Assise est une ville italienne située dans la province de Pérouse en Ombrie.

Assise est surtout célèbre pour son apogée médiévale et pour être le lieu de naissance et de mort de François d'Assise, un des plus grands saints de l'Église catholique romaine et saint patron de l'Italie, ainsi que de Claire d'Assise, fondatrice de l’ordre des Clarisses. Pour son patrimoine exceptionnel, la ville est classée sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Assise a été le siège de plusieurs rencontres interreligieuses, connues sous le nom de rencontres d'Assise, en 1986, 1993, 2002 et 2011.

Géographie et climat Assise est située au cœur de l'Ombrie, au contact des Apennins et de la vaste plaine qui s'étire de Spolète à Pérouse. Elle s'étend sur les contreforts nord-ouest du mont Subasio aménagés en terrasses, dans une position modérément surélevée par rapport à la vallée nord de l'Ombrie, à environ au sud-est de Pérouse.

Située entre l'antique via Flaminia qui remontait de la côte Adriatique et la vallée du Tibre, au Moyen Âge, la ville est une étape sur la route de Rome et sur celle de la Terre Sainte pour les pèlerins qui s'embarquent pour l'Orient à Ancône, dans les Marches voisines.

Le territoire communal d'Assise comprend des parties à la fois plates, vallonnées et de basse montagne. La ville, en raison de son emplacement sur une colline et surplombant la vallée de l'Ombrie, entre la plaine à l'ouest et l'est plus montagneux, a un climat agréable avec des étés chauds mais pas étouffants, et des hivers peu rigoureux. L'hiver, des vents froids du nord, qui courent le long du bord nord-ouest du mont Subasio, peuvent toutefois considérablement abaisser la température perçue. Une à deux fois par an, la neige apparaît également dans la ville, mais grâce à sa position abritée, elle tombe rarement en quantités importantes. Le printemps et l'automne sont souvent pluvieux et assez chauds.

Les parties du territoire municipal situées dans la vallée, en revanche, ont un climat caractérisé par des étés légèrement plus chauds que la ville, parfois étouffants en raison de l'humidité plus élevée, tandis qu'en automne et en hiver, par temps clair, elles sont souvent couvertes d'un brouillard qui dure parfois toute la journée.

En hiver, il peut geler à la fois dans la ville et dans la vallée en contrebas, avec des températures nocturnes parfois même bien en dessous de zéro degré. Le territoire au nord de la ville, qui s'étend vers les communes de Nocera Umbra, Gualdo Tadino et Valfabbrica, est un territoire de basse montagne, et a donc un climat plus proche de celui de la montagne, avec des étés pas trop chauds et généralement venteux, tandis que les hivers sont parfois rudes avec des chutes de neige localement abondantes, surtout à la suite des incursions d'air froid du nord-est.

Histoire

De la fondation aux invasions barbares Les plus anciennes traces de présence humaine dans la région d'Assise remontent au néolithique.

Aux alentours de 1000 , des migrants s'installent dans la haute vallée du Tibre, jusqu'à la mer Adriatique, mais aussi dans le voisinage d'Assise. On les appelle Ombriens. Ils vivent dans des petites unités fortifiées sur les hauteurs. alt=Assise et plaine d'Assise|vignette|285x285px|Assise et plaine d'Assise De nombreuses découvertes archéologiques indiquent qu'Assise tire ses origines d'un petit village habité par les Ombriens présents à l'époque de la culture de Villanova (). Comme le montrent diverses découvertes, les Ombriens ont entretenu des relations importantes (surtout commerciales) avec les Étrusques installés sur la rive ouest du Tibre, dont ils différaient cependant par la langue et la culture. À partir de 450 av. J.-C., les Étrusques s'emparent de la région.

Les Romains, en 295 , imposent leur domination en Italie centrale lors de la bataille de Sentinum. La ville porte le nom d'Asisium et commence réellement à se construire à partir du En 89 , elle devient un municipe et est un centre économique et social important de l'Empire romain. Son toponyme a des origines prélatines et, conservant une étymologie incertaine, il est interprété de deux manières différentes : Ville du faucon, ou de l'origine latine os ou torrent, en référence à la rivière Assino. On peut encore voir à Assise les murs de la ville ancienne (qui protégeaient un territoire de plus de cinquante hectares), le forum (place de la commune), un théâtre, un amphithéâtre et le temple dédié à Minerve, devenu ensuite l'église Santa Maria sopra Minerva..

Le christianisme est présent à Assise dès 238, sous l'impulsion de l'évêque Rufin, qui fut ensuite martyrisé. Selon la légende, sa dépouille serait présente dans la cathédrale San Rufino.

Après la chute de l'Empire romain, les Goths de Totila détruisent la majeure partie de la cité en 545. Conquise par les Byzantins, elle passe peu de temps plus tard (568) sous la domination lombarde et est annexée au duché de Spolète dont elle partage le sort jusqu'au début du .

De l'âge communal à la Renaissance

Assise commence à se développer à partir du , sous l'influence de l'évêque en résidence, du chapitre de chanoines et des monastères bénédictins situés en ville, comme le monastère Saint-Pierre, réformé par Cluny au et reconstruit entre la fin du , ou le monastère Saint-Benoît sur le mont SubasioAndré Vauchez, pp. 26-2̠8..

La splendeur d'Assise débute au : comme beaucoup de communes italiennes, Assise connaît un apogée médiéval entre le et le (jusqu'à la peste noire de 1348).

Après une période de guerres, en 1174, elle est assiégée et conquise par Frédéric Barberousse, qui donne l'investiture de la ville au duc Conrad de Lutzen, également connu sous le nom de Conrad d'Urslingen : Assise devient une domination impériale quand les soulèvements populaires de 1198 inaugurent une période de luttes internes et de guerres avec Pérouse, sa voisine. Entre 1181 et 1182, François, fils de Pietro di Bernardone et de Madonna Pica, naît à Assise : le futur saint par son œuvre et son humanité, marquera l'histoire du lieu. La cité, qui fait partie du duché de Spolète, est soumise à des seigneurs allemands. En 1198, les habitants d'Assise, fatigués de l'arrogance du duc d'Urslingen, se rebellent et l'expulsent de la ville. Le père de François est le représentant typique des gens du popolo, c’est-à-dire cette bourgeoisie montante qui, en dépit de sa richesse et de ses aptitudes, demeure exclue du pouvoir ; ceux-ci créent alors la commune d'Assise et essaient d'élargir leurs prérogatives aux dépens de celles des nobles, une vingtaine de familles solidaires de l’ancien régime politique et socialAndré Vauchez, pp. 37-38..

Au , Assise est plutôt gibeline, alors que sa puissante voisine, Pérouse, est guelfe ; les guerres entre les deux cités sont fréquentes. Des familles nobles, chassées d'Assise, se sont réfugiées à Pérouse. Prenant fait et cause pour eux, Pérouse envahit le territoire d'Assise en novembre 1202. Lors de la bataille de Ponte San Giovanni, François d'Assise est fait prisonnier, enclenchant le processus qui le mènera à la mendicité puis à la sainteté, avec la fondation de l'ordre religieux masculin des Frères mineurs. Les conséquences de la bataille sont importantes pour Assise qui doit accepter en 1203 les conditions des vainqueurs : réintégration des lignages aristocratiques expulsés, reconstruction de leurs demeures et indemnisation des préjudices subis. Cherchant des soutiens, la commune jure fidélité en 1204 au légat pontifical et obtient l'appui de l'empereur Philippe de Souabe qui promulgue un diplôme en sa faveur l'année suivante.

En 1210, un accord définitif est conclu entre les , les membres des lignages nobles, et le reste des citoyens, les , qui met fin aux troubles qui durent depuis 1198, mais surtout qui affranchit tous les habitants encore soumis à des obligations vis-à-vis d'un maître ou d'un seigneur en raison de leur condition servile.

En 1217, l'existence de statuts communaux, véritable législation municipale s'imposant aux habitants de la cité est mentionnée pour la première fois. Seul l'évêque conserve alors un certain pouvoir face à la communeAndré Vauchez, p. 39..

À la fin de la première moitié du , Assise subit divers sièges des troupes sarrasines et tartares appartenant à la grande armée de Frédéric II de Souabe. Les troupes impériales dévastent la campagne à plusieurs reprises, mais la ville, grâce à la valeur de ses milices et au charisme de sainte Claire (qui aurait notamment en 1240 bénéficié du concours d'une hostie consacrée ce qui est considéré comme un miracle eucharistique), résiste aux incursions. Dans les années suivantes, les Guelfes et les Gibelins contrôlent alternativement la ville qui, par la suite, passe sous la domination de l'Église, de Pérouse, de Jean Galéas Visconti, des Montefeltro, de Braccio da Montone, pour finir sous le contrôle de Francesco Sforza.

Au , l'urbanisme d'Assise dépasse les murailles antiques qui sont agrandies en 1260 puis en 1316, pour atteindre de développement linéaire. Les maisons de pierre à un ou deux étages sont reliées entre elles par des venelles étroites et des escaliers. Sur la place du marché et dans le quartier aristocratique de Murorupto, de hautes maisons-tours s'élèvent, semblables à celles de Bologne et San Gimignano, où résident les membres des principaux clans aristocratiques qui dominent la vie de la cité. Son dynamisme et sa prospérité sont aussi liés à sa vitalité religieuse puisque, outre François, Assise est également renommée pour sainte Claire, sa contemporaine, qui y a fondé, à son exemple, l'ordre religieux féminin des Clarisses.

En novembre 1442, Assise, défendue à cette époque par Alessandro Sforza, subit le siège des troupes commandées par Piccinino. Après plusieurs jours de vaines tentatives, celles-ci, grâce à l'aide d'un frère traître, parviennent à pénétrer à l'intérieur des murs. La ville est dévastée et pillée, mais Piccinino s'oppose à sa destruction complète en refusant les 15 000 florins offerts par les Pérusiens à cet effetArnaldo Fortini Assisi nel medioevo (Società internazionale degli studi francescani Edizioni Roma anno XVIII).. Les factions liées aux familles Nepis (de la « Parte de Sopra ») et aux familles Fiumi (de la « Parte de Sotto ») s'affrontent jusqu'au lorsque l'Ombrie est conquise par le pape Paul III, permettant à la cité de connaître une période de paix et de tranquillité.

Assise participe marginalement à la Renaissance. Abritant la basilique Saint-François, la ville accueille régulièrement de nombreux pèlerins.

De l'ère moderne à aujourd'hui À partir du , grâce à la fondation d'instituts et d'académies, l'activité culturelle reprend, interrompue par la période des guerres napoléoniennes (1799), lorsque les troupes françaises sous le commandement de Napoléon Bonaparte saccagent la ville et de nombreuses œuvres d'art.

En 1860, après un plébiscite unanime, Assise rejoint l'État italien naissant. L'unification permet à la ville de s'ouvrir progressivement sur l'extérieur, grâce également à la construction d'un triage ferroviaire. Avec la découverte des corps de saint François (1818) et sainte Claire (1850), Assise devient une destination privilégiée pour les pèlerinages ; le tourisme religieux permet la renaissance de l'économie locale.