Élisabeth Ferrand, née en et morte à Paris , est une salonnièreAu le mot « salon » n'est pas utilisé autrement que comme terme d'architecture servant à désigner la pièce dans laquelle les invités étaient reçus. Son acception n'était pas celle qu'on lui donne aujourd'hui : on parlait alors essentiellement de « maison », de « compagnie » ou de « société ». Le terme de « salonnière » est en ce sens anachronique, l'expression « maîtresse de maison » étant alors communément utilisée. Voir . et philosophe française.

Biographie Élisabeth Ferrand est issue d'une famille de la noblesse champenoise. Elle est la fille de Paul Ferrand, seigneur de Boulleaux, près de Châlons, capitaine au régiment de Guyenne, et de Marguerite Delestre / Delaistre, remariée avant 1714 avec un sieur Delamotte, lieutenant colonel au même régiment.

Arrivée à Paris, elle s'installe dans des appartements sis au rez-de-chaussée du couvent des filles de Saint-Joseph, rue Saint-Dominique, dans le faubourg Saint-Germain. Elle y habite jusqu'à sa mort en compagnie de son amie Antoinette Louise Gabrielle des Gentils du Bessay, veuve Henri Joseph comte de Vassé, connue sous le nom de comtesse de Vassé (1710–1768)Voir Neil Jeffares, La Tour, Mlle Ferrand méditant sur Newton, p. 5-6..

Dès les années 1730, les deux femmes y reçoivent une société de savants et philosophes de premier plan, dont Alexis-Claude Clairaut est l'un des plus illustres représentants.. En 1733, Jean II Bernoulli, lors d'un séjour à Paris, est introduit auprès de mademoiselle Ferrand par Clairaut, et indique dans son journal de voyage que .. La maîtresse de maison y accueille de nombreux philosophes et savants, comme Helvétius, l'abbé Gabriel Bonnot de Mably, son frère l'abbé Étienne Bonnot de Condillac, l'académicien des sciences René-Antoine Ferchault de Réaumur, le mathématicien genevois Gabriel CramerVoir Bongie, Diderot's femme savante, p. 148. et sans doute aussi Maupertuis et D'AlembertVoir Badinter, p. 390..

Entre 1749 et 1752 Élisabeth Ferrand et son amie la Comtesse de Vassé ont également hébergé le prince Charles Edward Stuart, prétendant jacobite en fuite. Voici comment Grimm rapporte cet épisode dans sa Correspondance littéraire. :

Malade depuis plusieurs années, elle rédige le un testament dont les principaux bénéficiaires sont CondillacElle lègue notamment plus de livres à Condillac pour avoir des livres. Voir Bongie, p. 152., Mably, Clairaut et madame du Vassé. Elle meurt le suivant, à l'âge de 52 ans.

Contribution au Traité des sensations de Condillac (1754) vignette|L'abbé Étienne Bonnot de Condillac (1714-1780), auteur du Traité des sensations (1754). Si le Traité des sensations. de Condillac, paru en 1754, est dédié à la Comtesse du Vassé, l'auteur rend longuement hommage à Élisabeth Ferrand dans sa préface et souligne à quel point il lui est redevable de son ouvrage :

L'épigraphe de l'ouvrage, « Je vais débrouiller cette matière tout de mon mieux. Mais en m'écoutant, ne croyez pas entendre Apollon sur son trépied, et ne prenez pas ce que je vous dirai pour des dogmes indubitables ». Traduction de l'abbé d'Olivet, à lire en ligne sur remacle.org., tirée des Tusculanes de Cicéron, a également été fournie par mademoiselle Ferrand. Grimm, dans sa Correspondance littéraire., précise le :

Iconographie Un portrait intitulé Mademoiselle Ferrand méditant sur Newton est réalisé en 1752 par Maurice-Quentin de La TourÀ propos de ce pastel et de son histoire, voir Jeffares, p. 1-5.; il est conservé à la Alte Pinakothek de Munich..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Articles connexes

Femmes et salons littéraires en France

Liens externes

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