Gourette (en occitan béarnais : Goreta) est une station de sports d'hiver des Pyrénées françaises, située, à d'altitude, dans le département des Pyrénées-Atlantiques en région Nouvelle-Aquitaine.
Elle fait partie de la commune des Eaux-Bonnes. Sur la route du col d'Aubisque, elle offre un domaine skiable de de superficie pour de pistes balisées. Le domaine s'étend entre d'altitude. Il fait partie du regroupement de stations N'PY.
Historique thumb|left|La Route thermale entre Gourette et le col d'Aubisque|246x246pxLe site de Gourette se situe sur la route thermale des Pyrénées, ouverte sous l'impulsion de Napoléon III et de l'Impératrice Eugénie à partir de 1859 pour relier les Eaux-Bonnes et Bagnères-de-Bigorre par les cols d'Aubisque et du Soulor.
Le paysage des mines En 1881, le conseil municipal des Eaux-Bonnes, entrevoyant une nouvelle source de revenus pour la commune, autorise les fouilles sur le site de Gourette. L’exploitation du minerai aurifère et argentifère découvert est confiée à la Société des Mines d’Arre.
Durant l’hiver 1882-1883, hivernent à d’altitude pour creuser les galeries. Le une avalanche emporte leur baraquement, faisant dont . Le gisement d’Arre est abandonné plus tard au profit du gisement du lac d'Anglas.thumb|Les mines et le chemin de fer aérien en direction du pic des Bécottes, vers 1910.|alt=|centré|231x231px
En 1890, une centaine de mineurs travaille à l’exploitation des divers gisements. Une voie ferrée a été construite pour évacuer le minerai et un chemin de fer aérien le descend sur le long de la haute vallée du Valentin jusqu’au cirque de Gourette. Une quarantaine de tonnes de minerai est triée et concassée chaque jour sur le site de Gourette avant d’être transférée à Laruns par tombereaux. De là, le minerai embarque en chemin de fer pour Bayonne, l’Angleterre ou l’Espagne. de minerai seront exportées en 1888 qui restera de loin la meilleure année. Les mines resteront exploitées de manière épisodique jusqu’en 1916René Arripe, Gourette d’hier et d’aujourd’hui, 1994.
Gourette et le ski Au tournant du siècle : le temps des pionniers Un matin de novembre 1903, Henri Sallenave (1881-1953), frère du futur maire de Pau, fixe à ses pieds les deux longues planches de frêne aux bouts recourbés qu’il a reçues quelques jours auparavant de la Manufacture de Saint-Étienne. Sur le plateau enneigé de Gourette, seuls les toits des cabanes de bergers et les ateliers de la mine émergent du manteau neigeux. Pour la première fois dans les Pyrénées, et après un essai sur les pentes du plateau du Bénou, il introduit un jeu qui va bouleverser l’économie de la montagne : le ski.
Au début du XXe siècle, la mode des sports d’hiver se développe. La commune des Eaux-Bonnes y voit une opportunité à saisir. Ainsi, les 15 et , y est organisé le premier concours international de ski des Pyrénées. Les 20 et , le roi d'Espagne Alphonse XIII y assiste. En 1910, la commune partage avec Cauterets le championnat de France de ski. Une piste de ski, une patinoire et un tremplin de saut sont construits pour l'occasionCe tremplin n'existe plus de nos jours. Il fut le seul du massif pyrénéen..
Les années 1930 : naissance d'une station de montagne thumb|left|Insigne du ski-club, vers 1930.|alt=|128x128pxAvec le revêtement de la route en 1930, l’électricité et le téléphone amorcent le développement de la station. Les premiers paravalanches sont construits, sécurisant l’accès et les premières lignes d’autocars régulières relient Gourette à Laruns, Pau et même Bordeaux.
L’ouverture du premier chalet-hôtel de Gourette, avec chauffage central, est un événement. Plus besoin pour les skieurs de descendre dormir aux Eaux-Bonnes ou à Pau. Il est rapidement monopolisé par une clientèle bordelaise aisée qui va entretenir la renommée de la station.
L'Hôtel de l’Aubisque, l'Edelweiss, le Chalet de l’Amoulat s'installent à sa suite, monopolisant les meilleurs points de vue.
Le développement touristique de la fin du siècle L'importation brutale, à la fin des années 1960, du modèle urbain de la Résidence du Valentin a fait surgir au milieu du cirque naturel un complexe parking/dalle piétonne/commerces/logements qui a figé le modèle d’urbanisation de la station. Le site vallonné fut à cette occasion aplani et le torrent du Valentin canalisé. Avec l'affluence de touristes qui découle du développement de la station, elle dispose aussi d'une gendarmerie, d'un cinéma, et de la chapelle Notre-Dame des Neiges.
La station, passée depuis les années 1970 de la première à la cinquième place des stations pyrénéennes, souffre des défauts communs à beaucoup de sites touristiques urbanisés dans les années 1970. Des investissements irréguliers conjugués avec l’absence d’entretien du patrimoine immobilier ont fait ressortir l'indigence architecturale de la plupart des bâtiments et la pauvreté de l’insertion au site.
La station comporte également une trop forte proportion de studios mal équipés et mal isolés, inadaptés à la nouvelle demande.
Les années 2000 : nouvelle ère thumb|La station investit massivement depuis 2001 pour améliorer son image et ses capacités d'accueil.|alt=|gauche|227x227pxConsciente de ses faiblesses, la station s’est lancée en 2000 dans une ambitieuse politique de reconquête :
Rénovation et remplacement des remontées mécaniques, extension de la neige de culture avec la création de nouveaux réservoirs et l’implantation d’enneigeursInutilisables lors d’hivers trop doux comme en 2007 Aide à la rénovation du parc immobilier Amélioration de la circulation et du stationnement Plan de reboisement et de restauration de l’environnement : Le début du reboisement de Gourette date de 1887, il a permis la constitution du massif boisé au sud de la station et la protection contre les coulées de neige. Le reboisement s’est amplifié ces dernières années afin de rééquilibrer l’écosystème du site et mettre davantage en valeur la montagne.
L'année 2001 est vécue comme le symbole de la renaissance : le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques investit plusieurs millions d'euros dans la modernisation des installations (démontage d'anciennes remontées, construction de nouvelles, reprofilage des pistes...), permettant un rajeunissement complet pour de meilleures conditions de glisse. En 2004, la station vit le chantier d'été le plus important de France avec la suppression de 100 pylônes, la construction de mécaniques ainsi que le reprofilage complet du bas de la station.
La crise des années 2010 Dans les années 2010, la station continue d'innover avec la création de nouvelles pistes, et la création d'une nouvelle remontée permettant de relier la station au parking du Ley situé en contrebas dans la vallée. La place Sarrière, situé au centre du village est remodelée et intégrée au front de neige. Cependant, la station connaît le une importante avalanche emportant la station départ de la remontée mécanique des Fontaines de Cotch ainsi qu'un générateur électrique. En conséquence, 75% des remontées de la station sont sans électricité. La disparition de cette remontée, dans un contexte général où la fréquentation touristique de Gourette diminue fortement déclenche ainsi de nouvelles réflexions sur l'avenir de la station et la mise en valeur d'actuels et de nouveaux domaines, tel le secteur d'Anglas, ou même la liaison avec la station voisine d'Artouste porté notamment par une association locale. Au cœur du bourg, la station est aussi sujette à des préoccupations dues à son vieillissement, ainsi les bâtiments des résidences du Valentin sont rénovées alors que la plateforme, cœur touristique de la station connaît une dégradation rapide en raison d'un manque d'entretien.
Restructurations en projet Pour faire face aux problèmes de diminution de la fréquentation et du vieillissement de la station, ainsi que ceux liés au réchauffement climatique, le département des Pyrénées-Atlantiques engage en 2020 un projet de restructuration de Gourette. Celui-ci a commencé par le réaménagement et reprofilage du secteur débutant de Bézou, et le démontage de la remontée télécabine des Bosses permettant d'ouvrir le panorama du front de neige. Le projet porté à 27 millions d'euros restructure la station en installant un second front de neige vers 1500-1600m d'altitude afin de prendre en compte les aléas liés au réchauffement climatique, et permettre ainsi à Gourette de continuer à fonctionner avec peu de neige. Ainsi, plusieurs remontées (télésièges ou téléskis) sont prévus d'être démontées pour être en conformité avec le projet dont le terme est prévu pour 2025. Il ne fait pas pour autant l'unanimité, notamment avec le démontage du télésiège débrayable de Cotch, permettant la liaison entre Gourette et le haut de la station.
Géographie Gourette se situe en Haut-Béarn, en Vallée d'Ossau, et au sein de celle-ci dans la vallée du Valentin. Ce ruisseau prend sa source au lac d'Uzious et rejoint le gave d'Ossau à Laruns.
La station de ski La station de ski de Gourette est implantée au sein du cirque du même nom. Le plus haut sommet l'environnant est le pic de Ger (), aussi d'autres sommets entourent la station : la Pène des Bassibes de Bouy, les Coutchets, le Rognon de Ger, le pic d'Amoulat, la Pène Blanque, l'Arre Sourins, la Hourquette d'Arre, le Géougue d'Arre, la Pène Médaa, la Pène Sarrière, le pic Sanctus, le pic de Louesque, le pic des Bécottes, l'Esquerra, la Latte de Bazen, le Téton de Tortes, le Capéran de Tortes et le Géougue de Tortes.
Elle est organisée en quatre secteurs et un front de neige : vignette|La Pène Médaa, dans le secteur Pène Blanque vignette|Vue sur le massif du Moulle de Jaout depuis le haut de la station
Le secteur Pène Blanque est l'un des deux secteurs avec Cotch situés en haut de la station de Gourette. Il évolue entre les pic de Ger, pic d'Amoulat, Pène Médaa et Pène Blanque. Ce secteur est constitué de pistes rouges et noires, pour utilisateurs confirmés, et est le plus enneigé. En effet, il détient le sommet de la station avec d'altitude. Le secteur Cotch est le second secteur sommital de Gourette. Il évolue entre la Pène Médaa et la Pène Sarrière. Le point le plus haut était situé à d'altitude avant la destruction du télésiège des Fontaines de Cotch à cause d'une avalanche en 2015. Depuis, il est situé à d'altitude. Ce secteur est dédié à un ski confirmé et de niveau intermédiaire, étant constitué de pistes bleues, rouges et noire. Il est boisé en sa partie inférieure. C'est aussi ici que se situent un snow park, et un terrain de vélo-cross pour les activités estivales.
Le secteur du plateau a la particularité d'être boisé et situé en altitude intermédiaire dans la station. Y sont localisés un restaurant d'altitude, et un rail park. Ce secteur est aussi l'un des points de jonction de la plupart des pistes de ski, recevant celles des secteurs de Bézou, Cotch et Pène Blanque. Le secteur Bézou est le secteur peu boisé dédié aux débutants et pratiques ludiques. Outre des pistes vertes et bleues, y sont localisés un restaurant d'altitude, un espace luge, et un circuit nordique relié au bas de la station. Le front de neige et les pistes retour station sont situées sur la partie inférieure de la station. C'est un secteur très boisé où toutes les pratiques de ski et de randonnée nordique y sont possibles : y sont localisées des pistes rouges, bleues et vertes, ainsi que le bas du parcours nordique. À noter la particularité de la piste verte "La balade" cheminant au sein des bois en position légèrement à l'écart des grands axes de la station. Toutes les secteurs de la station convergent vers le front de neige, espace large débouchant sur l'esplanade du Valentin et la place Sarrière, cœurs touristiques de la station de Gourette.
Sentiers de randonnée