Le cimetière d'Ixelles (en néerlandais : Begraafplaats van Elsene) est un cimetière appartenant à la commune bruxelloise d'Ixelles où les habitants de cette commune ont le droit de se faire inhumer. C'est l'un des plus importants cimetières de Belgique par le patrimoine funéraire qu'il contient et le nombre de personnalités artistiques, scientifiques, politiques ou militaires qui y sont inhumées.
On parle également du cimetière d'Ixelles pour désigner le quartier qui l'entoure et qui compte de nombreux cafés et restaurants estudiantins. Il est en effet situé entre les deux principaux campus de l'université libre de Bruxelles : le Solbosch et La Plaine.
Présentation générale Historique Dans l’inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale, Ixelles, Histoire du développement urbanistique
Initialement, au , la commune d’Ixelles enterrait ses morts autour de l'église Sainte-Croix.. Le cimetière, situé dans le centre du village, devint trop petit ; les habitants s’opposèrent à sa présence au début du mais il fallut attendre la grande épidémie de choléra en 1832 pour convaincre la commune de l'urgence de déplacer le cimetière hors du village.
Il fut d’abord déplacé, dans les années 1832-1834, au lieu-dit Elsenblock, situé au croisement de la chaussée de Boondael et de la rue du Bourgmestre. Mais celui-ci, d’une superficie d’un hectare, devint lui aussi trop exigu. On le déplaça alors en 1877 à l'emplacement qu'il occupe encore actuellement. Ce terrain appartenant à la commune n’était alors pas encore construit. En 1882, une partie des 800 tombes de l’ancien cimetière est transférée vers l’actuel. Le déplacement des monuments est à la charge des familles tandis que celui des dépouilles est assuré par la Commune. Les deux anciens cimetières sont désaffectés. En , le général Boulanger se suicide ici sur la tombe de sa maîtresse, Mme de Bonnemains.
Interventions thumb|right|Reposoir des Martyrs
Les architectes Edmond Legraive et Louis Coenraets ont réalisé le projet de la partie la plus ancienne de la nécropole, d’une superficie initiale de 5 hectares. Ils imaginèrent un plan rayonnant qui débutait par une rotonde autour de laquelle étaient plantés des cyprès. Ils conçurent également une large avenue arborée, que le Service public régional Bruxelles urbanisme et patrimoine dépeint comme inspirée de l’antique Via Appia de par sa largeur similaire.
Au début des années 1920, des travaux d’extension du cimetière sont réalisés. Une deuxième rotonde est aménagée et accueille, après la Première Guerre mondiale, des monuments funéraires militaires français, Italiens et belges. Le Service public régional Bruxelles urbanisme et patrimoine explique d’ailleurs qu’après la Seconde Guerre mondiale le centre fut aménagé en Reposoir des Martyrs, destiné aux victimes de la guerre.
Statut actuel Le cimetière d’Ixelles est connu pour la quantité de célébrités qui y sont enterrées ainsi que pour la qualité de ces monuments. Il est comparable à un musée en plein air d’architecture et de sculpture funéraireLe cimetière d'Ixelles, une ville miniature, Dominique Dufourny, bourgmestre, p. 5. Il s'y trouve des personnalités du monde culturel, intellectuel et politique du dernier quart du et du dont la quantité s’explique par la proximité de divers établissements universitaires et institutions militaires. Les monuments funéraires de la famille Solvay conçus par Victor Horta s'y visitentSource : Marcel Celis, Bruxelles, Ville d’Art et d’Histoire : Cimetières et nécropoles, édité par le Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, p. 24-28, 2004., qui repose également dans le cimetière, et ceux du Général Boulanger, de Charles De Coster, d’Antoine Wiertz, de Marcel Broodthaers, d’Eugène Ysaÿe ou de Paul Saintenoy.
Dans l’article du journal La Province, datant du , intitulé La Région bruxelloise classe une grande partie du cimetière d’Ixelles, Rudi Vervoort, le ministre-président bruxellois depuis 2013, responsable des Monuments et Sites écrit : « ce cimetière illustre un pan de l'histoire humaine et ornementale bruxelloise au travers des personnages illustres qui y reposent définitivement et la grande variété de styles avec lesquels les tombes ont été sculptées par de nombreux artistes de renommée internationale »« La Région bruxelloise classe une grande partie du cimetière d’Ixelles », La Province, 23/09/2016.
Un arrêté de protectionarrêté de protection de septembre 2016, pris en , atteste que le gouvernement régional bruxellois a classé certaines parties du cimetière comme ensemble (site et monument) comprenant : 40 tombes (de personnes connues ou non, classées pour leur esthétique), le premier rond-point militaire, le carré militaire, le pavillon-abri, les pavillons d’entrée et les murs d’enceinte.
Au , ce cimetière demeure l’un des plus anciens cimetières communaux de la Région bruxelloised'après le Service public régional Bruxelles urbanisme et patrimoine. Son territoire s’étend sur 12 hectares. On le trouve à l’identifiant 21354.. D'après cet arrêté, le cimetière possède une valeur historique, artistique, esthétique, scientifique, folklorique et sociale d’après les critères visés à l’article 206, du code bruxellois de l’aménagement du territoire.
Personnalités enterrées au cimetière d'Ixelles
Pierre Abattucci (1871-1942), artiste peintre Akarova (1904-1999), danseuse, chorégraphe, sculptrice et artiste peintre Émile Banning (1836-1898), diplomate, bibliothécaire, archiviste, journaliste et écrivain Aloïse Biebuyck (1860-1944), lieutenant-général Adrien Blomme (1878-1940), architecte Anna Boch (1848-1936), peintre Jules Bordet (1870-1961), Prix Nobel de médecine Henriette Bosché (1872-1949), peintre, décoratrice, graveuse, enseignante Georges Boulanger (1837-1891), général français, ministre de la guerre, député sous la Troisième République Victor Bourgeois (1897-1962), architecte moderniste Marcel Broodthaers (1924-1976), artiste surréaliste Marguerite Brouzet (1855-1891) Félicien Cattier (1869-1946), financier professeur Marina Chafroff (1908-1942), résistante durant la seconde guerre mondiale Louis Napoléon Chaltin (1857-1933), officier René Cliquet (1899-1977), sculpteur et médailleur Omer Coppens (1864-1926), peintre, aquarelliste, graveur, céramiste Dolly Damoiseau (1930-2018), journaliste Johan Michiel Dautzenberg (1808-1869), poète flamand Armand De Ceuninck (1858-1935), ministre Charles De Coster (1827-1879), écrivain Marie de Vivier (1899-1980), écrivain Cesare Dell'Acqua (1821-1905), peintre Henri Denis (1877-1957), lieutenant-général, ministre Octave Dierckx (1882-1955), avocat, homme politique Neel Doff (1858-1942), écrivaine Baron Louis Empain (1906-1976), homme d'affaires et philanthrope belge Bernard Faure (1929-2016), comédien et présentateur télévision Émile Francqui (1863-1935), explorateur, diplomate, homme d'affaires et ministre d'État Abbé Édouard Froidure, fondateur des Petits Riens Maurice Hagemans (1852-1917), artiste-peintre Marcel Hastir (1906-2011) artiste peintre et résistant Victor Horta (1861-1947), architecte Louis Hymans (1829-1884), journaliste et politicien Paul Hymans (1865-1941), homme d'État Roger Lallemand (1932-2016), avocat, ministre d'État Lieutenant-général Comte Gérard Leman (1851-1920), militaire Camille Lemonnier (1844-1913), écrivain Constantin Meunier (1831-1905), peintre et sculpteur Jean-Baptiste Moens (1833-1908), philatéliste Jeanine Moulin (1912-1998), écrivain Frédéric Neuhaus (1846-1912), pharmacien Paul Nougé (1895-1967), écrivain surréaliste Joseph Pholien (1884-1968), homme d'État, premier ministre de Belgique Élisée Reclus (1830-1905), géographe, pédagogue, communard, militant et théoricien anarchiste français Élie Reclus (1827-1904), journaliste, ethnologue communard, militant et théoricien anarchiste français Paul Saintenoy (1862-1952), architecte Ernest Solvay (1838-1922), savant, entrepreneur Henri Storck (1907-1999), réalisateur Francine Vendel (1931-1998), actrice Alphonse-Joseph van Steenkiste (1849-1919), comte romain, entrepreneur Carl Sternheim, (1878-1942) écrivain et auteur de pièces de théâtre allemand. Joseph-Ferdinand Toussaint (1807-1885), juriste, homme politique saint-simonien, beau-père de l'architecte Joseph Poelaert. Józef Wieniawski (1837-1912), pianiste Antoine Wiertz (1806-1865), peintre Eugène Ysaÿe (1858-1931), violoniste Stéphanie de Windisch-Graetz (1939-2019), princesse, photographe et peintre. René Zayan (1947-2014), professeur de psychologie politique et d'éthologie à l'Université catholique de Louvain.
Présentation architecturale Plan général Les architectes se sont inspirés de nécropoles semblables, au cimetière du Père-Lachaise à Paris ou aux camposanti italiens de Gênes ou Milan : l’aménagement se fait de la même manière que pour une ville (organisation en quartier, avenues, places, ronds-points).
La structure du plan en étoile part à chaque fois des ronds-points pour ensuite se diviser de manière rayonnante en avenues puis en allées. Tout gravite autour de ces trois ronds-points, épicentres de la circulation et des vues panoramiques :
Le premier rond-point se situe à l’extérieur de l’enceinte, il relie la chaussée de Boondael et les avenues de l'Université et la Couronne. Celui-ci conduit à l’entrée principale. Le second rond-point mène à une grande allée arborée au long de laquelle se trouvent les sépultures les plus anciennes et remarquables du cimetière. Le dernier rond-point, appelé rond-point militaire, est nommé ainsi du fait qu'il donne directement sur le carré militaire, inauguré en 1923. Les monuments qui s'y trouvent ont majoritairement été construits après la Première Guerre mondiale..
Cette organisation semblable à celle d'une ville permet de créer des ambiances différentes en fonction du traitement des espaces piétonniers. Les axes principaux découpent le site en parcelles triangulaires de tailles variables.
L'entrée principale Situation actuelle L’entrée principale fonctionne en symétrie. Elle est constituée de deux pavillons d’angle Architecture néo-classiqueentrée principale. Le Service public régional Bruxelles urbanisme et patrimoine décrit ces pavillons comme reliés par un mur percé d’une grille axiale en fer forgé scellée dans des imposants pilastres. Cette entrée se fait à l’angle formé par la chaussée de Boondael et l’avenue de la Couronne.
Les pavillons Les pavillons d’angle sont élevés d’un niveau et demi et possèdent une toiture en bâtière, à trois pans. Les deux pans principaux s’inclinent sur la longueur des façades, tandis que l’arrière des bâtiments reprend le troisième pan. Le pavillon de gauche est couronné de plusieurs cheminées dont la souche est coiffée de deux mitrons, tandis que celui de droite n’en possède qu’une.
Les murs de pignon de ces pavillons constituent les façades principales de chacun des deux bâtiments. Leurs façades sont enduites et peintes, puis rehaussées d’éléments de pierre bleue qui tranchent avec le fond blanc. Les façades principales possèdent une travée unique sous leurs frontons. Cette travée, faisant face au rond-point, est percée d’une double-porte. Celle-ci est disposée dans un encadrement à arc en plein cintre, accompagnée d’un triplet à l’étage.
Pour les façades latérales, le pavillon de droite est doté de trois travées, tandis que le pavillon de gauche quatre. La plupart de ces travées sont marquées de niche aveugle. De plus, les menuiseries sont d’origine dans la description du Service public régional Bruxelles urbanisme et patrimoine.