Le d'infanterie de marine ( RIMa) est un régiment des troupes de marine (armée de terre) de l'Armée française. Il est stationné en Guyane depuis 1976, à la fois sur Cayenne, au quartier de la Madeleine, près de la Gendarmerie, (état-major et portion principale), sur un détachement fluvial sur le Maroni, à Saint-Jean-du-Maroni (commune de Saint-Laurent-du-Maroni) sur un des sites de l'ancien bagne et à Maripasoula (base opérationnelle avancée).

Le RIMa est l'héritier du régiment de marche du Tonkin, du d'infanterie coloniale et du d'infanterie de marine (créé en 1976 en Guyane) dont il est directement issu par changement de dénomination en 1992.

Création et différentes dénominations thumb|180px|left|Insigne régimentaire du R.I.C.

1883 : création du régiment de marche du Tonkin

Le : changement de nom en régiment de marche 2 du Tonkin. Le : création du RIMa au Tonkin, par transformation du régiment de marche 2. Le : devient le d'infanterie coloniale Le : dissolution du RIC. Le : création du bataillon de marche du RIC. Le : dissolution du bataillon de marche en Indochine. Le : renaissance du RIC et participation aux opérations d'Algérie (devenues depuis guerre d'Algérie), en Kabylie. Le : redevient le RIMa et forme le nouveau RIMa à partir du I/ RIMa. Le dissolution et création du bataillon d'infanterie de marine au Le dissolution. Reconstitution du RIMa à Perpignan, à partir d'éléments provenant en majeure partie du BIMa, dernier bataillon TDM, rapatrié d'Algérie en . Le : recréation du BIMa (bataillon d'infanterie de marine) en Guyane. Le : redevient le RIMa.

Engagement Les premières campagnes La création Les nombreuses expéditions coloniales qui eurent lieu à partir de 1880 nécessitèrent une augmentation considérable des troupes de la Marine. Un décret du dédoubla les anciens régiments ; ceux de nouvelle formation prirent les numéros de 5 à 8, mais il ne leur fut attribué ni compagnie hors rang ni fanfare.

Six régiments furent constitués à 3 bataillons de 4 compagnies, avec un dépôt de 2 compagnies ; les et eurent 4 bataillons de 4 compagnies. Les régiments de marche d'Indochine devinrent les , et d'infanterie de marine, les deux premiers a 3 bataillons, le troisième à 2 bataillons de 4 compagnies. Les six compagnies en garnison à la Nouvelle-Calédonie formèrent le à deux bataillon de 3 compagnies, et les compagnies stationnées dans les autres colonies furent groupées en bataillons ou détachements formant corps dont les effectifs varièrent de quatre à une compagnie.

Expédition du Tonkin Les dernières affaires furent celle de Hué (juillet 1885), la prise de Binh-Dinh, du fort de Ben-Mé (juillet 1886), les opérations dans la région de Lào Cai (janvier et février 1887) et celles du bassin de la Rivière-Noire (colonne Pernot, 1887-1888). À cette époque, les unités de marche avaient formé les , et d'infanterie de marine.

Cantonnés à la citadelle de Hanoï, les marsouins vont mener de violents combats durant plusieurs années contre les pavillons noirs qui, expulsés de Chine après l'échec de la révolte des Taiping, sèment la terreur parmi les populations du nord-Tonkin. La pacification du pays se fait avec le général Gallieni qui, de 1892 à 1896, nettoya les zones de guérilla et lutta contre le chef rebelle, le De Tham.

Révolte des Boxers (1900) Le , un détachement envoyé en toute hâte de Saïgon débarqua à Takou arrivant à temps pour sauver la concession française du Peï-Ho. Il se composait, sous les ordres du lieutenant-colonel Itasse, d'un bataillon et d'une batterie d'artillerie de marine (capitaine Joseph).

Le , arrivée à Tien-tsin d'un bataillon du (commandant Brenot).

Le , deux bataillons de marsouins (Feldmann et Bouet) attaquèrent les portes de Tien tsin. Les forts chinois sautèrent sous l'effet des obus français, la ville fut prise. Puis les concessions et légations de Pékin furent délivrées après un siège de 58 jours. Les troupes internationales firent leur entrée dans le palais impérial le . Le corps d'occupation du général Voyron se chargea des opérations de police qui suivirent.

Jusqu'à la Première Guerre mondiale

De 1901 à 1910, il se trouve au Tonkin et participe au maintien de l’ordre en Annam, contre les partisans du prince Cuon-do alors exilés au Japon. De 1910 à 1940, il participe à la lutte contre la révolte de Thái Nguyên.

Le partie du groupe de l’Indochine en 1914, division du Tonkin. Son quartier général est à Hanoï.

Division du Tonkin : à Hanoï : d'infanterie coloniale ; de tirailleurs tonkinois à Hanoi ; de tirailleurs tonkinois à Nam Định. à Bắc Ninh : d'infanterie coloniale à Hải Phòng ; de tirailleurs tonkinois à Sept Pagodes ; de tirailleurs tonkinois à Bac-Ninh. à Saïgon : d’infanterie coloniale à Saïgon ; de tirailleurs annamites à Les Mares. Ces deux dernières unités sont chacune à quatre bataillons au lieu de trois comme les précédentes. La Première Guerre mondiale

L'entre-deux-guerres A la fin de la grande guerre en 1918, deux compagnies du régiment rejoignent le bataillon colonial sibérien. Ce dernier est projeté en Sibérie pour soutenir les armées blanches dans la guerre civile russe. Cette campagne verra le régiment cité à l'ordre de l'armée le .

La Seconde Guerre mondiale

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le régiment fait face à l'invasion japonaise de l'Indochine en 1940. La se distingue les 24 et à Na-Cham sous les ordres du capitaine Carli.

Début 1941, le contribue à freîner l'attaque thaïlandaise au Cambodge en menant plusieurs actions de combat. Le , le coup de force des Japonais sur les positions françaises, submergées par le nombre, voit le drapeau du régiment sauvé in extremis par une reddition subie le . Jusqu'en , les marsouins du qui se sont regroupés sur les hauteurs du nord-Tonkin continuent à lutter contre l'armée japonaise. Pour ces actions, le général Leclerc décore le drapeau du régiment de la croix de guerre avec palme en , peu avant la première dissolution du régiment.

L'après Seconde Guerre mondiale Guerre d'Algérie

Durant la guerre d'Algérie, le régiment est stationné à Dellys, en Kabylie. Le , dix-sept soldats rappelés du RIC sont tués par l’ALN dans l’embuscade de Palestro, quatre autres sont faits prisonniers.

. Le RIMa forme une unité de la Force locale de l'ordre Algérienne, soit la 455 UFL-UFO qui est composé de 10 % de militaires métropolitains et de 90 % de militaires musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.Le RIMa est dissous le avec création du BIMa au composé essentiellement d'appelés du contingent stationné successivement au camp Bonvalot à l'Alma, au camp Labat à Maison Carrée, au camp du Lido à Fort de l'Eau et embarquement au port militaire d'Alger à la mi- en direction de la France où il est dissout au et dont les éléments reformeront le RIMa à Perpignan au .

Installation en Guyane

Le RIMa renait en Guyane le . Pour remplir ses missions, spécifiques à l'engagement en jungle et sur le fleuve, le régiment, composé de marsouins d'active, de réserve et appelés du contingent mène des patrouilles profondes de plusieurs jours à plusieurs semaines en autonomie complète sur la majeure partie du département guyanais, navigue sur les criques et rentre en contact avec leurs compatriotes les plus éloignés de la ville capitale, souvent au plus profond de la jungle. Il participe ponctuellement à la lutte contre l'orpaillage illégal par le biais d'opérations ponctuelles, planifiées ou d'opportunités. Des missions difficiles sont régulièrement menées jusqu'aux différentes bornes du sud du département matérialisant la frontière franco-brésilienne.

Plan Maroni

En 1986, le bataillon renoue avec les opérations lors de la mise en place du . Ce plan d'urgence vise à accueillir, à la suite de la guerre civile du Suriname, près de personnes en provenance du Suriname et déplacées vers la Guyane. Plusieurs camps sont mis en œuvre à proximité de Saint-Laurent du Maroni afin de les loger et les nourrir. Le BIMa a pour mission d'assurer leur sécurité mais aussi d'affirmer la souveraineté française sur l'ouest du département, le long du fleuve Maroni, en y déployant ses compagnies.

Le RIMa au

Appartenant à la composante terrestre des forces armées en Guyane, le RIMa est un régiment spécialisé dans le combat en milieu équatorial. Il évolue dans un milieu physique exigeant caractérisé par de grandes élongations et un climat équatorial éprouvant. Il s'appuie sur un socle permanent, principalement issu des troupes de marine mais comptant des militaires de toutes les armes et services.

À l'été 2010, la composante infanterie a été renforcée par la création d'une compagnie permanenteLe d'infanterie de marine sur le site de l'armée de terre pour les missions de l'opération Harpie. Le , le régiment perd deux soldats lors d'une opération contre l'orpaillage clandestin en Guyane dans le cadre de cette opération.

Structure thumb|200px|Insigne de béret du d'infanterie marine. Le RIMa compte 850 hommes et femmes, dont 150 réservistes opérationnels, articulés en 7 compagnies :

4 compagnies de combat : 1ère compagnie : compagnie d'infanterie en mission de longue durée (MLD), recréée à l'été 2010 après avoir été dissoute en 1998) - Les Pumas ; compagnie : compagnie d'infanterie tournante en mission de courte durée (MCD) ; compagnie : compagnie d'infanterie tournante en MCD ; compagnie : compagnie génie tournante en MCD ; La compagnie de commandement, d'appui et de logistique (CCAL) - Les Aïmaras, composée de personnels en MLD et en MCD, au sein de laquelle se trouvent les appuis spécialisés du régiment : la section de commandos de recherche et d'action en jungle (CRAJ) - MLD, le détachement de plongeurs de combat du génie (qui constitue un des commados du CRAJ) - MCD, le détachement cynotechnique - MCD, la section fluviale, composée des piroguiers du régiment. La compagnie de maintenance (CM) - Les Forgerons, personnels en MLD et en MCD ;

La base opérationnelle avancée (BOA) de Saint Jean du Maroni (SJM), à laquelle est rattachée la section fluviale ;

La base opérationnelle avancée (BOA) de Maripasoula (MPA)

La compagnie de réserve : la compagnie.

Missions

vignette|Marsouin du armé d'un fusil à pompe Mossberg 500 et engagé dans l'opération Harpie, en 2011. Régiment tourné vers l'opérationnel, le RIMa, dans le cadre général de l'affirmation de la souveraineté nationale dans ce département français d'Amérique du Sud, assure 4 missions :

Connaissance et anticipation : Le RIMa contribue à la connaissance de la zone de responsabilité prioritaire des Forces armées en Guyane. Il entretient l'expertise de l'action et de l'intervention en forêt équatoriale. Il mène régulièrement des entrainements et patrouilles conjointes avec les forces armées du Suriname ; Prévention : Il contribue à affirmer la présence de la France et à assurer la stabilité dans la zone de responsabilité prioritaire des forces armées en Guyane ; Protection : Le RIMa protège les installations militaires et les points d'intérêts vitaux. Il contribue à la protection du territoire national, des citoyens français et des installations stratégiques avec effort sur le centre spatial guyanais - opération Titan Il contribue à la sécurité et à la préservation des intérêts nationaux dans les espaces sous souveraineté française, en soutien de l'action de l'État - opération Harpie Intervention : Le RIMa est en mesure d'intervenir dans toute la zone de responsabilité des forces armées en Guyane pour une opération de secours d'urgence (évènement naturel, technologique ou aide humanitaire). Il peut aussi faire face à une brusque dégradation de la situation dans un des pays de sa zone de responsabilité.

Matériels majeurs thumb|200px|Insigne de béret "combat jungle" du d'infanterie marine. Transport terrestre : GBC 180, TRM 2000 et quads.