L'Histoire de l'Alabama s'est d'abord confondue avec celle de Louisiane, dont la capitale fut jusqu'en 1723 la ville formée en 1701 autour du fort Louis de la Mobile, sur les terres de l'actuel État de l'Alabama. Les autres sites de la Louisiane française, fort Maurepas (Louisiane) et Biloxi, étaient médiocres sur le plan portuaire et il fallut en choisir un quatrième en 1723, la Nouvelle-Orléans pour avoir une nouvelle capitale, car le versant Alabama de la colonie avait l'inconvénient d'être au cœur des conflits avec les espagnols, même s'il commandait lui aussi l'accès à un important réseau fluvial. La culture du coton, lancée dès le début de la colonie de l'Alabama avec de esclaves de Saint-Domingue deviendra triomphante à partir du milieu des années 1810, à l'époque américaine.
Les premiers habitants amérindiens vignette|upright=1.2|Carte des régions amérindiennes explorées un peu avant 1700 par LeMoyne d'Iberville. Les tirets rouges représentent les limites des États actuels, Louisiane pour la Nouvelle-Orléans, Mississippi pour Biloxi et Alabama pour Mobile, deux villes qui ont pris les noms des tribus indiennes vivant sur le site. L'Alabama était le pays des autochtones Alibamas, ce qui veut dire « ceux qui débroussaillent », aux côtés desquels vivaient les Cherokees, les Chicachas, les Choctaws, les Koasati et les Mobile, qui donneront leur nom à une ville de la région. Les Tunica-Biloxi formaient une Nation constituée de deux principales tribus, les Tunica et les Biloxi. Nombre d'entre eux descendent des tribus Yazoo (Tunica), Ofogoulas, Sioux, Avoyelles (Natchez) et Muskogean (Choctaw). La langue biloxi fait partie des langues siouanes. La majorité d'entre eux sont toujours bilingues et parlent l'anglais et encore le français.
Le commerce des amérindiens avec le nord-est via l'Ohio dura pendant une période s'étendant de à 700 et perdura jusqu'aux premiers contacts avec des européens. Pour les historiens des peuples amérindiens, l'influence méso-américaine est évidente dans la civilisation du Mississippi agraire qui suivit cette période.
Dès 1682, l'explorateur Cavelier de La Salle et l'italien Henri de Tonti scellent des alliances avec les Indiens Quapaws. Quasiment livrés à eux-mêmes, les premiers colons du golfe du Mexique devront compter sur l'aide des Amérindiens, l'éloignement de la métropole leur permettant de se livrer sans problème aux trafics de contrebande, sur une colonie qui s'étend sur une très large bande littorale.
L'arrivée des français en 1702 vignette|droite|300px|Localisation de La Mobile (Louisiane française) et de Pensacola (Floride espagnole) avec le fleuve Perdido frontière entre les deux empires. Les Français du Canada cherchent à retrouver l'embouchure du Mississippi en venant directement de France, pour retrouver le lieu où les vingt derniers survivants adultes de l'expédition de René-Robert Cavelier de La Salle ont été massacrés par les indiens de Karankawa en 1688. Ils trouvent par hasard l'embouchure d'une autre rivière, qui leur semble attractive. Parti de France en , Pierre Le Moyne d'Iberville débarque dans la baie sablonneuse de la future colonie de Biloxi en , où il laisse une garnison de 81 hommes, sur un site portuaire jugé médiocre. Lors d'un second voyage en 1700, il fait bâtir un fort Maurepas en remontant sur le Mississippi mais là aussi de nombreux bancs de sable empêchent d'en faire un véritable port. Insatisfait par ces deux sites, il envoie une expédition canadienne conduite par Charles Levasseur explorer en 1701 la région de la baie de Mobile, à à l'Est de Biloxi. Charles Levasseur plante en 1701 une croix sur l'emplacement du futur fort Louis de la MobileGilles-Antoine Langlois, Des villes pour la Louisiane française, Théorie et pratique de l'urbanistique coloniale au , Paris, 2003, dans la baie de Mobile. En , le Québec envoie hommes et matériel pour son édification.
Iberville nomme Henri de Tonti, un ex-camarade d'exploration de René-Robert Cavelier de La Salle, comme ambassadeur auprès des tribus Choctaw et Chickasaw. De Tonti négocie avec eux un accord de paix, aidé par les traductions de Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, 22 ans, petit frère d'Iberville. Dès 1703, les colons français célèbrent le Mardi gras à Mobile, avec la tradition du bœuf gras et des bals masqués, où s'affiche le "Masque de la Mobile". Des sociétés festives (« mystic society » en anglais) sont créées dès les débuts du carnaval avec la Société Saint-Louis Mardi Gras History - Mardi Gras Unmasked, initiée par Nicolas Langlois, renommée en 1711 « Société du bœuf gras » History - Mobile Carnival Museum et qui se perpétuera jusqu'en 1861. Iberville sollicite de la France une trentaine de filles pour ses hommes qui fréquentent les Amérindiennes. Le premier contingent de femmes arrive en 1704 à Mobile. Mais en 1704 également, l'épidémie de fièvre jaune emporte Charles Levasseur et Henri de Tonti. Et en 1706, un troisième décès causé par la fièvre jaune affaiblit un peu plus la colonie, celui d'Iberville, l'homme qui avait réussi à obtenir pour elle des concessions auprès de la Cour royale de France. L'attaque anglaise de 1709 puis le monopole d'Antoine Crozat gauche|vignette|300px|Premier plan de la colonie du fort Louis de la Mobile, qui devra être reconstruit en 1711 pour échapper aux crûes Dans la première semaine de , la tribu des Alabamas, alliée des Anglais, attaqua un village de la tribu des indiens Mobiles, alliés des Français, à une vingtaine de kilomètres au Nord du fort Louis de la Mobile. Les Anglais imitent ainsi les Français, qui avaient réussi à isoler la colonie espagnole de Pensacola en combattant ses alliés amérindiens. L'année suivante, la colonie française est emportée par une nouvelle crûe du fleuve Mobile, à laquelle s'ajoute une épidémie de fièvre jaune contractée par les immigrants français et leurs esclaves venus de Saint-Domingue.
Décimée, la petite colonie doit déménager. Son administrateur, Nicolas de La Salle propose d'aller à quelques kilomètres en aval du fleuve Mobile, hors de portée des inondations et à l'écart des marécages. Mais ce n'est qu'en 1711 que le nouveau fort en bois, plus grand, est bâti en ce nouveau lieu. Il est au centre d'une ville géométrique organisée en 12 pâtés de maisons réguliers et servira de base en 1719 pour l'expédition militaire contre le fort espagnol de Pensacola et la prise de Pensacola.
Entre-temps est créée à Paris la Compagnie de la Louisiane, le , par lettres patentes accordant pour 15 ans le monopole de son exploitation au financier français Antoine Crozat dont les affaires sont florissantes à Saint-Domingue. Crozat obtient le privilège de faire venir en Amérique chaque année un bateau de Noirs, et l'asiento, c'est-à-dire le monopole de la traite des esclaves pour les Espagnols. La mort, en 1715, de Louis XIV le prive d'un soutien majeur. Il doit verser en 1716 une taxe de , selon le Journal de l'avocat Barbier (). Pour payer, il revend la Louisiane au banquier écossais John Law, qui obtient le la rétrocession des privilèges de la Compagnie de la Louisiane.
La vague d'émigration de 1718-1721 et la prise de Pensacola vignette|gauche|400px|Image du camp de John Law à Biloxi en décembre 1720 À partir de 1717, John Law cherche à recruter des agriculteurs et artisans. Il fait imprimer des brochures publicitaires"La colonie française de la Louisiane (1682-1762)" en Alsace, dans le Wurtemberg, dans le Palatinat, en Franconie, dans le Brandebourg, en Bavière, même dans les pays baltes. Il fait venir aussi des colons d'Italie, de Suède et d'Espagne, et recrute dans les régiments suisses, irlandais et écossais. Plus de 4000 d'entre eux se seraient rendus au port de Lorient, parfois par villages entiers, maire en tête. Mais plus de la moitié des «Allemands» décèdent à Lorient avant de s'embarquer ; seulement 1300 d'entre eux seraient montés à bord des sept navires de la Compagnie et les deux tiers moururent en mer. Entre 1718 et 1721, près de Français sont exilés en Louisiane, après des publicités dans le Mercure de France. Mobile est choisie pour les accueillir car le confluent des rivières Tombigbee et Alabama est le moyen d'accéder à l'intérieur des terres sur un large pourtour. Parmi ces colons, un millier sont bloqués près d'un an au camp de Biloxi et périssent de maladieLes nouvelles-Frances par Philip P. Boucher.vignette|250px|Carte de la baie de Pensacola fermée par l'île de Santa Rosa au . La déclaration de guerre française à l'Espagne arrive en Louisiane le , accompagnée de l'ordre de prendre Pensacola, en Floride espagnole, près du fleuve Perdido, avec 800 soldats embarqués et 400 amérindiens alliés des français qui les suivent depuis la terre. Pensacola est prise en mai puis reprise en août par les espagnols, qui poursuivent sur leur lancée, attaquant le fort Louis de la Mobile, où ils sont repoussés. Cinq navires de renfort, commandés par Gilles-Charles des Nos, arrivent de France en , permettant la prise de Pensacola.
Les Français y resteront jusqu'en 1726, mais avec une toute petite garnison, car le site est rendu officiellement à l'Espagne à la fin de la guerre, en 1722. Les espagnols du Mexique semblent désireux de venir en renfort, de la Floride toute proche, comme le montre l'Expédition Villasur, dirigée par le lieutenant-général Pedro de Villasur dès 1720. Du coup, la capitale de la Louisiane française est transférée dès 1720, de Mobile à Biloxi. Ce port est cependant moins avantageux que Mobile, qu'il faut continuer à défendre. En 1723, on construit fort Condé de la Mobile, en pierre et en briques, sur le flanc oriental de la colonie. Face à menace espagnole, la capitale de la Louisiane française est à nouveau déplacée vers un quatrième site, celui de la Nouvelle-Orléans, fondée en 1718 par Bienville, sur le Fort Saint-Jean (Louisiane française), simple poste de traite établi en 1701. La Nouvelle-Orléans n'a encore que 203 habitants lorsqu'elle choisie comme capitale en 1723. Trois ans après, sa population a doublé.
Les guerres contre les indiens le long des rivières Tombigbee et Alabama vignette|redresse|Peter Pitchlynn, chef Choctaw, tribu alliée aux colons français (peinture en 1834 de George Catlin). Une nouvelle vague d'immigration française arrive en 1734. C'est le long du cours de la rivière Tombigbee, qui monte droit vers le nord, que se sont installés les colons, au milieu des Indiens Choctaw et Chickasaw. Les colons sont menés par Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, encore tout auréolé de la prise de Pensacola de 1719 en Floride contre les espagnols. Il ordonna la construction d'un nouveau fort de Tombeche, pour défendre les frontières orientales de la Louisiane face aux incursions anglaises, mais aussi pour protéger les amérindiens de la Nation Choctaws, alliés des Français face aux tribus Chickasaw. Un précédent fort avait été fondé vingt ans plus tôt, à l'époque d'Antoine Crozat, propriétaire de la Louisiane française, entre 1712 et 1715. Situé à au nord de Mobile et de fort Condé, il a tiré son nom de la Tombigbee (rivière), deviendra ensuite un poste de traite et un dépôt de fourrure, français puis américainLes nouvelles-Frances par Philip P. Boucher, cédant ensuite la place à la cité de Saint Stephens, comme première capitale du territoire de l'Alabama.