Charles Louis Maurice Eliot est un peintre, pastelliste, graveur, illustrateur et professeur de dessin français, né le dans le de Paris et mort le à Épinay-sous-SénartNotice d'autorité sur data.bnf.fr.. Biographie De l'enfance à Montmartre
Maurice Eliot est le second enfant, après sa sœur Jeanne née en (également future artiste peintre, cette aînée n'en sera pas moins son élève Dictionnaire Bénézit, Jeanne Eliot, Gründ, 1999, vol. 5, p. 91.), qui naît au domicile familial, 61 quai de Grenelle (l'immeuble, aujourd'hui détruit, a cédé la place à l'hôtel Novotel Paris Tour Eiffel) à Paris, du mariage de Claude Gabriel Eliot (1832-?), négociant en bois, et de Marie Antoinette Bouret (1841-1932), sans profession. À la suite de la rapide séparation du couple, l'enfance de Maurice se partage entre Paris et Épinay-sous-Sénart où son grand'père maternel Jean-Louis Bouret, qui en fut maire de 1860 à 1865, possède plusieurs propriétésService documentation de la ville d'Épinay-sous-Sénart, Maurice Eliot..
Élève en 1878 d'Émile Bin dans l'atelier de celui-ci à Montmartre où il rencontre Paul Signac et Henri Rivière, il est ensuite formé à l'École des beaux-arts de Paris où il entre en 1880 pour suivre les cours d'Adolphe Yvon et d'Alexandre Cabanel. En la même année 1881, il accomplit un an de service militaire au titre du volontariat et effectue son premier envoi - un portrait - au Salon des artistes français, au palais de l'Industrie. Il a pour camarade Charles Léandre avec qui il loue en 1884, année où commence à s'affirmer dans ses toiles son tempérament postimpressionniste, un atelier dans le quartier de Montmartre à Paris : situé près de la place Pigalle, au de la rue Houdon, chez l’encadreur et marchand de peintures Charles Dosbourg, les deux artistes que leurs camarades des ateliers de Montmartre surnomment alors « Héro et Léandre », y exécutent réciproquement des portraits l'un de l'autreÉric Lefèvre, expert, « Portrait de Charles Léandre dans l'atelier », pastel de Maurice Eliot..
Maurice Eliot, Souvenirs de jeunesse, manuscrit conservé au centre de documentation du musée d'Orsay, Paris.. Il n'en demeure pas moins fidèle à Épinay-sous-Sénart , où les visites qu'ils rend en barque à son ami peintre Numance Bouel (1824-1884), natif de Brunoy, nous sont ainsi restituées par une part de son œuvre : Portrait de Numance Bouel, Portrait de Madame Bouel, Jet d'eau du jardin Bouel, Les demoiselles Bouel prenant le thé dans le parcSociété d'art, histoire et archéologie de la vallée de l'Yerres, Les peintres de la vallée de l'Yerres..
Peintre, pastelliste, lithographe Maurice Eliot reçoit une mention honorable au Salon de 1886, une médaille de 3e classe en 1887 et, en 1888, alors qu'il est pressenti pour le premier prix de Rome, il reçoit une bourse de voyage au titre du second prix de Rome en présentant sa composition Ulysse et Nausicaa jugée par le jury « trop subversive » : L'Art français, dans son numéro du , précise qu'ainsi . Il visite de la sorte l'Europe du sud, participe aux expositions universelles de 1889 et 1900 et reçoit une médaille d'argent à chacune d'elles Joseph Uzanne, Figures contemporaines tirées de l'album Mariani, vol.8, Librairie Henri Fleury, 1903, p. 103-105.. Il se produit également au Salon d'automne (Louis Vauxcelles le cite parmi les artistes remarqués au Salon de 1905Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Arts et Images du Monde, 1992.) et devient membre de la Société des artistes français.
Pastelliste reconnuCf. Lien externe, Le Val d'Yerres magazine., il expose par deux fois à la Galerie Georges Petit, en et , lors des « expositions des 33 » pastellistes français regroupés en une société qui, fondée et présidée par Roger Ballu, compte également Charles Angrand, Jacques-Émile Blanche, Eugène Dauphin, Émile Friant, Thomas Alexander Harrison, Fernand Khnopff, Albert Lebourg, Ary Renan, et Guillaume Van Strydonck. Félix Fénéon, visitant l'exposition de , peut de la sorte remarquer à propos de Maurice Eliot que Félix Fénéon, « Catalogue des trente-trois », La Cravache, 19 janvier 1889.. C'est en 1889 que Maurice Eliot est élu au bureau de la Société des pastellistes français, aux côtés entre autres de Jean-Louis Forain et Jules Chéret, pour participer à ses expositions annuelles, notamment en 1895 lors de son SalonLa Chronique des arts et de la curiosité, avril 1896, p. 134-135..
En 1894, l'État se porte acquéreur pour la première fois d'une toile de Maurice Eliot et, en 1897, Ambroise Vollard lui commande une lithographie en couleurs pour L'Album d'estampes originales de la galerie Vollard. Il rejoint la Société des peintres-lithographes en 1899, sans doute sous l'impulsion de Jules Chéret.
XXe siècle : le maître
Maurice Eliot s'installe en 1900 avec sa mère et sa sœur au 37, rue de Clichy où il vivra jusqu'en 1937, passant les étés dans la maison familiale d'Épinay-sous-Sénart. En , après avoir enseigné cette discipline dans différentes écoles de Paris depuis le début des années 1890La Chronique des arts et de la curiosité, janvier 1901, ., Maurice Eliot est nommé « maître de dessin » à l'École polytechnique où il va enseigner jusqu'en 1932. Classé hors-concours, il devient membre du jury à l'Académie des beaux-arts.
En , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur avec pour parrain Charles LéandreArchives nationales de France, Base Léonore cote 19800035/326/43948, en ligne.]. Il expose en chez Devambez, avant d'être représenté par la galerie parisienne Sagot-Le Garrec. s'enchante René-Jean lors de sa visite du Salon de 1910 René-Jean, « La peinture aux Salons », Art & Décoration, tome XXVIII, juillet-décembre 1910, .. Les paysages qu'il expose en à la vingt-septième exposition des pastellistes français, à la galerie Georges Petit où ils sont remarqués de Guillaume Apollinaire, énoncent qu'il a effectué un séjour en Corse Guillaume Apollinaire, « Les pastellistes français - Le vernissage de leur vingt-septième exposition a eu lieu à la galerie Georges Petit », L'Intransigeant, n°11223, 7 avril 1911, ..
La décennie 1930 est la période des épreuves avec les disparitions successives de sa mère Marie Antoinette en 1932, de son vieil ami Charles Léandre en 1934, puis de sa sœur Jeanne atteinte de maladie mentale. Sa retraite d'enseignant et une petite rente viagère sont alors insuffisantes pour lui éviter les difficultés financières cumulées par le loyer du 37, rue de Clichy et la pension de Jeanne en maison de santé spécialisée. Après le décès de celle-ci en 1937, il s'installe définitivement au 15, rue de Quincy à Épinay-sous-Sénart où il meurt en . Après une cérémonie religieuse à Épinay-sous-Sénart, il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division) à ParisRegistre journalier d'inhumation, 24 août 1945, n°201766, page 14..
Le lycée, , et le centre culturel d'Épinay-sous-Sénart, établi dans le « grand chalet normand » de ses amis Caffin, portent aujourd'hui son nom.
Collections publiques
France vignette|upright=1.2|Ulysse et Nausicaa, huile sur toile, Second Grand Prix de Rome 1888 vignette|upright=1.2|Le Faucheur, huile sur toile, vers 1888, musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc. vignette|upright=1.2|Les Vieilles Gens, huile sur toile, 1892, musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg. Abbeville, musée Boucher-de-Perthes : Scène d'intérieur, huile sur toile. Auxerre, musée Leblanc-Duvernoy : La chanson de l'eau, huile sur toile. Béziers, musée des beaux-arts : Heures du crépuscule, huile sur toile. Brunoy, musée Robert Dubois-Corneau : Jeunes garçons à la barrière, 1884, huile sur toile, Notice et visuel NI 2003.486.P, sur la base Joconde, en ligne. ; Viaduc d'Épinay-sous-Sénart, 1885), pastel, Notice et visuel NI 2005.41.D, sur la base Joconde, en ligne. ; Enterrement d'une jeune fille à la campagne, 1888, huile sur toile, étude préparatoire, Notice et visuel NI 1990.1.P, sur la base Joconde, en ligne.. Le chemin d'Épinay, 1893, huile sur toile dédicacée par Maurice Eliot « À mon ami Emmanuel Hannaux ». Lille, palais des beaux-arts : Enterrement d'une jeune fille, 1888, huile sur toile, 130|170 cm, ancienne collection Alphonse de Rothschild. Montgeron, musée Josèphe-Jacquiot, Paysage impressionniste, huile sur toileMusée Josèphe Jacquiot, Maurice Eliot dans les collections. Morlaix, musée des Jacobins : Une journée de baptême, huile sur toile, 1890Musée des Jacobins, Maurice Eliot dans les collections. Nîmes, musée des beaux-arts : Heures du crépuscule, huile sur toile. Paris : Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France, Jeune femme, lithographie. École nationale supérieure des beaux-artsÉcole nationale supérieure des beaux-arts, Maurice Eliot dans les collections : Le Rémouleur, 1883, dessin, ; Femme gauloise, 1884, huile sur toile, . Ministère de l'instruction publique, Paris, Route d'Agay, pastel 55x73cm, 1899 (dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Route d'Agay" dans les collections. Musée d'Orsay : Le Sacré Cœur de Montmartre, vers 1900, huile sur toile, Musée d'Orsay, Maurice Eliot dans les collections. Petit Palais : Au bal, 1908, lithographiePetit Palais, Maurice Eliot dans les collections. Puteaux, Fonds national d'art contemporain : Ulysse et Nausicaa, huile sur toile 153x121cm, Second Grand Prix de Rome 1888Fonds national d'art contemporain, "Ulysse et Nausicaa" dans les collections ; Montmartre, huile sur toile 59x70cm, 1935Fonds national d'art contemporain, "Montmartre" dans les collections. Quimper, musée des beaux-arts, Les faucheurs, huile sur toile Jules Martin, Nos peintres et sculpteurs, graveurs, dessinateurs, Ernest Flammarion éditeur, Paris, 1907, tome premier, .. Reims, musée des beaux-arts, Jeune paysanne, pastel. Saint-Brieuc, musée d'art et d'histoire : Le Faucheur, vers 1888, huile sur toile, . Saint-Denis de La Réunion, musée Léon-Dierx : Paysage aux oies, entre 1876 et 1900, huile sur toile, Musée Léon-Dierx, « Paysage aux oies » de Maurice Eliot dans les collections. L'Étang fleuri, 1892, huile sur toile, Musée Léon-Dierx, « L'Étang Fleuri » de Maurice Eliot dans les collections. Sarlat-la-Canéda, mairie, Faunesse, huile sur toile 121x135cm, avant 1914 ( dépôt du Centre national des arts plastiques)Centre national des arts plastiques, "Faunesse" dans les collections. Sedan, musée municipal, Le jour des prix, huile sur toile, 1886, donation baronne de Rothschild Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, vol.7, Les Éditions de l'Amateur, 1989, p.169.. Soissons, musée de Soissons, Dans l'herbe en Normandie, pastel sur toile, (sans cadre)Dans l'herbe en Normandie (inv. 2008.0.23), sur pop.culture.gouv.fr.. Strasbourg, musée d'art moderne et contemporain : Les Vieilles Gens, 1892, huile sur toile, Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, "Les vieilles gens" dans les collections ; Printemps, lithographieMusée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, Printemps" dans les collections.
Suisse Bâle, Kunstmuseum : Jeune femme à table, huile sur toile.
États-Unis Washington, Smithsonian American Art Museum : La Parisienne en 1906, dessin, 1915Smithsonian American Art Museum, Maurice Eliot dans les collections.
Collections privées Comtesse Edmond Récopé, L'automne, 1895, panneau décoratif de la salle à manger.
Illustrations vignette| Printemps, lithographie parue dans L'Estampe moderne (1897). Printemps, lithographie, Paris, Impr. F. Champenois, 1897. Jeune femme, lithographie, Paris, éd. Sagot-Le Garrec. Victor Hugo, Les Chansons des rues et des bois, deux dessins gravés par Deblois, coll. Petite Bibliothèque Charpentier, Paris, G. Charpentier, 1890. Victor Hugo, La Légende des siècles II, deux dessins gravés par Fernand Desmoulin, coll. Petite Bibliothèque Charpentier, Paris, G. Charpentier, 1891.