Thérèse Clerc, née le à et morte le à Montreuil (Seine-Saint-Denis), est une militante féministe française.

Membre du Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC) au tournant de mai 68, elle pratique des avortements clandestins gratuitement dans son appartement de Montreuil (Seine-Saint-Denis), où elle s'est installée au milieu des années 1970. Elle y fonde notamment la « Maison des femmes » (2000), puis une « Maison des Babayagas », un centre autogéré pour femmes âgées.

Biographie Rencontre avec les prêtres-ouvriers Issue de la petite bourgeoisie parisienne, Thérèse Clerc passe son enfance à BagnoletJacky Durand, « Flamme forte », in Libération, 11 juin 2008. Son père travaille au Pari mutuel urbain.

Elle apprend le métier de modiste, et se marie, en 1947 avec un petit entrepreneur en nettoyage industriel. Femme au foyer, elle a quatre enfants. Catholique, elle vend l’hebdomadaire Témoignage chrétien et rencontre des prêtres ouvriers revenus de leur service militaire en AlgérieIsabelle Rey-Lefebvre, Mort de la militante féministe Thérèse Clerc, in Le Monde, éd. papier 18 février 2016, éd. Internet 16 février.. , raconte-t-elle ainsi. Toutefois, la position de l'Église quant aux femmes l'éloigne de celle-ci, bien qu'elle ne s'affirme pas, à la fin de sa vie, franchement athée, mais plutôt agnostique voire peut-être croyante (Dieu est , déclare-t-elle ainsi).

Les années 1960-1970 Devenue vendeuse dans un grand magasin, elle milite au Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception (MLAC) après avoir manifesté contre les guerres d'Indochine et d'Algérie, mais elle « rate » Mai 68. En 1969, elle divorce et s'achète un petit appartement à Montreuil en 1974. Surnommée « Thérèse de Montreuil »Marjorie Corcier, « Les deux vies de Thérèse », in Le Parisien, 8 décembre 2007., elle pratique des avortements clandestins sur la table de son salon à Montreuil jusqu'à la promulgation, en , de la loi Veil. Elle milite aussi au Mouvement de la paix ou encore au Parti socialiste unifié (PSU).

Les années 1980-1990 En 1990, elle signe l'« Appel des 75 » contre la guerre du Golfe..

Militante à Montreuil Thérèse Clerc fonde en 2000, à Montreuil, la « Maison des femmes »Le 15 janvier 2016, la Maison des Femmes a été baptisée « Maison des Femmes Thérèse Clerc »., ouverte aux femmes victimes de violence, en insertion ou réinsertion. Parallèlement, alors qu'elle doit s'occuper de sa mère grabataire, elle décide de fonder un lieu autogéré pour « vieillir ensemble en citoyens indépendants, libres et utiles »: le projet, commencé en 1999, manque d'aboutir en 2007 après une rencontre improbable avec la ministre du Logement Christine Boutin (droite catholique), qui débloque les fonds nécessaires. Cela mène ainsi au projet de création de la « Maison des Babayagas », du nom des sorcières russesAnne Denis, « Les Babayagas, la silver solidarité au quotidien », in Libération, 2 février 2014., qu'elle porte avec Monique Bragard et Suzanne Goueffic. Mais, à la dernière minute, le conseil général de Seine Saint-Denis annule sa participation, au motif que le projet, réservé aux femmes, serait . Il est relancé en 2009 par la mairie de Montreuil et l'office HLM de la ville et ouvre finalement fin 2012La maison des Babayagas par Thérèse Clerc sur le site d'Arte Générations solidaires.. En 2015 un lieu spécifique a été construit, rue de la Convention, pour le siteLe projet architectural sur le site La Maison des Babayagas, 9 août 2015..

Elle a également créé l’université des savoirs sur la vieillesse (Unisavie).

Thérèse Clerc apparaît dans le film documentaire de Sébastien Lifshitz, Les Invisibles, sorti en 2012. Elle y souligne l'intolérance de la société française à l'encontre des homosexuels durant les années 1960, époque où l'homosexualité était considérée comme un « fléau social ».

Thérèse Clerc apparaît également dans le P.O.M de la photographe Elisabeth Schneider Charpentier intitulé « Insoumise à nu » réalisé entre 2011 et 2012..

À la fin de sa vie, elle évoquait ouvertement son homosexualité, ayant entretenu des relations jusqu'à un âge avancé. Sébastien Lifshitz tourne également un film sur les dernières semaines de sa vie, Les Vies de Thérèse., selon ses vœux, dans une volonté de désacraliser le tabou autour du corps mourant...

Fin de vie Atteinte d'un cancer, Thérèse Clerc meurt chez elle à Montreuil, le entourée de ses enfants. Sa mort est un suicide.. Thérèse Clerc est enterrée au cimetière du Père-Lachaise. Sa famille organise des funérailles discrètes dans l'intimité..

Décorations (2008) (2014)

Notes et références

Voir aussi Archives La bibliothèque Marguerite-Durand ( arrondissement de Paris) conserve un fonds d'archives consacré à Thérèse Clerc.

Bibliographie Danielle Michel-Chich, Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs, Éditions des femmes, 2007 Jacky Durand, « Flamme forte », Libération, (bande dessinée)

Vidéogrammes Julie Chouteau, Thérèse Clerc, le troisième âge du féminisme, réalisé pour l’Institut français de presse, 2012 Jean-Marc La Rocca, « Nous vieillirons ensemble, la saga des Babayagas », 52 min, Agat Films/Ex Nihilo, 2013 Ilona Kalmbach, Sabine Jainski, Le meilleur est à venir. Parlez-moi d’amour, 52 min, WDR, Arte, 2015 Sébastien Lifshitz, Les Vies de Thérèse, 52 min, 2016

Articles connexes Maison des Babayagas Communauté intentionnelle

Liens externes

Thérèse Clerc sur le site de France Inter Thérèse Clerc, invitée de Laure Adler dans l'émission de France Culture Hors-champs du (43 min) Thérèse Clerc, utopiste réaliste, du blog « Les Culottées » de Pénélope Bagieu

Catégorie:Féministe française du XXe siècle Catégorie:Féministe française du XXIe siècle Catégorie:Féminisme lesbien Catégorie:Militant pour les droits des femmes Catégorie:Activiste ayant fait son coming out Catégorie:Personnalité liée au contrôle des naissances Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 2008 Catégorie:Officier de l'ordre national du Mérite Catégorie:Naissance en décembre 1927 Catégorie:Naissance dans le 18e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en février 2016 Catégorie:Décès à Montreuil (Seine-Saint-Denis) Catégorie:Décès à 88 ans Catégorie:Mort d'un cancer en France Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division inconnue) Catégorie:Personnalité du MLAC