Ernest-Henry Barillier, dit Ernest Barillier, né le à Noisiel (Seine-et-Marne) et mort le à Paris, est un homme politique nationaliste français.

Biographie

Né en 1859, Ernest Barillier est le fils de Jean-Philippe Barillier, traiteur à Noisiel.

Marchand boucher à Paris, le « républicain plébiscitaire »Le Petit Parisien, 16 décembre 1899, . Barillier adhère à la Ligue des patriotes (LDP), dont il devient le porte-drapeau. Remarqué pour sa voix puissante et sa grande taille, il sert de garde du corps au président de la LDP, Paul Déroulède. Il est notamment aux côtés de ce dernier et de Marcel Habert lors des obsèques de Félix Faure, le , quand les chefs de la LDP appellent le général Roget et ses hommes à renverser le président Loubet. Le suivant, il est impliqué dans les troubles antidreyfusardsSur son engagement dans l'affaire Dreyfus, voir sa notice du Dictionnaire biographique et géographique de l'affaire Dreyfus {https://dicoaffairedreyfus.com/index.php/2020/04/04/ernest-barillier/}. de l'hippodrome d'Auteuil, où Loubet est agressé par le baron de ChristianiJournal des débats, 20 septembre 1899, .. Le , Barillier est arrêté à son domicile de la rue des Martyrs, au même titre que plusieurs autres meneurs antidreyfusards accusés de complot contre la République par le gouvernement Waldeck-Rousseau. Incarcéré pendant cinq mois à la prison de la Santé, il est finalement acquitté par la Haute Cour.

vignette|gauche|Caricature de Barillier par Frac (1900). Porte-drapeau de la LDP, le boucher Barillier est accusé d'être le candidat du duc d'Orléans, représenté ici sous forme de poire associée à une « gamelle » (allusion au surnom du prétendant orléaniste).

Aux élections municipales de , qui voient le triomphe des nationalistes parisiens, Barillier est élu dès le premier tour dans le quartier de Rochechouart après avoir vaincu le radical Félicien Paris (avec contre )Journal des débats, 8 mai 1900, .. Il sera réélu en 1904 (avec , contre à Félicien Paris) et 1908 (au premier tour, avec , face aux radicaux Bessières et Roux et au socialiste Victor Roure). Au cours de ses mandats de conseiller municipal et de conseiller général de la Seine, il s'intéresse particulièrement aux questions relatives à la boucherie.

Lors d'une réunion publique présidée par Flavien Brenier à Fécamp, le , Barillier tient des propos offensants à l'encontre du président Loubet, qu'il qualifie de « cornichon ramolli »Le Rappel, 5 novembre 1901, .. Condamné en première instance par le tribunal correctionnel du Havre puis en appel par la cour d'appel de Rouen à six mois de prison, il parvient finalement à faire casser cette condamnation en . Il est cependant condamné le mois suivant à un mois de prison avec sursis et d'amende pour avoir traité de « mouchards » et de « casseroles » deux agents de police qu'il croyait chargés de le filer.

Lors des élections législatives de 1902, Barillier est battu au second tour par le radical-socialiste Charles Bos dans la du (avec contre ).

Proche des milieux antisémites, il est en 1903 l'un des douze membres du comité exécutif de la Fédération nationale antijuive présidée par Édouard DrumontAlmanach de la Libre Parole 1904, Paris, Librairie antisémite, 1903, .. vignette|Ernest Barillier en 1910. En 1906, lors de la crise des inventaires, il fait partie de la foule qui empêche l'inspecteur des domaines de procéder à l'inventaire de l'église Notre-Dame-de-Lorette.

En , sa fille Marcelle-Henriette-Ernestine épouse Pol Boulhant, lieutenant au de tirailleurs algériensLe Figaro, 9 septembre 1907, .. Boulhant est tué peu de temps après, le , au défilé de Ber Rebbah, à environ au sud-est de Fedala, en combattant les Mdakras de la Chaouia. Son nom sera donné à un poste de colonisation de la région.

Le , alors qu'il sort de table, Ernest Barillier est frappé d'une congestion et meurt en son domicile du de la rue Condorcet. Après une cérémonie religieuse à Notre-Dame-de-Lorette, il est inhumé au cimetière de Montmartre, en présence d'une nombreuse assistance, dont font partie les présidents du conseil municipal et du conseil général, Léopold Bellan et Henri Galli, ainsi que Déroulède et Habert. Ce dernier succédera à Barillier au poste de conseiller municipal du quartier de Rochechouart.

Références

Liens externes

Catégorie:Naissance en avril 1859 Catégorie:Décès en septembre 1910 Catégorie:Naissance en Seine-et-Marne Catégorie:Décès dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Boucher Catégorie:Conseiller municipal de Paris Catégorie:Membre de la Ligue des patriotes Catégorie:Antidreyfusard Catégorie:Antisémitisme en France Catégorie:Prisonnier à la prison de la Santé Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière de Montmartre Catégorie:Décès à 51 ans Catégorie:Personnalité liée à Noisiel