Fernando Savater, né le . à Saint-Sébastien, est un philosophe, activiste, essayiste, romancier, dramaturge, traducteur, journaliste et professeur espagnol.
Auteur prolifique, il met un point d'honneur à rapprocher les jeunes de la philosophie et à étudier l'éducation et la pédagogie. Il s'engage également contre le terrorisme dans le Pays basque : à ce titre, l'association ¡Basta Ya!, dont il est porte-parole, reçoit en 2000 le prix Sakharov.
Il a reçu de nombreux prix littéraires, dont le prix national de l'essai en 1982.
Biographie Études et professorat Fils d'un notaire de Saint-Sébastien, Fernando Savater est élevé chez les marianistes. et se montre très porté sur la lecture. Il s'intéresse particulièrement à la lecture, notamment aux bandes dessinées, qu'il continue à apprécier à l'âge adulte, le reflétant dans ses œuvres.
À 13 ans, sa famille s'installe à Madrid, où il passe son baccalauréat au Colegio del Pilar.
Il étudie la philosophie à l'université complutense de Madrid où il passe son doctorat avec une thèse polémique sur Emil Cioran.
En janvier 1969, sous l'état d'exception, il est emprisonné un mois à la prison de Carabanchel. Il s'exile en France lors des dernières années du franquisme, radicalement opposé à toute forme de régime politique autoritaire..
vignette|gauche|Fernando Savater en 2011. Il travaille comme professeur assistant dans les facultés de Sciences politiques et de Philosophie de l'Université autonome de Madrid, d'où il est finalement interdit d'enseigner pour avoir émis plusieurs critiques du franquisme.. Plus tard, il devient professeur d'éthique et de sociologie à l'université nationale d'enseignement à distance (UNED), puis en 1980 professeur remplaçant à l'université du Pays basque, avant de devenir titulaire en 1984. Au début des années 1990, il devient professeur titulaire de philosophie dans son alma mater et jusqu'à sa retraite, en 2008.
En octobre 2008, il prend sa retraite de professeur de philosophie dans son alma mater.
Autres activités Il est collaborateur habituel d'El País depuis sa fondation en 1976 et, en 1990, avec , il lance le magazine ..
Il participe en 2011 au centenaire d'Emil Cioran, dont il a toujours été proche intellectuellement, aux côtés, entre autres, d'Alain Finkielkraut et Roland Jaccard..
Engagements politiques vignette|Fernando Savater et Albert Boadella, représentant Ciutadans de Catalunya en 2007, lors d'un acte de l'Union, progrès et démocratie de Rosa Díez. Il s'intéresse très tôt à la politique, , et a participé à beaucoup de mouvements civiques au Pays basque : il déclare que s'engager pour la politique est un devoir citoyen.
Outre l'écriture de livres tels que (1987), il s'implique dans des organisations en faveur de la paix et contre le terrorisme au Pays basque, qu'il qualifie de comme Movimiento por la Paz y la No Violencia, , , et ¡Basta Ya!, ce qui lui a valu des menaces de mort de la part de l'ETA. Pour son engagement, il reçoit en 2000 le prix Sakharov des droits de l'homme et de la liberté d'expression.
Il s'oppose à tout parti se construisant autour de l'exaltation patriotique. D'abord libertaire puis libéral, il s'affirme dans cette position avec la polémique suscitée avec le philosophe basque , quand ils écrivent en 1987 , dans lequel ils analysent l'identité et la question du séparatisme basque, la véritable portée d'Herri Batasuna et remettent en question la possibilité de gouverner de façon autonome, tout en soutenant officiellement la légalisation de l'organisation basque. Il prendra des positions ouvertement antinationalistes, défendant ainsi les Basques opprimés par le nationalisme basque.. Il considère que la politique du Parti nationaliste basque est discriminatoire, démodée et complaisante avec le terrorisme basque. Il s'affirme antinationaliste et rejette le « », sans jamais renoncer à son identité ni à sa condition basque.
Ainsi, il s'oppose à la décision de José Luis Rodríguez Zapatero, alors chef du gouvernement espagnol, d'acter la réforme du statut de la Catalogne, visant à raffermir l'autonomie de la région car il considère que cela permet aux nationalistes radicaux gagner du terrain :
Il demande le boycott des élections basques de 2007 de la part du PSOE et du PP, les accusant de ne pas être .
Savater défend à de nombreuses occasions la Constitution espagnole comme étant le seul ... et le Statut d'autonomie du Pays basque, . : son opposition à tout type de nationalisme a pour but d'atteindre un . partagé par tous et qui se traduirait par un organisme gouvernemental d'autorité mondiale au-dessus des gouvernements et états nationaux qui servirait à résoudre les disputes et réaliser des tâches administratives d'intérêt commun..
Il s'engage également pour le nouveau parti Union, progrès et démocratie, pour la défense d'une Espagne unie dans la pluralité..
En 2008, une polémique surgit en Espagne à la suite d'un manifeste publié notamment par Mario Vargas Llosa, Miguel Delibes et Fernando Savater.. — qui est à l'origine du manifeste —, souhaitant que le castillan soit officialisé dans la constitution espagnole, voyant l'avancée des langues régionalistes menaçante pour la seule langue commune du pays, et potentiellement source de : , déclare-t-il..
En 2010, alors que Baltasar Garzón, magistrat espagnol de l'Audience nationale, essaie d'enquêter sur les exactions des troupes et milices franquistes — qui n'ont jamais fait l'objet d'enquête en Espagne, alors que celles des Républicains l'ont été avec la —, Savater se positionne contre une telle enquête en déclarant que ..
En 2013, le magazine britannique établit une liste des 65 penseurs les plus influents du monde, dans laquelle Fernando Savater apparaît à la (à la suite d'un vote dans plus de 100 pays et où ont voté)..
Œuvre Son œuvre, composée de plus de cinquante titres et de nombreux articles dans la presse, a été traduite dans plusieurs langues, dont le français. Il a obtenu de nombreux prix, dont le prix national de l'essai et le prix Anagrama en 1982, le de journalisme en 1997 et le prix Planeta en 2008..
Influences Proche de la pensée de Nietzsche à ses débuts, notamment avec , il traduit et divulgue en espagnol l'œuvre de l'un des plus importants penseurs contemporains du nihilisme, Emil Cioran. Celui-ci publie par ailleurs Entretiens., en 1995, dans lequel il s'entretient avec SavaterPhoto de Cioran et Savater.. On ne le situe dans aucune école philosophique. Il s'inspire assez des Lumières, notamment de VoltaireIl est finaliste du Prix Planeta en 1993 avec le roman épistolaire , un livre sur Voltaire., et d'Hannah Arendt.
Dès 23 ans, il cherche à révolutionner la philosophie européenne avec , puis avec ; influencé par Nietzsche et Cioran, il repose les bases de la méthodologie de la réflexion dans le journalisme, la philosophie ou la pédagogie.
Volonté de vulgariser la philosophie Il donne une importance spéciale au rapprochement de la philosophie et des jeunes, notamment avec Ética para Amador (1991, en fr. Éthique à l'usage de mon fils, 1994.), l'un des livres les plus lus de la philosophie espagnole, (1992, en fr. : Politique à l'usage de mon fils.) ou encore (1999, en fr. : Penser sa vie : une introduction à la philosophie.). Il défend par ailleurs la culture populaire, car elle exprime la vitalité juvénile, des romans d'aventure aux contes fantastiques, en passant par les nouvelles de terreur, les bandes dessinées et les jeux de rôle.
Éthique à l'usage de mon fils Avec Éthique à l'usage de mon fils, Fernando Savater souhaite rendre accessible la philosophie à tous et en particulier aux plus jeunes. Il précise bien cependant que ce ni un , mais un portant sur des thèmes , dans le but de , comme il l'écrit lui-même pour présenter son livre.. Malgré son souhait de ne pas voir son livre utilisé dans les lycées et universités, ce livre sera beaucoup utilisé par les professeurs d'éthique en Espagne..
Engagement pour l'éducation Fernando Savater s'engage aussi beaucoup pour l'éducation : dans (publié en France sous le titre Pour l'éducation.). Ce livre, tout particulièrement adressé aux maîtres d'éducation basique et moyenne du Mexique, est une commande du professeur Elba Esther Gordillo, afin de motiver les professeurs à Fernando Savater, El valor de educar, 1997.. Il présente, en plus d'une analyse de l'auteur sur l'éducation et des différentes approches de celle-ci au Mexique, une compilation de textes écrits par des penseurs de toutes les époques sur l'éducation. D'un point de vue philosophique, Savater défend dans ce livre l'idée d'influence kantienne que l'éducation est basée sur l'intersubjectivité. Elle consiste à humaniser et socialiser l'enfant qui vient de naître dans un monde qui lui préexiste. Cette humanisation est mise en relation avec le savoir et l'expérience des autres hommes qui sont des sujets pensants capables d'interagir.
Œuvres Œuvres originales de Fernando Savater Toutes les œuvres listées ici sont des essais, sauf mention :
Œuvres traduites par Fernando Savater Ces œuvres ont été traduites par Fernando Savater et bénéficient d'un prologue de sa plume. :
Autres collaborations
Prix et reconnaissance
Notes et références
Annexes Articles connexes Éthique appliquée Éthique Philosophie de l'éducation
Liens externes
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