Le marquis Giovanni Poleni, (Venise, 1683- Padoue, 1761), est un mathématicien et physicien italien du Giovanni Poleni, sur le site history-computer.com, consulté le 8 septembre 2014 Giovanni Poleni, sur le site history.mcs.st-and.ac.uk, consulté le 8 septembre 2014, connu aussi comme un physicien, sous le nom de Johannes Polenus Giovanni Poleni,sur le site encyclopedia.com, consulté le 24 septembre 2014.

Biographie En 1683, son père, Jacopo Poleni a participé et affiché beaucoup de courage dans la bataille contre les Turcs pendant le second siège de Vienne, et l'empereur des Romains Léopold , lui a décerné en , pour ses mérites, les titres de « marquis, comte de Saint-Michel Archange, pour lui et ses descendants » et donc Giovanni, né le à Venise, fils unique du marquis Jacopo Poleni et de la marquise Elisabetta Broiuola, est devenu lui-même un marquis à l'âge de deux ans, titre qui sera confirmé en 1686 par la république de Venise.

Le , obéissant à son père, Giovanni Poleni se marie à Orsola Roberti (1686-1737), qui appartenait à une famille noble de Bassano del Grappa. Ils ont eu six enfants, dont l'ainé Jacopo (1709-1747), Eugenio (1717-1736), qui était destiné à perpétuer la famille, est mort seulement à l'âge de 18 ans. En 1736-1737, Giovani Poleni perdra dans un délai de 14 mois, son fils, sa femme et son père. Une des filles de Poleni, Elisabetta est devenue marquise de Pontedera, en épousant Guilio Pontedera, botaniste et spécialiste en sciences.

Un surmenage excessif a affecté progressivement sa santé, mais pas son enthousiasme, jusqu'à sa mort due à un anévrisme aortique le , à Padoue. Ses restes ont été déposés dans la , où ses fils ont placé un monument en son honneur. Les citoyens de Padoue ont ensuite décrété que la statue de Poleni, l'une des premières œuvres d'Antonio CanovaLa statue actuelle est l'œuvre du sculpteur Luigi Strazzabosco et remplace celle érigée par Antonio Canova en 1781 qui est conservée dans un des Musées Civiques de Padoue., devait être placée parmi les hommes illustres sur le Prato della Valle.. Une médaille en son honneur a été frappée par la république de Venise..

Biographie scientifique Giovanni Poleni étudie l'architecture civile et militaire sous la direction de Giuseppe Marcati. Il étudie les lettres classiques, la philosophie, la théologie, les mathématiques et la physique à l'École des pères somasques, à Venise. Il commence ensuite, avec l'encouragement de ses parents, une carrière judiciaire.

En 1707, il effectue ses premières expériences scientifiques, et rencontre la même année, Jean-Baptiste Morgagni, fondateur de l'anatomo-pathologie moderne, avec qui il commence une relation d'amitié et de collaboration qui a continué jusqu'à sa mortC'est son ami Jean-Baptiste Morgagni, qui a effectué l'autopsie, confirmant le décès de Giovanni Poleni, d'une rupture aortique.

En 1709, il occupe la chaire d'astronomie et de météorologie à l'université de Padoue.

C'est aussi en 1709, qu'il publie son premier traité Miscellanea, qui est une collection de dissertations sur la physique Texte en ligne sur Google Livres. Dans la deuxième partie de son traité, il inclut la description d'une calculatrice (« »), conçue sur le principe de la roue à cliquet, et sur la roue à nombre variable de dents, dont il fut le premier à utiliser le principe..

Dans la troisième partie de son traité, consacrée en partie à la gnomonique, il décrit une nouvelle méthode pour le tracé des cadrans solairesLouis Berthé de Besaucèle - Les cartésiens d'Italie - Auguste Picard éditeur, Paris, (1920), sur le site archive.org, consulté le 16 novembre 2014 Carte solari di venezia - solstizio estivo 21 giugno, sur le site sundialhouse.it, consulté le 16 novembre 2014.

Le , proposé par Isaac Newton, il est élu « fellow » à la Royal Society de Londres..

Le , l'Académie des Ricovrati de Padoue l'accueille parmi ses membres..

En 1715, il devient professeur de physique, en plus de la chaire d'astronomie et de météorologie. Il est invité par le Sénat de Venise en qualité d'ingénieur pour étudier des problèmes d'hydraulique, liés à l'irrigation de la Basse-Lombardie, à l'approvisionnement en eau, au contrôle des inondations et au dépôt de sédiments dans la lagune de Venise.. Il devient ainsi, l'un des experts les plus demandés en la matière. Son nom est resté dans le domaine de l'hydraulique (formule de Poleni), en ce qui concerne le calcul de débit (), mesuré sur l'arête d'un déversoir .

Le , proposé par Leibniz, il est élu à l'Académie royale des sciences de Prusse, le ..

En 1717, il publie un traité majeur sur l'hydraulique et l'hydrodynamique, qui décrit les estuaires, les ports et les rivières.

Le , il occupe la chaire de mathématiques à Padoue, laissée vacante pendant 3 ans, au départ soudain de Nicolas Bernoulli, en 1716André Robinet - Revue d'histoire des sciences - La conquête de la chaire de mathématiques de Padoue par les leibniziens (1991), sur le site persee.fr, consulté le 8 septembre 2014.

En 1720, il publie son discours d'ouverture de la chaire de mathématiques à Padoue, l'année précédente.

En 1724, il est élu membre honoraire à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.

En 1725, il inaugure une série d’observations et de mesures systématiques en météorologie qu'il effectuera pendant plus de aidé par son fils et sa femme de chambre. Ses relevés exceptionnellement précis, seront très utiles à ses successeurs météorologues, dont Jean-Baptiste Morgagni, l’abbé Giuseppe Toaldo . et son fils Francesco Poleni qui poursuivra les observations météorologiques jusqu'au ..

Sur la base de rapports qu'il reçoit (sur Blaise Pascal, inventeur de la « pascaline » en 1645, et de la machine de Leibniz inventée en 1694), il construit sa « » mais il entend parler d'une autre machine, construite en 1727 par le mathématicien et mécanicien autrichien , utilisant aussi la roue à nombre variable de dents, et capable d'effectuer les quatre opérations. Il apprend que celui-ci a reçu florins, pour dédier sa machine à l'empereur des Romains Charles VI à Vienne (machine conservée au musée des techniques de Vienne). La réalisation de sa machine a échoué en raison des difficultés de fabrication à l'époque, de sorte qu'il a décidé de détruire son propre prototype et ne l'a jamais reconstruit..

Il participe à l'étude de la réforme du calendrier grégorien, parrainée par le pape Clément XI et entretient une correspondance suivie avec Euler, Maupertuis, les frères Bernoulli, Cassini III.

En 1728, en mathématiques, il appartient au « mouvement tractionnel ». et développe en 1729 un intégrateur mécanique (un intégraphe.).

Il entretient une correspondance avec le physicien anglais James Jurin, en particulier au sujet de ses observations météorologiques.

Le , il est élu comme membre associé étranger à l'Académie royale des sciences de Paris.

En 1739, à la suite de la publication de ses recherches en archéologie dans ses (1739), il est nommé à la chaire de philosophie expérimentale, qui venait juste d’être créée en 1738 à Padoue.

Le , il fonde et inaugure le « », le premier laboratoire de physique créé dans une université italienne, regroupant un important ensemble d'instruments scientifiquesDans son laboratoire, Giovanni Poleni installe une grande variété de machines, en provenance de la Flandre, construites dans l'atelier de Jan van Musschenbroek, frère ainé de Pieter van Musschenbroek, inventeur en particulier de la bouteille de Leyde destinés à la recherche et à l'expérimentation, dont certains ont été inventés par lui-même. Ce laboratoire lui permet d'acquérir une renommée internationale. Il continue à enrichir cette collection jusqu'à sa mort, avec près de quatre cents instruments scientifiques différents. L'astronome français Jérome Lalande a dit de son laboratoire : . Une centaine d'instruments de cette collection, est encore visible au ..

En 1741, il est élu membre de l'Académie Clémentine de Bologne ainsi que membre de l'Académie étrusque de Cortone.

Ses recherches scientifiques sont menées en parallèle avec des recherches en architecture et en archéologie qui le rendent si célèbre que le pape Benoît XIV l'invite à Rome en 1743 pour examiner le dôme de la basilique Saint-Pierre, à la suite de l'apparition de fissures dès 1741, et effectuer la vérification statique de l'équilibre de la coupole.

Poleni est ensuite rappelé à Padoue pour assumer des fonctions judiciaires.

En 1756, Poleni est nommé à la chaire d'études marines et de la construction navale à Padoue. À partir de ce moment, il enseigne les sciences nautiques et la construction navale. Ses travaux, dans de multiples domaines scientifiques, sont récompensés par l'attribution de prix, décernés par l'Académie des sciences : en 1733, pour une étude sur le calcul de la distance parcourue par un navire, en 1733, pour une étude des ancres, en 1741, pour une étude sur les grues, treuils et cabestans.

En plus des nombreux intérêts scientifiques différents, il publie des traités sur l'architecture antique : traité sur le temple d'Artémis à Éphèse en 1742, traité sur les théâtres et amphithéâtres antiques, sur les découvertes archéologiques françaises, sur un obélisque de l'empereur Auguste, et sur plusieurs sujets d'architecture.

Passionné de musique, il a été le protecteur du violoniste et compositeur Giuseppe Tartini.

En 1763, son éloge a été prononcé par Jean-Paul Grandjean de Fouchy, astronome et secrétaire perpétuel de l'Académie Royale des sciences de Paris..

La macchina aritmetica vignette|redresse|Schéma de la Macchina aritmetica (1709) La première calculatrice mécanique inventée et fabriquée en Italie est celle de Giovanni Poleni. Son projet était de produire une machine, similaire à celle de Leibniz, pouvant effectuer automatiquement les quatre opérations arithmétiques, en utilisant un mécanisme totalement original : . Ce mécanisme permet l'automatisation de la multiplication par le facteur de rétention du numérateur, en évitant le besoin de réglage continu du nombre. La machine de Poleni diffère également des dispositifs antérieurs qui tentent de rendre le fonctionnement automatique. Grâce au moteur, constitué par un poids, Poleni a limité l'intervention humaine au seul réglage du calcul, laissant la machine exécuter le travail.

Malheureusement, l'original de la machine a été perdu, mais il subsiste une description détaillée dans sa publication de 1709. La machine dispose d'un cadre en bois ouvert, se terminant sur le dessus avec une corniche et l'avant par une plaque carrée fixée au châssis de telle sorte que la diagonale du carré soit parallèle à la base de la machine. Au centre de la plaque, un cadran circulaire à gorge est inséré, divisé en neuf parties égales et numérotées de un à neuf. En correspondance avec chaque numéro il y a un trou à l'intérieur duquel se trouve la broche qui bloque le mouvement de la manivelle au centre du cadran. Au-dessus de la plaque carrée est situé le totalisateur qui se compose de six cadrans circulaires disposés en arc de cercle, dont chacun possède deux fenêtres pour afficher le numérateur. Au-dessus du numérateur est placée une autre manivelle qui entraîne, à travers les trois roues dentées situées sur la face arrière, le passage des vitesses pour la sélection du numérateur dans les opérations de multiplication et de division. vignette|redresse|Réplique de la Macchina aritmetica, Musée des sciences et des techniques Léonard de Vinci de Milan