L'église Saint-Nicolas est une église catholique paroissiale située à Raray, dans l'Oise, en France. C'est un petit édifice d'un style gothique flamboyant assez pur, qui a été bâti probablement au cours des années 1520 / 1530. Ses parties orientales réutilisent des structures plus anciennes, et le clocher en bâtière, ainsi que la voûte de la chapelle Saint-Joseph au rez-de-chaussée, remontent au milieu du . Tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, l'architecture est soignée, ce qui se traduit notamment par le décor abondant du portail occidental, les piliers ondulés, la modénature complexe et les réseaux flamboyants aux lancettes à têtes trilobées, surmontées de soufflets et mouchettes. Toutes les travées sont voûtées d'ogives. L'église a bénéficié d'une restauration complète à la fin du et au début du , et été classée monument historique par arrêté du .. Elle se trouve aujourd'hui dans un bon état de conservation. Raray est aujourd'hui affilié à la paroisse Saint-Rieul de Senlis. L'église Saint-Nicolas accueille des messes certains dimanches entre mars et octobre.

Localisation thumb|left|Approche depuis le sud.

L'église Saint-Nicolas se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, sur le plateau du Valois entre Senlis et Verberie, sur la commune de Raray, à l'extrémité nord-ouest du village, coincée dans l'angle de la rue Nicolas-de-Lancy (RD 26). Sur toute sa longueur, à gauche en arrivant depuis le sud, celle-ci est délimitée par le mur d'enceinte du domaine du château de Raray, dont la plupart des composants sont classés ou inscrits monument historique.. La rue passe devant la façade occidentale de l'église, puis arrive face au mur qui dissimule la cour d'honneur du château, et dévie vers l'est, en s'éloignant successivement de l'élévation septentrionale de l'église. L'église est toute proche du château, que les hauts murs de clôture ne permettent toutefois pas d'apercevoir. Ils empêchent aussi de contempler la façade occidentale de l'église en prenant du recul. En revanche, les trois autres élévations de l'église sont bien dégagées, grâce au cimetière qui l'entoure. On aperçoit aussi le chevet de l'église depuis la rue du Son, qui borde le cimetière à l'est. La maison qui jouxte l'église au sud est la mairie, qui n'est autre que l'ancien presbytère, dont le portail datant de 1621 est inscrit aux monuments historiques par arrêté du ..

Historique thumb|left|Vue depuis le nord-est.

L'église est dédiée à saint Nicolas. Sa fondation remonte au moins au milieu du , époque de laquelle subsistent le clocher actuel et les contreforts du chœur. Le collateur de la cure est le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Senlis, et sous tout l'Ancien Régime, la paroisse relève du diocèse de Senlis, doyenné de Senlis.. L'église est presque entièrement reconstruite pendant la première moitié du , dans le style gothique flamboyant.. Il paraît que les travaux s'interrompent après la construction du premier niveau d'élévation, celui des bas-côtés de la nef et des grandes arcades, car le profil des piliers change à ce niveau. L'achèvement intervient sans doute au cours des années 1530, car l'influence de la Renaissance ne se manifeste presque pas, sauf à travers les feuilles d'acanthe de deux clés de voûte, et les chérubins sur plusieurs culs-de-lampe. La niche à statue Renaissance à gauche de l'arc triomphal a été incrustée après coup. Louis Graves mentionne l'autel orné de fresques remarquables, datées de 1609 : cet autel a aujourd'hui disparu.. thumb|Plaque commémorative de la nouvelle consécration en 1906.

Sous la Révolution française, Raray est rattaché au diocèse de Beauvais à l'instar de l'ensemble des paroisses du département de l'Oise. Le caveau qui renferme les sépultures des barons de Raray est dévasté. Au , le curé de Raray dessert aussi l'église de Brasseuse. Grâce à la générosité de la famille de La Bédoyère, l'église est entièrement restaurée sous plusieurs campagnes, à la fin du et au début du .. Le millésime de 1892 se lit sur la clé de voûte de la troisième travée de la nef. À l'issue des travaux, les trois autels sont solennellement consacrés et dédicacés à saint Nicolas (maître-autel), à la Vierge Marie (chapelle latérale nord, « du côté de l'évangile ») et à saint Joseph (chapelle latérale sud, « du côté de l'épître »), en date du par Marie-Jean-Célestin Douais, évêque de Beauvais, Noyon et SenlisCf. la plaque commémorative dans le chœur.. Selon Dominique Vermand, la restauration est très radicale et trop sèche, et altère l'aspect de l'ensemble. L'église Saint-Nicolas est classée monument historique par arrêté du . Raray n'a depuis longtemps plus de prêtre résident, et forme, au milieu du , un regroupement paroissial avec Rully et Montépilloy. Lors de la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l’échelle du diocèse en 1996, le regroupement devient une communauté au sein de la paroisse Saint-Rieul de Senlis.. Cependant, le père Jean Gégot, prêtre à la retraite résidant au presbytère de Rully depuis 1998, continue de célébrer les messes dominicales, le premier dimanche des mois pairs à 10 h 30. Il décède le , à l'âge de 91 ans, dans la année de son sacerdoce... Avec sa disparition, l'église de Raray perd ses derniers offices réguliersLe calendrier des messes ne contient pas l'église Saint-Nicolas de Raray ; cf. .. L'église Saint-Nicolas accueille néanmoins des messes certains dimanches entre mars et octobrePour connaître le calendrier des messes, cf. ., et est ouverte chaque premier samedi du mois entre 10 h et midi.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée un peu irrégulièrement, avec une nette déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan largement symétrique. Elle se compose d'une nef de trois travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un profond chœur rectangulaire d'une seule travée ; et de deux chapelles latérales du chœur, qui sont moitié moins profondes. Celle du nord est dédiée à la Sainte-Vierge, et celle du sud, à Saint-Joseph. Cette dernière est plus ancienne que le reste de l'église, et constitue en même temps la base du clocher en bâtière. Seule la nef est à deux niveaux d'élévation. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives, avec une voûte sexpartite pour le chœur. Comme particularité, la moitié du chœur déborde devant le chevet des bas-côtés, bien que n'étant pas voûtée à part. La sacristie se situe devant le chevet, et une tourelle d'escalier flanque le bas-côté sud. Le caveau seigneurial se situe sous la chapelle de la Vierge. L'on accède à l'église par le portail occidental. Nef et bas-côtés sont recouverts ensemble par une large toiture commune à deux rampants, avec des pignons à l'ouest et à l'est. Le chœur est muni d'un toit indépendant, avec un pignon plus petit à l'est.

Intérieur Nef vignette|upright|Vue vers l'est. vignette|upright|Vue vers l'ouest. vignette|upright|Cul-de-lampe au nord.

Comme c'est la règle pour les églises rurales de la période flamboyante, la nef est aveugle, et ne prend le jour qu'indirectement par les bas-côtés, hormis une grande fenêtre au-dessus du portail occidental. Dans les environs, Baron, Borest, Montagny-Sainte-Félicité, Pont-Sainte-Maxence, Saint-Sauveur, Verberie, Versigny, etc. sont dans le même cas. En l'occurrence, l'étage de murs aveugles au-dessus des grandes arcades représente un peu plus qu'un tiers des élévations latérales, de sorte que la retombée des voûtes s'effectue légèrement au-dessus du sommet des grandes arcades. Ainsi, les élévations latérales sont dominées par les arcades, et la nef ne paraît pas trop sombre. Ses proportions sont encore caractéristiques de la période gothique : les travées sont barlongues, et la hauteur sous le sommet des voûtes est une fois et demi supérieure à la largeur. L'arc brisé règne sur les voûtes, les grandes arcades et les fenêtres. Les clés de voûte affichent un écusson vierge ; une rosace de feuilles d'acanthe ; et un disque portant la date de 1692. Le profil des nervures est prismatique et aigu, et s'inscrit dans la tradition flamboyante. Les ogives affichent un listel devant un étroit méplat de face, et un cavet entre une fine baguette et un listel sur les côtés. Les formerets correspondent à la moitié des ogives, et les arcs-doubleaux sont plus larges que les ogives, mais adoptent le même profil. À l'intersection des travées et dans les quatre angles, les nervures pénètrent dans des fûts cylindriques engagés, comme à Orrouy et au transept de Vineuil-Saint-Firmin. L'usage à la période flamboyante voudrait des ondulations ou renflements moins saillants, et parfois structurés. Comme au niveau du troisième doubleau de Montagny-Sainte-Félicité et au transept de Vineuil-Saint-Firmin, les fûts engagés sont reçus sur des culs-de-lampe au-dessus des piliers des grandes arcades, ce qui rompt la fluidité des lignes, et donne de la lourdeur à l'architecture. Les bagues qui interceptent les supports des voûtes au Mesnil-en-Thelle et à Précy-sur-Oise vont dans le même sens.

Au nord, les culs-de-lampe sont sculptés d'un homme vert ; et d'un personnage en buste tenant un écusson vierge, coiffé d'un casque ailé. Un phylactère couvert d'écailles est tendu à l'arrière-plan. Au sud, le cul-de-lampe du premier doubleau est sculpté d'un écusson vierge surmonté d'une couronne. Le deuxième cul-de-lampe n'est pas sculpté, ou a été abîmé lors de l'installation de la chaire à prêcher. Dans les angles près de la façade, un cul-de-lampe affiche un chérubin, et l'autre, trois feuilles d'acanthe, et deux croix dans les intervalles. Dans les angles près du chœur, les culs-de-lampe sont seulement moulurés. Les grandes arcades adoptent le même profil que les nervures des voûtes, mais sont encore plus larges que les doubleaux. Ce profil ne se continue pas sur les piliers ondulés typiquement flamboyants à huit renflements, mais les cavets des arcades trouvent leur correspondance dans les intervalles entre les renflements. Des piliers semblables ont aussi été employés à Armancourt, Saint-Étienne de Beauvais, Clermont, Chevrières, Jaux, Rivecourt, Roberval, Venette, et Verneuil-en-Halatte. En général, le nombre des renflements est de quatre dans les églises de village, comme à Baron, Borest, Ève, Montagny-Sainte-Félicité, Saint-Sauveur et Versigny. Souvent, le profil des grandes arcades est dérivé de celui des piliers, et elles affichent ainsi un gros boudin au milieu. Selon Dominique Vermand, la réception des nervures des voûtes sur des culs-de-lampe est une disposition originale, qui permet aux piliers de rester minces, et d'associer ainsi plus étroitement les bas-côtés au vaisseau central. Si la minceur des piliers est effectivement d'un effet agréable, rien n'aurait obligé le maître d'œuvre de passer vers un diamètre plus important après le premier niveau d'élévation. Une autre particularité sont les bases, qui sont également ondulés, et présentent seulement deux faibles ressauts adoucis par des doucines. Elles reposent sur des socles octogonaux, dont les angles sont positionnés en dessous des intervalles entre les ondulations, et sculptés d'un ressaut chanfreiné.