Santiago Vila i Vicente, connu sous le nom de Santi Vila, né le à Granollers en Catalogne, est un homme politique espagnol.
Historien de formation, il est maire de Figueras de 2007 à 2012 et député au Parlement de Catalogne de 2006 à 2013. Il est conseiller au territoire et à la durabilité dans le deuxième gouvernement d'Artur Mas entre 2012 et 2016, conseiller à la culture dans le gouvernement de Carles Puigdemont entre 2016 et 2017, puis conseiller à l'entreprise et à la connaissance dans ce même gouvernement de à sa démission en .
Biographie Origines et carrière professionnelle Santiago Vila i Vicente est né en 1973 à Granollers et a grandi à Figueras, en Catalogne. Il est titulaire d'une licence de lettres spécialisée en histoire de l'université de Gérone (UdG) et a étudié l'histoire à l'université autonome de Barcelone (UAB) « Santi Vila, un historiador y exalcalde que pasa de Territorio a la conselleria de Cultura », 20 minutos, 14 janvier 2016..
Il enseigne à l'école lasallienne de Figueras, et il est professeur d'histoire contemporaine à la faculté de lettres et de sciences économiques de l'université de Gérone. Il publie des articles et des essais, notamment sur le thème de la mémoire historique. Son livre Elogio de la memoria a été récompensé par les premis Octubre.
Il est membre fondateur de l'Agrupament Escolta Xiprers al Vent, membre de la Fundació ALTEM et de la Fundació Tutelar de l'Empordà, et président du Consorci del Museu de l'Empordà et de la Fundació Salut Empordà « El polifacètic Santi Vila, alcalde de Figueres, a Territori i Sostenibilitat », 324, 28 décembre 2012..
Maire de Figueras Santi Vila a été militant d'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) dans sa jeunesse. Aux élections municipales de 1991, il se présente en cinquième position sur la liste d'ERC à Figueras. En 1995, il devient président de la section d'ERC de la ville « El cabeza de lista de CiU por Girona empezó en ERC », E-Noticies, 8 février 2010..
Aux élections municipales de 1999, il est élu conseiller municipal sur la liste de Convergence et Union (CiU). Il adhère à Convergència l'année suivante. Aux élections municipales de 2003, il est placé en troisième position sur la liste de CiU « El president de CiU, Jordi Pujol, presenta el candidat de Figueres, Antoni Calvó », VilaWeb, 15 avril 2003.. Il est également membre du conseil comarqual de l'Alt Empordà, dont il démissionne en 2006 lorsqu'il est élu député.
Aux élections municipales de 2007, il est tête de liste de la CiU. Sa liste obtient 33,36 % et il devient maire de Figueras « Santi Vila Un perfil municipalista, social i liberal per dirigir Territori », Diari de Girona, 28 décembre 2012.. Il s'emploie à accroître l'attractivité de la ville en développant les activités culturelles et touristiques autour de la figure de Salvador Dalí. Il devient une personnalité influente au sein de Convergència dans la province de Gérone. En , il rompt son accord de gouvernement avec le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), qu'il accuse de malversations « El alcalde de Figueres (CiU) rompe su pacto de gobierno municipal con el PSC », El Mundo, 10 février 2010.. Il s'allie alors avec Esquerra Republicana de Catalunya et Iniciativa per Catalunya Verds (ICV) pour le reste de son mandat « CiU i ERC rubriquen el pacte de govern amb un organigrama de gestió pioner », Ara Girona, 12 mars 2010..
Aux élections municipales de 2011, il se présente à nouveau et obtient une majorité absolue avec 48 % des voix et 12 des 21 sièges au conseil municipal « Santi Vila aconsegueix la majoria absoluta per a CiU a Figueres », Directe, 22 mai 2011.. Il démissionne en pour entrer au gouvernement, et est remplacé par Marta Felip « Marta Felip serà la nova alcaldessa de Figueres en substitució de Santi Vila », Ara, 27 décembre 2012..
En 2013, la Candidature d'unité populaire (CUP) dépose une plainte contre lui devant le (TSJC) pour prévarication et détournement de fonds publics dans le contrat de construction de l'école hôtelière de l'Alt Empordà conclu en 2010 « Querella criminal contra Santi Vila per prevaricació i malversació », Ara, 13 juin 2013.. La plainte est rejetée par le TSJC « El TSJC rebutja la querella de la CUP contra Santi Vila », Diari de Girona, 2 décembre 2013..
En 2015, il fait l'objet d'une enquête de l' pour un détournement de fonds publics qui aurait eu lieu durant son mandat de maire. L'Office enquête sur la location et la réalisation de travaux par la mairie de Figueres dans un bâtiment appartenant à une entreprise privée qu'elle n'a jamais occupé, entre 2010 et 2013 « Investigan al conseller Vila por malversación cuando era alcalde de Figueres », La Vanguardia, 31 juillet 2015..
Député au Parlement de Catalogne Aux élections au Parlement de Catalogne de 2006, Santi Vila est élu député sur la liste de Convergence et Union (CiU) dans la circonscription de Gérone. Au Parlement, il est membre de la commission de l'environnement et du logement, de la commission de l'éducation et des universités, de la commission des politiques de la jeunesse, de la commission de la politique territoriale et de la commission de la politique culturelle « H. Sr. Santi Vila i Vicente », VIIIe législature, Parlement de Catalogne.. En , il vote contre l'abolition de la corrida, à l'inverse de la majorité de son groupe politique « Cataluña prohíbe los toros », El País, 28 juillet 2010..
En , il est désigné tête de liste de CiU dans la circonscription de Gérone pour les élections législatives du 28 novembre « Santi Vila serà el candidat de CiU per Girona », Ara Girona, 5 février 2010.. Pendant la campagne électorale, il rend publique son homosexualité « El alcalde de Figueras sale del armario », La Voz de Barcelona, 16 février 2010.. Sa candidature, fondée sur le changement générationnel, est un succès « Girona impulsa la festa convergent i el PSC de Nadal pateix la pitjor caiguda », El Periodico, 29 novembre 2010.. Pendant la IXe législature, il préside la commission de contrôle de la Corporació Catalana de Mitjans Audiovisuals, et il est membre de la commission du territoire et du développement durable et de la commission des politiques de la jeunesse « H. Sr. Santi Vila i Vicente », IXe législature, Parlement de Catalogne..
Aux élections au Parlement de Catalogne de 2012, il conduit à nouveau la liste de CiU dans la circonscription de Gérone « Santi Vila, conseller de Cultura », 324, 14 janvier 2016.. Il démissionne le après son entrée au gouvernement, et il est remplacé par « Santi Vila deixa l´acta de diputat i passa a ser només conseller de Territori », Diari de Girona, 31 janvier 2013..
Conseiller au territoire et à la durabilité Le , Santi Vila est nommé conseiller au territoire et à la durabilité dans le deuxième gouvernement d'Artur Mas. Il succède à Lluís Recoder à la tête d'un département exécutif qui a souffert de la politique de coupes budgétaires du gouvernement précédent. Il est le plus jeune membre du gouvernement « Santi Vila, alcalde de Figueres y joven promesa de CDC, dirigirá Territori », La Vanguardia, 27 décembre 2012.. Les priorités de son mandat sont l'achèvement de la LGV Madrid-Barcelone-Figueras jusqu'à la frontière avec la France, l'extension de la ligne 9 du métro de Barcelone et la conversion de la route N-II en voie rapide à Gérone « Santi Vila, perfil social, dialogant, municipalista i jove promesa de CDC », El Punt Avui, 27 décembre 2012..
Au gouvernement, il se distingue par ses capacités de dialogue avec l'État espagnol, malgré le conflit ouvert entre les deux institutions sur la question de la consultation sur l'indépendance de la Catalogne de 2014. Ses bonnes relations avec la ministre espagnole de l'Équipement Ana Pastor. sont un moyen d'obtenir le financement de certains projets d'infrastructures. Il est également à l'origine de la taxation des logements vides appartenant à des institutions financières pour financer le logement social, et du développement des espaces naturels protégés. En revanche, le blocage du projet de liaison ferroviaire du port de Barcelone et le dysfonctionnement général du réseau ferroviaire de l'aire métropolitaine de Barcelone n'ont pas été résolus, ce qu'il attribue à la négligence du gouvernement central « Santi Vila, un conseller dialogant i moderat per a la cartera de Cultura », Santi Vila, 14 janvier 2016.. Il promeut la privatisation d'une partie du parc de logements sociaux et des stations d'épuration des eaux pour équilibrer le budget de la Généralité « Vila defiende las privatizaciones como símbolo de “modernidad” », El País, 28 novembre 2013.. Il se marie avec son compagnon le à Peralada. L'union, à laquelle assiste Ana Pastor, est célébrée par Carles Puigdemont alors maire de Gérone et avec lequel il entretient une relation d'amitié..
vignette|gauche|200px|alt=Les silhouettes de Santi Vila et Josep Rull en .|Santi Vila et Josep Rull lors de la passation de pouvoirs en . Au sein de la Convergence démocratique de Catalogne (CDC), il appartient à l'aile libérale et modérée. Au contraire de l'orientation indépendantiste prise par le parti et son gouvernement, il défend la prudence et le dialogue avec l'État central « Santi Vila llama a la calma porque Cataluña “tiene mucho que perder” », El País, 5 octobre 2013.. Ses prises de position discordantes font alors envisager son départ dans l'hypothèse d'un remaniement ministériel permettant l'entrée d'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) au gouvernement « El negociador de la corte de Mas », El Periodico, 22 février 2015..
Conseiller à la culture Aux élections au Parlement de Catalogne de 2015, il est placé en dernière position de la liste d'union indépendantiste Junts pel Sí, composée de la CDC et d'ERC « Convergència col·loca la seva direcció a la llista conjunta amb ERC », El País, 30 juillet 2015..
Le , il est nommé conseiller à la culture dans le gouvernement de Carles Puigdemont. Il prend ses fonctions le lendemain « Segueix la presa de possessió dels nous consellers del Govern », El Periódico, 14 janvier 2016.. Son action est limitée par la faiblesse du budget consacré à cette politique, qui représente moins de 1 % du budget de la Généralité. Cependant, son poste lui assure une importante visibilité, et il est de plus en plus connu « Santi Vila, el ‘enfant terrible’ de Convergència », La Vanguardia, 7 mai 2016.. Dans le contexte du processus indépendantiste catalan, il est en retrait des revendications indépendantistes du gouvernement. Il est présenté comme un homme politique jeune et novateur, mais également comme prudent et conventionnel, héritier de l'attitude légaliste et modérée de la période autonomique « Santi Vila, el independentista diletante », El Nacional, 20 mars 2017..
En , il publie un nouveau livre, , dans lequel il présente ses ambitions politiques et personnelles « Què pensa Santi Vila (i mai no havia escrit)? », El Nacional, 14 mai 2016..
En , il se présente à la direction du conseil national du nouveau Parti démocrate européen catalan (PDeCAT) qui succède à Convergència. Sa principale adversaire est , maire de Sant Cugat del Vallès et présidente de la députation de Barcelone « Mercè Conesa y Santi Vila competirán para presidir el Consell Nacional de la nueva CDC », La Vanguardia, 13 juillet 2016.. Celle-ci arrive en tête avec 49,44 % des voix, contre 42,03 % pour Santi Vila, qui retire sa candidature avant le second tour « Vila renuncia a la segona volta i Conesa serà presidenta del Consell Nacional », Nació Digital, 23 juillet 2016.. A la même période, il annonce qu'il envisage d'être candidat aux primaires du PDeCAT pour les élections municipales à Barcelone « Santi Vila se ofrece como alcaldable convergente por Barcelona », El Periódico, 19 juillet 2016..
vignette|droite|200px|alt=Un groupe de personnes.|Santi Vila parmi les représentants du nouveau musée d'Art de Gérone en .