María Teresa Mestre Batista, née le à La Havane (Cuba), est l'épouse du grand-duc Henri de Luxembourg et grande-duchesse consort de 2000 à 2025.
Biographie
Jeunesse María Teresa Mestre y Batista est la fille de José Antonio Mestre Álvarez (1926-1993) et de María Teresa Batista Falla (1928-1988), ainsi que la petite-fille du millionnaire et philanthrope. cubain Agustín Batista y González de Mendoza, fondateur de la Trust Company of Cuba (la plus puissante banque de l'île avant la révolution cubaine)., et la petite-nièce du millionnaire et philanthrope cubain Eutimio Falla y Bonet, grand banquier et magnat du sucre.
Membre de la grande bourgeoisie hispano-cubaineMaría Teresa de Luxembourg, interviewée par Caroline Pigozzi, « La grande-duchesse de Luxembourg, un parfum de fantaisie latine en Europe », Paris Match, semaine du 15 au 21 mars 2018, pages 78-80., elle quitte Cuba avec sa famille en après la révolution cubaine et la prise du pouvoir par Fidel Castro. Elle s'établit d'abord à New York où, à partir de 1961, elle étudie au lycée français de New York. En , ses parents s'installent pendant quelques mois dans leur propriété familiale à Santander en Espagne, puis prennent domicile définitivement à Genève en Suisse où María Teresa Mestre passe avec succès le baccalauréat français en .
Elle acquiert la nationalité suisse et fait ses études de sciences politiques à l'Institut de hautes études internationales de Genève. Elle y obtient une licence en sciences politiques en 1980, s'intéressant particulièrement aux questions sociales et humaines. C'est là qu'elle rencontre le grand-duc héritier de Luxembourg Henri, avec qui, pendant quatre ans, elle suit ses études. Ils se marient le . María Teresa Mestre devient alors grande-duchesse héritière, devenant la troisième jeune femme roturière en Europe (après les reines de Norvège et de Suède) à devenir princesse consort héritière. Sa langue maternelle est l'espagnol mais elle parle également couramment le français, l'anglais et le luxembourgeois. et comprend l'italien.
Depuis son enfance, María Teresa Mestre prend des cours de ballet et de chant. Elle joue de la guitare, aime la musique et la littérature et s'intéresse à la peinture. Sportive, elle pratique le ski, le patinage et les sports nautiques.
La grande-duchesse a une sœur et un frère qui habitent en SuisseMaría Teresa, Grande-Duchesse de Luxembourg. Maison Grand-Ducale de Luxembourg.. Elle est par ailleurs la nièce de l'éditeur et mécène cubain Victor Batista FallaDécès de M. Victor Batista Falla, oncle de S.A.R. la Grande-Duchesse, Communiqué du Maréchalat de la Cour, monarchie.lu, 13 avril 2020. Victor Batista Falla, uncle of Grand Duchess Maria Teresa, dies of coronavirus in Havana, sur today.rtl.lu, 13 avril 2020..
Descendance Avec son mari, le grand-duc Henri, María Teresa Mestre a cinq enfants et huit petits-enfants : , grand-duc de Luxembourg, né le , qui épouse en 2012 Stéphanie de Lannoy, ils ont deux fils : le prince Charles, le prince François ; le prince Félix, né le , qui épouse en 2013 Claire Lademacher, ils ont trois enfants : la princesse Amalia, le prince Liam, le prince Balthasar ; le prince Louis, né le , qui épouse en 2006 Tessy Antony (divorcés en 2019), ils ont deux fils : le prince Gabriel, le prince Noah ; la princesse Alexandra, née le , qui épouse en 2023 Nicolas Bagory, ils ont deux enfants : Victoire Bagory, née le à Paris., Hélie Bagory, né le ; le prince Sébastien, né le .
Grande-duchesse de Luxembourg vignette|Le couple grand-ducal fleurissant la tombe d'un soldat de la Seconde Guerre mondiale au Luxembourg American Cemetery and Memorial, en 2004. vignette|La famille royale en 2012. La grande-duchesse est à droite, en rouge. vignette|Le couple grand-ducal au Sénat de Pologne en 2014.
Accession au trône Le , le grand-duc Jean abdique en faveur de son fils aîné Henri qui devient grand-duc de Luxembourg.
Engagements
Lutte contre les violences sexuelles En , à Londres, María Teresa Mestre assiste aux sessions de travail du Sommet mondial pour l’éradication de la violence sexuelle en période de conflit, en présence d'Angelina Jolie, envoyée spéciale du Haut Commissariat pour les réfugiés et a rencontré plusieurs personnalités engagées sur le terrain dans la lutte contre ce fléauSite officiel de María Teresa Mestre, grande-duchesse de Luxembourg.
En 2016, María Teresa Mestre rencontre le docteur Denis Mukwege dans le cadre de l’attribution du prix Sakharov. Fortement touchée par son travail, elle participe à l’exposition Hidden Voices, organisée par The Dr. Denis Mukwege Foundation à Genève en . Cette exposition, consacrée aux survivantes de viols de guerre, bénéficie également du soutien de la fondation du grand-duc et de la grande-duchesse. Sensible au combat du Denis Mukwege contre le viol comme arme de guerre, l'épouse du grand-duc saisit l’occasion et prend l’initiative d’organiser un forum international dédié aux et avec la participation de survivantes au Luxembourg, en Site officiel de Stand Speak Rise Up!.
En , la grande-duchesse reçoit le titre de « Championne de la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits en soutien au plaidoyer des Nations Unies » des mains de Pramila Patten, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles en temps de conflit.
Lors de la Journée internationale des droits des femmes le , María Teresa Mestre participe à un colloque sur le viol comme arme de guerre co-organisé par Stand Speak Rise Up! et l’Assemblée nationale française..
Forum Stand Speak Rise Up! L'épouse du grand-duc réunit autour d’elle le docteur Denis Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix 2018, et Céline Bardet (We are not Weapons of War) pour préparer le forum international Stand Speak Rise Up! pour en finir avec les violences sexuelles dans les zones sensibles. Cette conférence s'est tenue à Luxembourg les 26 et . Respectivement prix Nobel de la paix en 2006 et 2018, le professeur Muhammad Yunus et Nadia Murad étaient parmi les intervenants d’honneur, aux côtés d’autres acteurs de la communauté internationale dans la lutte contre les violences sexuelles ainsi que de quelque cinquante survivantes venant d’une quinzaine de pays différents.
Stand Speak Rise Up! a été ouvert le par l'épouse du grand-duc de Luxembourg, qui a lancé un appel à la communauté internationale pour en finir avec les violences sexuelles dans les zones sensibles. María Teresa Mestre a évoqué dans son discours l’implication des survivantes et l’importance de leur parole dans l’élaboration de solutions dans la lutte contre les violences sexuelles, en particulier l’utilisation du viol comme arme de guerre.
María Teresa Mestre a également remis à Michelle Bachelet, haut commissaire aux droits de l'homme, et Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU sur les questions de violences sexuelles dans les conflits, un plaidoyer demandant à la communauté internationale de se saisir d’urgence de la situation des enfants nés du viol de guerre et de prendre en considération leurs besoins différents et spécifiques.
Création de l'association Stand Speak Rise Up!
En , à la suite du forum, elle crée officiellement l'association Stand Speak Rise Up!, dont l'objectif est de mettre fin au viol utilisé comme arme de guerre dans les zones de conflit, en sensibilisant l'opinion publique internationale et en soutenant les victimes de violences sexuelles. Le conseil d'administration réunit notamment Stéphane Bern (secrétaire général), Chékéba Hachemi (trésorière, co-fondatrice d'Afghanistan Libre), Céline Bardet (juriste internationale, fondatrice de We Are NOT Weapons of War), Pramila Patten (représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée des violences sexuelles en temps de conflit), le Dr Denis Mukwege (prix Nobel de la paix 2018), le professeur Muhammad Yunus (prix Nobel de la paix 2006) et Tatiana Mukanire (militante congolaise, survivante de violences sexuelles).
Gala de charité Stand Speak Rise Up! à Biarritz Le , l’association Stand Speak Rise Up! organise une soirée de gala de charité à l’hôtel du Palais à Biarritz, visant à sensibiliser aux violences sexuelles dans le monde et à récolter des fonds pour soutenir des projets de terrain destinés aux survivantes du viol de guerre. Une vente aux enchères est animée par Charlotte de Turckheim et Stéphane Bern afin de récolter des fonds pour les projets de l'association..
Parmi les personnalités présentes lors de cette soirée : María Teresa Mestre, accompagnée de cinq survivantes ; le Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 ; Pramila Patten, représentante spéciale des Nations unies ; Céline Bardet, juriste internationale ; François Heisbourg, géopolitologue de renom..
Microfinance Depuis 2006, María Teresa Mestre assure la présidence d'honneur de LuxFLAG, Luxembourg Fund Labeling Agency, la première agence à octroyer un label de qualité à des fonds d’investissements en microfinance à travers le monde. À cet égard, depuis 2005, l'épouse du grand-duc préside le jury international du Prix européen de la Microfinance, qui récompense chaque année le porteur d’une initiative en matière de microfinance et de finance inclusive dans des pays en développement.
En 2008, le professeur Muhammad Yunus et les dirigeants du Crédit agricole créent la fondation Grameen Crédit agricole, que la grande-duchesse rejoint dès sa création, en tant que membre du conseil d'administration. Elle a appuyé de nombreux projets de microfinance portant sur l’amélioration de la qualité de l’éducation des filles et l’indépendance des femmes grâce à l’octroi de microcrédits.
La main tendue À la suite de sa visite à la prison centrale de Bujumbura, capitale du Burundi, en , María Teresa Mestre découvre le sort d’enfants mineurs emprisonnés pour des délits de droit commun. En quatre ans, avec l’aide de la Maison Shalom fondée par Maggy Barankitse, la fondation de l'épouse du grand-duc a réussi à faire libérer les 600 mineurs incarcérés dans les prisons burundaises dans des conditions inhumaines à travers tout le pays. Ces enfants ont ensuite bénéficié d’une aide psychologique, juridique et éducative grâce au projet « La main tendue » entièrement financé par la Fondation du grand-duc et de la grande-duchesse.
Patronages María Teresa Mestre est ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO depuis 1997 et effectue de fréquents voyages à l'étranger pour promouvoir le micro-crédit, l'éducation des femmes et des filles
Le couple grand-ducal est un membre actif de la fondation Mentor, créée sous le patronage de l'Organisation mondiale de la Santé pour empêcher la consommation de drogues par les jeunes. L'épouse du grand-duc accorde son haut patronage à l'association Luxembourg Alzheimer et à l'association Aide au développement de la santé. Elle est aussi membre d'honneur du Comité international paralympique.
Avec son époux, elle crée la Fondation du grand-duc Henri et de la grande-duchesse Maria Teresa qui poursuit quatre objectifs : assistance à des personnes dans le besoin résidant au Luxembourg et ayant adressé une demande d'aide aux souverains ; appui à l'intégration dans la société de personnes souffrant d'un handicap ; promotion de structures scolaires ouvertes à des enfants et adolescents ayant des problèmes d'apprentissage ; contribution à des actions de développement et d'aide humanitaire à l'étrangerFondation Grand-duc Henri et Grande-duchesse María Teresa.
À la suite du décès de la mère du grand-duc Henri, Joséphine-Charlotte en , María Teresa Mestre eprend ses activités : présidence de la Croix-Rouge luxembourgeoise et de la Fondation luxembourgeoise contre le Cancer ; Haut Patronage à SOS Villages d'Enfants-Luxembourg et au Cercle Artistique de Luxembourg ; présidence d'honneur de l'Orchestre philharmonique du LuxembourgSite officiel de la Cour grand-ducale.