L'autorail panoramique X 4200 est un autorail mono-caisse à deux niveaux construit à 10 exemplaires par Renault numérotés à 4210.
Destinée à la desserte de lignes touristiques, la série est mise en service entre avril et et radiée des inventaires de la SNCF entre et . Les , 4206 et 4208 sont la propriété de l'association AGRIVAP Les trains de la découverte ; seul le continue à circuler. Le , préservé par Renault est classé au titre des monuments historiques en 1998, il a rejoint AGRIVAP par convoi routier de Flins à Courpière, puis par rail jusqu'à Ambert en Transfert 4204 lire en ligne (consulté le 6 août 2022)..
Genèse de l'autorail À la fin des années 1950, le développement du tourisme incite la Société nationale des chemins de fer français à réfléchir à la conception d'un engin destiné au transport de voyageurs des lignes touristiques du réseau, bien souvent non électrifiées. Lors d'un voyage aux États-Unis, le directeur du matériel et de la traction est séduit par le concept des voitures Vista-Dome. Le nouvel engin doit donc être à traction diesel, assez puissant pour tracter des remorques sur des lignes au profil difficile et offrir à une partie de ses voyageurs une vision panoramique des paysages traversés.
Description La série de dix appareils est construite par la branche ferroviaire de la Régie Nationale des Usines Renault (RNUR) dans son usine de Choisy-le-Roi, le premier exemplaire sortant de production en .
Caractéristiques techniques L'autorail panoramique est réversible à caisse unique, équipé de deux postes de conduite. Il est équipé de deux bogies, dont un moteur et un porteur, de deux essieux.
La structure de l'autorail panoramique présente la particularité de comprendre une cabine de première classe surélevée, située dans la partie centrale au-dessus du compartiment moteur, offrant une vision à 360° par tous les temps grâce à un dispositif anti-buée constitué de résistances électriques noyées dans les vitres. Le dôme est formé de quatre éléments en polyester stratifié de et ne pèse que . Les baies vitrées du dôme avec leur joints pèsent . Le verre extérieur utilisé pour le dôme est de type Athermique, c’est-à-dire partiellement imperméable aux radiations infrarouges. Le compartiment de première classe est séparé du compartiment moteur par un plancher isolant épais de qui permet une protection thermique et acoustique. De la laine de verre et de l'amiante complètent la protection thermique et contre les incendies. Les deux faces de l'autorail sont également réalisées en polyester collé sur une armature métallique.
La motorisation est constituée d'un moteur MGO de type V12SH de la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM) doté d'une turbo-soufflante Napier type . Le moteur est semblable à celui des X 2800 (livrés à partir de ) mais légèrement moins puissant avec , soit (au lieu de pour les ). Des problèmes de refroidissement dans le compartiment moteur trop exigu conduisent à limiter rapidement sa puissance à en service commercial par montage d'un limiteur d'injection.
La transmission est électrique, le moteur diesel entraînant une génératrice électrique qui alimente sous une tension de deux moteurs placés sur les essieux d'un même bogie. Les moteurs de traction, insuffisamment ventilés, souffrent d'une fiabilité insuffisante ; ce problème est partiellement résolu par le montage d'un système de ventilation forcée.
Grâce à l’utilisation du plastique pour le dôme et d'autres équipements parmi lesquels les réservoirs et les escaliers, et en adoptant des faces latérales constituées par une poutre triangulée classique, l' ne dépasse pas la charge de par essieu ce qui lui permet de circuler sur l’essentiel du réseau ferré français. L'autorail panoramique peut circuler en formation jumelée de deux engins ; de construction il est conçu pour tracter deux remorques unifiées dans des rampes de , mais le bridage de son moteur réduit sa capacité de traction à une seule remorque dans ces conditions.
Aménagements intérieurs et livrée L'autorail présente une capacité de , dont 44 en première classe et 44 (y compris huit strapontins) en seconde classe. Les fauteuils de première classe, sous le dôme supérieur, sont orientables de façon à pouvoir être tournés dans le sens de la marche. Les sièges de seconde classe sont également des fauteuils individuels mais ils sont fixes ; ils se situent dans les deux compartiments au niveau bas, à l'avant et à l'arrière, séparés par les compartiments moteur et bagages placées au centre. Les voyageurs de peuvent voir la voie vers l'avant (ou vers l'arrière dans l'autre compartiment), les postes de conduite n'étant isolés que par une paroi vitrée. Deux places se trouvent tout à fait à l'avant, à côté du conducteur.
Ces engins sont équipés d'un système de ventilation par électro-ventilateurs, indispensable pour maintenir une température acceptable sous le dôme du compartiment de première classe. Une véritable climatisation est prévue mais elle ne fut installée que sur le premier exemplaire de la série (), doté d'une véritable réfrigération en . Malgré tout, la ventilation du dôme n'est pas satisfaisante par fortes chaleurs sur cet engin, entraînant même des interdictions de circulation aux heures les plus chaudes pendant les mois d'été.
Leurs aménagements intérieurs et leur ligne sont dus au designer Paul Arzens qui les a revêtus d'une livrée rouge et crème avec toit et bas de caisse gris anthracite. Ils ont conservé cette livrée toute leur carrière. La livrée verte du de l'AGRIVAP est spécifique à cette association.
Services effectués Les assurent à partir de 1959 des dessertes sur les lignes du réseau Sud-Est de la SNCF avec en particulier les deux trains touristiques « le Cévenol » (via la ligne des Cévennes) et « l'Alpazur » (via la ligne des Alpes).
Les à assurent à partir du « le Cévenol » (Marseille - Nîmes - Alès - Clermont-Ferrand - Le Mont-Dore). Pour cela ils sont souvent associés à un X 2400 puis un X 2800 encadrant deux, voire trois remorques. Ces jumelages et remorquages entraînent une limitation de vitesse à alors qu'un seul peut rouler à . En 1978, « le Cévenol » perd ses autorails panoramiques au profit d'X 2800 modernisés puis d'une rame Corail tractée par des BB 67400.
Les et effectuent le le premier train « Alpazur » entre Genève et Digne via Grenoble. Ce train périodique d'été (de juin à septembre) nécessite chaque été le détachement au Centre Autorails de Grenoble de quatre autorails marseillais de 1959 à 1971.
Lors de leurs séjours dans la capitale des Alpes et du Dauphiné à Grenoble, les assurent aussi quelques relations Aix-les-Bains - Chambéry - Grenoble - Valence (et retour) et Grenoble - Genève (et retour). Ils tractent une ou deux remorques. Sur « l'Alpazur », ils sont souvent associés à un X 52000, X 52100 ou encadrant deux, voire trois remorques.
Les circulent également, entre autres, sur le littoral languedocien (Marseille - Cerbère), sur la Côte d'Azur (Toulon et Nice), sur la ligne de la Côte bleue et dans le briançonnais. En fin de carrière, ils effectuent quelques rotations sur Alès et Bessèges et Alès - Génolhac. Les quatre derniers engins de ce type sont retirés de la circulation en 1985.. Le , parmi les derniers radiés, a parcouru .
Lignes parcourues "Le Cévenol" Marseille - Nîmes - Alès - Clermont-Ferrand - Le Mont-Dore (de 1959 à 1978) "L'Alpazur" Genève - Aix-les-Bains - Chambéry - Grenoble - Veynes - Digne (de 1959 à 1971), en service international. Valence - Grenoble - Chambéry - Aix-les-Bains (de 1959 à 1972) Marseille - Veynes - Briançon (de 1971 à 1975) Marseille - Toulon - Cannes - Nice (en 1959) Marseille - Nîmes - Cerbère (en 1959) Marseille - Toulon (de 1975 à 1979) Marseille - Port-de-Bouc - Cavaillon - Avignon (été 1979) Marseille - L'Estaque - Miramas - Avignon (été 1979) Nîmes - Alès - Chamborigaud (été 1979) Nîmes - Le Grau-du-Roi (été 1979) Avignon - Nîmes (été 1979) Alès - Bessèges (été 1979) Alès - Génolhac (de 1982 à 1985) Mende - La Bastide (de 1982 à 1985) Nîmes - Avignon (de 1982 à 1985) Nîmes - Montpellier (de 1982 à 1985)
Dépôts titulaires Marseille-Saint-Charles (de 1959 à 1960) avec détachement pendant l'été de plusieurs engins au Centre Autorails de Grenoble pour la relation "Alpazur" Marseille-Blancarde, (de 1960 à 1982, puis transfert à Nîmes le 23/05/1982) avec détachement pendant l'été (jusqu'en 1975) de plusieurs engins au Centre Autorails de Grenoble pour la relation "Alpazur" Nîmes (du 23/05/1982 au 01/06/1985, avec les X 4202, X 4204, X 4206, X 4207 et X 4208, les autres ayant été réformés auparavant)
+ Répartition du matériel Engins Mise en service Radiation livrée DépôtsX 4201OrigineMarseille BlancardeX 4202OrigineNîmesX 4203OrigineNîmesX 4204OrigineNîmesX 4205OrigineMarseille BlancardeX 4206OrigineNîmesX 4207OrigineNîmesX 4208OrigineNîmesX 4209OrigineNîmesX 4210OrigineNîmes
Engins conservés X 4203 : récupéré par Agrivap en 2001, ses pièces vont servir à la restauration du X 4206Source Agrivap 2009. Ferraillé en 2021. X 4204 : confié à la Régie Renault, puis transféré à l'Agrivap au mois de . X 4206 : ex-CITEV, récupéré par Agrivap en 2005, doit être restauré avec les pièces du X 4203. X 4208 : restauré en 1986 par Agrivap, roule depuis pour le Train touristique du Livradois-Forez. Repeint dans la livrée spécifique de cette association, les véhicules de série arborant la livrée classique rouge et crème de la SNCF. C'est en 2018 le seul exemplaire de la série autorisé à circuler.
vignette|upright=3|center|L' X 4208 du train touristique du Livradois-Forez.
Modélisme Les X 4200 ont été reproduits à l'échelle HO en premier par la firme Jouef en 1966. Une seconde version, plus réussie avec une mécanique améliorée verra le jour en 1983. Mistral Train Models proposera une reproduction d'excellente facture en 2010 puis 2017, les modèles étaient disponibles en plusieurs livrées, dont celle de l'Agrivap.. Enfin, Brassline, fabricant de trains miniatures haut de gamme, a mis sur le marché des reproductions d'exception entièrement en laiton en 2012..
À l'échelle N, AIM en a fait des reproductions en 2007. Elles étaient en laiton et vendues uniquement assemblées et peintes mais sans marquages. TrainsN'co, L'artisan OL.D Modèles propose d'acquérir une carrosserie non peinte imprimée en 3D à adapter sur un châssis du commerce par l'amateur. Citons l'artisan HFR160 qui fabrique une planche de décalcomanies adaptée aux autorails panoramiques.
Philatélie
La poste a émis un timbre intitulé « autorail panoramique » issu du bloc feuillet Les légendes du rail sorti en 2001. d'une valeur faciale de 1 F 50 c (0.23€) N° YT 3413.
Galerie photos
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Articles et ouvrages
. . , réédition 1978.
.
Vidéos Vidéo SNCF de présentation de l'autorail panoramique
Articles connexes Matériel moteur de la SNCF Matériel moteur préservé de la SNCF Autorail Ligne des Alpes Ligne des Cévennes
Liens externes
Catégorie:Ancien autorail de la SNCF Catégorie:Autorail Renault