André de Montfort-LavalLe maréchal de Lohéac descendait des anciens sires de Lohéac, mais était membre de la famille de Laval. Bibliographie bretonne., dit André de Lohéac, seigneur de Lohéac et de Montjean, puis baron de Retz (du chef de sa femme Marie de Rais, fille de Gilles de Rais), amiral puis maréchal de France, est né en 1408 au château de MontsûrsCourvaisier, . et mort le à Laval.
Il accomplit son premier fait d'armes à 14 ans, résiste aux Anglais lorsqu'ils envahissent Laval en 1428, accompagne Jeanne d'Arc d'Orléans à Reims, et le roi Charles VII dans ses expéditions de 1440 à 1448. Il participe à la libération de la Normandie et de Bordeaux et à la résistance contre les Bourguignons. Entretemps, il est gouverneur de Paris et maréchal de France.
André de Lohéac et son frère Guy XIV de Laval avaient la particularité d'être vassaux du duché de Bretagne en même temps que de la Couronne de France avec le comté de Laval.
Biographie Origine André de Lohéac est le fils de Jean de Montfort dit Guy XIII de Laval (1385-1415) et d'Anne de Montmorency-Laval (1385-1466). Il était par sa mère petit-fils par alliance du connétable Bertrand du Guesclin.
Jean de Laval (1320-1398) x Isabeau de Tinténiac (1325-1433) │ └──> Jeanne de Laval (1350-1433) x Bertrand du Guesclin (1320-1380) x Guy XII de Laval (132?-1412) │ └──> Anne de Laval (1385-1466) x Guy XIII de Laval (1385-1414) │ ├──> Guy XIV de Laval (1406-1486) ├──> André de Lohéac (1408-1486) └──> Louis de Laval (1411-1489)
Le second des fils de Guy XIII, André, reçut comme fief principal la terre de Lohéac que son arrière grand-mère, Isabeau de la Roche-Bernard, avait apportée en 1364 à la maison de Montfort.
André et son frère Louis paraissent avoir été très liés : ils sont même parfois confondus par les historiensP.R. Gaussin Louis XI, un roi entre deux mondes, Paris, 1976, . : ., et participent aux mêmes entreprises et reçoivent ensemble l'ordre de Saint-Michel lors de sa création par Louis XI.
Le sort des enfants Pour l'Art de vérifier les datesChronologie historique des sires, puis comtes de Laval, 1784, t. II, ., les enfants de la Maison de Laval, à la mort de Guy XIII de Laval en 1414, étaient mineurs, il y a procès pour leur tutelle entre Raoul IX de Montfort, leur aïeul, et Anne, leur mère.
Le , Raoul IX de Montfort profitant du grabuge apporté par Anne de Laval, fait valoir ses prétentions à obtenir la garde de ses petits-enfants. Il profite de la discorde de la mère et la fille , faisant ainsi courir le risque qu'il les éduque et les marie à sa convenance, ou pire, qu'il récupère leur héritage par leur mort accidentelle .
Jeanne et Anne s'allient alors plus ou moins, contre cette menace commune. La garde des enfants était alors confiée à Jeanne de Laval-Tinténiac et le gouvernement de leurs terres héritées de leur père à Louis de LoignyLettres royaulx […] commis la dicte Jehanne à la garde des enffans et messire Loys de Loigny au gouvernement des terres d'iceulx.. Anne est encore alors sous la protection du roi puisqu'elle ne parle pas en son nom propre, mais accompagnée de Guillaume d'Orenge.
Depuis le , la garde des enfants appartient à Jeanne et c'est à elle avant tout de défendre son statut de tutrice. Anne fait valoir le droit : dans la coutume d'Anjou et du Maine, un remariage n'empêche pas la garde des enfants., comme le conteste Raoul de MontfortIl est précisé que « ne sont pas Turpin et Anne ensemble.. Les enfants sont d'abord de Laval avant d'être de Bretagne.
Il est précisé que . Anne confirme les dires de sa mère, et rajoute .
L'affaire est conclue en faveur d'AnneSans doute avec le soutien de Yolande d'Aragon., car la garde .
Carrière militaire
thumb|right|100px|Bertrand du Guesclin Au cours de la guerre de Cent Ans, armé de l’épée du connétable, il fait ses premières armes contre les Anglais dès l’âge de quinze ans. À la bataille de la Brossinière près de Bourgon en Mayenne, il est armé chevalierAndré de Lohéac devait être âgé alors de 16 ans, âge que la tradition lui assigne et auquel la chevalerie n'était concédée que dans des cas absolument exceptionnels. Bertrand du Guesclin reçoit les honneurs de la chevalerie en 1354 à l'âge de 34 ans environ. sur le champ de bataille par le comte d'Aumale en lui ceignant l'épée du connétable Bertrand du Guesclin.
Le , la ville de Laval ayant été prise de nuit par escalade, la garnison et le jeune André de Lohéac, alors âgé de dix-sept ans, se retirèrent dans le château de Laval et s'y défendirent pendant six jours. Ils se rendirent enfin aux Anglais.
Prisonnier de John Talbot, comte de Shrewsbury, il est libéré moyennant une rançon vers la mi-. En 1428, André de Lohéac fut nommé lieutenant d'Arthur de Richemont, connétable de France et gouverneur du Maine pour le roi.
Compagnon d'armes de Jeanne d'Arc vignette|redresse=1.4|Batailles et opérations majeures en France entre 1415 et 1453.
Il rejoint le , à Selles-en-Berry (Selles-sur-Cher), l'armée royale que réunit Jeanne d'Arc et Jean II, duc d'Alençon, pour poursuivre la libération du Val de Loire après la levée du siège d'Orléans. Il se distingue, parmi d'autres, à Jargeau, Beaugency, et surtout à Patay où il combat à l'avant-garde.
Le sacre de Charles VII Avec son frère Guy XIV de Laval, il suit le souverain à Reims pour assister au sacre de Charles VII de France. Pour l'Art de vérifier les dates, le jour même de la cérémonie de son sacre ()Dans les mêmes temps la ville et le château de Laval étaient au pouvoir des Anglais., Charles VII, dans un conseil nombreux qu'il tint, érigea la baronnie de Laval en comté, relevant nument du roi, par lettres qui furent vérifiées au parlement le .
Ces lettres sont fondées sur les motifs les plus honorables qu'elles énoncent, la grandeur et l'ancienneté de la maison de Laval, son immuable fidélité envers la couronne, les services importants qu'elle lui a rendus, les armées levées à ses dépens pour le besoin de l'État, les pertes qu'elle a essuyées de ses villes et de ses châteaux, etcLes comtes étaient rares à cette époque ; et leurs prérogatives étaient telles, suivant du Tillet, qu'ils précédaient le connétable..
En 1430, André de Lohéac est chargé de défendre Laval, qui avait été repris sur les Anglais le .
En 1433, le roi Charles VII fait de Lohéac le gouverneur du comté de Laval, avec pouvoir d'assiéger les places anglaises de Normandie et d'y établir des gouverneurs. Avec Ambroise de Loré, il harcèle l'ennemi du côté normand. Venables, capitaine anglais, de l'abbaye de Saint-Gilles en Cotentin où il s'est retiré, fait aux alentours des excursions désastreuses pour les habitants.
Lohéac et Loré, sur les invitations pressantes du duc de Bretagne, tentent de le déloger de cette abbaye. À la tête de , ils y entrent de nuit par escalade ; mais les Anglais se défendent et les troupes doivent se retirer après leur avoir fait perdre . Venables, via ce succès, se met aussitôt en campagne et s'avance jusqu'à Lassay ; mais il s'y laisse surprendre. Les deux capitaines, suivis de , l'attaquent, le mettent en déroute et retournent à Laval avec un riche butin et de nombreux prisonniers.
Amiral, puis maréchal de France Il assiste au siège de Paris. En 1436, André de Lohéac, âgé de vingt huit ans, est pourvu de l'office d'amiral de France, où il remplace Louis de Culant.
En 1439, de Lohéac revint de nouveau à l'armée du roi qui, par suite de ses bons services, le nomma maréchal de France en remplacement de Pierre de Rieux, décédé. Il est déchargé de sa fonction d'amiral de France et remplacé par Prigent VII de CoëtivyIl fut créé amiral en remplacement d'André de Lohéac, nommé maréchal de France. Il prêta serment le 26 décembre 1439, et fut tué sur le champ de bataille au siège de Cherbourg. pour devenir un peu plus tard, maréchal de France.
En 1441, le maréchal de Lohéac continua à combattre les Anglais autour de Paris ; il commandait l'armée au siège de Pontoise, sous le roi et le dauphin, lors de l'assaut qui emporta la ville ; il commandait la troisième attaque au boulevard du Pont, à la tête de la plus forte partie de l'armée ; au bout de deux heures et demie la ville fut prise.
Plus tard il se distingua contre la garnison anglaise de Mantes, qui fit une sortie jusqu'aux portes de Paris : il la défit entièrement et revint dans la capitale avec un grand nombre de prisonniers. L'année suivante, 1442, il se trouva au siège de Beauvais. En 1443, le maréchal de Lohéac alla avec le dauphin faire lever le siège de Dieppe. Il ramena à l’obéissance le comte d'Armagnac Jean V d'Armagnac, qui tenait en prison la comtesse de Comminges, son épouse, dont il n'avait pas d'enfant, afin de la contraindre à lui faire donation de ses terres.
En 1445, André de Lohéac participe au tournoi organisé lors du mariage de Marguerite d'Anjou, mariée par procuration. Vie du Roi René, édit. de Quatrebarbes, t. I., en la collégiale Saint-Georges de Nancy, à Henri VI, roi d'Angleterre (1421-1471).
En 1446, André de Lohéac participe au tournoi organisé par René d'Anjou à Saumur, et connu sous le nom d'« emprise du château de Joyeuse-Garde ».
Campagne de Normandie (1449-1450) Guy XIV et André de Lohéac prirent part à l'expédition rapide, par laquelle la Normandie fut enlevée aux Anglais. On les voit à la prise de Saint-Jacques-de-Beuvron, de Mortain, de Coutances, de Saint-Lô, de Carentan, de Valognes ; puis au siège de Fougères, enlevé à l'ennemi pendant la trêve et qui fut remis à Pierre de Bretagne, frère du duc François ; enfin à la bataille de Formigny, dans laquelle périrent Anglais. Lohéac, après la soumission de Bayeux, reçut celle de Saint-Sauveur-le-Vicomte. II se trouva aux sièges de Caen et de Falaise, et à celui de Cherbourg, la dernière place qui restât à l'ennemi dans cette province.
Campagne de Guyenne 200px|right|thumb|Bataille de Castillon.Miniature extraite des Vigiles de de Martial d'Auvergne, fin du , Paris, BnF, département des Manuscrits, ms. Français 5054 229 . En 1451, le maréchal André de Laval se trouva à la reddition de toute la Guyenne, aux sièges de Blaye, Bourbourg-Fronsac, à la prise de Bordeaux le , et enfin au siège de Bayonne qui se rendit à lui le Jean Chartier, Berry..
En 1453, les Anglais étant rentrés par trahison dans plusieurs villes de la Guyenne, le roi envoya pour les chasser le maréchal de Lohéac ; il mit le siège devant Castillon le ; les Anglais vinrent en grand nombre sous la conduite de John Talbot, pour faire lever le siège ; ils attaquèrent les Français, mais ils furent battus; Talbot et son fils, furent tués ; dès le lendemain, , Castillon se rendit ; Fronsac, Libourne, Langon, Cadillac, se rendirent également. Bordeaux restait à prendre, on en forma le blocus ; après plusieurs assauts l'ennemi qui manquait de vivres fut obligé de capituler le , et les Anglais furent entièrement chassés de France ; le roi fit alors bâtir près de Bordeaux les forts Trompette et du Ham.
Après la soumission de la Guyenne, il revient à Laval et au château de MontjeanIl l'a acheté pour 100 saluts d'or., qu'il fait relever. Il reste dans ce château pendant presque toute l'année 1454. Après le mariage de sa nièce Jeanne de Laval avec René d'Anjou, il reçoit l'ordre du roi de France de marcher contre Jean V d'Armagnac. Avec Jean Poton de Xaintrailles et le comte de Clermont, il entre sur les terres du comte à la tête des troupes de Guienne et se rend maître en peu de temps de 17 villes ou places fortes. Lectoure, malgré son château parfaitement fortifié, ne peut l'arrêter que quelques jours et doit à son tour faire sa soumission.
Gendre de Gilles de Rais Il se marie en 1451 avec Marie de Montmorency-Laval dite Marie de Rais, dame de Retz, fille unique de Gilles de Rais et veuve de Prigent VII de Coëtivy. Il s'agit de sa cousine, la fille de son compagnon d'arme du temps de Jeanne d'Arc.
Par ce mariage, il devient le nouveau baron de Retz et, entre autres, seigneur de Machecoul, de Champtocé-sur-Loire, etc.