Albert Glatigny, né « Massone » le à Lillebonne et mort le à Sèvres, est un poète, écrivain, comédien et dramaturge français.
Appelé le par Anatole France, il s’est essayé sans succès au théâtre avant de se lancer dans les lettres.
Biographie Fils d’un ouvrier charpentier nommé gendarme à Bernay en 1844, qui ne l’a reconnu que le , Glatigny y est placé comme boursier au collège de la ville. Il en sort pour entrer dans une étude d’huissier où, épris de poésie, depuis qu’il a déniché, à l’âge de quinze ans, un volume de Ronsard dans un grenier, il rime surtout des vers. Ensuite, ce sont Victor Hugo et tout le romantisme, ses éducateurs et ses maitres, qu’il apprend par cœur, ne se lassant jamais de dire et de redire leurs œuvres..
Passé expéditionnaire au greffe du tribunal de commerce, il s’en échappe presque aussitôt pour gagner Pont-Audemer, où il trouve à s’embaucher comme apprenti typographe. Rimant encore et toujours, ne quittant l’imprimerie que pour courir au théâtre, il compose en quatre jours son premier drame en trois actes et en vers, les Bourgeois de Pont-Audemer au dix-septième siècle pour le théâtre de la ville. Une troupe de comédiens venant à passer dans la ville, il déserte son imprimerie et part avec eux, engagé comme souffleur, à dix-sept ans, mais espérant jouer quelques rôles.. in-8º Il parcourt, dès lors, la province avec eux, jouant des rôles n’ayant guère plus d’importance que celui du lion dans le Songe d'une Nuit d’Été, mais continue d’écrire, composant dans une cour d’hôtel de Falaise un nouveau drame en vers sur Guillaume le Conquérant. Doté du plus pur accent normand, du parler trainard de Bernay, il était en outre affecté d’un bredouillement qui lui faisait manger la moitié des mots, ce qui ne lui facilitait guère la tâche..
Il se produit à Nevers, Épinal, Belfort, Paris, Bruxelles, avant de finir par rencontrer, à Alençon, l’éditeur artiste de Baudelaire, Poulet-Malassis, qui lui fait découvrir les Odes funambulesques de Théodore de Banville. C’est une révélation. Malassis le recommande à Banville qui se montre envers lui, excellent et paternel. Quelques mois plus tard, en 1857, à dix-huit ans, il publie son premier volume de vers, les Vignes folles, où l’influence de Banville est particulièrement sensible. Il dédira un poème à Théophile Gautier sous le titre « l’Impassible »..
Obligé de faire le « cabotin », comme il s’appelait lui-même, pour gagner sa vie, il se produit dans les théâtres parisiens, dans l’emploi des utilités, comme le rôle du monsieur qui passe et donne un sou, dans les Deux Aveugles, aux Bouffes-Parisiens. Quand Philibert Rouvière, s’installant dans le Théâtre-Lyrique, y a monté le More de Venise d’Alfred de Vigny, Glatigny a représenté un sénateur qui n’avait qu’un vers et un hémistiche à dire. En 1862, il joue, avec Pierre Berton, le Beau Léandre de Banville, dans la petite salle de l’École lyrique, rue de La Tour d’Auvergne..
Ces petits rôles ne lui rapportant que trois francs par soirée, il est obligé de retourner jouer en province. Une année, n’ayant trouvé d’engagement que dans un cirque, il a essayé, dans le manège, une scène qui a eu un grand succès. Sa vie errante le mène, seul ou avec sa troupe, dans les principales villes de province : Nancy, où il écrit, pour l’ouverture du théâtre, un prologue en un acte, en vers, l’Ombre de Callot (1863), Vichy, où il donne au Casino Vers les saules, comédie en un acte, en vers (1864), Bayonne, qui lui inspire successivement un grand drame en trois actes, Pès de Puyanne, et une saynète délicate, le Bois (1868). Chaque été, il fait de courtes apparitions dans la capitale, s’y lie avec Catulle Mendès, qui vient de fonder la Revue fantaisiste. En 1864, il publie un nouveau recueil de vers, les Flèches d’orDans sa préface à Leconte de Lisle, il dit modestement : . vignette|gauche|Caricature de l’emprisonnement de Glatigny en Corse en 1869 par André Gill. Également doté de grandes capacités d’improvisation, Glatigny pouvait composer, sur un sujet imposé, des vers à partir des quatorze rimes d’un sonnet, sans aucun recueillement préalable. Un jour, à bout de ressources, il a imaginé faire sur la scène de l’Alcazar ce qu’il n’avait encore fait que pour amuser ses amis. La vogue de ces séances d’improvisation très suivies du public ne devait pas durer, et il a dû repartir pour la province. C’est dans une de ces courses qu’en , se trouvant, par hasard, sur une route de la Corse, dans le village de Bocognano, un brigadier de gendarmerie persuadé de reconnaitre dans ce voyageur mal vêtu et sans papiers, l’introuvable assassin Jud, l’a retenu pendant plusieurs jours, dans une sorte de cachot, en compagnie de sa petite chienne CosetteAinsi appelée en souvenir des Misérables., jusqu’à ce que le procureur impérial ne le fasse relâcher. Tout autre aurait ressenti quelque amertume, mais lui, bon enfant, homme d’esprit, a pris la chose gaiement, avant de reprendre avec courage, le collier de misère et la course aux engagements. Il n’est cependant pas impossible qu’il ait contracté au cours de cette incarcération, la tuberculose, qui devait l’emporter à l’âge de 33 ans..
Il revient ensuite au théâtre avec un Prologue pour l’ouverture des Délassements comiques (1867), Le Compliment à Molière (1872), le Singe (1872), l’Illustre Brisacier (1873). Un troisième et dernier recueil de vers, Gilles et Pasquins, parait de lui en 1872. Ce recueil, joint aux précédents, devait servir à former l’édition complète de ses poésies. Parallèlement, il publie clandestinement, à Bruxelles, chez Pulet-Malassis, une série d’ouvrages licencieux comme les Joyeusetés galantes et autres du vidame Bonaventure de La Braguette, les Bons Contes du Sire de la Glotte, la Chaste Suzanne, la Sultane Rozréa traduite par Exupère Pinemol.
Le , alors que la tuberculose dont il souffrait ne laissait plus aucun espoir, il épouse Emma Dennie (1846-1874) à Beaumesnil.. Celle-ci le soignera avec un dévouement admirable et, atteinte de la même maladie, lui survivra à peine..
En 1871, le Journal Officiel de la Commune, édition du soir, 21 avril, publie « Le fer rouge – Aux paysans de l’Eure », un texte où il s’en prend vivement à l'acceptation par les paysans de la domination cléricale.
Après avoir séjourné plusieurs mois à Bayonne, il retourne en Île-de-France au début de l’année 1873 et meurt à son domicile, 11 avenue de Bellevue, à Sèvres. La plupart de ses amis étaient présents à son inhumation au cimetière de Sèvres : Camille Pelletan, Léon Cladel, Pierre Berton, Paul Meurice, Auguste Vacquerie, Leconte de Lisle, Émile Blémont, Ernest d'Hervilly, Philippe Burty, Étienne Carjat, Léon Dierx, Albert Mérat, Léon Valade, Champfleury, Félix Bracquemond, Georges Lafenestre, Edmond Lepelletier, Francis Enne, Alphonse Lemerre.. vignette|Maison natale à Lillebonne. Jacques Chabannes écrit en 1948 :
Hommages Outre ses villes de naissance et de décès, Lillebonne et Sèvres, nombre de rues, pour la plupart en Normandie, notamment à Bernay, Barentin, Port-Jérôme-sur-Seine et Rouen, ont reçu son nom.
Descriptions
Jugements
Œuvre 220px|vignette|Buste d'Albert Glatigny par Alphonse Guilloux (1889), plâtre, musée des Beaux-Arts de Bernay. . Prologue d'ouverture, dit le par Jeanne Favre, théâtre de Lunéville, représentations de la troupe du théâtre de Nancy, Nancy, 1863, . . . . . . . . . Lettres d’Albert Glatigny à Théodore de Banville, préface par Guy Chastel, 1923. Lettres inédites de Albert Glatigny, publiées par Victor Sanson (1932) Pages retrouvées. Les Héritiers de Scarron, roman comique du , 1940.
Théâtre L’Ombre de Callot, prologue en vers en 1 acte, Nancy, Théâtre, . . . . Le Bois, comédie en 1 acte, Bayonne, Théâtre, janvier 1868. Pès de Puyane, maire de Bayonne, drame en 3 actes, Bayonne, Théâtre, . . Le Singe, comédie en 1 acte, 1872. L’Illustre Brizacier, drame en 1 acte, 1873. Erreur n’est pas compte, proverbe en un acte, 1925.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie . . Jean Reymond, Albert Glatigny : la vie l'homme le poète. Les origines de l'école parnassienne, Paris, Droz, 1936. . Jacques Chabannes, Glatigny et la Sainte Bohème, Paris, Grasset, 1948. .
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