Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1976. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les référendums.

Commentaires généraux En Espagne, le référendum du mois de décembre entérine la fin de la dictature franquiste et enclenche la transition vers un régime constitutionnel démocratique. Le Portugal voisin connaît en avril et en juin des élections législatives puis présidentielle qui font suite à la chute de la dictature fasciste. Candidat de consensus, António Ramalho Eanes est élu président avec une large majorité.

Parmi les autres États démocratiques, cinq connaissent une alternance au pouvoir au travers d'élections cette année. En Suède, les sociaux-démocrates perdent le pouvoir pour la première fois depuis plus de quarante ans, avec l'arrivée au pouvoir d'une gouvernement de coalition de centre-droit en septembre. Aux États-Unis en novembre, le candidat démocrate Jimmy Carter devance le président républicain sortant Gerald Ford, et est élu président. À Antigua-et-Barbuda (février) et à la Barbade (septembre), le Parti travailliste, principal parti d'opposition, retrouve le pouvoir. Aux Salomon, colonie britannique en transition vers l'indépendance, Peter Kenilorea succède à Solomon Mamaloni comme ministre-en-chef à l'issue des élections législatives en juin, et mène le pays à l'indépendance deux ans plus tard.

En Allemagne de l'Ouest, les sociaux-démocrates du chancelier Helmut Schmidt demeurent au pouvoir à l'issue des élections en octobre. En Italie, les centristes du parti Démocratie chrétienne conservent le pouvoir par le biais des élections législatives en juin.

De nombreux États non-démocratiques organisent pour leur part des semblants de consultations populaires en 1976. À Cuba (février) et en Algérie (novembre), des référendums entérinent ainsi l'instauration de régimes à parti unique. Aux Philippines, le référendum d'octobre permet au dictateur Ferdinand Marcos de conserver les pleins pouvoirs.

Au Salvador, dictature militaire, l'opposition boycotte les élections législatives truquées en mars, permettant aux représentants de la junte de siéger seuls au parlement. Au Malawi, le président à vie Hastings Banda annule la tenue d'élections législatives en mai, en nommant lui-même les députés, tous issus du parti unique (conservateur). Au Mexique, le Parti révolutionnaire institutionnel continue à s'arroger un pouvoir quasi-absolu au travers des élections législatives et présidentielle en juillet, en n'acceptant aucune réelle opposition. En Mauritanie, les élections présidentielle et législative en août ne sont qu'une formalité, les électeurs n'ayant aucune possibilité de voter contre les candidats du parti unique. En Égypte, la victoire du président Anouar el-Sadate au plébiscite du mois d'octobre ne fait aucun doute, même si les citoyens peuvent en principe voter contre sa candidature.

Plusieurs États marxistes-léninistes organisent des scrutins où aucune candidature d'opposition n'est possible, et où le parti communiste est assuré de conserver le pouvoir. C'est le cas au Cambodge en mars, avec le début du régime génocidaire des Khmers rouges, mais aussi en Pologne (mars), au Viêt Nam (avril), en Bulgarie (mai), en Allemagne de l'Est (octobre), en Tchécoslovaquie (octobre) et à Cuba (novembre).

Par mois

Janvier Il n'y a pas d'élection nationale en .

Février Date Pays Élections Contexte Résultats Référendum Premier scrutin national depuis la révolution cubaine de 1959. Les citoyens sont appelés à approuver une constitution, à la suite de consultations populaires autour de sa rédaction. Cette constitution fait formellement de Cuba un État socialiste avec une économie planifiée, garantissant pour tous le droit à l'éducation et à la santé. La constitution est officiellement approuvée par 99,0 % des votants, avec un taux de participation de 98,0 %. Législatives Le pays à cette date est un État associé au Royaume-Uni. Alternance. Le Parti travailliste (centre-gauche) remporte la majorité absolue des sièges. Vere Bird, précédemment au pouvoir de 1960 à 1971, redevient Premier ministre. Législatives Il n'existe pas de partis politiques à cette date. Seuls les matai (chefs de familles autochtones) et les citoyens d'origine étrangère ont le droit de vote. La nouvelle majorité parlementaire élit Tufuga Efi au poste de Premier ministre.

Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Le pays à cette date est une dictature militaire. Les partis d'opposition sont autorisés en principe à prendre part aux élections législatives, mais celles-ci font l'objet de fraudes massives et sont conséquemment boycottées par l'opposition. Seul à présenter des candidats, le Parti de la conciliation nationale (droite, parti de la junte) remporte automatiquement tous les sièges, sans que le scrutin n'ait lieu. Législatives Le régime totalitaire des Khmers rouges, officiellement le Kampuchéa démocratique, a été établi en 1975 à l'issue de la Guerre civile. Seul le Front uni national du Kampuchéa, incluant le Khmer rumdo (gauche royaliste) et les Khmers issarak (communistes) mais dominé par le Parti communiste des Khmers rouges (communisme agrarien), est autorisé à présenter des candidats. Le Front présente un peu plus de deux fois plus de candidats qu'il n'y a de sièges à pourvoir, et invite les électeurs à les départager. Sur les deux-cent-cinquante députés, cent-cinquante sont choisis par les « paysans », cinquante par les ouvriers, et cinquante par les soldats. Le Front uni national remporte automatiquement tous les sièges. L'Assemblée représentative populaire élit Pol Pot, le secrétaire-général du Parti communiste, au poste de Premier ministre, et Khieu Samphan (Parti communiste) à la présidence du Présidium d'État, abolissant ainsi formellement la monarchie de Norodom Sihanouk. Le régime orchestre des exécutions de masse, des déplacements forcés et un travail forcé, constituant le génocide cambodgien. Le gouvernement des Khmers rouges est renversé en par une intervention de l'armée vietnamienne, qui met alors en place la République populaire du Kampuchéa. Législatives La Pologne à cette date est un État à coalition unique. Seul le Front de l'unité nationale, qui rassemble les partis autorisés et est dominé par le Parti ouvrier unifié (marxiste-léniniste), est autorisé à présenter des candidats. Les citoyens sont appelés à les approuver. Les candidats du Front recueillent un taux d'approbation général de 99,4 %. Le Parti ouvrier unifié conserve à lui seul la majorité absolue des sièges, les autres revenant aux autres candidats du Front. Piotr Jaroszewicz (Parti ouvrier unifié) demeure Premier ministre.

Avril Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Élections anticipées, quinze mois après les précédentes, le gouvernement de coalition sortant étant instable. Le scrutin se déroule dans un climat de violence orchestré par des milices d'extrême-droite (tels que les Gaurs rouges ultra-royalistes) qui, avec la complicité de la police et de l'armée, assassinent des syndicalistes et des personnalités politiques de gauche. Parlement sans majorité. Alternance. Le Parti démocrate (centre-droit, conservateur, libéral en économie) conserve une majorité relative nettement accrue des sièges. Seni Pramoj (Parti démocrate) prend la tête d'un nouveau gouvernement de coalition avec le Parti de la Nation thaïe (droite à extrême-droite, pro-militaire et favorable à la violence), le Parti de la justice sociale (droite) et le Parti nationaliste social. Le , de nombreux étudiants sont massacrés par les milices d'extrême-droite et l'armée, et cette dernière prend le pouvoir par un coup d'État, avec l'approbation du roi Rama IX. Législatives Ces élections font suite à la révolution des Œillets et à l'adoption d'une constitution démocratique par l'assemblée constituante élue en 1975. Parlement sans majorité. Le Parti socialiste (gauche) obtient la majorité relative des sièges. Le socialiste Mário Soares devient Premier ministre, formant un gouvernement de coalition avec le Parti du Centre démocratique et social (conservateur). Une élection présidentielle a lieu le . (Nord) et Législatives Premières élections après la réunification du Viêt Nam, qui n'est toutefois pas encore officiellement actée. Le pays est un État à parti unique. Au Nord, seul le Front de la Patrie (organisation regroupant les mouvements de masse liés au Parti communiste) est autorisé à présenter des candidats ; au Sud, ce sont le Front national de libération (communiste) et l'Alliance des forces nationales et démocratiques pour la paix qui présentent des candidats. Les autorités présentent davantage de candidats qu'il n'y a de sièges à pourvoir, invitant les citoyens à les départager. Les partis officiels remportent mécaniquement tous les sièges, malgré 0,9 % de bulletins blancs ou nuls. La nouvelle Assemblée nationale formalise la réunification du pays, qui le devient la République socialiste du Viêt Nam. Phạm Văn Đồng (Parti communiste), jusque-là Premier ministre du Nord, devient Premier ministre de l'ensemble du Viêt Nam. Tôn Đức Thắng (Parti communiste) devient président de la République, après avoir été président du Viêt Nam du Nord.

Mai Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Le Malawi à cette date est un État à parti unique. Chaque circonscription compte entre un et cinq candidats, proposés par des citoyens. Ces candidats doivent ensuite être approuvés par le président de la République, le président à vie Hastings Banda, pour avoir le droit de se présenter. Le président Banda choisit de n'approuver qu'un seul candidat par circonscription, et ceux-ci sont donc tous déclarés élus sans qu'un vote n'ait lieu. Le Parti du congrès malawite (conservateur) conserve automatiquement tous les sièges, sans que les citoyens ne soient invités à se prononcer. Législatives Toutes les candidatures doivent être approuvées par le Front patriotique, dominé par les communistes et regroupant tous les partis autorisés. Les citoyens sont appelés à voter pour ou contre l'unique candidat dans leur circonscription. Les candidats du Front patriotique sont élus avec un taux d'approbation d'ensemble de 99,99 %. Le Parti communiste obtient la majorité absolue des sièges, les autres revenant à l'Union nationale agraire (agrarisme ; un quart des sièges), ou à des élus sans étiquette approuvés par le Front. Stanko Todorov (Parti communiste) demeure premier ministre.

Juin