Vivarte (anciennement Groupe André) est un ancien groupe d'entreprises français, spécialisé dans la distribution de prêt-à-porter et de chaussures. Vivarte possède pendant plusieurs années des marques emblématiques comme Caroll, Chevignon, Kookaï, La Halle, Minelli, Naf Naf ou Pataugas. À partir des années 2000, le groupe connaît plusieurs restructurations sous la direction de Georges Plassat, qui mène en parallèle une politique d'expansion. Au plus haut, le groupe réalise un chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros, 22 000 employés et une vingtaine de marques.

Par la suite, les dirigeants se succèdent, ne restant parfois que quelques mois en poste. Vivarte est revendu en 2004, puis 2006 par un LBO basé sur une dette trop importante qui grèvera à jamais le développement du groupe : trop de charges à rembourser et pas assez d'investissements. Marc Lelandais prend la direction en 2012 ; il négocie un important effacement de dette avec les créanciers, mais la coûteuse politique commerciale de montée en gamme qu'il promeut reste un échec, particulièrement sur l'enseigne La Halle. Ce groupe devient la propriété de plusieurs fonds d'investissement en 2014, qui dirigent l'entreprise. Durant cette période, alors que le marché du prêt-à-porter est en berne, les difficultés se font fortes et s'accumulent depuis des années. Vivarte tarde à réagir face à la concurrence d'autres enseignes, particulièrement au développement commercialement agressif des marques de la fast fashion. L'essor d'internet et du commerce en ligne reste longtemps oublié. L'image vieillissante de certaines de ses marques se voit négligé. Au delà du commerce, les créanciers ont pris le pouvoir et le remboursement de la dette ou la création de dividendes deviennent les principaux objectifs du groupe.

Après maintes péripéties financières, le groupe se retrouve acculé et un redresseur d'entreprise, Patrick Puy, le prend en main fin 2016 pour le restructurer de nouveau, après toutes ces années d'errements dans la stratégie. Ce dernier revend rapidement plusieurs marques afin d'essayer de sauver Vivarte dont le chiffre d'affaires et les bénéfices ne cessent de chuter depuis plusieurs années. En 2018, Vivarte supporte 2,8 milliards d’euros de dette, pour un chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros. Après les cessions successives des différentes marques, le groupe Vivarte est démantelé peu à peu.

Histoire 1896 : Origines L'entreprise a ses origines à Nancy en 1896 lorsque Albert Lévy rachète la Manufacture nancéienne de chaussures qui fabrique des chaussures « bon marché », puis, en 1903, ouvre son premier magasin de vente à Paris, fondant ainsi André. Les familles Albert Lévy et Jérôme Lévy (sans lien), restent aux commandes jusqu'en 1960.

Entré en 1947 comme employé, devenu président en 1960, Jean-Louis Descours, actionnaire de référence et président du groupe André en 1974, rassemble ses actifs, et fonde avec sa famille l'Européenne de participations industrielles.. Jean-Louis Descours reste à la direction jusqu'en 1996.

En 1981, le premier magasin La Halle aux chaussures voit le jour. En 1984, le groupe André se lance dans l'habillement avec l'ouverture de l'enseigne La Halle aux vêtements.

Le Groupe acquiert plusieurs enseignes par la suite : Caroll en 1988, Creeks et LibertoSpécialiste du denim et du sportswear, implanté depuis 1976 à Toulouse., en 1989, Kookaï en 1996, et Besson en 1998. Ces années là, le groupe .

Années 2000 : Vivarte Lorsque Georges Plassat devient le président de l'entreprise, elle connaît sa première forte restructuration ; des centaines de magasins ferment et les coûts sont réduits drastiquement.

En 2001, le groupe André change de nom et devient Vivarte.. De multiples fonds d'investissements sont intéressés pour entrer au capital du groupe. C'est le holding NR Atticus de Nathaniel Philip Rothschild, accompagné de Guy Wyser-Pratte, qui raflent la mise, achetant 44 % des parts.

En 2004, Vivarte est racheté à hauteur de 55 % par le fonds d'investissement PAI partners. Le fonds d’investissement britannique Charterhouse et d'autres acquéreurs minoritaires rachètent Vivarte en 2007, au français PAI partners, par une opération d'achat à effet de levier (LBO)., pour une valeur de 3,5 milliards d'euros dont plus de 3 milliards d’euros financés par endettement. Si l'ensemble de Vivarte est alors valorisé 4,2 milliards d'euros, la dette dépasse le chiffre d'affaires de 3 milliards. Charterhouse devient ainsi le principal actionnaire d’un groupe qui se trouve à ce moment en pleine croissance, et qui possède plus de sous une vingtaine enseignes différentes, dont certaines bénéficient d'une forte notoriété publique : Caroll, Kookaï, La Halle aux vêtements, Naf Naf, Chevignon, Liberto et Parti Prix pour l'habillement et André, Beryl, Minelli, Besson, Chaussland, CosmoParis, la Halle aux chaussures, Merkal, San Marina, Pataugas et Fosco en Espagne pour les chaussures ; ainsi que employés. L'idée du fonds est simple : investir un euro en rapporte deux en chiffre d'affaires ; les ouvertures de point de vente vont s'enchainer jusqu'à se faire concurrence entre eux. ..

En parallèle depuis 2006, Liberto développe . En 2007, Vivarte achète Accessoire Diffusion. Cette petite entreprise de chaussure est alors mal en point, ayant déjà subit trois dépôts de bilan.. En de la même année, Vivarte fait l’acquisition, aux frères Dominique et Bernard Montel, de la chaîne Défi Mode et ses 191 magasins — en moyenne — implantés en France, alors que les murs de 112 des magasins ont été vendus au groupe immobilier Klépierre pour 153 millions d'euros. En 2008, Défi mode et SuperSport rejoignent Vivarte. En 2009, Vivarte fait l’acquisition de la marque de mode éthique Les Fées de Bengale revendue quelques années après.

Dès 2008, Vivarte tente de se repositionner stratégiquement avec un plan d'investissements de 150 millions d’euros sur trois ans. Mais la crise économique de 2008-2009 rompt la décennie de croissance vécue par l’économie française, et notamment l’économie de l’habillement. À partir de 2008 et plus particulièrement en 2011, la consommation de prêt-à-porter se réduit et toutes les enseignes de textile sont touchées. En parallèle, le basculement petit à petit des achats vers internet ne favorise pas les marques disposant de multiples surfaces commerciales. Les principaux fondsChaterhouse, Chequers Capital, Sagard. propriétaires du groupe veulent revendre, mais ne trouvent pas d’acquéreur.

Années 2010 : face à la dette En , après douze ans passés à la tête de Vivarte, Georges Plassat quitte la présidence du groupe. pour prendre celle de Carrefour. Son bilan est globalement positif : durant la dizaine d'« années Plassat », le groupe ne cesse de développer sa marge et son chiffre d'affaires. Néanmoins, la morosité de la conjoncture économique due à la crise économique, ainsi que sa dette, fragilise le groupe..

Georges Plassat est remplacé en juillet par Marc Lelandais alors qu'Antoine Metzger, numéro 2 du groupe en assure l'intérim durant quelques mois.. Le premier constat de Lelandais est que 40 % des produits sont alors vendus lors de soldes ou de promotions, au détriment de la marge. Arrivant avec son expérience de produits plus luxueux (il a été le DG d’Escada et de Lancel), il engage Vivarte et ses enseignes dans un vaste programme de repositionnement stratégique fondé sur la montée en gamme des marques, à commencer par La Halle aux Vêtements. Vivarte compte alors plus d'une vingtaine d'enseignes et plusieurs milliers de points de vente.

Ce plan ambitieux a un coût : 150 millions d'euros sur trois ans. S'il dispose du soutien des trois principaux actionnaires, les créanciers n'ont pas tous la patience d'attendreSurtout les fonds d'investissements Oaktree et Canyon exigent au contraire une réduction drastique des dépenses. et un bras de fer s'engage entre les deux parties. Les critiques fusent ; sont reprochés alors qu'il faudrait mais aussi de Marc Lelandais. Malgré tout, plusieurs enseignes, dont André et La Halle, voient leur image rajeunie par un changement de communicationPar exemple : Sienna Miller apparait dans les publicités de Caroll, ainsi que des ex-Miss France pour La Halle. Plus, tard, c'est Tony Parker qui fait de la publicité pour La Halle. ; les ouvertures en France sont freinées au profit de la rénovation de boutiques. Mais la dette, accumulée auprès de plus d'une centaine de créanciers172 créanciers pour 2,8 milliards d'euros de dette., contrarie toujours ce redéploiement. Marc Lelandais ne parvient pas à faire patienter ces créanciers, au moins jusqu'à l'échéance de .

Pourtant rentable avec trois milliards d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise pâtit donc du poids des charges de remboursement de la dette et de la chute de son résultat d'exploitation : ce remboursement absorbe de 20 à 40 % de ce même résultat d'exploitation. Vivarte a déjà fait face à plus de 1,2 milliard d'euros de frais financiers remboursés depuis 2007. , Vivarte suspend en 2013 l'intégralité des paiements sur sa dette et la renégocie. Le groupe, emmené par Marc Lelandais, entreprend alors une restructuration financière de plus de deux milliards d'euros d'effacement et d'une réinjection de liquidités de 500 millions d'euros obtenus en quelques mois..

En parallèle, le groupe voit son nombre d'enseignes réduit de plus d'une centaine, les gammes écourtées, les budgets de publicité en chute et les stocks nettement diminués. L'entreprise est confiée à un mandataire ad hoc en . Le , Vivarte trouve un accord avec douze prêteurs dont quatre entrent au conseil d'administrationLes quatre principaux créanciers sont alors les fonds Oaktree, Babson, Alcentra et GoldenTree. pour restructurer sa detteAccord avec 12 prêteurs pour restructurer la dette de Vivarte, challenges.fr, 5 juin 2014... Le principal actionnaire avec prêt de deux tiers des parts, Charterhouse, se retire au profit des créanciers ; il a déjà perdu 500 millions d'euros au cours des années précédentes. Certains de ces créanciers, qualifiés de , sont spécialisés dans le rachat de dettes décotées. Ils prennent la direction du groupe, transformant leurs créances en participations. Malgré cet effacement de detteDette passant de 2,8 milliards à 800 millions d'euros. et l'apport de cash, la stratégie de montée en gamme ne prend toujours pas, les clients fuient. Les résultats escomptés sont absents : les investissements nécessaires perdurent alors que la chute des ventes et des marges continue, même si deux marques, Kookaï et Caroll, sortent alors du lot affichant de meilleurs résultats que par le passé. Vivarte décide de se concentrer sur son fleuron, La Halle, parfois au détriment des autres enseignes du groupeLa Halle représente alors un cinquième du chiffre d'affaires malgré des résultats en bernes depuis quelques années.. Luttant contre l'arrivée de Primark sur le marché national, cette enseigne se voit obligée de baisser ses prix. Renaud Mazière, dirigeant La Halle et proche de Marc Lelandais, en fait les frais, il est débarqué.

Marc Lelandais, à la tête du groupe depuis 2012, est, lui aussi, puis remplacé par Richard Simonin (anciennement chez Etam) la même année.. Il part avec trois millions d'euros d'indemnités de départ d'après L'Obs. Durant cette période, le groupe compte salariés, points de vente et une vingtaine de marques.

Une autre période de difficultés