Le étranger de parachutistes (), seul régiment de parachutistes de la Légion étrangère encore en activité, est l'un des quatre régiments d'infanterie de la parachutiste de l'Armée de terre française. La est une brigade légère et mobile, capable en cas d'urgence d'être projetée dans le monde entier afin de répondre à une situation de crise. Elle est spécialisée dans les opérations aéroportées et l'assaut par air.
Il est stationné au camp Raffalli à Calvi depuis son arrivée de Bou-Sfer (Algérie) en .
Régiment d'infanterie parachutiste, il est néanmoins équipé de VAB (véhicules de l'avant blindé). Il est le seul régiment de la brigade à former et à breveter lui-même ses légionnaires aux techniques parachutistes grâce à son centre d'entraînement au saut.
En 2023, le est composé de huit compagnies dont quatre compagnies de combat spécialisées, numérotées de 1 à 4, une compagnie d'appui, une compagnie de commandement et de logistique, une compagnie de maintenance et une unité de réserve .
Issu directement du étranger de parachutistes qui servit en Indochine, adoptant une structure régimentaire en 1955, le s'illustra en Algérie ; à la fin des lors de la guerre civile tchadienne (opération Limousin) ; lors de la prise d'otages de Loyada (Djibouti) en 1976 et à Kolwezi (Zaïre) lors de l'opération Bonite en 1978. Participant à toutes les opérations extérieures depuis son arrivée en Corse, il fut notamment projeté au Tchad, au Liban, en ex-Yougoslavie à partir de 1992, à Djibouti, au Rwanda, au Centrafrique ou encore au Gabon. En 1997, il fut engagé au Congo-Brazzaville lors de l'opération Pélican. En 2002-2003, à l'occasion du début de l'opération Licorne, le régiment est engagé en Côte d'Ivoire. En 2010, il rejoint l'Afghanistan au sein de la brigade La Fayette (ou ) comme GTIA Surobi, code . En 2013, il intervient en premier au Mali lors de l'opération Serval, en sautant sur Tombouctou puis en nettoyant l’Adrar des Ifoghas. Il réalise de nouveau des sauts opérationnels dans la région dans le cadre de l’opération Barkhane en 2015 et en 2018. vignette|Personnel du REP lors d'un exercice militaire conjoint.
Création et différentes dénominations : création à Sétif du étranger de parachutistes ( BEP), , anéanti à la Bataille de Diên Biên Phu, le bataillon est recréé sous le même nom à partir de sa base arrière et du BEP. , le BEP devient REP, son nom actuel. Il est ainsi l'héritier du BEP, mais incorpore aussi des éléments du REP, dissous en 1955In Histoire des parachutistes français, In Képi blanc Hors série 2008 et 24.
Historique des garnisons, campagnes et batailles 1948-1955 : le BEP en Indochine
thumb|Éléments de la sous une aile de Dakota.
Le BEP est créé officiellement en Algérie à Sétif le . Il comporte à l'origine une CCB et trois compagnies de combat.
Le bataillon embarque à Mers el-Kébir le à bord du Maréchal Joffre, destination l'Indochine, et débarque à Saïgon le .
Sous l'impulsion du général de Lattre de Tassigny, nouveau commandant civil et militaire de l'Indochine, la de combat est remplacée début 1951 par la CIPLE (compagnie indochinoise parachutiste de la Légion étrangère) constituée principalement de Vietnamiens. En juin, une quatrième compagnie est constituée (compagnie de marche).
Le bataillon, qui intervient principalement au Tonkin et au nord Annam, se distingue particulièrement lors de la bataille de Nghia Lo en . Il perd son chef de corps, le chef d'escadron Rémy Raffalli, le et est anéanti lors de la bataille de Diên Biên Phu du 12 avril au 7 mai 1954.
Le BEP est reconstitué le avec les effectifs du BEP en provenance d'Algérie.
Le BEP embarque sur le Pasteur à Saïgon le . Son fanion compte six palmes et la fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur. Il a perdu , sous-officiers et légionnaires dont un chef de corps.
1954-1962 : Guerre d'Algérie
Le , le BEP devient le étranger de parachutistes ( REP). Lors de son premier engagement, le , il déplore son premier mort, mais a tué 22 opposants. Regroupées à Philippeville les compagnies rayonnent dans le secteur.
De mars à juin, deux unités opèrent dans les Aurès. Le est marqué par un dur combat, au douar Ouled Fathma. Le régiment reçoit son nouveau drapeau le . En novembre, il change de secteur, le PC s'installant à Tébessa. En réserve opérationnelle, le régiment a pour mission de surveiller la frontière algéro-tunisienne. L'année 1956 se termine sur un bilan totalisant 900 opposants tués, 500 prisonniers et de nombreux matériels de guerre récupérés, pour 38 pertes de son côté.
En , le régiment revient à Philippeville. Le , il quitte sa garnison pour El Milia afin d'assurer la sécurité de la presqu'île de Collo et la région de Jijel. En août, il revient à Tebessa pour une série d'opérations sur la frontière où 35 opposants sont abattus mais où six légionnaires trouvent également la mort. Le , le régiment détruit une katiba dans le djebel Hamimat Guerra. Les opposants déplorent . En 1960, le régiment est essaimé dans différentes garnisons : Chekfa, Souk el Tleta, borj Chahna, Beni Siar et Philippeville au camp Pehau. Au cours du 1960, l'« opération Turquoise » occupe le régiment qui déplore quatre tués, huit blessés pour 24 opposants tués, 2 prisonniers, 5 fuyards abattus et 17 suspects arrêtés. Un canon de est récupéré, ainsi qu'un pistolet-mitrailleur, 10 fusils de guerre, un pistolet automatique et de nombreuses munitions sont détruites. Quelques opérations secondaires sont montées telles que « Saxophone » les 26 et , "Clarinette" (3 opposants tués et un prisonnier), « Basson I » les 20 et , « Basson II » les 8 et , (six opposants tués et 24 suspects arrêtés), Zacharie » (1 caïd mort par suicide et 2 fuyards abattus) du 15 au , « Victorien » (quatre fuyards abattus) puis au , « Turquoise », avec les opérations secondaires « Poisson » (deux opposants tués, huit suspects arrêtés), le et , « Basson III » (trois opposants tués, un fuyard abattu). Le , un officier et deux légionnaires sont tués dans une embuscade. Après « Turquoise » suit « Opaline » en juin.
Dans les premiers jours de 1958, le REP accélère le rythme des combats. Les 26 et , il met hors de combat 209 opposants dans la région de Beni Sbihi, récupérant un fort arsenal dont 3 mitrailleuses. Le 30, les fêtes de Camerone laissent place à une série de bouclages pour intercepter un groupe d'opposants vers Souk Ahras. 84 d'entre eux sont tués. En , le régiment se déplace sur Guelma, en réserve opérationnelle pour la zone Est Constantinois. Le , il anéantit une katiba à Gambetta. Le , une autre katiba est démantelée. 29 opposants sont tués et 10 prisonniers. Au , les opérations « Pierres précieuses » est déclenchée. L'Ouest Constantinois est ratissé. Le bilan est très lourd : 229 opposants tués, 99 prisonniers, mais 11 légionnaires sont tombés. En , le REP, au sein de la DP opère dans le secteur de Djidjelli. C'est une nouvelle opération « Turquoise », opération secondaire de l'opération « Pierres précieuses ». Le , le régiment retourne à sa base arrière de Philippeville avant de rejoindre Bou Hammama où débute l'opération « Ariège » et qui concerne les régions de Biskra et de Kenchela. Avant de quitter les Aurès, le REP inflige une dernière défaite à ses opposants dans le djebel Chelia, se soldant par . Le , le régiment fait mouvement sur Oran puis Tlemcen où il arrive le .
Le , le Putsch des généraux est déclenché. Le colonel Darmuzai, commandant du régiment, se déclare contre mais laisse ses hommes faire selon leurs souhaits. C'est son commandant en second, Bernard Cabiro, qui prend la tête du régiment et rejoint le putsch, tout comme le fait son régiment frère, le REP, sous le commandement d'Hélie de Saint Marc,. Après l'échec du putsch, Cabiro et De Saint Marc sont arrêtés et jugés. Le , le REP est dissous ; le REP reste la seule unité héritière de toutes les unités para-légion créées depuis 1948. Comme se plaisent à le dire les cadres et légionnaires du régiment, il est .
Mis à la disposition de la zone Ouest Oranais en renforcement du barrage algéro-marocain, le régiment y reste jusqu'au , date à laquelle il retrouve sa base arrière. Les opérations, les tournées de police puis de présence se poursuivent dans les régions de La Calle, El Milia, Philippeville jusqu'au , date du cessez-le-feu que le régiment apprend à Telergma. En moins de sept années, plus de sont mis hors de combat et près de individuelles et plus de 200 armes collectives sont saisies.
Le régiment quitte le Constantinois, le , après une présence quasi continuelle de dans la même région. Le , il se regroupe à Bou Sfer dans l'enclave de la base stratégique de Mers el-KébirJournal des marches et opérations de 1954 à 1962 - Articles KB même époque.
1962-1967 : la transition
À compter de 1962 et de la signature des accords d'Évian, l'armée française quitte progressivement l'Algérie pour être rapatriée en France métropolitaine. La Légion étrangère n'échappe pas à cette règle et pour la première fois de son histoire, ses régiments viennent à tenir garnison en métropole.
Pour le REP, ce déménagement se fera progressivement entre 1965 et 1967. Depuis sa nouvelle garnison de Bou-Sfer, dernière base française sur le territoire algérien, le régiment va envoyer des unités préparer le nouveau quartier, situé à Calvi, en Corse. Ce quartier est l'ancienne base du de Choc de la parachutiste de choc, dissoute en 1963. Le déménagement complet du régiment sera effectif en . L'unité se voit intégrée à la parachutiste.
Cette période, première période de paix dans l'histoire du régiment après d'existence, est synonyme d'un grand désœuvrement et d'une baisse de moral significative des légionnaires. Durant la transition, le régiment, cantonné dans un camp dont il n'a pas le droit de sortir, ne mène plus d'activités opérationnelles. L'entraînement et la routine minent l'esprit des légionnaires. C'est à cette époque, sous l'impulsion du colonel Caillaud, que les compagnies commencent à se spécialiser dans un combat particulier : combat antichars pour la , montagne pour la , amphibie pour la et destruction pour la .
1967-1978 : le choc de Kolwezi
Tchad 1969-1970, (7 au combat, 4 par accident, un par maladie.) Opération Tacaud 1978-1980, Opération Bonite (Kolwezi) 1978.
1978-2015 : Drame du mont Garbi et Opérations Extérieures vignette|Des hommes du REP et des Marines américains protégeant l’évacuation des militants de l’OLP de Beyrouth en 1982. Accident du mont Garbi
Au temps de leurs implantations à Djibouti, les compagnies du REP étaient administrées par la Demi-Brigade de la Légion Étrangère (DBLE). Ainsi, chaque compagnie du REP devenait provisoirement sa « compagnie tournante ». En , la du REP, sous le commandement du Capitaine Daras, quitte Calvi pour relever leurs camarades de la . Le , ils prennent poste à Djibouti.
Le , il est prévu un exercice militaire de routine pour lequel doit participer la du REP. Un avion de type NordAtlas (matricule 2501 ) décolle avec à son bord (29 légionnaires, 6 aviateurs ainsi qu’un marin du commando Jaubert). À la suite d'une dégradation des conditions météorologiques, l’avion tente désespérément de prendre de l’altitude. Il finit par percuter de plein fouet le sommet du mont Garbi, se situant au nord-ouest du lac Assal. L’accident ne laissera aucun chance de survie à ses occupants périssant en service aérien commandé.
Depuis la bataille de Dien Bien Phu en 1954, le drame du Mont Garbi reste, pour la Légion Étrangère, le jour le plus tragique en termes de pertes humaines.
Opérations Extérieures
En 1994, la compagnie parachutiste que le REP armait à Djibouti ( DBLE) est dissoute. Néanmoins le REP continua chaque année à fournir une tournante « captive » jusqu'au départ de la DBLE le . FMSB au Liban en 1982 puis FINUL ; Opération Manta au Tchad en 1983 et 1984 ; Opération Épervier depuis 1986 (remplacée en 2014 par l'opération Barkhane) ; Opération Iskoutir à Djibouti de 1992 à 1999 ;