Jean-Michel Moreau, dit Moreau le JeuneEn référence à son frère aîné Louis-Gabriel Moreau (1740-1806)., né le à Paris et mort le à Paris , est un dessinateur et graveur français.

Biographie Très jeune, Jean-Michel Moreau illustre déjà un livre, le Voyage de Mantes, ou les vacances de 17.., de Jean-Baptiste Gimat de Bonneval, publié à Amsterdam en 1753. Ces gravures révèlent bien des lacunes artistiques, mais le fait est notable, car elles sont dues à un apprenti, qui n’a que 12 ans.

Élève de Louis-Joseph Le Lorrain, qu’il accompagne en 1758 à Saint-Pétersbourg, lorsque ce dernier devient le premier directeur des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, il revient, après y avoir brièvement enseigné le dessin, à Paris, au bout de deux ans à la mort subite de celui-ci. Il suit les leçons du graveur Jacques-Philippe Le Bas, reproduisant les peintures contemporaines et celles des maîtres anciens, et devient bientôt, par la souplesse et l'étonnante fertilité de son talent, le dessinateur en renom des planches de toutes les éditions de luxe des classiques français.

Au cours des années 1760, il fournit également des dessins destinés à être gravés pour le Recueil d’antiquités du comte de Caylus, mais le dénuement l’oblige, malgré le soutien du comte et de son maitre, à fournir, pour une rémunération symbolique, des lavis et des dessins illustrant les processus artisanaux aux graveurs de l’Encyclopédie de Diderot et d'Alembert ou des modèles de cartes à jouer, qui seront gravés par Papillon.. Comme graveur, il collabore avec Boucher, Gravelot et une trentaine d’autres sur des illustrations pour une édition des Métamorphoses d’Ovide..

vignette|gauche|Le Gâteau des rois, gravure de Le Mire d'après Moreau le Jeune. vignette|Esclaves conduits par des marchands, estampe de Nicolas de Launay d'après MoreauTirée de Guillaume-Thomas Raynal, Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, Genève, 1780.. En 1765, il épouse la petite-fille du patriarche d’une famille d’éditeurs privilégiés du roi, Pierre Prault. En 1770, il succède à Charles-Nicolas Cochin comme dessinateur des menus plaisirs du roi sur la recommandation de ce dernier, ce qui lui donne l’occasion de produire des épreuves célébrant le mariage du Dauphin et son couronnement. En 1781, la force de ces productions lui vaut en partie d’être nommé au poste de dessinateur et graveur du Cabinet du roi, ce qui lui apporte une pension annuelle et un logement au palais du Louvre.

Il a désormais besoin des services d’autres graveurs pour reproduire ses propres dessins comme les illustrations pour les Chansons de Jean-Benjamin de Laborde (1773), le recueil des œuvres de Rousseau - Arrivée de Jean-Jacques Rousseau aux Champs-Élysées interprétée par Charles-François-Adrien Macret, Les dernières paroles de Jean-Jacques Rousseau interprétée par Heinrich Guttenberg - et de Voltaire (imprimé à Bruxelles, 1782-9) - Pandore, interprété par Jean-Jacques Le Veau et Philippe Trière. Très souvent, Moreau travaille en société avec le graveur Jean-Baptiste Blaise Simonet à partir des années 1780Roger Portalis et Henri Beraldi, Les Graveurs du dix-huitième siècle, Paris, D. Morgand et C. Fatout, 1883, ., puis avec Jean-Louis AnselinLes Graveurs du dix-huitième siècle, 1880, tome I, .. En il dessine au vif le portrait de l'officier de marine américain John Paul Jones, héros de la Guerre d'indépendance des États-Unis, dessin qu'il fait graver par Jean Baptiste Fosseyeux (1752-1824).

En 1778, son nom apparaît dans le registre de la loge maçonnique des Neuf Sœurs fondée, deux ans auparavant, par l’astronome Jérôme Lalande.

Au retour d’un voyage de six mois fait à Rome en 1785, Moreau le Jeune donne à ses compositions un caractère élevé et grandiose, qui contraste avec le genre un peu maniéré de ceux qui l’ont précédé. Il est agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1780, puis reçu membre en 1788.

Favorable à la Révolution, il est nommé, en 1793, membre de la commission temporaire des arts, qui remplace la Commission des monuments, et professeur aux écoles centrales, en 1797. À la Restauration en 1814, Louis XVIII lui donne un nouveau poste royal.

Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les , sont les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime, ses contributions au Monument du costume physique et morale commandité par le financier et graveur amateur strasbourgeois Jean-Henri Eberts, Suite d'estampes pour servir à l’histoire des mœurs des François au dix-huitième siècle, 1776 et 1777, et douze autres dans la Troisième Suite d’estampes pour servir à l’Histoire des Mœurs et du Costume…, 1783, édité par son oncle par alliance, Louis-François Prault, et fréquemment réédité dans divers formats, notamment un recueil de 1789 sur un texte de Rétif de la Bretonne.

La première douzaine de ces vignettes dépeint la vie contemporaine élégante tandis que la deuxième série contient quelques « vignettes vertueuses », fournissant un monde rural contrastant à la façon de Greuze.

Sa fille épouse l’artiste Carle Vernet, fils de Joseph Vernet. Tombé dans l’oubli, Moreau le Jeune en est sorti à la fin du par les connaisseurs du Edmond et Jules de Goncourt.

Œuvres Œuvres dans les musées Projet d'illustration pour la Henriade de Voltaire, musée des beaux-arts de Pau. Henri IV chez Michau, musée des beaux-arts de Pau. Mornay arrache Henri IV à l'amour de Gabrielle, musée des beaux-arts de Pau. Sensibilité de Henri IV, musée des beaux-arts de Pau. Charlotte Corday dans la belle Normande, musée Lambinet de Versailles. La mort de Brutus (?), musée Magnin de Dijon. (Personnages descendant un escalierTitre non indiqué.), gravé par Launay Ant., 18 x 13 cm, musée Baron-Martin de Gray. Le Code noir, gravure, frontispice du vol. du Voyage à l'isle de Bourbon de Bernardin de Saint-Pierre, 1773. Portrait de John Paul Jones, gravure de Jean Baptiste Fosseyeux, 1781, Metropolitan Museum of Art, New York

Illustrations d'ouvrage . . . 44 pour les pièces de théâtre (livres 1 à 9) : ŒdipeŒdipe. 10 pour La Henriade (livre 10) : Chant 1Henriade 1. 21 pour La Pucelle d'Orléans (livre 11) : Chant 1La Pucelle 1. 4 pour les contes (Livre 14) : Ce qui plaît aux damesCe qui plaît aux dames., GertrudeGertrude. La BégueuleLa Bégueule. et Le Pauvre DiableLe Pauvre Diable.. 14 pour les romans (livres 44 et 45) : ZadigZadig., MemnonMemnon., Jeannot et ColinJeannot et Colin., CandideCandide., L'IngénuL'Ingénu.…

Dessins La Mort de Caton d'Utique, graphite, plume et encre noire, lavis brun, H. 0,353 ; L. 0,453 m.. Paris, Beaux-Arts de ParisSous la direction d’Emmanuelle Brugerolles, De l’alcôve aux barricades ; de Fragonard à David, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2016, p. 152-153, Cat. 49..

Graveurs ayant travaillé d'après Jean-Michel Moreau

Notes et références

Bibliographie Edmond et Jules de Goncourt, L’Art du ( Gravelot, Cochin, Eisen, Moreau, Debucourt, Fragonard, Prudhon, Watteau), , Paris, Rapilly, 1874. . Dorothy P. Arthur et David Smith, « Sur un collaborateur énigmatique de l'Encyclopédie : Jean-Michel Moreau dit le Jeune », Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 2008, , (lire en ligne).

Liens externes

Jean-Michel Moreau dans la base Joconde

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