La Société de transport de Montréal, ou STM, est une entreprise publique qui exploite les transports en commun à Montréal, à savoir le métro et le service d'autobus. Elle fut créée formellement en 2002 pour remplacer la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal à la suite de la fusion municipale de Montréal.

Aujourd’hui, la STM exploite 4 lignes de métro entièrement souterraines composant 68 stations, 221 lignes d'autobus et 23 lignes d'autobus de nuit. Elle assure 364 millions de déplacements par an, soit plus de 1,3 million de déplacements chaque jour.

Elle exploite le deuxième réseau de transport en commun urbain en importance au Canada après celui de la Commission de transport de Toronto et le troisième réseau de métro en Amérique du Nord après le Métro de New York et le Métro de Mexico.

La STM est dirigée par un directeur général. Il répond à un conseil d’administration formé d’élus municipaux et de représentants des usagers du transport en commun.

Historique vignette|Mosaïque des lieux et services de la STM La STM a été créée en 2002 en remplacement de la STCUM.

Sociétés privés (1861-1951) Plusieurs sociétés de transport public se sont succédé avant la STM. De 1861 à 1886, la Montreal City Passenger Railway Company exploitait un petit réseau de tramway hippomobile.

Puis en 1886, l'entreprise change de nom pour Montreal Street Railway Company. Le premier tramway électrique apparaît en 1892 et est nommé le Rocket. Nouveau changement de nom en 1893 : MSTR devient MTR pour Montreal Island Beltline Railway. Un an plus tard, le réseau est complètement électrifié et à la fin de 1894, le dernier tramway à traction animale est retiré du service. De 1910 à 1911, la compagnie prend le nom de Montreal Public Service Corporation avant de changer à nouveau pour Montreal Tramways Company.

Bien qu'ils soient mis en service dès 1919, les autobus ne s'imposent qu'en 1925, avec la création de plusieurs lignes régulières. Puis en 1937, les premiers trolleybus sont utilisés. La compagnie compte en 1939 : 929 tramways, sept trolleybus et 224 autobus pour près de 200 millions de voyageurs par an.

CTM (1951-1970) Le remplacement des lignes de tramway par des autobus débute dès 1951, alors qu'une loi votée par le gouvernement provincial fait passer l'ensemble de la gestion des transports en commun de Montréal à un organisme public créé pour l'occasion, la Commission de transport de Montréal (CTM). Le dernier tramway est retiré du service en 1959.

Le métro est inauguré en 1966 et la même année voit la fin de la circulation des trolleybus.

CTCUM (1970-1985) La CTM est remplacée le par la Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal (CTCUM) lors de la constitution de la Communauté urbaine de Montréal.

En la CTCUM est frappée par le doublement soudain de la taxe sur les carburants que le gouvernement refuse de compenser financièrement.

L'année 1982 marque l'intégration tarifaire des deux lignes restantes de train de banlieue à la CTCUM. Les deux compagnies ferroviaires (CN et CP) continuent à exploiter les lignes selon une convention conclue avec la CTCUM qui devient par ailleurs propriétaire du matériel roulant du CP. L'intégration est réalisée: Le pour la ligne Montréal–Deux-Montagnes ; Le pour la ligne Montréal–Vaudreuil–Rigaud.

Deux nouvelles stations sur le prolongement vers l'ouest de la ligne Orange sont complétées par le Bureau de transport métropolitain et ouvrent la même année (Côte-Sainte-Catherine le puis Plamondon le ). Enfin un projet pilote temporaire permet pour la première fois aux cyclistes de prendre le métro avec leur vélo moyennant une « carte-vélo » de 5 $.

Le projet de loi 72 sur le régime des services essentiels entre en vigueur en partie le et la CTCUM est le premier employeur à aboutir à un entente (avec la Fraternité des constables) sous le nouveau régime. Le , le gouvernement du Québec confirme par décret que les services d’autobus de la CTCUM sont soumis au régime des services essentiels en cas de grève.

En le gouvernement prend un décret appliquant une nouvelle politique de subventions aux organismes de transport en commun qui entre en vigueur progressivement jusqu'en 1988. Plusieurs mesures réduisent le montant des subventions dues à la CTCUM pour le fonctionnement du réseau et les laissez-passer mensuels.

En les chauffeurs d'autobus et opérateurs du métro déclenchent un mouvement de grève. Pour la première fois les services essentiels sont assurés pendant la grève : à part 24 circuits d'autobus les services de bus et métro sont assurés sur trois plages horaires (heure du pointe du matin et de l'après-midi et fin de soirée) du lundi au vendredi. Aucun service n'est offert le samedi et dimanche et le transport adapté n'est pas affecté par la grève. Malgré le scepticisme initial des usagers les services essentiels sont maintenus jusqu'à la fin de la grève le .

STCUM (1985-2002) Extension du service (1985-1988) En 1985, la CTCUM entreprend un nouveau changement d’identité en devenant la Société de transport de la communauté urbaine de Montréal (STCUM).

Le la STCUM met en service le premier tronçon de la ligne bleue entre De Castelnau et Saint-Michel. Pour la première fois la ligne est opérée avec un seul conducteur par convoi.. Après une interruption de service le jour de l'inauguration, la CSST rend une décision favorable à la conduite à un seul agent et le service reprend normalement dès le lendemain..

Au début de 1988 la STCUM inaugure son réseau d'autobus de nuit avec 27 lignes opérant entre et .

Récession, plan de relance et réforme du financement (1989-1995) À partir de la fin des années 1980, l’achalandage de la STCUM baisse dans un contexte de récession et de fort chômage dans la région métropolitaine. Après plusieurs années de hausse, la criminalité dans le métro diminue significativement en 1991 alors que la STCUM prévoit de déployer des caméras de surveillance dans 65 stations à l'horizon 1996 (contre 4 stations fin 1991 et 13 prévues fin 1992).

Au printemps 1990 la STCUM déploie des voies réservées temporaires sur le boulevard Henri-Bourassa, le boulevard Crémazie et la rue Sauvé pendant les travaux de réfection de l'autoroute Métropolitaine. Devant le succès rencontré la société envisage de les pérenniser dès l'automne 1990.

Le la STCUM inaugure la voie réservée sur le boulevard Pie-IX et le service R-Bus qui circule au centre de la voie (avec des abribus au milieu du boulevard), à contresens de la circulation. C'est alors le premier service de ce genre en Amérique du Nord. Malgré un succès sur le plan de l'achalandage, la voie à contresens est particulièrement dangereuse pour les piétons et cyclistes. Après 4 décès sur la période 1998-2002 et de nombreux blessés la voie est définitivement fermée en . Les derniers abribus sont démantelés à l'été 2010.

En 1991, la STCUM est frappée par la réforme Ryan, qui abolit le financement du gouvernement du Québec aux transports collectifs.. Le , le projet de loi 145 est adopté par l’Assemblée nationale et la STCUM voit ses revenus réduits de 23 %, soit 156,3 millions de manque à gagner en 1991. Une partie est compensée par une forte augmentation des tarifs (+ 25 %) en 1991 et une réduction des dépenses de la société par une entente négociée avec ses syndicats, prévoyant notamment un prolongement d’un an de la convention collective en vigueur assortie d’un gel des salaires en 1993.

En réponse la STCUM lance au printemps 1991 un important plan de relance de 17 millions de dollars sur 3 ans qui vise à améliorer ses services et augmenter l'achalandage. Le plan s'appuie notamment sur de nouveaux services d'autobus, des voies réservées sur trois axes majeurs (Avenue du Parc, chemin de la Côte-des-Neiges et boulevard René-Lévesque), l'installation d'abribus et la création de nouveaux stationnements incitatifs. La création d'une voie réservée sur l'avenue du Parc suscite la controverse chez les commerçants mais celle-ci est inaugurée avec succès le . Le plan de relance connaît un certain succès et l'achalandage augmente dès 1992 (notamment sur les axes réservés) malgré la récession persistante.

En 1992, la STCUM commence à percevoir les recettes de la contribution annuelle de 30 $ sur l’immatriculation des véhicules annoncée par le ministre Claude Ryan en .. Dans sa première année, la contribution rapporte 30,9 millions de dollars à la STCUM.

Le programme de voies réservées (qui connaît un net succès sur le plan de l'achalandage) est continué dans les années suivantes avec de nouveaux axes et le prolongement d'axes existants, dont les travaux sont financés à 75 % par le gouvernement du Québec.

La STCUM lance également à l'automne 1994 un programme pilote de minibus à la demande dans l'Ouest-de-l'Île.

Création de l'AMT (1996-2002) La gestion des deux lignes de trains de banlieue est retirée à la STCUM en 1996 et transférée à l’Agence métropolitaine de transport (AMT), nouvellement créée.

La STCUM lance en 1997 le programme Réno-Métro, cofinancé par l'AMT et le gouvernement du Québec et doté de 100 millions de dollars pour maintenir les infrastructures du métro. Plusieurs stations du réseau initial sont rénovées et les travaux de restauration des tunnels, amorcés en 1991, sont poursuivis. 79 escaliers mécaniques devenus coûteux à entretenir sont également remplacés jusqu'en 2001 dans le cadre du plan. Le volet Réno-Station du programme destiné à rénover les stations et édicules des stations les plus anciennes et doté de 60 millions de dollars est achevé au printemps 2000.

En 2000 la STCUM lance le programme Réno-Systèmes destiné à remplacer les équipements fixes (câblages, escaliers roulants, systèmes de ventilation et de communication) qui ont atteint la fin de leur vie utile. Le programme est doté de 300 millions de dollars sur 5 ans. Les travaux du programme ne démarrent qu'en 2003 du fait des difficultés de bouclage du financement. Un accord avec les gouvernements fédéraux et provinciaux intervient le dans le cadre de l'entente Travaux d'infrastructures Canada–Québec 2000.

STM (depuis 2002)

Ce n’est qu’en 2002 que la Société de transport de Montréal est créée, prenant la place de la STCUM.

Rénovation du matériel roulant et extension du réseau du métro Au milieu des années 2000 la STM accélère sensiblement ses investissements dans le réseau de métro avec notamment les programmes Réno-Stations (phase 2) et Réno-Systèmes (phases 1 et 2), la rénovation des MR-73 débutée en 2005 et la préparation du remplacement des MR-63 qui arrivent en fin de vie utile.

En avril 2007, la STM inaugure trois nouvelles stations dans la ligne orange, à Laval, soyant la troisième ville, après les fusions municipales de 2002, à avoir accès au métro de Montréal.

Le 7 février 2016, la STM met en service l’Azur, il s'agit d’un nouveau matériel roulant destiné à remplacer les MR-63, car leurs vies utiles et le coût de renouvellement de ces derniers étaient déjà très coûteux.

Cette même année, la STM célèbre le 50e anniversaire de l’inauguration du métro de Montréal, qui a eu lieu le 14 octobre 1966.

Du 18 au 21 juin 2018, un évènement historique se déroule. Les MR-63, ayant déjà dépasser leurs vies utiles, ont fait leurs derniers trajets sur les quatre lignes du métro, soyant le 21 juin la dernière journée de l’utilisation du matériel roulant, sur la ligne bleue.

Grèves des employés d'entretien En 2025, les tensions entre la STM et ses employés s'accentuent. Le , les travailleurs d'entretien de la STM, membres du Syndicat du transport de Montréal (CSN), déclenchent une grève de neuf jours. Le , les de maintenance de la STM membres du toujours CSN membres sont convenus de ne pas effectuer d'heures supplémentaires pendant au moins deux semaines à compter du .

Renouvellement des panneaux d'arrêt d'autobus En , la STM annonce le renouvellement progressif de ses panneaux d’arrêt d’autobus, notamment pour en améliorer la lisibilité.

Loi sur la laïcité