Bucarest (, , ou en version longue) est la capitale et le centre culturel, économique et politique de la Roumanie.
Elle se trouve sur la rivière Dâmbovița (sous-affluent du Danube) dans le sud-est de la Roumanie.
La ville est mentionnée pour la première fois en 1459 comme marché fortifié au carrefour des routes commerciales entre Târgoviște, alors capitale de la Valachie, Brașov () en Transylvanie, et le port de San-Giorgio fondé par les Génois sur le Danube. Ce marché s'est rapidement développé et devient, au , la capitale de la principauté de Valachie, puis, en 1859, de la Roumanie.
Lors du dernier recensement de 2021, la municipalité comptait , en diminution par rapport à 2011, 2002 et 1992. Bucarest reste la plus grande ville de Roumanie. On la surnomme parfois Micul Paris, qui signifie « Le petit Paris », ou encore « le Paris des Balkans ».
Étymologie
Selon la légende attestée au .., București viendrait de , un berger qui se serait établi le premier sur l’emplacement actuel. Comme, en roumain, bucur signifie « joie », de nombreux écrivains roumains surnomment Bucarest « la ville de la joie ». En fait, en Roumanie, beaucoup de toponymes en …ești sont le pluriel des patronymes en …escu et rappellent l’allégeance des personnes concernées à un fondateur (marchand, fermier libre, boyard, voïvode ou hospodar) : ainsi, București peut parfaitement être le pluriel de Bucurescu, patronyme rappelant l’allégeance à un quelconque Bucur (équivalent roumain de Hilaire) ; il est seulement peu vraisemblable qu’il s’agisse d’un simple berger, et plus probable qu’il s’agisse d’un important propriétaire de troupeaux, la ville avec ses lacs étant une étape et un marché sur les chemins de transhumance entre les Carpates (estive) et le Danube (hivernage). La forme française du nom de la ville provient de l'allemand : Bukarest..
Géographie
Topographie vignette|Bucarest vu par le satellite Spot. Bucarest se trouve dans le sud de la Roumanie, entre Ploiești au nord et Giurgiu au sud, à moins de de la Bulgarie.
La plaine de Bucarest, sous-région de la plaine valaque (de l'est de la Serbie au sud-est de la Roumanie), s'étend le long de la Dâmbovița, du nord dans les Carpates, au sud dans la vallée de l'Argeș. Bucarest est au centre-sud de cette plaine, entre 60 et d'altitude.
En tant que capitale, Bucarest est un nœud de transport important, sur le chemin de la route européenne 81 de Pitești à Constanța, et au cœur du réseau des chemins de fer roumains (gare d'origine de cinq lignes principales).
Hydrographie
vignette|Le lac Cișmigiu. La Dâmbovița traverse la ville d'Ouest, au niveau de Chiajna, en Est, au niveau de Glina. La Dâmbovița se jette dans l'Argeș, un affluent du Danube.
La Colentina s'écoule dans la partie nord de Bucarest, se jetant plus en aval de la ville dans la Dâmbovița.
Les deux rivières sont l'objet de nombreux lacs naturels ou artificiels au sein de la ville, particulièrement pour la Colentina le lac Herăstrău, le lac Floreasca, le lac Tei ou le lac Colentina.
Le lac Cișmigiu se situe au centre de la ville, dans le parc portant le même nom. Ledit lac, qui fut utilisé pour les bains à l'époque médiévale, est entouré du parc Cișmigiu, inauguré en 1847 sur les plans de l'architecte allemand Carl F. W. Meyer.
Géologie et relief Bucarest comporte trois collines : Cotroceni, Dealul Mitropoliei et la butte de Spirea (siège du palais du Parlement, ancienne maison du Peuple).
Climat Le climat de la Valachie est possède un climat continental humide (Köppen : Dfa), (Trewartha: Dcao), avec de forts écarts entre des hivers rigoureux et des étés plutôt moites. Les précipitations tombent majoritairement au printemps et en été. Jadis ville-jardin, Bucarest atténuait alors ces contrastes, ses nombreux arbres coupant le vent d'hiver et maintenant la fraîcheur en été. Aujourd'hui livrée au béton, au verre et à la thrombose automobile (qui envahit même les trottoirs), la cité a accentué ses contrastes climatiques, et il n'est pas rare que les mois d'été, la température diurne dépasse largement près des façades ou des places sans verdure exposées au soleil.
Transports
Transport en commun vignette|Station de métro Titan. vignette|Vidéo : trams et trolleys de Bucarest, 2014.
Le réseau de transport public de Bucarest est le plus important au niveau national et est l'un des plus étendus d'Europe. Il comporte plusieurs lignes de métros, tramways, trolleybus et bus exploitées par la STB (Societatea de Transport București). Le parc de véhicules, extrêmement vétuste en 1990, a été en grande partie renouvelé et mis aux normes de sécurité et de confort européennes, mais reste insuffisant, d'autant que la rareté des couloirs en site propre englue les véhicules dans les embouteillages. Un système privé de minibus est aussi présent à Bucarest. Le métro était exploité en partie par la CFR (les chemins de fer) et en partie par la STB. Depuis 2007, l'ensemble du métro est exploité par l'Autorité métropolitaine de transport de Bucarest.
Malgré ces progrès, le réseau ne répond pas bien aux besoins, car les modifications apportées par la dictature à l'époque de Nicolae Ceaușescu ont été conservées à cause de la priorité absolue donnée à l'automobile : de nombreux passages piétons ont été supprimés, or certains seulement sont remplacés par des tunnels, pas toujours accessibles aux moins mobiles, et surtout le réseau de tramways qui, avant 1985, était interconnecté au centre de la ville, Place de l'Union, n'a pas été à nouveau raccordé : les terminus des différents réseaux se trouvent donc à plus d'un kilomètre les uns des autres, obligeant les voyageurs à de longues et périlleuses marches et traversées de rues. La mairie a lancé en 2023 les travaux pour relier de nouveau les deux réseaux de tramways.
Métro
Le plus fiable des modes de transport en commun de Bucarest est le métro, aujourd'hui exploité par la société « Metrorex ».
Le réseau est composé en 2013 de quatre lignes : la ligne M1 reliant Pantelimon à Dristor en passant par le centre-ville et la gare de Bucarest Nord, ouverte entre 1979 et 1991 (elle reste surtout une ligne circulaire) ; la ligne M2 reliant Pipera à Berceni, ouverte entre 1986 et 1987 ; la ligne M3 reliant Precizei à Anghel Saligny, ouverte entre 1979 (le trajet commun avec M1) et 2008 ; la ligne M4 reliant le Parc Bazilescu à gare de Bucarest Nord, ouverte entre 2000 et 2011, prolongée en 2017 jusqu'à la station « Lac Străulești » ; la ligne M5, dont le lancement a été réalisé en 2021, reliant Eroilor à Râul Doamnei.
Le réseau actuel est donc constitué de et . Les stations sont en moyenne espacées de l'une de l'autre. Il constitue le moyen de transport le plus rapide de la ville.
En plus du prolongement de la ligne M4, il est également prévu : la ligne M6, dont le lancement est prévu pour 2027, reliant l'aéroport de Bucarest-Henri-Coandă et l'aéroport international Aurel-Vlaicu à la ligne M4 à la station ; la ligne M7, qui devrait relier Voluntari à Bragadiru ; la ligne M8, qui devrait relier Crângași à Dristor.
Transport de surface
Le transport en commun de surface est de la responsabilité de la (STB) et comprend un réseau à la fois d'autobus, de trolleybus, de tramway et de métro léger. Le réseau de la STB est l'un des plus denses d'Europe, gérant le déplacement de près de de passagers par jour sur de bus, de trolley et de tramway. Le réseau de tramway est en transition : les lignes desservant le centre-ville en ont été démantelées, d'autres sont converties en métros légers. L'acquisition de nouveaux véhicules pour les autobus est lancée.
Les taxis sont très nombreux à Bucarest ( autorisés en 2008) avec des tarifs autour de la minute (soit environ d'euro). Certains sont trois fois plus chers mais le tarif est obligatoirement indiqué sur la carrosserie.
Transport aérien
vignette|Nouvelle aérogare de l'aéroport d'Otopeni.La ville est desservie par deux aéroports : l'aéroport de Bucarest-Henri-Coandă (autrefois Otopeni) ; l'aéroport international Aurel-Vlaicu (autrefois Băneasa).
Henri-Coandă est le plus grand aéroport roumain avec un trafic de de passagers en 2007. La principale compagnie en est la société nationale roumaine Tarom.
L'aéroport international Aurel-Vlaicu, plus petit, est utilisé pour des vols de fret et des vols à bas coût.
Transport ferroviaire Bucarest est le nœud ferroviaire principal de la compagnie nationale des chemins de fer roumains. La gare la plus importante est la gare du Nord d'où partent et arrivent tous les jours des trains provenant ou vers de nombreuses localités roumaines et également de grandes villes européennes, par exemple : Belgrade en Serbie ; Budapest en Hongrie ; Sofia en Bulgarie ; Vienne en Autriche ; Chișinău en république de Moldavie ; Kiev en Ukraine ; Thessalonique en Grèce ; Moscou en Russie ; Istanbul en Turquie.
De la Gare du Nord, le trafic journalier est constitué de de la compagnie des voyages de la CFR et 2 de l'opérateur privé Regiotrans.
Il existe encore d'autres gares à Bucarest, à savoir : Ouest (Basarab), Băneasa, Est (Obor), Progresul et Titan-Cățelu, mais leur utilisation est très réduite car l'ensemble de gares multiples (inspiré de Paris et Londres) mis en place au a été remplacé, dans la seconde moitié du , par un réseau centralisé à la Gare du Nord (surtout pour les relations internationales), plus pratique pour la police politique de la dictature communiste dans sa tâche de surveillance des déplacements. La Gare du Sud (Filaret) a même été fermée en tant que terminus ferroviaire et convertie en gare routière inter-urbaine.
À partir de la ville, il existe aujourd'hui principales. : la ligne 300 : Bucarest - Brașov - Sighișoara - Teiuș - Războieni - Cluj-Napoca - Oradea ; la ligne 500 : Bucarest - Ploiești (sud) - Adjud - Pașcani - Suceava - Vicșani ; la ligne 700 : Bucarest - Urziceni - Făurei - Brăila - Galați ; la ligne 800 : Bucarest - Constanța - Mangalia ; la ligne 900 : Bucarest - Roșiorii de Vede (nord) - Craiova - Filiași - Caransebeș - Timișoara (nord) ; ainsi que deux lignes secondaires : la ligne 901 : Bucarest - Pitești - Craiova ; la ligne 902 : Bucarest - Giurgiu.
Transport routier
Durant plus de cinquante ans (1960-2010), une politique du « tout-automobile » s'est traduite à Bucarest par un grand développement des voies de circulation routière : percement à travers le centre de grands et larges boulevards de forte circulation, reliant le centre urbain à la périphérie, recul du transport électrique de surface (disparition de lignes de tramway et de trolleybus), raréfaction des arrêts (un sur trois a été supprimé). Cette politique à largement favorisé l'afflux des automobiles en ville, notamment depuis 1990, selon le phénomène connu des urbanistes sous le nom d'« aspirateur à voitures », notamment le long des axes principaux (Nord-Sud, Est-Ouest, Nord-Ouest-Sud-Est) et des deux anneaux (intérieur et extérieur) constamment engorgés.
Les autres rues de la ville sont également bondées, tant aux heures de pointe, par les voitures de passage cherchant désespérément des raccourcis, qu'aux heures calmes où les piétons ne peuvent plus circuler sur les trottoirs, convertis en parkings sauvages. Chaque jour, plus d'un million de véhicules circulent dans la ville (un pour deux habitants). Les encombrements, les accidents, la pollution atmosphérique et sonore (l'usage du klaxon est permanent et omniprésent), la formation de trous et de nids de poule sont les conséquences directes de cette situation qui dégrade fortement la qualité de vie, met celle des plus faibles (enfants, personnes âgées, handicapés) en danger, et est devenue le problème principal de la municipalité.