Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1977. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les principaux référendums.

L'Espagne connaît en juin ses premières élections démocratiques depuis 1936, marquant la fin de la dictature franquiste. Elles sont remportées par le centre-droit, mené par Adolfo Suárez.

La Première ministre sri-lankaise Sirimavo Bandaranaike et la Première ministre indienne Indira Gandhi, respectivement première et deuxième femmes au monde à avoir été élues cheffes d'un gouvernement national, perdent toutes deux le pouvoir cette année, lorsque leurs partis de centre-gauche obtiennent de très mauvais résultats aux élections législatives de mars (Inde) et de juillet (Sri Lanka). La défaite d'Indira Gandhi en Inde est due notamment à ses dérives autoritaires, qui l'ont rendue très impopulaire, et marque le premier changement de majorité depuis l'indépendance du pays en 1947. Le nouveau Premier ministre Morarji Desai peine toutefois à gérer sa nouvelle majorité parlementaire hétéroclite et divisée. Au Pakistan voisin, la victoire électorale du gouvernement de gauche sortant (mars) n'est pas acceptée par l'opposition ; les manifestations qui s'ensuivent débouchent sur un coup d'État militaire.

Parmi les autres États démocratiques, quatre connaissent une alternance au pouvoir au travers d'élections en 1977. En Israël, la victoire du Likoud (droite) aux élections législatives en mai est tout aussi historique, car c'est la première fois que la gauche n'est plus aux commandes du gouvernement. Menahem Begin, du Likoud, forme un gouvernement de coalition avec d'autres partis de droite. Aux Pays-Bas, les partis du centre-droit forment une coalition à l'issue des élections en mai, et succèdent au gouvernement de centre-gauche sortant. En Irlande, le parti d'opposition Fianna Fáil (centre-droit) remporte confortablement les élections en juin, succédant à un gouvernement de coalition centriste. En Turquie, les résultats fragmentés des élections législatives en juin permettent brièvement à l'opposition de centre-gauche de former un gouvernement, avant que ne s'impose une coalition de partis de droite et d'extrême-droite. Aux Fidji, l'opposition est prise de court par sa victoire inattendue aux élections législatives en avril, et ne parvient pas à décider à qui confier la direction du gouvernement. De nouvelles élections en septembre restituent la majorité parlementaire au Premier ministre conservateur Kamisese Mara, le perdant des élections d'avril.

Des semblants d'élections ont par ailleurs lieu dans des États non démocratiques, où aucune alternance au pouvoir n'est possible. La dictature militaire meurtrière au Salvador organise ainsi en février une élection présidentielle, dont le résultat favorable est garanti par une fraude massive. En Indonésie (mai) et en Sierra Leone (mai), les partis d'opposition sont tolérés en principe, mais la répression et les actes d'intimidation exercés par les autorités rendent les élections inéquitables. En Afrique du Sud (novembre) les partis d'opposition peuvent faire campagne librement, mais seuls les Blancs peuvent se présenter et voter : c'est la période de l'apartheid. En Rhodésie (août), de manière similaire, la minorité blanche dispose d'une très large majorité des sièges au parlement, et peu de Noirs ont le droit de vote. Ces deux États demeurent au ban de la communauté internationale. De nombreux États dans les années 1970 sont des régimes à parti unique, où les électeurs sont appelés simplement à approuver les candidats choisis par les autorités, ou bien à départager plusieurs candidats issus du seul parti autorisé. C'est le cas pour les élections de 1977 en Algérie (février), au Soudan (avril), à Madagascar (juin), aux Comores (octobre), et au Zaïre (octobre et décembre), ce dernier sévissant sous la dictature de Mobutu Sese Seko. C'est également le cas dans les États marxistes-léninistes : en Mongolie (juin), en Corée du Nord (novembre), et en Mozambique (décembre).

Par mois

Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats à mi- Législatives Premières élections après l'indépendance de cette ancienne colonie portugaise. La Guinée-Bissau à cette date est un État à parti unique. L'élection se déroule au suffrage indirect : Les citoyens élisent les conseils régionaux, qui à leur tour élisent l'Assemblée nationale populaire. Le droit de vote s'acquiert à l'âge de 15 ans. Le parti présente une liste unique de candidats aux citoyens, qui sont appelés à voter pour ou contre cette liste. La liste présentée par le Parti africain pour l'indépendance (marxiste-léniniste) recueille 80,0 % de suffrages favorables, bien que dans certaines régions des candidats non autorisés aient obtenu des suffrages. Les conseils régionaux élisent une assemblée nationale où le parti détient tous les sièges. L'Assemblée confirme Luís Cabral à la présidence de la République ; Francisco Mendes demeure Premier ministre.

Février Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Parlement sans majorité. Le parti Social-démocratie (centre-gauche) conserve la majorité relative des sièges. Anker Jørgensen (social-démocrate) demeure Premier ministre, formant une coalition avec le parti Venstre (centre-droit). Présidentielle Le Salvador à cette date est une dictature militaire. L'élection est entachée de fraudes massives de la part du gouvernement. Carlos Humberto Romero (Parti de la conciliation nationale : droite, parti de la junte) est déclaré élu avec 67,3 % des voix, contre son unique adversaire Ernesto Claramount (Union nationale d'opposition). Le , les forces de l'ordre tirent sur une foule de manifestants qui protestent contre cette fraude, massacrant des centaines de manifestants et de passants. Le gouvernement Romero déclare l'état de siège, et les escadrons de la mort du régime sont intégrés à l'armée, assassinant des centaines de syndicalistes et de militants de gauche. En , un coup d'État interne à la junte renverse Romero ; le nouveau gouvernement accentue le régime de répression et de terreur. Législatives Premières élections législatives depuis 1964. Elles font suite à l'adoption d'une nouvelle constitution qui instaure formellement un État à parti unique. Le parti présente trois candidats par siège à pourvoir, les citoyens étant invités à les départager. Aucune candidature d'opposition n'est possible. Le Front de libération nationale (nationaliste, socialiste) remporte automatiquement tous les sièges. Mohamed Abdelghani est nommé Premier ministre lorsque cette fonction est rétablie en 1979.

Mars Date Pays Élections Contexte Résultats Législatives Le Parti du peuple (gauche) conserve la majorité absolue des sièges, et Zulfikar Ali Bhutto demeure Premier ministre. L'Alliance nationale (droite populiste), principal mouvement d'opposition, ne reconnaît pas les résultats, et parvient à provoquer d'importantes manifestations populaires. Le , le général Muhammad Zia-ul-Haq prend le pouvoir par un coup d'État, instituant une dictature militaire qui fait exécuter le Premier ministre déchu. 16 au Législatives Le pays vit sous un régime d'état d'urgence depuis deux ans, institué par la Première ministre Indira Gandhi en raison des troubles générés par son impopularité. Les libertés publiques sont suspendues. Alternance. Le parti Congrès national indien (socialiste, laïc, progressiste), qui gouverne le pays depuis l'indépendance en 1947, perd le pouvoir pour la première fois, perdant plus de la moitié de ses sièges. Le Parti populaire (hétéroclite) remporte la majorité absolue des sièges. Morarji Desai (Parti populaire) devient Premier ministre.

Avril Date Pays Élections Contexte Résultats au Législatives Parlement sans majorité. Le Parti de la fédération nationale (qui représente les intérêts des communautés rurales indo-fidjiennes), principal parti d'opposition, remporte exactement la moitié des sièges, devançant de peu le Parti de l'Alliance (conservateur, principalement autochtone) jusque-là au pouvoir. Le PFN a la possibilité de former un gouvernement avec l'appui d'un député sans étiquette, mais ne parvient pas à s'accorder sur le nom d'un Premier ministre. Le Gouverneur général Ratu George Cakobau prend alors la décision controversée de reconduire Ratu Sir Kamisese Mara (Parti de l'Alliance) à la direction d'un gouvernement minoritaire. Le gouvernement Mara, n'ayant pas de majorité pour gouverner, est démis par une motion de censure au Parlement en juin, entraînant la tenue de nouvelles élections en septembre. 4 et Législatives La Gambie est l'une des rares démocraties en Afrique subsaharienne à cette date. Le Parti progressiste populaire (centre-gauche) conserve la majorité absolue des sièges, les autres revenant à des partis d'opposition. Législatives Parlement sans majorité. Le Parti populaire chrétien (CVP : centre-droit, néerlandophone) conserve la majorité relative dans les deux chambres, avec environ un quart des sièges dans chaque. Léo Tindemans (CVP) demeure Premier ministre, conservant son gouvernement de coalition avec le Parti social-chrétien (centriste, francophone), et l'élargissant à quatre autres partis (socialistes, sociaux-libéraux, et nationalistes flamands). 10 au Présidentielle Le Soudan à cette date est un État à parti unique. Les citoyens sont appelés à voter pour ou contre la réélection du président sortant, l'unique candidat. Gaafar Nimeiry (Union socialiste : socialisme arabe, autoritaire) est réélu avec 99,1 % de suffrages favorables.

Mai