Joaquim Torra i Pla, dit Quim Torra, né le à Blanes, est un avocat, éditeur, écrivain et homme politique espagnol, président de la généralité de Catalogne de 2018 à 2020.
Il étudie le droit à l'université autonome de Barcelone et devient avocat en 1985. Deux ans plus tard, il est recruté par les assurances suisses Winterthur. Il y travaille , puis se lance dans l'édition. À cette occasion, il se rapproche de la mouvance souverainiste de l'Union démocratique de Catalogne (UDC).
À cause de réticences internes, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) renonce à l'investir tête de liste dans la circonscription de Gérone aux élections générales anticipées de 2011. À la demande du maire convergent de Barcelone Xavier Trias, il organise en 2014 la commémoration du tricentenaire du siège de la ville. Il est relevé de ses fonctions en 2015 avec l'arrivée au pouvoir de la gauche alternative. Il préside ensuite temporairement l'association indépendantiste Òmnium Cultural pendant quatre mois.
Personnalité fortement engagée dans le mouvement indépendantiste, il est élu député au Parlement de Catalogne en , puis investi président de la Généralité en , sur décision de Carles Puigdemont, alors en exil. Sa désignation fait l'objet d'une controverse en raison d'anciens écrits présentés comme racistes, et il accède à la direction du gouvernement autonome sans le soutien des radicaux de la CUP. En formant son gouvernement, il tente de nommer quatre personnalités en détention provisoire ou considérée comme en fuite par la justice espagnole, mais il est contraint d'y renoncer pour des raisons légales.
Il alterne ensuite entre des prises de position radicales et une approche plus modérée, participant deux fois en six mois à une rencontre officielle avec le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez. Au cours de l'année 2019, il échoue à convaincre la CUP ou une partie de la gauche de voter sa loi de finances. Il est jugé à la fin de l'année pour désobéissance, après avoir refusé de retirer un symbole indépendantiste du siège du gouvernement en pleine campagne électorale. Après sa condamnation à d'interdiction d'exercice d'une charge publique, la Commission électorale centrale se prononce en faveur de sa destitution en . Il est destitué le à la suite du jugement rendu par le Tribunal suprême.
Enfance et famille Joaquim Torra i Pla, dit , naît le à Blanes, une petite ville de la comarque de La Selva, dans le sud de la province de Gérone. Son père est ingénieur industriel. La majeure partie de sa famille vit à Santa Coloma de Farners..
Il est marié à Carola Miró, enseignante née en à Barcelone. Ils résident à Sant Gervasi, à l'ouest de la capitale de la Catalogne, et ont trois enfants. Ils se sont rencontrés au cours de leurs études universitaires par l'intermédiaire d'une amie commune.. Malade d'un cancer depuis 2015 et dont elle avait été opérée en 2020, Carola Miró meurt le à 58 ans à Gérone..
Vie professionnelle Quim Torra obtient une licence en droit à l'université autonome de Barcelone (UAB) en . Il devient alors avocat au barreau de Barcelone..
En , il est recruté comme avocat de la société suisse Winterthur assurances. Il s'installe en Suisse en pour exercer les fonctions de directeur. Il quitte l'entreprise deux ans plus tard, en .
gauche|thumb|Quim Torra reçoit le prix Carles-Rahola de l'essai en . Revenu en Catalogne, il se consacre alors à l'écriture d'articles et essais politiques. En , il fonde grâce à ses indemnités de licenciement la maison d'édition A Contra Vent. La société se spécialise dans la récupération et la publication des écrits de journalistes catalans pendant la Seconde République et l'exil sous le franquisme. Cette expérience professionnelle lui permet d'être remarqué dans les milieux catalanistes.. Il se rapproche ainsi de l'Union démocratique de Catalogne (UDC ou Unió), nouant des liens avec le secteur souverainiste du parti...
Il reçoit en le prix Carles-Rahola de l'essai pour son ouvrage Viatge involuntari a la Catalunya impossible. Il rejoint cette même année le parti indépendantiste de gauche Reagrupament de manière très brève..
Il est choisi en comme directeur de la société publique locale d'aménagement barcelonaise Foment de Ciutat Vella.
Figure de l'indépendantisme À la mairie de Barcelone Avec l'avocat Jordi Cortada, Quim Torra présente en une requête auprès de la Cour européenne des droits de l'homme contre la décision d'inconstitutionnalité partielle du statut d'autonomie de la Catalogne de 2006 adoptée par le Tribunal constitutionnel espagnol. Cette requête est rejetée l'année suivante.
Dans la perspective des élections législatives anticipées du , le président d'ERC Oriol Junqueras lui propose d'être tête de liste dans la circonscription électorale de Gérone. Bien qu'il ait accepté, sa candidature est rejetée par la direction provinciale du parti..
Il appartient au conseil permanent de l'Assemblée nationale catalane (ANC) depuis . Il devient en directeur d'El Born Centre Cultural de Barcelone sur décision du maire Xavier Trias. Il organise ainsi les commémorations du tricentenaire du siège de Barcelone de ..
Peu après l'arrivée au pouvoir d'Ada Colau, il est relevé de ses fonctions par le nouveau commissaire à la Mémoire historique de la mairie, Xavier Domènech, qui considère que ses travaux relèvent d'un projet idéologique et non historique.. Il est alors nommé directeur de la revue Revista de Catalunya en .
Président par intérim d'Òmnium thumb|Quim Torra préside Òmnium Cultural pendant quatre mois, succédant à Muriel Casals avant d'être remplacé par Jordi Cuixart. En suivant, Quim Torra est porté à la présidence d'Òmnium Cultural en remplacement de Muriel Casals, candidate aux élections parlementaires. Pour ce scrutin, il porte l'idée d'une candidature citoyenne, excluant les partis. Cette proposition reçoit l'aval de l'ensemble du mouvement indépendantiste mais l'opposition d'Artur Mas conduit à la solution hybride de la liste Ensemble pour le oui. Il exerce la présidence d'Òmnium à titre provisoire, puisque Jordi Cuixart lui succède dès le mois de suivant.
Le nouveau président de la Généralité Carles Puigdemont le désigne en comme directeur du Centre d'études des thèmes contemporains (CETC), un laboratoire d'idées rattaché au gouvernement catalan. Il participe en à la tentative de Liz Castro de prendre la présidence de l'ANC au détriment de Jordi Sànchez mais celui-ci est finalement réélu. Il est relevé de la direction du CETC dans le cadre de l'application de l'article 155 de la Constitution.
Député au Parlement de Catalogne Dans la perspective des élections au Parlement de Catalogne du , Carles Puigdemont invite personnellement Quim Torra à figurer sur la liste de sa coalition indépendantiste Ensemble pour la Catalogne (JuntsxCat) dans la circonscription de Barcelone.. Il est effectivement investi candidat, occupant la sur 85., ce qui assure son élection au soir du scrutin.
Candidat à la présidence de la Catalogne Choix de Carles Puigdemont vignette|Interdit par la justice d'être investi, Carles Puigdemont choisit personnellement Quim Torra comme candidat de JuntsxCat à l'investiture. Le , après avoir dû renoncer à sa propre candidature, Puigdemont indique que Quim Torra est le candidat de la coalition à la présidence de la Généralité... Perçu comme extrêmement loyal aux thèses de Puigdemont, son nom était déjà évoqué depuis plusieurs semaines, notamment comme un représentant du courant de JuntsxCat le plus éloigné du Parti démocrate européen catalan (PDeCAT). À l'inverse des trois précédents candidats à l'investiture (Puigdemont, Sànchez et Jordi Turull), il n'est pas mis en cause par la justice dans la procédure pénale concernant la déclaration d'indépendance de la Catalogne.. Cette absence de contraintes judiciaires, propre à rassurer le gouvernement espagnol, s'accompagne d'un profil d'indépendantiste radical, à même de séduire la gauche radicale de la Candidature d'unité populaire (CUP)..
La possible présidence de Torra est cependant perçue comme transitoire. Ainsi, en accord avec une condition posée par Puigdemont, il ne pourra pas utiliser le bureau du président au Palau de la Generalitat. Toutes les décisions importantes seront validées par l'ancien président, retenu en Allemagne, par l'intermédiaire d'Elsa Artadi, pressentie comme future conseillère à la Présidence.
Controverse À peine quelques heures après sa désignation, la presse révèle des messages qualifiés de racistes postés par Quim Torra sur le réseau social Twitter. Publiés sur un compte désactivé depuis, il y affirmait que ou . Il attaque également ses adversaires politiques, déclarant que ou ....
Les médias publient ensuite plusieurs articles, dont il a été l'auteur entre et . Ainsi, dans l'article publié le par le quotidien en ligne , il qualifie les Espagnols de et de . En , il juge que . Il s'attaque en à la déléguée du gouvernement María Llanos de Luna en estimant que ..
Réactions ERC apporte à Quim Torra. Il en va de même pour le PDeCAT, qui indique se trouver lors des élections parlementaires. À l'inverse, la CUP ne communique aucune réaction.. L'Assemblée nationale catalane se montre pour sa part extrêmement critique : elle considère que ne pas investir Puigdemont constitue et annonce être aux côtés de Torra .. La CUP indique finalement le qu'une réunion du conseil politique se tiendra plus tard pour étudier la demande de certains militants de modifier la décision d'abstention du groupe parlementaire lors du vote d'investiture.. Parallèlement, le parti Démocrates de Catalogne (DC), associé à ERC, lance le même jour une consultation de ses adhérents après que le secrétaire général du parti Toni Castellà avait fait savoir que son soutien au nouveau candidat n'était pas automatique.. Castellà annonce le que 23,5 % des militants de DC ont pris part au vote et que 88,5 % des votants valident le vote du parti en faveur de Torra..
Sa désignation est critiquée par Ciutadans (Cs), qui dénonce . Le Parti des socialistes de Catalogne (PSC) explique que le profil de Torra ne permet pas que leur confiance lui soit accordée, précise qu'il sera et juge que le bloc indépendantiste a choisi une personne très sectaire.. Le président du gouvernement Mariano Rajoy rappelle que .. Il ajoute par la suite que ..
Premières déclarations Dans un entretien à la chaîne publique régionale TV3 le , Quim Torra regrette d'être jugé sur la base de ses anciens tweets et non sur sa carrière, ajoutant qu'il présente ses excuses ..
Il annonce qu'une de ses premières mesures sera de lancer un pour enquêter sur les conséquences de l'application de l'article 155 de la Constitution, nommer un commissaire pour étudier ces conséquences et mettre en œuvre au besoin un . Pour lui, le nouveau gouvernement doit servir . Il précise qu'il se conformera et qu'il a l'intention d'accomplir en cherchant à rétablir ..
Il qualifie la situation politique catalane de , qu'il justifie en invoquant . Il explique que son action s'appuiera sur trois sources distinctes. De prime abord, , soit l'entourage de Puigdemont et du gouvernement autonome déchu en ; ensuite, les institutions de la communauté autonome ; enfin, la mobilisation citoyenne. Il affirme vouloir installer un grand ruban jaune sur la façade du Palau de la Generalitat et mettre l'accent sur de la situation politique en Catalogne..
Débat parlementaire vignette|Quim Torra échoue lors du premier vote d'investiture en raison de l'abstention de la CUP.