Daniel Schneidermann Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API., né le à Paris, est un journaliste français, chroniqueur et essayiste, spécialiste de la critique des médias.
Son travail se concentre principalement sur l'analyse des images télévisuelles, sujet de chroniques hebdomadaires (initialement au Monde puis à Libération). De à , il dirige et présente l'émission télévisée Arrêt sur images sur France 5 puis, de 2007 à 2022, sa transposition sur Internet, @rrêt sur images (consacré à la déconstruction de toutes les narrations médiatiques dominantes, sur tous supports). Daniel Schneidermann est également l'auteur d'une vingtaine d'essais abordant des thématiques diverses (représentations médiatiques, justice, histoire).
Biographie Enfance Sa mère travaille dans une galerie d'art parisienne à l'angle de la rue de Seine et de la rue Visconti. Son père occupe de multiples emplois de vendeur dans des commerces ou dans des foires (principalement en confection et électroménager)Le Tube, , Canal Plus..
Son enfance, et sa relation à la paternité, sont abordées sous une forme romancée dans son livre Les Langues paternelles (Robert Laffont), publié sous le pseudonyme de David Serge. À dix-sept ans, Daniel Schneidermann est pendant quelques mois militant à l'Union des étudiants communistes, à la section du lycée Henri-IV, à ParisDaniel Scheidermann, « Je suis soufflé par le silence des médias sur la visite de Tapie à l'Élysée », Libération, . Selon lui-même, « rien d'autre qu'un engagement d'adolescence de quelques mois, qui n'a pas eu une importance décisive dans ma formation ».Emmanuel Poncet, « Adieu, Monde cruel », Libération, mardi , ..
1979-2003 : Le Monde Après être passé au Centre de formation des journalistes, il entre en comme journaliste au quotidien français du Monde, où il est nommé grand reporter en . Pendant de longues années, Daniel Schneidermann assure pour le quotidien de nombreux reportages de terrain et la chronique judiciaire qui lui donneront l'occasion d'écrire plusieurs livres, notamment L'Étrange Procès, et Les juges parlent... qui, avec Où vont les juges..., ont été écrits en collaboration avec Laurent Greilsamer.
En , il commence à y publier des chroniques de télévision, d’abord quotidiennes, puis hebdomadaires. Il y critique la manière dont la télévision présente l’information et influence le téléspectateur. Il s’inscrit dans la continuité de la critique télévisuelle entamée trente ans plus tôt par des auteurs comme François Mauriac ou Morvan LebesqueVoir à ce sujet l'ouvrage L'Œil critique : le journaliste critique de télévision de Jérôme Bourdon et Jean-Michel Frodon..
En , alors que la controverse fait rage autour du livre La Face cachée du Monde de Pierre Péan et Philippe Cohen, Daniel Schneidermann critique dans son ouvrage Le Cauchemar médiatique la réaction de la direction du quotidien, en estimant que celle-ci ne répondait pas aux arguments du livre. En , il est licencié pour « cause réelle et sérieuse » : selon la direction, un passage du livre est « attentatoire à l’entreprise pour laquelle il travaille ». Le journaliste poursuit le quotidien aux prud'hommes de Paris, qui lui donnent gain de cause en Schneidermann licencié : Le Monde condamné, Acrimed, 18 mai 2005, jugement confirmé en appel en Stéphane Leroy, Daniel Schneidermann, deux fois en appel : un procès gagné, l’autre pas, sur le site de l'association Acrimed, 25 mai 2007. Dans sa dernière chronique datée du , il exprime sa surprise et sa déception d’être sanctionné par un journal qui se veut pourtant un modèle de transparenceDaniel Schneidermann, Une chronique à la mer, lemonde.fr, 3 octobre 2003. Daniel Schneidermann devient en pigiste pour LibérationJérôme Martineau, « Daniel Schneidermann chez Serge July », sur acrimed.org, 27 octobre 2003 (consulté le 25 février 2025)., où il assure une chronique des médias tous les lundis.
1995-2007 : Arrêt sur images En , sur une idée commune avec Arnaud Viviant et Alain Rémond, lui permet de créer sur France 5 (alors nommée La Cinquième et présidée par Jean-Marie Cavada) l'émission hebdomadaire Arrêt sur images, dont il est à la fois producteur et animateur. La journaliste Pascale Clark présente l'émission avec lui pendant la première année. Arrêt sur images a pour objet de décrypter l'image et le discours télévisuels et, avec l'aide de divers chroniqueurs et journalistes, d'analyser la fabrication du récit médiatique.
Cette émission, , tente d'organiser son autocritique en relation avec Internet. Chaque mois, la « forumancière », chargée de suivre les débats des téléspectateurs sur le forum dArrêt sur images, vient interpeller Daniel Schneidermann sur certaines critiques émises par des internautes contribuant à ce site.
Son émission critique amène régulièrement Daniel Schneidermann à avoir des relations tendues avec différentes personnalités ou chaînes, qui lui reprochent parfois partialité, mauvaise foi, voire malhonnêteté. Parmi les conflits les plus médiatisés, on notera en particulier : le , le sociologue Pierre Bourdieu, invité aux côtés des journalistes Jean-Marie Cavada et Guillaume Durand, estime que l'émission ne lui avait pas réellement permis de s'exprimer et confirme son idée antérieure qu', ce que Daniel Schneidermann a considéré en retour comme une méconnaissance des mécanismes télévisuelsVoir l'échange entre Pierre Bourdieu et Daniel Schneidermann dans Le Monde diplomatique en : Analyse d’un passage à l’antenne, par Pierre Bourdieu ; [http://www.monde-diplomatique.fr/1996/05/Schneidermann/2778.html Réponse à Pierre Bourdieu, par Daniel Schneidermann.. En , Bourdieu publie le livre Sur la télévision, alors que Schneidermann fait paraître en Du journalisme après Bourdieu. le film Enfin pris ? du journaliste Pierre Carles, partisan de Bourdieu et éphémère collaborateur de Daniel Schneidermann, a pour personnage central ce dernier, qu'il soupçonne de partialité et de reniement<ref>Il se fonde notamment sur des images de l'émission avec Pierre Bourdieu et indique que, plus tard, le PDG de Vivendi Jean-Marie Messier a été invité seul dans une émission dArrêt sur images alors que Daniel Schneidermann ne proposait à Bourdieu de venir sur son plateau qu'à la condition qu'il accepte des contradicteurs.</ref>. Dialogue de sourds, livre retraçant la correspondance entre Daniel Schneidermann et Pierre Carles entre et , complète le filmLivre disponible en téléchargement, avec l'accord du réalisateur : Dialogue de sourds, format PDF.. en , un ancien correspondant de TF1, Alain Chaillou, est présent sur le plateau d'''Arrêt sur images pour parler de la fermeture de plusieurs bureaux à l'étranger et du faible intérêt de la chaîne pour l'actualité internationale. Depuis cette émission, Daniel Schneidermann a des relations difficiles avec la chaîne TF1. le 14 septembre 2003, un épisode consacré aux déboires de la couverture médiatique de l'affaire Alègre, impliquant notamment une journaliste de France 2, est annulé et propose à la place un autre sommaire. Daniel Schneiderman donne une réponse officielle expliquant que la direction de France 5 a estimé que l'émission ne correspond pas au format habituel et n'est pas assez ancré dans l'actualité. Ils se sont entendus pour reprogrammer l'émission s'il y a un fait nouveau dans l'affaire. Une autre version présentée par l'animateur rejoindra celle du média Le Nouvel Obs. Il a alors révélé que Olivier Mazerolle, directeur général de France 2, a demandé à celui de France Télévisions Marc Tessier de faire censurer le programme. Tessier demande alors à Jean-Pierre Cottet, responsable de France 5. Par la suite, le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) Dominique Baudis a des retours de cette annulation qui le surprend. S'opposant à Tessier, il contacte l'équipe dArrêt sur images pour expliquer qu'il n'est pas à l'origine de la censure. Le sujet sera finalement abordé le 21 septembre 2003 dans un format habituel. le , Patrick de Carolis est élu président de France Télévisions par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Daniel Schneidermann rappelle alors sur son blog que son nouveau dirigeant a présenté dans l'émission Des racines et des ailes un reportage falsifié, présentant un entraînement de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) comme un reportage pris sur le vif. Par cet acte, il explique vouloir . Ces tensions avec la direction, malgré des audiences pouvant atteindre de téléspectateurs, amènent dans un premier temps la suppression de toute rediffusion de l'émission lors du remaniement des grilles à la suite de l'apparition de la TNT« La télé à cache cash », dans Les Dossiers du Canard enchaîné , .. Puis, en , la chaîne décide de manière de ne pas reconduire l'émission Arrêt sur images à la rentrée de septembreHenri Maler, Suppression d’Arrêt sur images, sur le site de l'association Acrimed, 17 juin 2007Henri Maler, Daniel Schneidermann licencié. Et maintenant ? Sur le site de l'association Acrimed, 2 juillet 2007. Daniel Schneidermann est licencié de le pour « faute grave »Daniel Schneidermann licencié pour "faute grave", Nouvel Obs à ..
Guillaume Paugam donne d'autres raisons à sa déprogrammation : une « émission pas assez vivante, son format vieillot, sa formule dépassée. Son indécente liberté de ton. » Dans le cadre d'une télévision qui se donne pour but de divertir, sa propre auto-critique serait « ennuyeuse »Guillaume Paugam, Daniel Schneidermann, ou Le Renégat universel ?, Labyrinthe, 32, 2009, p. 127-131, doi.org/10.4000/labyrinthe.4005.
2005-2007 : Big Bang Blog En , avec David Abiker et Judith Bernard, il crée le Big Bang Blog : premier billet du Big Bang Blog. ; ce blog lui permet également d'exprimer des idées qui n'auraient pas leur place dans ses chroniques ou ses émissions de télévision, ainsi que de parler de dans le monde des médias.
Le , Daniel Schneidermann annonce sur le blog la mise en sommeil de ce dernier, pour se consacrer à @rrêt sur images, reprise sur Internet dArrêt sur images@rrêt sur images : le successeur du Big Bang Blog..
Depuis 2007 : @rrêt sur images En réaction à la suppression de l'émission télévisée Arrêt sur Images et au regard du soutien de téléspectateurs, Daniel Schneidermann crée en , avec une partie de l'ancienne équipe rédactionnelle de l'émission, le site web @rrêt sur images dont l'objectif est de continuer la critique déjà portée par l'émission mais sur un support qu'il veut : Internet. Le plan financier du site ne repose pas sur la combinaison entre accès gratuit et financement publicitaire, qu'il considère non viable, mais sur un abonnement payant. Daniel Schneidermann espère ainsi fidéliser les de la pétition contre la suppression de l'émission Arrêt sur images. Depuis , le site propose des émissions (sur un format de type plateau-débat) et du contenu réservé aux abonnés. Ce site revendiquait en Source : site @rrêt sur images..
En 2021, Daniel Schneidermann transmet la propriété du site à son équipe de neuf salariés, qui en sont désormais seuls actionnaires à ses côtés. Cette initiative constitue un cas unique dans la presse française. La direction de la publication et la rédaction en chef sont tout d'abord confiées à Emmanuelle Walter. À la suite du départ de cette dernière en 2022, Loris Guémart est élu à ce poste, suivi fin 2024 par Robin Andraca.
En décembre 2022, il arrête de présenter l’émission historique« Arrêt sur images » : Daniel Schneidermann arrête la présentation de l’émission, 20minutes.fr, 16 décembre 2022. Les journalistes Nassira El Moaddem et Paul Aveline lui succèdent. Il continue toutefois de rédiger ponctuellement articles et chroniques, et de présenter trois émissions intermittentes : Post Pop, consacrée à la relecture a posteriori d'oeuvres de la culture populaire (principalement des films), Sur La Planche, consacrée à la bande dessinée, et enfin Je vous ai laissé parler, entretien en tête à tête avec une personnalité.