Le MAK – Musée autrichien d’arts appliqués / art contemporain (titre original: MAK – Österreichisches Museum für angewandte Kunst / Gegenwartskunst) est un musée d’arts décoratifs sur le Stubenring 1 dans le centre-ville de Vienne. Outre son orientation traditionnelle vers les Arts décoratifs et le design, ce musée accorde également une place importante à l’Art contemporain. Le bâtiment, conçu par Heinrich von Ferstel, a été érigé en 1871. Depuis 2004, le musée est illuminé le soir par l'installation extérieure permanente "MAKlite" de l'artiste international de land art James Turrell. En 2015, le MAK a été le premier musée à acheter une œuvre d'art (l'économiseur d'écran "Event listeners" de van den Dorpel)Harm van den Dorpel, Event Listeners avec la crypto-monnaie BitcoinMAK Vienna Becomes First Museum to Use Bitcoin to Acquire Art, a Harm van den Dorpel. Avec plus de objets, le MAK possède la plus grande collection en ligneMAK Collection Online de tous les musées fédéraux autrichiens. Lors de la visite, l'audioguide peut être utilisé comme une application Web sur un téléphone mobileMAK-Guide.

Historique Le , le musée royal et impérial autrichien de l’art et de l’industrie (plus couramment appelé simplement musée autrichien) est inauguré après de longues années d’efforts de la part de Rudolf von Eitelberger pour l’empereur François-Joseph à l’initiative de son cousin l’archiduc Rainier d'Autriche. Rudolf von Eitelberger, premier professeur d’histoire de l’art à l’université de Vienne, est également nommé directeur du musée. Le musée suit essentiellement le modèle du South Kensington Museum (aujourd’hui Victoria and Albert Museum) fondé en 1852 à Londres. Le musée autrichien veut représenter un lieu d’inspiration pour les artistes, les industriels et le public et faire office de lieu de formation pour les créateurs et les artisans. Les objets peuvent désormais être exposés de manière permanente en fonction du principal matériau utilisé lors de leur conception. L’inauguration du musée a lieu le dans la salle de bal du Hofburg.

Trois ans plus tard, en 1867, est fondée l’École royale et impériale des arts décoratifs du musée royal et impérial autrichien des Arts et de l’Industrie (aujourd’hui appelée université d’arts appliqués). Avec cette école, on assiste à la séparation – physique et institutionnelle – des deux formations (art pur et Arts décoratifs). Ainsi, formation pratique et théorique sont conjuguées. L’inauguration de l’école d’Arts décoratifs a lieu en 1868, dans un premier temps dans l’ancienne manufacture de fusils à l’angle des rues Währinger Straβe et Schwarzspanierstraβe (où se trouve aujourd’hui l’Institut d’Anatomie construit en 1886) et ne sera relocalisé et ouvert sur le Stubenring 3 qu’en 1877 à la suite d’un agrandissement. right|thumb|Le MAK vers 1880 En 1897, Arthur von Scala, jusqu’alors directeur du musée oriental royal et impérial (plus tard transformé en musée royal et impérial autrichien du commerce), prend la direction du Musée des Arts et de l’Industrie et fait de Otto Wagner, Felician von Myrbach, Koloman Moser, Josef Hoffmann et Alfred Roller des collaborateurs du musée et de l’école d’Arts appliqués. À la suite de désaccords entre Otto Scala et la société autrichienne des Arts et du design (fondée en 1884), qui semble réduire son influence sur le musée, l’archiduc Rainier renonce à ses fonctions de protecteur en 1898 et de nouveaux statuts sont rédigés. Deux ans plus tard, en 1900, les administrations de l’école d’Arts décoratifs et du musée se séparent, bien que cette scission ne fût effective qu’en 1909 : le Musée autrichien est alors rattaché au Ministère royal et impérial des travaux publics alors que l’école reste du domaine du ministère royal et impérial de l’Enseignement et de la Culture. En 1907, le musée des Arts et de l’Industrie récupère la majeure partie de la collection du Musée royal et impérial autrichien du commerce. 

Le musée fait également paraître une revue d’abord sous le nom de Mittheilungen des k.k. Österreichischen Museums für Kunst und Industrie (« Publications du musée royal et impérial autrichien des Arts et de l’Industrie ») entre 1865 et 1897. Cependant, entre 1898 et 1921, la revue du musée est publiée sous le nouveau nom de Kunst und Kunsthandwerk (« Art et artisanat ») et se fait rapidement connaître à l’international. Entre 1955 et 1985, le musée publie la revue Alte und moderne Kunst (« Art traditionnel et moderne »).

Après l’instauration de la Première République d’Autriche, d’anciennes propriétés des Habsbourg, comme des tapis orientaux par exemple, sont données au musée. Le musée d’histoire de l’art de Vienne cède en 1936 et en 1940 une partie de ses sculptures et de sa collection de pièces de l’Antiquité au musée du Stubenring et reçoit en échange des pièces de style Arts décoratifs de la collection Figdor et du musée d’Arts décoratifs. Après l’annexion de l’Autriche par le Royaume d’Allemagne, le musée est renommé Staatliches Kunstgewerbemuseum in Wien (« musée national des Arts décoratifs à Vienne ») en 1938. Entre 1935 et 1945, les musées récupèrent plusieurs collections privées qui avaient été saisies. Les collections du musée national d’Arts décoratifs de Vienne s’enrichissent également de cette manière. Depuis 1998, un grand nombre d’œuvres d’art a pu être restitué grâce à la recherche de provenance.

En 1947, le musée national des Arts décoratifs de Vienne est renommé et devient le musée des Arts appliqués (MAK). Le musée rouvre ensuite ses portes en 1949, une fois les dommages de la guerre réparés. En 1965, le château de Geymüller devient une antenne du musée. Dès son ouverture, il accueille l’impressionnante collection d’horloges du (composée d’horloges typiques viennoises datant des années 1760 au milieu du ) ainsi que des meubles de 1800 à 1840 que possède le MAK. À la fin des années 1980, le musée réalise des rénovations (ravalement de façade, peinture de certains espaces intérieurs) pour restaurer le musée et lui rendre son apparence originelle. Grâce à la nouvelle décoration et la nouvelle disposition des horloges dans les pièces du château de Geymüler, le musée est parvenu à offrir - et offre encore aujourd’hui - à ses visiteurs une idée de ce à quoi ressemblait une résidence d’été dans le style Empire ou Biedermeier.

Histoire du musée depuis 1986 En 1986, la direction du MAK est reprise par Peter Noever. Cela entraîne un changement de la politique du musée qui met alors davantage l’accent sur la collection d’art contemporain.

La tour de combat du parc de Arenberg, l’une des six tours construites à Vienne durant la Seconde Guerre mondiale, devient une nouvelle antenne du musée en 1994 et devient dès 1995 un dépôt d’art contemporain du MAK où sont exposées plusieurs pièces majeures de la scène internationale de l’art moderne. Entre 2001 et 2002, le projet CAT-Contemporary Art TowerPrésentation de la CAT - Contemporary Art Tower in Wien. Annonce de l' voit le jour. Après avoir été présenté à New York, Los Angeles, Moscou et Berlin, il s’installe à Vienne même. Le projet a pour but de transformer la tour de combat de Arenberg en véritable centre d’art contemporain afin de satisfaire les exigences complexes des productions artistiques contemporaines.

Après une exposition au MAK sur Josef Hoffmann en 1992 dans la maison où il est né à Brtnice, en République tchèque, les contacts avec la Galerie morave de Brno s’intensifient. Depuis 2006, les deux institutions dirigent ensemble cette antenne du musée renommée « musée Josef Hoffmann ». On y trouve une collection permanente ainsi que des expositions temporaires sur Josef Hoffmann et ses contemporains.

En 1994, le MAK crée l’antenne MAK Center for Art and ArchitectureMAK Center (en allemand).. Les collections qu’elle abritait se trouvent désormais dans trois bâtiments majeurs de l’architecte expérimental viennois Rudolph M. Schindler à Los Angeles (Rudolph Schindler House, Pearl M. Mackey Apartment House, Fitzpatrick-Leland House). Leur point fort réside dans la mise en avant des nouvelles tendances et des évolutions interdisciplinaires dans les beaux-arts et en architecture, soutenues par des financements et des projets et développées avec des expositions temporaires.

Un autre des grands projets du musée est le MAK im öffentlichen Raum (« MAK dans l’espace public »). Le musée soutient activement les artistes contemporains dont les œuvres sont pour l’essentiel présentées dans le cadre d’une exposition au sein du MAK puis installées dans la ville de Vienne et ce dans le but de rapprocher l’Art des lieux publics. Plusieurs artistes internationaux y sont représentés, notamment James Turrell (the other horizon, Skyskace, 1998, Jardin du château de Geymüller Geymüllerschlössel), Donald Judd (Stage Set, 1998, Stadtpark), Philip Johnson (Wiener Trio, 1998, quai François-Joseph), Franz West (Vier Lemurenköpfe, 2001, pont Stuben-brucke) et Michael Kienzers (Stylit, 2005, Stubenring/ rue Weiskirchnerstraße). 

En 2000, dans le cadre de la réorganisation des musées nationaux, le MAK se voit retirer son titre d’établissement scientifique de droit public.

Depuis 2006, le MAK propose avec la série Künstler im Fokus (« Focus sur l’artiste » ) un concept à la fois innovant et thématique en matière d’exposition d’art contemporain : pendant six mois, l’exposition se consacre à un groupe d’œuvres majeures de l’un des artistes contemporains représentés dans la collection ; au bout de six mois, c’est un autre artiste de la collection qui est mis à l’honneur. Ce projet réunit à ce jour les artistes Arnulf Rainer, Alfons Schilling, Padhi Frieberger, Franz West, Heimo Zobernig, Franz Graf et Liam Gillick.

En 2012 débute le MAK en coopération avec l’université des Arts appliqués de Vienne avec la série d’expositions intitulée ANGEWANDTE KUNST. HEUTE (LES ARTS APPLIQUÉS. AUJOURD’HUI). Celle-ci doit offrir une plateforme destinée aux formes contemporaines des Arts appliqués et ainsi créer une plus grande visibilité pour des positions particulièrement intéressantes aux diplômés de l’Université des Arts appliqués de Vienne habitant et travaillant en Autriche.

En 2015, le MAK lance la biennale de Vienne, la première biennale à réunir art, design et architecture. Elle se déroule du au et est organisée par le MAK en coopération avec l’université des Arts appliqués de Vienne, la Kunsthalle Wien, l’Architekturzentrum Wien et le centre de création de la Wirtschaftsagentur Wien. L'initiative est soutenue par l’AIT Austrian Institute of Technology comme partenaire de recherche extérieur à l’université.

MAK Design Labor right|thumb|Visiteurs dans le MAK Design Labor À l’occasion de son , le MAK se positionne comme une passerelle entre l’art et le quotidien avec le MAK Design Labor, ouvert en 2014. À la suite de ce repositionnement de l’ancienne collection d’étude, le MAK coopère avec l’équipe de designers autrichiens EOOS ainsi qu’avec l’IDRV - Institute of Design Research Vienna - afin de rendre les liens transversaux entre l’art du et des époques précédentes tangibles immédiatementhttp://derstandard.at/1399507300884/Ein-Labor-fuer-den-Alltag-ein-Zoo-fuer-das-Design (en allemand)..

Les passages nouvellement conçus et les unités modulables conduisent à une expérience de l’espace fédératrice et permettent une adaptation rapide aux demandes variables. Le forum du MAK constitue ainsi un espace utilisable flexible utilisé comme lieu de rencontre et comme terrain d’expérimentation pour les expositions et les modèles de médiation. La MAK Galerie, en tant que partie du MAK Design Labor, accueille la série d’expositions intitulée Angewandte Kunst. Heute. thumb|Christoph Thun-Hohenstein dans le MAK

Directeurs Rudolf Eitelberger (1863–1885) Jacob von Falke (1885–1895) Bruno Bucher (1895–1897) Arthur von Scala (1897–1909) Eduard Leisching (1909–1925) Hermann Trenkwald (1925–1927) August Schestag (1927–1932) Richard Ernst (1932–1950) Ignaz Schlosser (1950–1958)