Les élections municipales de 2008 à Paris se tiennent les 9 et . Elles voient s'opposer des listes d'union de la gauche menées par le maire sortant Bertrand Delanoë, des listes UMP menées par Françoise de Panafieu, des listes Mouvement Démocrate menées par Marielle de Sarnez, des listes Verts menées par Denis Baupin, des listes Front national menées par Martial Bild, ainsi que quelques listes indépendantes. 166 listes se sont opposées, pour un total de candidats, dans l'ensemble des vingt arrondissements.
À l'issue de ce scrutin, Bertrand Delanoë a été réélu maire de Paris lors de la première réunion du Conseil de Paris qui s'est tenue le . La répartition des mairies d'arrondissement est restée la même que lors des précédentes élections, avec 12 mairies d'arrondissement contrôlées par la gauche et 8 contrôlées par la droite. Les maires des vingt arrondissements ont été élus lors de la réunion des vingt conseils d'arrondissement le .
Contexte
Depuis mars 2001, la gauche (PS, Verts, PCF et MRC) dirige 12 arrondissements contre 8 à la droite (UMP et UDF).
Enjeux Paris étant à la fois commune et département, l'élection du maire (dans ce cas aussi président du conseil général, appelé "Conseil de Paris") est faite par les 163 conseillers de Paris issus des vingt arrondissements de la capitale. Ces conseillers sont élus par arrondissement, à la proportionnelle avec une prime à la majorité, comme à Marseille et Lyon (Loi PLM). Les règles légales du scrutin contenant une part de proportionnelle, chaque arrondissement gagné par un camp lui donne une nette majorité de conseillers de Paris locaux.
Cette règle favorise ainsi les camps unis et ce fut le cas en 2001 au bénéfice de Bertrand Delanoë qui fusionna ses listes avec les Verts au second tour, pendant que la droite se présentait divisée et affaiblie par les "affaires" de la mairie de Paris. La victoire de la gauche en 2001 a été obtenue avec le basculement vers elle des 4, 9, 12, 13 et 14 arrondissements (auquel il faut ajouter celui du 2, jusqu'alors fief de l'indépendante Benoîte Taffin) et de son maintien dans les six arrondissements qu'elle détenait depuis 1995.
Les principaux enjeux, pour cette élection de 2008, sont les suivants : Pour la droite : garder ses huit arrondissements, si possible dès le premier tour afin d'optimiser le nombre maximum de conseillers UMP de Paris, et de regagner, dans ce cas de figure, au moins un arrondissement important comme le lequel pourrait suffire à lui faire gagner la majorité des sièges au Conseil de Paris. Pour la gauche : garder les arrondissements qu'elle a gagnés en 2001, et de prendre de nouveaux postes de conseillers en améliorant son score dans certains arrondissements. Pour le centre : faire la démonstration de son poids électoral et de forcer les partis traditionnels à le considérer comme un acteur majeur.
Mode de scrutin
À Paris, les électeurs choisissent à la fois des conseillers de Paris et des conseillers d'arrondissementvoir Modalité d'élection des conseillers de Paris et conseillers d'arrondissement. Les conseillers de Paris élisent le maire et siègent au Conseil de Paris ainsi qu'au Conseil d'arrondissement. Les conseillers d'arrondissement ne siègent qu'au Conseil d'arrondissement. Normalement, il y a deux fois plus de conseillers d'arrondissements que de conseillers de Paris, mais il doit y avoir entre 10 et 40 conseillers d'arrondissement.
Les élections se déroulent normalement en deux tours, sauf si une liste obtient la majorité absolue dès le premier tour (50 % des votes exprimés ET 25 % des inscrits). Si un deuxième tour est organisé, seules les listes ayant obtenu 10 % des voix lors du premier tour peuvent s'y présenter. Cependant, les listes peuvent être réorganisées entre les deux tours, une liste ayant obtenu plus de 10 % des voix pouvant, par exemple, rajouter des membres d'une autre liste.
À l'issue de l'élection, la liste arrivant en tête (soit avec le plus de voix au deuxième tour, soit avec la majorité absolue au premier tour) récupère la moitié des sièges de conseillers, arrondi au siège supérieur. C'est ce qu'on appelle la « prime à la majorité ». Les sièges restants sont répartis entre les listes avec les dispositions suivantes. Seules les listes ayant plus de 5 % des voix présentes au tour de scrutin en question participent au partage - y compris la liste gagnante. Les sièges sont répartis selon la méthode de la plus forte moyenne. En cas d'égalité pour un siège, la liste ayant la moyenne d'âge la plus élevée est favorisée.
Le nombre de sièges en jeu est le suivantComment sont élus vos Conseillers ?, sur le site de la ville de Paris. :
Arrondissement 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 Total Conseillers de Paris 3 3 3 3 4 3 5 3 4 6 11 10 13 10 17 13 13 14 12 13 163 Conseillers d'arrondissement 10 10 10 10 10 10 10 10 10 12 22 20 26 20 34 26 26 28 24 26 354
Candidatures principales Listes de droite Union pour un mouvement populaire
Primaires
C'est en février 2006 que les adhérents de l'UMP-Paris désignent Françoise de Panafieu comme leur candidat à la mairie de Paris. Elle est sélectionnée au terme d'un processus de primaires mis en place par Nicolas Sarkozy, le président de l'UMP, et qui prévoit une élection à deux tours les 25 février et .
Les militants (à jour de cotisation, sur militants UMP revendiqués) ont le choix au premier tour entre : Françoise de Panafieu, député-maire du , et ancien ministre Claude Goasguen, député du (sud) et ancien ministre Pierre Lellouche, député du et , ancien conseiller de Jacques Chirac Jean Tiberi, député-maire du , ancien Maire de Paris, et ancien ministre
Au soir du , le taux de participation des militants est de 78 % ( votants). C'est Françoise de Panafieu qui arrive largement en tête des primaires UMP avec 40,7 % des suffrages exprimés (soit ). Elle est suivie de Claude Goasguen (23,4 % des suffrages soit ) qu'elle doit alors affronter lors d'un second tour prévu le . Arrivé troisième avec 18,95 % des suffrages (), Pierre Lellouche est éliminé. Il appelle ses partisans à voter pour Françoise de Panafieu au second tour. Arrivé dernier et donc également éliminé, Jean Tiberi obtient 16,98 % des suffrages (, dont beaucoup dans son fief du ).
Les conditions dans lesquelles le scrutin du s'est déroulé sont néanmoins contestées. Pierre Lellouche dénonce des pratiques frauduleuses en visant particulièrement Claude Goasguen : « Les scores sont conformes à un scénario écrit à l'avance ». C'est pourtant aussi avec ce dernier qu'il émet de fortes réserves sur la validité du vote par Internet où Françoise de Panafieu est arrivée largement en tête« A Paris, Panafieu sort en tête de primaires contestées. »; Thomas Lebègue, Libération, 27 février 2006..
Le , devançant l'annonce officielle de l'alliance entre Françoise de Panafieu et Pierre Lellouche, Claude Goasguen annonce qu'il retire sa candidature au second tour de la primaire UMP pour les municipales de 2008 à Paris, permettant à Françoise de Panafieu de remporter l'investiture. , a ainsi salué le président de la fédération UMP de Paris Philippe Goujon.
Union pour un Paris gagnant Françoise de Panafieu, UMP, est député-maire du . Elle est ancienne adjointe de Jacques Chirac, puis de Jean Tiberi à Paris et ancien ministre dans le premier gouvernement d'Alain Juppé. Elle est candidate au poste de maire de Paris. Elle dirige les listes Union pour un Paris gagnant présentes dans les vingt arrondissements.
ArrondissementCandidatParti1Jean-François LegaretUMP2Christophe LekieffreUMP3Martine Weill-RaynalUMP4Vincent RogerUMP5Jean TiberiUMP6Jean-Pierre LecoqUMP7Rachida DatiUMP8Pierre LelloucheUMP9Delphine BürkliUMP10Lynda AsmaniUMP11Claude-Annick TissotPR12Jean-Marie CavadaNC13Véronique VasseurPR14Marie-Claire Carrère-GéeUMP15Philippe GoujonUMP16Claude GoasguenBernard Debré, député UMP de la (nord du ) a accepté de participer à l'union de la droite et du centre à Paris en figurant en sur la liste de Claude Goasguen dans le .UMP17Françoise de PanafieuUMP18Roxane DecorteUMP19Jean-Jacques GiannesiniUMP20Jean-Claude BeaujourUMP
Dissidences
D'autres candidats divers droite et dissidents de l'UMP se présentent contre le candidat désigné par l'UMP : François Lebel (maire sortant UMP) : Bernard Quesson (CNI, Génération Ecologie et Nouveau Centre), . Gérard d'Aboville (Paris Libre), . Dominique Baud, . David Alphand, (également délégué de l'UMP dans la circonscription du nord du , celle de Bernard Debré) Sauveur Boukris, . Raoul Delamare, .
Front national Martial Bild, Front national, est candidat au poste de maire de Paris. Les listes Pôle des Tricolores sont présentes dans les vingt arrondissements.
ArrondissementCandidatParti1Cyrille Rey-CoquaisFN2Christiane PacrosFN3Annie ViguierFN4Jacques VivièsFN5Daniel PhilipponFN6Pierre BeauduFN7Jean-Richard SulzerFN8Jean MaireyFN9Annie ThierryFN10Marie-Claire de La SayetteFN11Marie d’HerbaisFN12Philippe CoulnecheffFN13Monique RaisonFN14Élisabeth BastonFN15Philippe HerlinFN16Martine LehideuxFN17Martial BildFN18Cyril BozonnetFN19Pierre CombeFN20Tanguy DeshayesFN
Nouveau Centre
Pierre Vallet, . David Pierre-Bloch, .
Mouvement démocrate Marielle de Sarnez, candidate au poste de maire de Paris, est conseillère UDF-MoDem de Paris () depuis , députée européenne depuis et présidente de la fédération UDF de Paris depuis . Elle est secrétaire générale du Parti démocrate européen, vice-présidente du groupe ADLE au Parlement européen et vice-présidente de l'UDF. Les listes Une ville plus humaine sont présentes dans les vingt arrondissements. Avec un projet élaboré sous la direction d'Antonio Duarte, Marielle de Sarnez propose notamment la couverture partielle du boulevard périphérique à Paris ou la création d'un grand parc urbain Gare du Nord.
ArrondissementCandidatParti1Paule Champetier de RibesMoDem2François GulianaMoDem3Raphaële Bidault-WaddingtonMoDem4Fadila MehalMoDem5Philippe MeyerMoDem6Anne-Sophie Godfroy-GeninMoDem7Véronique Delvolvé-RossetMoDem8Monique Luanghy BarutiMoDem9Grégory PerrinMoDem10Géraldine MartianoMoDem11Olivier PagèsMoDem12Corinne LepageMoDem13Éric AzièreMoDem14Marielle de SarnezMoDem15Élisabeth de FresquetMoDem16Jean PeyrelevadeMoDem17Pierre-Emmanuel PortheretMoDem18Syrine CatahierMoDem19Violette BarandaMoDem20Didier BarianiMoDem
Listes de gauche Union de la gauche
Bertrand Delanoë est maire PS de Paris depuis mars 2001. Le au soir, il confirme aux médias qu'il sera candidat à sa succession. Il est alors en position de force au sein d'un Parti socialiste en crise, et l'on évoque même une éventuelle candidature de sa part pour l'élection présidentielle de 2012.
La liste de Bertrand Delanoë est soutenue par le Parti socialiste, le Parti communiste français« Les communistes parisiens font le choix de l'union », communiqué du PCF Paris. et le Mouvement républicain et citoyen« Le PS et le MRC s'accordent pour Paris », article sur le site du Nouvel Observateur, ., qui y disposent de candidats (notamment huit places éligibles au Conseil de Paris pour le PCF, et six pour le MRC).
Georges Sarre (MRC) et Patrick Bloche (PS) ont conclu un accord de fusion au second tour après une primaire qui les oppose.
ArrondissementCandidatParti1Seybah DagomaParis 2008 : Le PS désigne ses têtes de liste - Jeunes Paris 15 - Blog politiquePS2Sylvie WieviorkaPS3Pierre AidenbaumPS4Dominique BertinottiPS5Lyne Cohen-SolalPS6Romain LévyPS7Laurence GirardPS8Heidi Rançon-CavenelPS9Jacques BravoPS10Rémi FéraudPS11Patrick BlochePS12Michèle BlumenthalPS13Jérôme CoumetPS14Pierre CastagnouPS15Anne HidalgoPS16Jean-Yves ManoPS17Annick LepetitPS18Daniel VaillantPS19Roger MadecPS20Frédérique CalandraPS
Les Verts