Les crucifix kongo (en kikongo : nkangi kiditu) sont des objets de dévotion, le plus souvent en laiton, parfois en bois et laiton, produits dans l'aire d'influence du royaume du Kongo (nord de l'Angola actuel, sud de la République du Congo et sud-ouest de la République démocratique du Congo) entre le XVI et le XIX siècles, après l'évangélisation de la région par des missionnaires catholiques. Plusieurs centaines de ces crucifix subsistent aujourd'hui ; leur taille varie d'une dizaine à plus de soixante centimètres Fromont, Cécile, « Under the sign of the cross in the kingdom of Kongo - Religious conversion and visual correlation in early modern Central Africa», RES - Anthropology and Aesthetics 59-60 (automne 2011), p. 114..

Plusieurs musées exposent ou détiennent aujourd'hui des crucifix kongo, notamment le Metropolitan Museum of Art « Triple Crucifix », metmuseum.org., le Brooklyn Museum « Crucifix (Nkangi Kiditu) » (New York), le musée du quai Branly (Paris), l'Afrika Museum Fromont, Cécile, The Art of Conversion - Christian Visual Culture in the Kingdom of Kongo, The University of North Carolina Press, 2014 (cahier d'illustration entre les pages 172 et 173). (Berg en Dal, Pays-Bas), l'Anthropos-Institut de la maison-mère de la Société du Verbe-Divin à Sankt Augustin (Allemagne), le musée d'art sacré et d'ethnologie de Fátima (Portugal), et le musée royal de l'Afrique centrale Fromont, Cécile, « Under the sign of the cross in the kingdom of Kongo - Religious conversion and visual correlation in early modern Central Africa», RES - Anthropology and Aesthetics 59-60 (automne 2011), p. 120. (Tervuren, Belgique). D'autres crucifix figurent dans des collections privées. Le musée du quai Branly accueille du au une exposition intitulée « Du Jourdain au Congo - Art et christianisme en Afrique centrale » qui présente plusieurs crucifix kongo« Au Quai-Branly, une exposition pour découvrir le Congo chrétien », La Croix du 10 janvier 2017.« Du Jourdain au Congo - Art et christianisme en Afrique centrale » sur le site internet du musée du quai Branly..

Description

Les crucifix kongo peuvent être entièrement en laiton ou en bois, ou faits d'une croix de bois portant un Christ et d'autres éléments en laiton ou en cuivre (clous) ; on relève parfois la présence de pigments. La croix est toujours latine, avec un bras vertical à peu près deux fois plus long que le bras horizontal. De nombreux crucifix portent de petits personnages : souvent deux, à gauche et à droite du bras horizontal, parfois davantage - anges, orants, disciples, et parfois la Vierge Marie, représentée de façon très stylisée : une tête et deux mains jointes sur un croissant de lune (rappelant l'imagerie franciscaine, insistant sur l'Immaculée Conception). Le Christ est souvent plus stylisé que dans les crucifix occidentaux ; son vêtement et sa cage thoracique sont évoqués par des lignes gravées dans le laiton.

Une exception remarquable est le crucifix triple exposé au Metropolitan Museum of Art de New York : trois Christs sont superposés sur une même croix à trois barres horizontales. Le Christ central remonte au XVI ou au XVII siècles, les Christs du haut et du bas au XVIII ou au XIX siècles « Triple Crucifix », metmuseum.org..

Histoire

La croix était un motif couramment utilisé dans les arts d'Afrique centrale avant l'arrivée des Européens à partir de la deuxième moitié du Fromont, Cécile, The Art of Conversion - Christian Visual Culture in the Kingdom of Kongo, The University of North Carolina Press, 2014, p. 75..

Certains crucifix ont été utilisés dans le cadre du kimpasi Fromont, Cécile, The Art of Conversion - Christian Visual Culture in the Kingdom of Kongo, The University of North Carolina Press, 2014, p. 78-79. (ensemble de rites encadrant notamment l'accès au pouvoir social et politique dans le royaume kongo) ; le crucifix exposé au musée du quai Branly est accompagné d'une « charge magique » en bois, pigments et autres matières organiques.

Marché de l'art

La maison de ventes Sotheby's a vendu au moins trois crucifix kongo :

le à Paris pour euros« Crucifix, Kongo, République Démocratique du Congo », sothebys.com. ; le à Paris pour euros« Crucifix en laiton nkangi kiditu, ca. , Kongo, République Démocratique du Congo », sothebys.com. ; le à Paris pour euros« Crucifix, Kongo, République Démocratique du Congo », sothebys.com..

Un crucifix kongo a également été mis en vente au Dorotheum (Vienne, Autriche) le « A rare, Christian crucifix ‘Nkangi Kiditu’ made of brass, 19th century », dorotheum.com. (estimé entre et euros).

Christie's a mis en vente le deux crucifix kongo (lots 92 et 93, estimés respectivement à euros et à euros"Preview of the Christie’s Paris 2017 Spring Auction: Part I", imodara.com..

Galerie

Bibliographie

J. Dedonder, « Les vieux crucifix du Bas-Congo », dans Grands Lacs 63, 1948, p. 31 et suivantes Fromont, Cécile, The Art of Conversion - Christian Visual Culture in the Kingdom of Kongo, The University of North Carolina Press, 2014 Christine Maine (dir.), Du Jourdain au Congo : Art et christianisme en Afrique centrale, Flammarion - Musée du quai Branly, 2016

Voir aussi Crucifix Royaume du Kongo

Notes et références

Catégorie:Croix Catégorie:Art chrétien Catégorie:Sculpture en Angola