La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) est un organisme de l'État français, créé en 2002.

Elle observe et analyse le phénomène des dérives sectaires en France, informe le public sur les risques qu'elles représentent et coordonne l'action préventive et répressive des pouvoirs publics.

Elle succède à l'Observatoire interministériel sur les sectes actif de à , puis à la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) de à 2002.

Législation et missions La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) est fondée le , par le décret présidentiel n° 2002-1392Décret 2002-1392 du 28 novembre 2002 instituant une mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, JORF 278 du 29 novembre 2002, 19646, texte 1, NOR PRMX0200164D.. En 2020, la mission est rattachée au ministère de l'Intérieur et ses fonctions modifiées par le décret n° 2020-867 du .

En 2024, la Miviludes est dotée d'un statut législatif. Ses pouvoirs et son rôle sont consacrés dans la loi n° 2024-420 du , visant à renforcer la lutte contre les dérives sectaires et à améliorer l'accompagnement des victimes. Cette loi crée un nouveau délit d’abus de faiblesse sectaire, rajoute des circonstances aggravantes et allonge certains délais de prescription. Elle élargit les catégories d’associations susceptibles d’intervenir en matière de dérives sectaires et d’exercer des droits de la partie civile. La Miviludes voit son rôle renforcé auprès des services publics, notamment locaux..

La santé et le bien-être constituant le premier domaine de risque de dérives sectaires, avec une offre accrue de pratiques de soins non conventionnelles, notamment via des canaux numériques, plusieurs des dispositions de la loi s'inscrivent dans le champ de la santé..

La mission interministérielle, instituée par voie réglementaire, a désormais les missions suivantes : observer et analyser le phénomène des mouvements à caractère sectaire dont les agissements sont attentatoires aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, constituent une menace à l'ordre public ou sont contraires aux lois et règlements, ainsi que les nouvelles formes qu'ils peuvent prendre ; favoriser, dans le respect des libertés publiques, la coordination de l'action préventive et répressive des pouvoirs publics à l'encontre de ces agissements ; s'assurer, en lien avec le ministère de l'éducation nationale et le Conseil supérieur des programmes, d'intégrer la sensibilisation des élèves aux dérives thérapeutiques et sectaires dans les programmes de l'enseignement secondaire ; développer l'échange entre les services publics des informations sur les pratiques administratives dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires ; contribuer à l'information et à la formation des agents publics dans ce domaine ; informer le public sur les risques et, le cas échéant, les dangers auxquels les dérives sectaires l'exposent et faciliter la mise en œuvre d'actions d'aide aux victimes de ces dérives, le cas échéant en partenariat avec les associations accompagnant et aidant ces victimes ; participer aux travaux relatifs aux questions relevant de sa compétence menés par le Gouvernement au niveau international. remettre au Premier ministre un rapport annuel d'activité, qui est rendu public. recevoir des témoignages de victimes de dérives sectaires ou de tiers souhaitant témoigner de tels faits, des signalements individuels ou toute information sur l'existence ou le risque d'une dérive sectaire. Ces informations peuvent être publiées dans le rapport annuel. Les témoignages font l'objet de mesures d'anonymisation des personnes concernées.

La mission est informée, à sa demande et après accord du maire, des travaux conduits au sein des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance en matière de lutte contre les dérives sectaires.

Elle intervient sur l'ensemble du territoire national.

L’activité de la Miviludes et ses observations du phénomène sectaire font l'objet d'un rapport annuel disponible publiquement.. Sa mission d'information l'amène également à publier des guides spécifiques..

Historique Contexte Les autorités françaises fondent la MIVILUDES pour succéder à la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), qui elle-même débute à partir du pour succéder à l'Observatoire interministériel sur les sectes créé le . Ces organismes étaient chargés de coordonner la surveillance gouvernementale des sectes.

Mission interministérielle de lutte contre les sectes

En , la MILS, dirigée par Alain Vivien, publie son rapport annuel sur la surveillance des sectes en France. Les activités de la MILS et le passé d'Alain Vivien en tant que responsable d'une organisation anti-sectes (il a été président du Centre Roger Ikor de 1997 à 1998.) font parfois l'objet de critiques de la part de plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, telles que la Fédération internationale d'Helsinki pour les droits de l'homme., ainsi que la United States Commission on International Religious Freedom, une agence du gouvernement des États-Unis. En , Vivien obtient à sa demande une protection policière à la suite de menaces et du cambriolage de son domicile.. Vivien démissionne en sous les critiques..

La mission interministérielle est instituée dans le cadre de la loi n° 2001-504 du tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales.

De la MILS à la Miviludes Le , un décret en Conseil des ministres (abrogeant le précédent décret et remplace la MILS par une Miviludes.

L'idée sous-jacente à cette évolution de dénomination et de mission officielle est de court-circuiter les critiques suscitées par Alain Vivien, l'ancien président de la MILS, dont les actions avaient parfois prêté à polémiqueThomas Lardeur, « Pourquoi la bataille anti-sectes a échoué ? », dans VSD, 22 août 2002 (reproduit sur le site Prévensectes)..

Sa mission est définie officiellement comme étant d'analyser . Toujours attachée au Premier ministre à l'image de la MILS, elle est présidée par , aidée par un « comité exécutif de pilotage opérationnel » constitué de représentants et délégués des différents ministères, ainsi que par un « conseil d'orientation », constitué de personnalités issues de la société civile.

Changement de présidence en 2005 À la fin du mois d', Jean-Michel Roulet est nommé nouveau président de la Miviludes par décret du Premier ministre et indique vouloir aider les victimes de sectes à dénoncer ce qu'elles ont subi. Dans un rapport rendu public en 2006, il rappelait à propos de la Miviludes qu'..

Redéfinition de la mission en 2008 Début , le gouvernement annonce mettre l'accent sur la répression des dérives.. François Fillon confie en à Georges Fenech une mission d'évaluation des . puis nommé à la présidence de la mission interministérielleDécret du 19 septembre 2008 portant nomination du président de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, JORF 222 du 23 septembre 2008, texte 27, NOR PRMX0822150D.. Il est alors considéré comme un .. Il est reconduit à ce poste en . puis en démissionne en 2012.

Il est alors remplacé à la présidence par Serge Blisko., médecin de formation et ancien député-maire socialiste de Paris (), qui est reconduit à cette fonction en 2015« Reconduction de Serge Blisko à la présidence de la Miviludes », Miviludes, 7 octobre 2015..

Rattachement au ministère de l'Intérieur en 2020 Par décret du ., la Miviludes est rattachée au ministère de l'Intérieur sous la présidence du secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), qui comporte désormais un pôle pour animer les politiques publiques ...

L’éventualité d’une suppression des archives et du site internet de la Miviludes suscite des inquiétudes pour les membres de l’organisme chargés de l’accueil des victimes. L'existence du site n'est toutefois pas remise en cause. et les archives devraient être conservées, au moins sous forme dématérialisée..

Alors que les membres de la mission interministérielle et les associations de lutte contre les sectes avaient exprimé des inquiétudes, la secrétaire générale de la Miviludes Anne Josso a finalement été rassurée : . Et d'autres, toujours en interne, se réjouissent de pouvoir avec les préfets et les réseaux associatifs..

Privée de président depuis , le personnel de la mission passe de 14 à 8 membres et ses liaisons téléphoniques sont supprimées, ce qui suscite des critiques sur ses capacités d'action..

La Miviludes face au renouveau des emprises sectaires La pandémie de Covid-19 entraîne le développement de formes d’emprises sectaires, liées à la santé ou au bien-être. Le complotisme et le survivalisme sont aussi des sujets de préoccupation. En , Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, annonce une multiplication par dix des moyens de la Miviludes., et prévoit des renforts... Ainsi a-t-elle nommé la magistrate Hanène Romdhane, cheffe de service de la Miviludes, qui reste sous la présidence du secrétaire général du CIPDR, avec ..

Dans son rapport 2022, l'institution présente la forte augmentation de ses saisines en 2021. Selon la Miviludes, l'ampleur de la crise sanitaire a favorisé les dérives sectaires dans divers domaines.. Cependant, faute de moyens suffisants accordés à la mission interministérielle, la magistrate Hanène Romdhane démissionne le de son poste.. À l'origine de cette annonce surprise, le journaliste Thibaut Schepman du média Les Jours publie une enquête sur la « crise majeure » que rencontre l'institution officielle de lutte contre les dérives sectaires face au manque de moyens humains, aux dissensions internes et aux ...

En 2024, la Miviludes fait l’objet d’une série de plaintes déposées par la Coordination des associations et des particuliers pour la liberté de conscience (une ONG proche de l’Église de Scientologie), et mettant en cause la régularité de versements de subventions à des associations en 2021 et 2022 (notamment le Centre contre les manipulations mentales et ses associations satellites, et l’Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu victimes de sectes, qui ont bénéficié d'une large part du montant global des appels à projet) ..

La Miviludes a aussi été saisie dans le cadre de pratiques exercées par des influenceurs. L'influenceuse française Ophenya, très suivie sur TikTok, a ainsi été bannie de la plateforme. Cette institution s'inquiète de certains contenus diffusés par Ophenya, qui pourrait être liés à des pratiques considérées comme relevant de dérives sectaires. La décision judiciaire est encore en cours d'instruction fin 2024.. Cette affaire reflète une vigilance accrue envers les influenceurs, notamment sur l'impact de leurs publications sur de jeunes audiences sensibles.

Nommé par la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté Sonia Backès, le haut fonctionnaire Donatien Le Vaillant prend la direction de la Miviludes le .. Deux ans et demi plus tard, il quitte la direction de la mission, officiellement pour « rejoindre son corps d'origine, l'inspection générale de l'administration. ». Mais il serait plutôt motivé par un désaccord avec sa hiérarchie sur l'évolution de la structure, selon l'hebdomadaire Marianne., ce qui inquiète les associations de lutte contre les dérives sectaires..

Institution par la loi en 2024