Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1978. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les principaux référendums.

Commentaires généraux Cette année marque l'émergence de la démocratie en République dominicaine, où l'opposition de centre-gauche remporte les élections législatives et présidentielle du mois de mai face au gouvernement militaire de droite sortant. Malgré une tentative d'obstruction de la part de l'armée, le pays connaît ainsi sa première transition démocratique, et Antonio Guzmán devient président. En juin, l'élection d'une assemblée constituante au Pérou aboutit à l'adoption d'une constitution qui restaure la démocratie dans ce pays également. De même en Espagne, les citoyens approuvent par référendum en décembre une nouvelle constitution qui finalise le retour à la démocratie. Et le Sénégal connaît en février ses premières élections démocratiques après l'abrogation du régime à parti unique ; Léopold Sédar Senghor et son Parti socialiste conservent toutefois le pouvoir à l'issue de ce scrutin.

Parmi les autres États démocratiques, seuls trois connaissent une alternance au pourvoir par le biais d'élections en 1978. Au Costa Rica, l'opposition de droite remporte les élections législatives et présidentielle en février. Il en va de même au Venezuela en décembre. En Islande, les élections législatives en juin aboutissent à la formation d'un gouvernement de coalition centriste.

La plupart des États d'Amérique latine, d'Afrique et du Moyen-Orient demeurent des dictatures dans les années 1970, et n'organisent que des élections de façade, où la victoire du gouvernement autoritaire en place est assurée d'avance. L'Amérique latine est ainsi caractérisée, avec quelques exceptions, par des dictatures militaires de droite particulièrement brutales, qui pratiquent l'assassinat de leurs opposants supposés, dans un climat de peur. C'est le cas au Chili, où le général Augusto Pinochet fait approuver sa dictature par référendum en janvier ; au Paraguay, où le général Alfredo Stroessner remporte largement les élections du mois de février sans opposition réelle ; au Guatemala, où le général Fernando Lucas remporte pour la junte les élections frauduleuse en mars ; au Salvador, où la junte déploie une fraude massive pour remporter en mars les élections législatives ; en Bolivie, où la fraude garantit la victoire du général Juan Pereda en juillet ; et au Brésil, où le bipartisme de façade n'empêche pas la victoire de la junte aux élections législatives de novembre.

En Afrique, le Soudan (février), le Cameroun (mai), le Malawi (juin), les Comores (octobre) et la Zambie (décembre) organisent tous des élections à parti unique, dont le résultat est connu d'avance. En Sierra Leone (juillet) et au Rwanda (décembre), le régime formalise par référendum la mise en place d'un régime à parti unique. Au Moyen-Orient, les élections en Syrie (février et août) et au Yémen du Sud (décembre) se déroulent elles aussi dans le cadre d'un régime à parti unique, sans opposition possible. Ailleurs dans le monde, des élections non-démocratiques ont également lieu en Birmanie (dictature militaire et régime socialiste à parti unique) en janvier, aux Philippines (régime de droite nationaliste sous loi martiale dirigé par Ferdinand Marcos) en avril, en Corée du Sud (dictature de droite nationaliste où le président Park Chung-hee concentre tous les pouvoirs) en juin et en décembre, ainsi que dans les régimes communistes indépendants de Yougoslavie (titiste) en mai et d'Albanie (hoxhaïste) en novembre.

Par mois

Janvier Date Pays Élections Contexte Résultats Référendum Le Chili à cette date est une dictature militaire brutale, qui pratique la torture, l'assassinat et les disparitions forcées à l'encontre de ses opposants, dans un climat de terreur. Les mouvements de protestation sont réprimés dans le sang. Face aux critiques de la communauté internationale, le général Augusto Pinochet, qui a pris le pouvoir par un coup d'État en 1973, organise ce référendum pour appeler la population à soutenir sa politique. Voter est obligatoire. La politique menée par le gouvernement est officiellement approuvée par 78,6 % des votants. Présidentielle L'élection est prévue initialement en février. Le toutefois, Vassos Lyssaridis (Mouvement pour la démocratie sociale : centre-gauche) annonce le retrait de sa candidature. Le président en exercice étant désormais le seul candidat, l'élection est annulée. Spýros Kyprianoú (Parti démocrate : centre-droit), seul candidat, est déclaré réélu par défaut, sans scrutin. au Législatives La Birmanie à cette date est une dictature militaire et un État à parti unique. Le Parti du programme socialiste de la Birmanie (dont l'idéologie est la voie birmane vers le socialisme) conserve automatiquement tous les sièges. Maung Maung Kha demeure Premier ministre. 15 et Présidentielle Les citoyens élisent un collège électoral qui élit le président de la République. Les partis qui soutiennent le président sortant totalisent ensemble 82,3 % des suffrages populaires. Urho Kekkonen (Parti du centre : social-libéral et agrarien) est réélu avec 86,3 % des voix du collège électoral, face à trois autres candidats.

Février Date Pays Élections Contexte Résultats février Kiribati Législatives Ces élections préparent cette colonie britannique à l'indépendance. Tous les députés sont élus sans étiquette. Plutôt que d'être choisi par l'assemblée, le ministre-en-chef est élu au suffrage universel direct en mars. Législatives Seuls les hommes à cette date ont le droit de vote. Seuls les deux partis de la coalition au pouvoir présentent des candidats à ce scrutin, bien que rien n'interdise la participation de partis d'opposition. Semi-alternance. L'Union patriotique (centre-droit) remporte de justesse la majorité absolue des sièges. Hans Brunhart (UP) devient Premier ministre, mais maintient le gouvernement de coalition avec le Parti progressiste des citoyens (droite), jusque-là majoritaire. Législatives et présidentielle Parlement sans majorité. La Coalition de l'unité (droite et centre-droit) devance de peu le parti Libération nationale (centre-droit) et obtient la majorité relative des sièges. Alternance à la présidence de la République : Rodrigo Carazo (Coalition de l'unité) est élu avec 50,5 % des voix face à sept autres candidats dont Luis Monge (PLN ; 43,8 %), candidat du gouvernement sortant. Présidentielle La Syrie à cette date est un régime de facto à parti unique, bien que quelques autres partis idéologiquement compatibles soient tolérés. L'élection est un plébiscite, les citoyens étant appelés à voter pour ou contre le président en exercice, seul candidat. Hafez el-Assad (parti Baas : baasisme, panarabisme, socialisme arabe) est réélu avec officiellement 99,9 % de suffrages favorables. Des élections législatives ont lieu en août. 2 au Législatives Le Soudan à cette date est un État à parti unique. L'Union socialiste (socialisme arabe, conservatrice, autoritaire) remporte automatiquement tous les sièges. Le président de la République Gaafar Nimeiry demeure son propre Premier ministre. Législatives et présidentielle Le pays à cette date est une dictature militaire marquée par un culte de la personnalité, de facto à parti unique malgré un semblant de multipartisme. Le parti est omniprésent. Les opposants politiques sont régulièrement arrêtés, torturés et assassinés. Il n'existe pas de pouvoir judiciaire indépendant.Les règles électorales prévoient que le parti arrivé en tête aux élections législatives remporte automatiquement les deux tiers des sièges, le tiers restant étant réparti entre les autres partis proportionnellement aux suffrages reçus. Le Parti colorado (droite autoritaire) conserve sa majorité des deux tiers dans les deux chambres, avec officiellement quelque 89 % des suffrages. Le général Alfredo Stroessner (Parti colorado) est réélu président avec 90,8 % des voix, devant deux autres candidats. Législatives L'Union nationale et démocratique, qui disposait de la quasi-totalité des sièges, remporte cette fois tous les sièges, face aux candidats de deux autres partis. André Saint-Mleux (sans étiquette) demeure ministre d’État (chef du gouvernement). Législatives Le Parti libéral (centre-gauche) conserve la majorité absolue des sièges dans les deux chambres. Une élection présidentielle a lieu en juin. Législatives et présidentielle Une réforme constitutionnelle en 1976 a mis fin au régime du parti unique et établi le multipartisme. Le Parti socialiste (centre-gauche) conserve une très large majorité des sièges à l'Assemblée nationale. Léopold Sédar Senghor (Parti socialiste) est réélu président de la République avec 82,2 % des voix face à un unique adversaire : Abdoulaye Wade (Parti démocratique : libéral).

Mars