Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1973. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les principaux référendums.Base de données Parline, Union interparlementaire.
Parmi les États démocratiques qui organisent des élections en 1973, quatre connaissent une alternance politique. En Irlande (février), le parti de centre-droit Fianna Fáil, au pouvoir depuis seize ans, est battu aux législatives par son vieux rival de centre-droit Fine Gael, allié au Parti travailliste. Liam Cosgrave devient premier ministre. En Norvège, les travaillistes retrouvent le pouvoir à l'issue des élections législatives de septembre, succédant à un gouvernement de coalition centriste. Au Danemark, à l'inverse, les sociaux-démocrates perdent le pouvoir lors des élections législatives en décembre ; le parti Venstre, libéral, forme un gouvernement minoritaire dirigé par le nouveau premier ministre Poul Hartling. Au Venezuela enfin, la gauche, déjà majoritaire au Congrès, remporte l'élection présidentielle en décembre, en la personne de Carlos Andrés Pérez.
En Argentine, les élections législatives et présidentielle en mars marquent un retour temporaire à la démocratie, après six années de dictature militaire. Elles sont remportées par le péroniste Héctor Cámpora, qui démissionne rapidement au profit de Juan Perón lui-même.
Parmi les États non-démocratiques, onze organisent en 1973 des élections à parti unique, où aucune réelle candidature d'opposition n'est possible. Dans les deux États marxistes-léninistes où se tiennent des scrutins cette année, le parti et les organisations de masse qui lui sont liées conservent automatiquement tous les sièges au parlement : c'est le cas en Mongolie et en république populaire du Congo, tous deux en juin. Des scrutins de façade et sans opposition se déroulent dans quatre autres États africains, où les partis uniques correspondent à des idéologies diverses : au Sénégal (janvier ; gauche), au Gabon (février ; droite), au Cameroun (mai ; droite), et en Zambie (décembre ; gauche). En Haïti, seuls les partisans du dictateur Jean-Claude Duvalier peuvent prendre part aux élections législatives en février, qu'ils remportent donc sans suspense. En Syrie, seuls les partis politiques ayant trait au socialisme sont autorisés, et doivent reconnaître le rôle dominant accordé par la constitution au parti Baas ; ce dernier s'octroie une très large majorité aux élections législatives en mai. Le Paraguay (février), la Corée du Sud (février) et le Portugal (octobre) maintiennent un semblant de multipartisme, mais fonctionnent en réalité comme des États à parti unique, où le parti de la droite autoritaire exerce, par le biais des institutions et par la répression de toute opposition réelle, un monopole sur le pouvoir. Les Maldives, sans avoir de parti unique, ne laissent pas non plus de place à une opposition politique, puisqu'en vertu de la constitution le parlement choisit un unique candidat (sans étiquette) pour l'élection présidentielle en septembre.
Enfin, six États orchestrent en 1973 des référendums au résultat prédéterminé pour asseoir de nouvelles institutions politiques consolidant la dictature. C'est le cas aux Philippines (janvier et juillet), en Syrie (mars), au Zaïre (juin), en Grèce (juillet), en Guinée équatoriale (juillet), et en Birmanie (décembre).
Par mois
Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats 10 au Référendum Les citoyens sont appelés à approuver une nouvelle constitution. Le travail de l'assemblée constitutionnelle a été constraint par le dictateur Ferdinand Marcos, qui a fait arrêter onze de ses membres par mesure d'intimidation. La loi martiale est en vigueur lors du scrutin. Pour ce vote, l'âge du droit de vote est abaissé à 15 ans au lieu de dix-huit, et les illettrés peuvent également voter. La constitution est approuvée officiellement par 95,3 % des votants. Pour autant, les Philippins sont appelés à la valider une seconde fois en juillet. Législatives et présidentielle Le Sénégal à cette date est un État à parti unique. Le parti présente autant que candidats qu'il y a de sièges à pourvoir à l'Assemblée nationale, et un candidat unique à la présidence de la République. Les citoyens n'ont pas l'option de voter « non ». Le scrutin est une pure formalité. Le parti Union progressiste (gauche) conserve mécaniquement tous les sièges, sa liste unique ayant recueilli 96,8 % des suffrages (les autres étant des votes blancs ou nuls). Léopold Sédar Senghor est réélu président avec 97,0 % de suffrages favorables.
Février Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives L'Union nationale et démocratique (droite) conserve la quasi-totalité des sièges. André Saint-Mleux (sans étiquette) demeure ministre d'État (premier ministre). Législatives Le pays à cette date est une dictature à parti unique. Le parti, seul autorisé à prendre part au scrutin, présente en moyenne six candidats pour chaque siège à pourvoir, invitant les citoyens à les départager. Le Parti de l'unité nationale remporte automatiquement tous les sièges. Référendum Les citoyens sont appelés à voter pour ou contre l'extension du droit de vote aux femmes. Seuls les hommes peuvent voter lors de cette consultation. La mesure est rejetée par 55,9 % des votants. Les femmes n'obtiendront le droit de vote qu'en 1984. Législatives et présidentielle Le pays à cette date est une dictature militaire marquée par un culte de la personnalité, de facto à parti unique malgré un semblant de multipartisme. Le parti est omniprésent. Les opposants politiques sont régulièrement arrêtés, torturés et assassinés. Il n'existe pas de pouvoir judiciaire indépendant. Le Parti colorado (droite autoritaire) conserve une large majorité des sièges dans les deux chambres. Le général Alfredo Stroessner (Parti colorado) est réélu président avec 84,7 % des voix, devant deux autres candidats. Présidentielle Seul candidat, le président et archevêque Makarios III (sans étiquette mais associé au Parti démocrate : conservateur, centre-droit) est déclaré réélu sans scrutin. 19 au Législatives Le Ciskei est un bantoustan, un territoire noir autonome créé par le régime de l'apartheid en Afrique du Sud. Seuls 40 % des députés sont élus, les autres sièges revenant à des chefs autochtones. Il n'y a pas de partis politiques. Tous les élus siègent sans étiquette. Lennox Sebe devient premier ministre. Législatives Il n'existe pas de partis politiques à cette date. Seuls les matai (chefs de familles autochtones) et les citoyens d'origine étrangère ont le droit de vote. Alternance. Les députés, siégeant sans étiquette, choisissent Fiame Mata'afa Faumuina Mulinu'u II pour le poste de premier ministre. Il succède à Tupua Tamasese Lealofi IV. Législatives et présidentielle Le Gabon à cette date est un État à parti unique. Le parti présente autant de candidats qu'il y a de sièges à pourvoir à l'Assemblée nationale, et un candidat unique à la présidence de la République. Les citoyens déposent un bulletin couvrant à la fois l'élection présidentielle et les législatives, et n'ont pas l'option de voter « non ». Le scrutin est une pure formalité. Le Parti démocratique (conservateur) conserve mécaniquement tous les sièges, sa liste unique ayant recueilli 99,6 % des suffrages (les autres étant des votes blancs ou nuls). Omar Bongo est ainsi réélu président. Législatives Seuls deux tiers des membres de l'Assemblée nationale sont élus par les citoyens, un tiers étant nommés par le président de la République. Le Parti républicain démocrate (autoritaire, conservateur ; droite à extrême-droite), parti du président Park Chung-hee, obtient exactement la moitié des sièges pourvus par élection. Avec l'ajout des membres nommés, il dispose des deux-tiers des sièges à l'Assemblée. Kim Jong-pil demeure premier ministre. Législatives Alternance. La coalition électorale du Fine Gael (centre-droit) et du Parti travailliste (centre-gauche) remporte la majorité absolue des sièges, devançant le Fianna Fáil (centre-droit) au pouvoir depuis seize ans. Liam Cosgrave (Fine Gael) devient premier ministre. Une élection présidentielle a lieu en mai.
Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives L'alliance « Confédération de la démocratie », qui rassemble quatre partis allant du centre-gauche à la droite, conserve la majorité absolue des sièges dans les deux chambres. Législatives Premières élections après l'indépendance du pays en 1971. La Ligue Awami (socialiste, laïque) remporte presque tous les sièges. Sheikh Mujibur Rahman, « père fondateur » de la nation, demeure premier ministre. En 1974, face à des manifestations de la gauche radicale, il décrète l'état d'urgence et fait instaurer un régime présidentiel à parti unique. Il est assassiné en 1975 lors d'un coup d'État militaire. Référendum Les citoyens sont appelés à se prononcer sur l'avenir de l'Irlande du Nord, en choisissant entre son maintien dans le Royaume-Uni ou son rattachement à la république d'Irlande. Le scrutin se déroule durant « les Troubles », une période de violences terroristes. Deux jours avant le vote, un soldat britannique est abattu par des nationalistes à Belfast ; le jour du scrutin, le groupe terroriste « IRA provisoire » fait exploser deux bombes à Londres, faisant un mort et deux-cents blessés. Les nationalistes ayant largement boycotté le scrutin, l'option du maintien dans le Royaume-Uni recueille 98,9 % des suffrages, avec un taux de participation de 58,7 %. Législatives et présidentielle Le lieutenant-général Alejandro Agustín Lanusse, chef de la junte, autorise ces élections pour un retour à la démocratie, après six ans de dictature militaire. Juan Perón n'est toutefois pas autorisé à se porter candidat. Le Parti justicialiste (péroniste, hétéroclite mais globalement de centre-gauche) remporte une majorité absolue des sièges. Le candidat justicialiste à l'élection présidentielle, Héctor Cámpora, obtient 49,6 % des voix. Aucun candidat n'ayant recueilli la majorité absolue des suffrages, le vainqueur aurait dû être désigné par le Congrès, mais le président sortant Alejandro accepte de déclarer directement la victoire de Héctor Cámpora. Le , des snipers aux ordres des figures de l'aile extrême-droite du péronisme tirent sur une large foule de jeunes militants de la gauche péroniste, faisant au moins treize morts ; c'est le massacre d'Ezeiza. À la demande de Juan Perón, Héctor Cámpora démissionne, précipitant de nouvelles élections en septembre. 4 et Législatives L'Union des républicains de progrès (alliance de partis de droite et de centre-droit) recule nettement mais conserve la majorité absolue des sièges. L'Union des démocrates pour la République (droite gaulliste) n'a toutefois plus la majorité absolue à elle seule, et doit d'appuyer sur les autres composantes de l'URP. Pierre Messmer (UDR) demeure premier ministre. Référendum Les citoyens sont appelés à approuver une nouvelle constitution, faisant de la Syrie un État laïc et socialiste. La constitution est approuvée officiellement par 97,8 % des votants. 19 au Angola mars Mozambique mars Cap-Vert mars(juillet?) Sao Tomé-et-Principe Constituantes Élection d'une Assemblée constituante pour les îles de São Tomé et Principe, colonies portugaises. Elles prendront leur indépendance le , formant la république démocratique de Sao Tomé-et-Principe.
Avril Date Pays Élections Contexte Résultats avril Législatives Le Sikkim à cette date est un protectorat autonome de l'Inde. Parlement sans majorité. Le Parti national (monarchiste, pro-indépendance) conserve la majorité relative des sièges.
Mai