thumb|La Course de la Paix traverse également la RDA à partir de 1952 et suscite un grand intérêt de la part du public et des médias. En République démocratique allemande, le sport est largement promu par l’État et encadré par le Deutscher Turn- und Sportbund ou DTSB, l'organe est-allemand chargé de la gestion des sports.

Les excellents résultats de la RDA en sport de compétition lui valent une réputation internationale. En RDA, les associations et clubs sportifs proposent, pour la plupart, une adhésion gratuite ou presque. C'est le cas des communautés sportives corporatives (Betriebsportgemeinschaften ou BSG), des communautés sportives (Sportgemeinschaften ou SG) et des communautés sportives scolaires (Schulsportgemeinschaften ou SSG). On trouve aussi des communautés et des clubs de sports mécaniques affiliés à l'Association générale consacrée aux Sports mécaniques (Allgemeine Deutsche Motorsport Verband ou ADMV), des clubs d'entraînement paramilitaire regroupés dans la Société pour le Sport et la Technique (Gesellschaft für Sport und Technik ou GST), beaucoup d’écoles consacrées au sport de compétition, et même une école supérieure pour la culture physique (Deutsche Hochschule für Körperkultur ou DHfK) à Leipzig.

Sport scolaire et populaire thumb|Walter Ulbricht à la troisième Fête du sport et de la gymnastique à Leipzig, 1959. thumb|Épreuve de combiné nordique aux Spartakiade pour enfants et adolescents à Oberhof, 1983. thumb|Course cycliste Berlin-Leipzig, 1988. thumb|Piscine à vagues du SEZ, un centre destiné au sport et à la détente, Berlin, 1981. Le sport amateur jouit d’une image éminemment positive en RDA. La promotion de la culture physique, ainsi que des sports scolaires et populaires, est d'ailleurs consacrée par les constitutions de l’Allemagne de l’Est. Dans cette optique, le droit du travail est-allemand prévoit de ménager du temps pour les travailleurs afin qu'ils puissent participer à la préparation et au déroulement d’événements sportifs, pour autant qu’il ne leur soit pas possible de le faire en dehors du temps de travailArbeitsgesetzbuch der DDR §182. De plus, les accidents liés à une pratique sportive sont mis sur le même plan juridique que les accidents du travailArbeitsgesetzbuch der DDR §220. L’utilisation de locaux sportifs est gratuite pour les communautés sportives.

Le gouvernement de la RDA tente de renouer avec la tradition allemande du mouvement sportif ouvrier. Walter Ulbricht, chef d’État est-allemand, applique lui-même le slogan de 1959 selon lequel il est primordial de pratiquer une activité sportive une fois par semaine (« Jedermann an jedem Ort – einmal in der Woche Sport ») : il participe aux fêtes du sport ou encore se fait filmer par la télévision est-allemande en train de faire du ski ou de jouer au ping-pongVgl. .

La majeure partie des sportifs pratiquent leur activité, dans le cadre des communautés sportives corporatives (Betriebsportgemeinschaften) gérées par l'organe d'État est-allemand Deutscher Turn- und Sportbund (DTSB). C’est à l’entreprise de financer les activités de sa communauté (BSG). Chaque communauté est divisée en sections, chaque section est consacrée à une discipline sportive. L’adhésion à une BSG n’est pas liée au secteur de l’entreprise. On décide en effet librement de s’inscrire à l’une des disciplines proposées.

Malgré les divers moyens mis en place afin de promouvoir le sport amateur, ce domaine est soumis aux restrictions économiques du quotidien est-allemand. Le nombre de piscines, de gymnases et de terrains de sport, en partie en mauvais état, ne couvre pas les besoins de la RDA et reste inférieur à celui de la RFA. On assiste parfois à une pénurie de matériel d'entraînement et d’équipements sportifsJutta Braun: »Jedermann an jedem Ort - einmal in der Woche Sport« - Triumph und Trugbild des DDR-Sports. . Les rares équipements sportifs ne sont accessibles que dans les communautés sportives et de façon relativement limitée. En 1989, on recense en RDA 262 stades, terrains de sport, gymnases, salles de sport, 212 piscines couvertes, piscines en plein air, terrains de tennis et bowlingsStatistisches Jahrbuch 1990 der DDR. .

En 1981, après deux ans de travaux, la ville de Berlin inaugure le Sport- und Erholungszentrum ou SEZ, un centre destiné au sport et à la détente. À l'époque, une telle structure impressionne le monde entier de par sa taille et sa polyvalence. Le SEZ devient une véritable attraction touristique. Il comprend notamment un complexe aquatique avec sept bassins, dont une piscine à vagues, ainsi que plusieurs salles de sport et polyvalentes, des pistes de bowling et des salles de gym.

Diverses compétitions sportives sont organisées à l’échelle des écoles, des comtés, des districts et des Länder. À partir de 1965, les Spartakiades, grandes compétitions pour enfants et adolescents, deviennent les compétitions les plus importantes de toutes. Sont représentés lors de ces jeux sportifs, non seulement les sports les plus répandus, mais aussi des disciplines non olympiques et plus marginales, telles que le fistball, le billard et l’équitation. Organisées par le Deutscher Turn- und Sportbund et la Jeunesse libre allemande, les Spartakiades se déroulent chaque année à l’échelle des municipalités et des comtés, ainsi que tous les deux ans à l’échelle des districts et au niveau national. En 1983, enfants et adolescents prennent part aux jeux d’été des Spartakiades de comté et 30 600 aux jeux d’hiverStatistisches Jahrbuch 1989 der DDR. . Ce système est étendu à d’autres groupes d’âge avec l’introduction des Bummispartakiaden, pour les 4-6 ans, et des Seniorenspartakiaden, pour les personnes âgées.

Les plus grandes entreprises organisent des fêtes du sport corporatif pour les employés et leurs familles, à l’occasion desquelles ils sont encore encouragés à pratiquer régulièrement une activité sportive. C'est l'athlétisme qui est le plus souvent à l'honneur lors de ces rassemblements mais, selon les circonstances, d’autres disciplines comme le bowling et le tir à l’arc sont proposées. Au niveau des comtés, on organise des fêtes du sport pour les travailleurs, autour de différentes disciplines, comprenant une phase éliminatoire.

La recherche de talents pour les sports de haut niveau aboutit à un système de détection très organisé qui recense presque toutes les écoles primaires et une partie des écoles maternelles. Ce système permet de trouver une discipline sportive adaptée à chaque enfant et dans laquelle il pourra obtenir les meilleurs résultats possibles.

À l’école, le cours de sport représente alors deux à trois heures par semaine. Le sport est également obligatoire dans l'enseignement supérieur.

Le sport enseigné à l’école comprend certains éléments militaires, comme le lancer de massue-F1, pour lequel on utilise des massues en forme de grenades. Conçus par la Société pour le Sport et la Technique (GST), les entraînements paramilitaires, les camps d’entraînement et les Spartakiades constituent une formation de pré-militarisation. La GST est spécialisée dans les sports dits "techniques", comme le sport mécanique. Elle donne souvent une occasion unique de pratiquer légalement certaines disciplines sportives telles que le vol à voile ou à moteur, le tir et la plongée.

Incitation à la pratique sportive par les médias Les médias de la RDA invitent et encouragent la population à pratiquer une activité sportive. On trouve par exemple l'émission de télévision quotidienne "Medizin nach Noten" (La médecine pas à pas) ou encore l'émission de radio hebdomadaire "Hehehe - Sport an der Spree" (Héhéhé, du sport au bord de la Spree) animée par Heinz Florian Oertel.

La presse écrite tente également d'inciter la population à pratiquer une activité physique plus régulière et plus saine. Une campagne nationale intitulée "Dein Herz dem Sport - Stark wie ein Baum" (Un cœur fort comme un arbre grâce au sport) a par exemple été lancée entre le printemps 1986 et l'été 1987. Les quotidiens du pays ont publié dans leurs pages trois arbres représentant respectivement la force, l'endurance et l'agilité. Il fallait à chaque arbre représentant une qualité, associer le nom des disciplines sportives correspondantes et renvoyer ses réponses. Près d'un demi million de lecteurs ont participé au jeuKlaus Henning: Breitensportliche Kampagnen und Konstrukte. .

Pour les enfants, l'émission de télévision hebdomadaire "Mach mit, mach's nach, mach's besser" (Fais avec moi, fais comme moi, fais mieux que moi) animée par Gerhard Adolph, surnommé "Adi", est diffusée à partir de 1964. Dans cette émission, des équipes d'écoliers de différentes villes s'affrontent au cours de jeux. La série d'émissions est présentée comme un tournoi dans lequel les équipes s'opposent pour remporter la finale et tenter de gagner une coupe du Comité national olympique de la République démocratique allemande. Après la chute du mur, des équipes d'écoliers de l'Est et de l'Ouest s'affrontent et c'est bien souvent les écoliers de l'Est qui remportent ces compétitions haut la main. L'émission est diffusée jusqu'à l'arrêt de sa chaîne, la DFF, en 1991Der Sportlehrer der Nation Porträt über Gerhard Adolph auf mdr.de.

Compétitions célèbres En RDA, de nombreuses compétitions de sport amateur sont organisées et reconnues au niveau régional.

Au niveau national, les principales compétitions de sport amateur étaient, et parfois sont toujours : la course populaire GutsMuths la Course de la paix de Berlin (Berliner Friedenslauf) la "Kammlauf" (course des crêtes) de Mühlleithen la compétition "Stärkster Lehrling, Sportlichstes Mädchen" (littéralement : L'apprenti le plus fort et la fille la plus sportive) le "Tischtennisturnier der Tausende" (tournoi de tennis de table des mille) la "Freundschaftsgrenze" (course des crêtes à skis) à Johanngeorgenstadt le tournoi de volleyball "Ran ans Netz" (littéralement : Approche du filet) la randonnée cycliste "Erfurter Burgenfahrt" à Erfurt le challenge régional des équipes de communes de moins de habitants thumb|Insignes sportifs pour enfants de la RDA en argent et en bronze des années 1980.

Insignes sportifs Les insignes sportifs sont utilisés en RDA à partir de 1950. Les performances exigées sont déterminées en fonction de l'âge. En natation, course, saut, lancer de poids, lutte et agrès, le niveau de performance exigé doit être atteint en 24 mois. La hiérarchisation des insignes en or, argent et bronze traduit différents niveaux de performances.

Classement sportif Pour entrer dans le classement sportif, il faut répondre à certains critères de performance. Le classement est divisé en catégories allant de la classe III à la classe I et la distinction d'État "Meister des Sports" (maître du sport). Ce classement est appliqué pour différents sports, y compris les sports qui ne sont pas de compétition tels que la randonnée et l'escalade.

Le titre honorifique de "Maître du sport" est remis aussi bien aux sportifs qu'aux entraîneurs, scientifiques du sport et fonctionnaires des métiers du sport. thumb|Insignes pour les catégories 1 et 2 de natation.

Insignes en natation En natation, trois insignes de niveaux différents existent en RDA pour récompenser les performances des enfants et adolescents dans cette discipline. Aux niveaux 1 et 2, aucune limite de temps n'est imposée pour les longueurs, contrairement au niveau 3, pour lequel il faut respecter un temps minimum défini selon l'âge du nageur.

Sports les plus courants D'après une enquête menée en 1986, les sports pratiqués par les écoliers et écolières sont très diversifiés mais les sports les plus populaires sont ceux qui font partie des programmes scolaires des filles comme des garçons. La répartition de la pratique sportive se fait comme suitWolfram Crasselt: Zum Kinder- und Jugendsport – Realitäten, Wünsche und Tendenzen. :