Julien-Marie-Constant Quantin, est un révolutionnaire français, né le à Fougères, membre du Tribunal révolutionnaire de la Mayenne.
Biographie Avant la Révolution française, il termine ses études en droit. Ensuite, il travaille en qualité de clerc chez divers procureurs et avocatsJ’ai donné une année pour connaître les anciennes écritures en qualité d’archiviste et j’ai passé deux ans dans la partie des devoirs : c’était l’état des jeunes gens alors, voilà le compte de ma vie jusqu’en 1789. Archives départementales de la Mayenne. L 1869. Interrogatoire de Julien Quantin.. Il s'établit à Ernée en 1789.
Défenseur désintéressé de la cause populaire, il plaide en justice de préférence, la cause des malheureuxLe procès dont l’avoué est le plus fier concerne la restitution des terres, accaparées par un seigneur depuis une vingtaine d’années, à un pauvre cultivateur.. Il devient maire d'Ernée à la fin de l'année 1792. Proche du juge de paix du canton, Jean Clément, il s'oppose au directoire du département, plus modéré, proche des Jacobins de Paris.
Le , il fait arrêter un prêtre âgé l’abbé DeslandesQui avait prêté serment sur la Constitution civile du clergé. Son neveu, Dodard, écrit au Directoire, qui fait libérer l’homme.. Quantin et Clément rédigent alors un faux mandat pour que les gardes nationaux arrêtent à nouveau l’abbé DeslandesCe document, signé de leurs mains, et de celles de quelques officiers municipaux et de notables (dont les signatures ont été obtenues par surprise) portait la mention ci-devant huissier, signé de Desmoulins (qui n’avait pas de certificat de civisme et ne pouvait donc pas être honoré du titre d'huissier). Dodard écrit une seconde fois au Directoire, qui comme la première fois, fait libérer l’homme. Le lendemain il est arrêté de nouveau.. Le , le Directoire réagitClément est placé sous surveillance, mais garde ses fonctions.. Quantin est suspendu de ses fonctions. Quantin et Clément sont traduits devant le tribunal criminel du département, mais sont acquittés.
Quantin, accompagné de Gallouin, secondés de gardes nationaux, vont une nuit de fin août-début chez Jacques Vauloup à Luitré. Ils ruent l’homme (et sa femme) de coups, pillent sa maisonL’affaire est portée devant le juge de paix du district de Fougères, mais qui n’intervient pas, craignant pour sa sécurité. Jacques Vauloup est condamné à mort à Ernée en mars 1794. .
Il démissionne en Lors de l'été 1793, il se distingue en refusant de signer tout arrêté liberticide. Il devient le administrateur du département de la Mayenne sous l'influence des représentants François Joachim Esnue-Lavallée et Didier Thirion.
La Terreur s'installe. Il interdit le culte dans l'église d’ErnéeElle est pillée : on brise statues, autels, mobilier, vases, linges, ornements, cloches et leurs cordes. On inventorie les objets précieux, qui sont réquisitionnés et envoyés aux monnaies... On en fait autant aux couvent des Bénédictines et à la chapelle de Charné. qui est transformée en temple de la Raison. Il fait convoquer une assemblée populaire pour dénoncer les risques d’une nouvelle Vendée dans l’idolâtrie subsistante et dans l’assistance à la messe des prêtres assermentésAprès avoir pris à partie dans la rue le curé constitutionnel qui allait dire la messe (Où vas-tu, sacré calotin ?), un officier municipal (Tu as mis ta culotte des dimanches ? Tu es un fanatique !) et la femme d’un tisserand (Les femmes vont à la messe avec leurs manchons pour faire leurs maris cocus ! ), son discours devant l’assemblée publique est violemment contesté. Un maçon lui demande ainsi s’il avait lu les discours de Robespierre tendant à la liberté des cultes tandis qu’un menuisier soutient que ce qu’il disait était contraire aux discours de Robespierre. L’orateur leur répondit qu’il se foutait de Robespierre comme des décrets de la Convention ou encore que Robespierre était un factieux et que sa tête tomberait comme celle des autres.
En l’an II, il choisit de s’appeler Marat-Quantin. Il est le 11 nivôse an II par Jacques-François Bissy, commissaire civil dans les districts de Fougères, Vitré et ErnéeEn compagnie d’Houdiard commandant de la force armée de Laval. pour surveiller les chouans.
Il est à Mayenne le 14 nivôse an III. Il y provoque une telle agitation que la société populaire juge nécessaire de faire ouvrir une enquête par le comité de surveillance tandis que la municipalité soustrait le commissaire à la fureur de la fouleArchives départementales de la Mayenne L 1840. Copie délivrée au représentant Boursault, 14 brumaire an III, de l’enquête du comité.. Maintenu en prison pendant une semaine par le comité de surveillance de Mayenne qui refuse la demande de mise en liberté émanant de l’administrateur Mélouin, il est finalement libéré le 21 nivôse par Augustin Garot et Juliot-Lérardière, commissaires envoyés par la société populaire de Laval, accompagnés par l’agent national Pottier et tout le bureau du club de la ville.
Deux mois plus tard, il est nommé commissaire avec l’adjudant-général Boulau, par le conventionnel René François-Primaudière, pour réorganiser la garde nationale d’Ernée. Il en profite pour épurer la société populaire d'ErnéeCritiquant les apitoiements des modérés et des égoïstes qui ont égaré l’esprit public, il déclare à la tribune du club, le 27 ventôse, qu’il voit une assemblée de citoyens, là où il croyait trouver une société populaire. La société populaire est dissoute et recomposée à partir d’un noyau épuratoire de « sept vrais sans-culottes ». Quantin peut écrire à Garot, Mélouin, Le Roux fils et Huchedé le 29 ventôse : Tout est pur et le peuple, le bon peuple, a sanctionné notre choix.
Quantin est arrêté le 19 brumaire an III. Inculpé, jugé par François Midy, il vit en prison protestant de son innocence. Détenu à Alençon, il adresse en compagnie des autres emprisonnés une pétition pour demander la suspension des poursuites dirigées contre eux. Une loi (n° 6.703) du 17 thermidor () fit droit à leur demande : « La Convention nationale, sur la pétition des citoyens Mélouin, Le Roux fils, R. F. Bescher, Faur, Augustin Garot, Juliot-Lérardière et Quantin, ex-fonctionnaires publics du département de la Mayenne, décrète la suspension de toute procédure qui pourrait être dirigée contre eux et renvoie la dite pétition à son Comité de législation pour lui en faire son rapport dans trois jours. ». Les détenus restèrent provisoirement en prison, jusqu'au moment où l'amnistie du 4 brumaire an IV (), vint les rendre à la liberté et annuler toutes les procédures dirigées contre eux.
Quantin ne rentre à Laval que le 15 floréal an IV. Il y reçoit l’ordre du général Louis François Jean Chabot de quitter la commune dans les 24 heures. Il se réfugie chez des amis à la campagne, puis à Mayenne chez François Grosse-Durocher, ex-conventionnel. La découverte de la conspiration des Égaux et l’arrestation de Gracchus Babeuf à Paris provoque la perquisition de son domicile par les gendarmesLe 3 prairial au petit matin.. Le général Jacques Marguerite Pilotte de La Barollière impose à Quantin de sortir du départementLe procès-verbal dressé par le juge de paix ne mentionne aucune preuve de participation à la conspiration babouviste..
Après son interdiction de séjour dans la Mayenne, Quantin proteste dans une brochure publiée à Alençon par Jouenne.
Publication Violation des droits de l’homme et du citoyenIl porte en exergue le troisième vers des Bucoliques dont la traduction libre est Exilé de mes murs, errant sur les montagnes, il faut que je vous quitte agréables campagnes., imprimée à Alençon. le 5 messidor an IV. Bibliographie Isidore Boullier, Mémoires ecclésiastiques Robert Amiard, Ernée à travers les âges Notes et références
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