décret de l’évêque du Mans, choisirent les trois derniers. Il semble que la fondation était exécutée et le chapitre en exercice, avant le décret d'approbation..

Fondation Le , le pape Lucius III confirma par une bulleImprimée, en abrégé, par Isidore Boullier, . Cette bulle est, non du 8 juin, mais du 25 mai 1183, étant datée octave calendarum junii. la fondation du chapitre Sainte-Marie du château de Laval. Treize ans s'étaient déjà écoulés depuis l'approbation de l'évêque du Mans, et avaient amené, à ce qu'il paraît, plusieurs modifications. La bulle donne au chapitre le nom de Chapitre de l'Église de Sainte-MarieDans son origine le chapitre de Saint-Tugal porta le nom de Capitulum Santœ Marias de Lavalle. Il est ainsi désigné dans une charte de l'abbaye de Savigny du temps de G. abbé de Notre-Dame de Clermont, par laquelle les chanoines confirment aux moines de Savigny la possession d'un arpent de terre que Renauld Rernon leur a donné dans une pièce de terre qui dépendait de leur fief ou terre de Lorière, et de la quatrième partie d'un autre arpent de terre que les moines doivent à la libéralité de Guillaume Beaudouin à la condition, pour les religieux, de payer aux chanoines une redevance en argent, chaque année, à la fête Saint-Jean-Baptiste. Universis Christi fidelibus ad quos presens scriptum pervenerit, Capitulum Sancte Marie de Lavalle, salutem in Domino perpetuam. Vestra noverit universitas quod concessimus abbatie Sancte Trinitatis de Savigaeio et monachis ibidem Deo servientibus in elemosinam nostra de Orriera libère et quiète de nobis in perpetuum possidere I arpennum terre, quod ipsi habent ex donatione Raginaldi Rernon, et quartam partem unius arpenni quam habent ex donatione Willelmi Baudoini, reddendo inde nobis de censu annuo XVII nummos et tros parvos obolos in festo Sanoti Johannis Baptiste. Uoc autem eis concessimus ut in confratertiitatem domus sue et spiritualium bonorum participationem ab ois rccipi mereremur. Si vero ipsi de cetero in dicta Orrieria aliquid poterunt acquircre, illud per annum integrum et diem uuum ad censum statutum poterunt possidere, sed deinceps tenebuntur illud veadere aut nostram concessionem impetrare. Ut ergo hec nostra concessio porpetuatn ob'Mieat firmitatem scripto presenti et sigilli nostri munimine eam duyiirejo roborandam. Testibus his G. abbate de Claro Monte, Willelmo j. Buignon, Hugone de Groilleio, monachis, Petro de AUiuosia et magistro Hainelino canonicis, et multis aliis. (Archives de la Mayenne, chartes de l'abbaye de Savigny relatives au Maine, transcrites par M. Duchemin). du château de Laval; elle exprime des revenusOutre les dons contenus dans le décret de l'evêque du Mans, la bulle de Lucius fait mention de nouvelles libéralités faites par le seigneur de Laval depuis la fondation du chapitre. À la dîme des moulins qui sont ou pourront à l'avenir être établis à l'écluse au-dessous du Pont, il ajoute la dîme de tout le poisson qui y sera pris ; la dîme de tout le droit prélevé sur le sel et sur le . Il confirme le patronage des églises de Saint-Médard de Soulgé, de Saint-Jean-sur-Mayenne et les décimes qu'ils prennent dans ces paroisses, de même que deux parts des prémices et deux parts des oblations faites aux fêtes de Toussaint, de la Présentation de la Vierge, de Pâques, de la Sainte Vierge et de Saint Jean, le patronage de l'église de Meslay et trente sols qu'ils reçoivent chaque année de cette église, de même que toutes les dîmes qu'ils prennent dans la paroisse. Il confirme en outre vingt deniers de taille qu'ils ont sur le fief de la Hérière, la dîme qu'ils possèdent en la paroisse d'Anthenaise et sur la métairie de risambardière, que Morphand de Gresse leur a donnée, et une autre métairie nommée Les Arcis près du port de Montsûrs, la terre de Montcenault que leur a donnée Guy de Nuillé et la dîme dans la paroisse de Bonchamp. déjà plus considérables que ceux mentionnés par le décret de 1170.

Entre autres elle parle de la dîme de toute la Coutume de sel, de celle de tout le minage, de la dîme Exartorii ; etcLe mot exartorium signifie probablement défrichement et se rapporte alors à un droit énonce dans le décret de Guillaume de Passavent. Ce mot ne se trouve pas dans le Glossaire de Du Cange, mais on y trouve exarius, exartari et autres qui ont rapport au défrichement.. Le chapitre avait en outre le patronage de plusieurs églises et les dîmes qui y étaient attachées. Le chapitre aura le gouvernement des écoles de LavalLa bulle lui attribue Donationem regiminis scholarum urbis Lavalli, qui paraît être le droit de nommer les maîtres d'école, plutôt que la direction de l'enseignement. Le collège était situé rue Renaise, où sa chapelle existait encore au . On peut consulter sur son histoire le chapitre XXI des Recherches sur la Trinité, de Isidore Boullier..

Il indique aussi que si la terre du seigneur de Laval venait à être mise sous l'interdit, il serait permis aux chanoines de célébrer le service divin dans leur église sans toutefois sonner les cloches, en tenant les portes fermées et en ayant soin d'éloigner les excommuniés et les interdits. Le pape leur accordait encore, dans les paroisses qui leur appartenaient, le droit de présentation à leur choix des clercs ou prêtres, lorsque l’évêque les jugerait propres à recevoir charge d'âmes. Pour le spirituel, ils dépendaient de l’évêque diocésain : quant au temporel ils ne relevaient que du chapitre seul.

Construction La chapelle du chapitre existe encore au château de Laval. Ses piliers formant comme deux nefs, et ses voûtes indiquent qu'elle fut construite dans le . Il est certain qu'elle était dédiée à la Sainte Vierge.

Reliques de saint Tugal Dans cette chapelle on conservait avec vénération les reliques de saint Tugal, évêque de Tréguier, qui avaient été apportées à Laval dans le . Les chroniqueurs placent cette translation en l'année 870 ou 878Vies des Saints de Bretagne, Dom Lobineau, donnée par M. Tresvaux, t.I., . Charles Maucourt de Bourjolly, liv. I, chapitre 8 (ancienne rédaction). Jacques Le Blanc de La Vignolle, Mémoire sur la ville de Laval.. Une légendeCette légende est rapportée dans : Isidore Boullier, Recherches historiques sur la Trinité, ; Couanier de Launay (d'après Dom Lobineau, Le Corvaisier et Le Blanc de la Vignolle), Histoire de Laval, ; dom Piolin. Histoire de l'Église du Mans, t. II, ; Charles Maucourt de Bourjolly (édité par MM. Lefizelier et Bertrand de Broussillon) t. 1 ; etc. de l'office du saint, qui était propre au chapitre de Laval, disait qu'un évêque de Tréguier nommé Gorennan, fuyant devant une invasion de Normands et emportant avec lui le corps de son saint prédécesseur, était venu se réfugier à Laval où il avait reçu un si bon accueil, que, pour témoigner aux habitants sa reconnaissance, il leur laissa la plus grande partie de la précieuse relique. Une vieille tradition consignée par Jacques Le Blanc de la Vignolle, dans son Mémoire sur la ville de Laval, rapporte différemment la manière dont Laval s'était enrichie de ces reliques. Ce qui est certain, c'est que la plus forte portion du corps de saint Tugal est depuis bien des siècles conservée à LavalLe chef de saint Tugal resta à Chartres. D'autres parties de ses ossements furent partagées entre la collégiale de Crépy-en-Valois et la ville de Château-Landon..

Notre-Dame du Bourg-Chevreau En 1208, Guy VI de Laval, fils de Guy V et son successeur, approuva et confirma tant pour lui que pour ses successeurs, tous les dons de son père au chapitre de Notre-Dame du châteauOn trouve cette particularité dans plusieurs mémoires qui sont parmi les manuscrits de M. La Bérangerie.. Il transfère le chapitre de la chapelle de Sainte-Marie du château dans L'église de Notre-Dame du Bourg Chevrel. Les chanoines demeurent exempts de la juridiction paroissiale et continuent à desservir la chapelle du château, dans laquelle Guy s'était réservé une messe chaque jour et où les reliques de Saint-Tugal restaient déposées. Les reliques de Saint-Tugal furent laissées dans la chapelle du château, à laquelle un chapelain resta attaché. Le pape donna à Guy la nomination des chanoines de Saint-TugalRecherches, etc., . — D'après Isidore Boullier, l'église de N.-D. du Bourg-Chevrel avait été commencée en 1046.. Des chapelains furent aussi, fort anciennement attachés au chapitre, sans qu'on puisse en indiquer l'époque précise. Ils existaient antérieurement à 1253 ; au , ils étaient au nombre de cinq. Il y avait des fondations particulières pour eux, et leurs bénéfices n'étaient point comptés parmi les biens du chapitre.

Transfert des reliques