Manuel Arruda da Câmara (1752-1810), est un moine de l'Ordre du Carmel, médecin et intellectuel brésilien. Il est connu comme l'un des grands botanistes de la fin du .
Entré au Carmel en 1783 sous le nom de Frère Manuel do Coração de Jesus, il est ordonné prêtre avant de partir étudier en Europe où il découvre également les idées de Voltaire et de Rousseau. De retour au Brésil, il effectue plusieurs missions d'études botaniques dans le pays à la demande de la couronne Portugaise.
Il entre dans la franc-maçonnerie et fonde au Brésil un premier cercle de penseurs philosophique. Celui-ci sera fermé par les autorités quelques années plus tard. Ses publications, nombreuses restent peu connues et une partie de son travail a été abusivement attribué à un autre auteur. À la fin de sa vie il quitte les ordres religieux, et décède en 1810.
Biographie
Enfance et études Manuel Arruda da Câmara est né à Pombal en 1752. Il est le fils de Francisco Álvarez (fermier) et de María Saraiva Câmara da Silva. Sa famille fait partie des nouveaux chrétiens convertis, venant du judaïsme . Manuel fait ses études à Goiana.
Le il fait sa profession religieuse dans l'Ordre des Carmes déchaux, dans le couvent de Goiás (dans l'État de Pernambouc), où il prend le nom de Frère Manuel do Coração de Jesus (frère Manuel du Cœur de Jésus). Il est ordonné prêtre dans le séminaire de la ville. Quelque temps plus tard, Manuel Arruda Cámara, accompagné de son frère FranciscoSon frère a reçu le même prénom que son père., part étudier en Europe. Il est diplômé en Philosophie Naturelle à l'université de Coimbra, puis se rend à l'université de Montpellier où il obtient une licence de médecine. En France, il découvre les idées de Voltaire et de Rousseau, ainsi que l'esprit de la Révolution Française...
Les expéditions scientifiques
Il revient à Goiás (Pernambouc) où il s'établit. Il est alors très choqué par l'injustice sociale de la société brésilienne. La couronne Portugaise le charge de faire différents relevés naturalistes dans le Nordeste du Brésil. : de à , il participe à une expédition minéralogique entre Pernambouc et le Piauí. L'expédition découvre la présence de différents minéraux. de à , il parcourt le Paraíba y Ceará. il explore également le rio São Francisco, un fleuve important du sud du Brésil.
Entre ces expéditions scientifiques, il réalise des études minéralogiques, botaniques et zoologiques. Il rédige également des traités d'agriculture et sur la flore du Pernambouc (une centaine de nouvelles espèces de plantes de cet État brésilien), qui contiennent des dessins réalisés par lui-même ou par le père João Ribeiro de Mello Montenegro.
Actions politiques Entré dans la franc-maçonnerie, il fait partie des fondateurs de lAreópago de Itambé, une société philosophique de caractère libéral, dont les idées influenceront la Conspiración de Suassuna (1801). Cette conspiration est la première tentative de libérer le Brésil colonial de la domination portugaise (Movimentos Emancipacionistas). Cette loge maçonnique est fermée par les autorités politiques en 1802. Câmara ne verra pas de son vivant l'indépendance du BrésilL'indépendance du Brésil ne sera prononcée qu'en 1825..
En 1805, le père Manuel do Coração de Jesus renonce à ses vœux religieux.
Il meurt à Goiana, le .
Ses publications
Il écrit beaucoup sur l'agriculture et l'histoire naturelle de la région, souvent avec une perspective philosophique et un désir de développement. Dans certaines de ses publications, il a collaboré avec un autre prêtre : Padre João Ribeiro Pessoa de Mello Montenegro, ensemble ils ont réalisé des illustrations pour des œuvres telles que Centúrias dos novos gêneros e espécies das plantas pernambucanas (Des centaines de nouveaux genres et espèces de plantes du Pernambouc).
En 1810, il publie deux brochures. : Dissertação sobre as plantas do Brazil, une discussion sur des plantes brésiliennes appropriées pour remplacer le chanvre, Discurso sobre a vitalidade da instituição de jardins, sur la pertinence de mettre en place des jardins au Brésil. Son intention de compiler une flore illustrée du Pernambouc (son Centúrias) est restée inachevée à sa mort et n'a jamais été publiée par la suite. Au total, il a décrit 31 nouvelles espèces. Il a été visité par Henry Koster (1793 – 1820)., explorateur américain, en 1810 lors de son dernier voyage au Brésil. Quelques années plus tard, celui-ci a intégré une partie du travail d'Arruda dans son propre ouvrage (publié sous son nom) en 1816.
Mais les contributions d'Arruda da Câmara ont mal été reconnues par l'histoire, par exemple les multiples erreurs (de taxon) présentes dans l'Index Kewensis. Henry Koster ayant incorporé une partie du travail d'Arruda da Câmara (Dissertação et Discurso) dans son propre ouvrage Travels in Brazil comme annexe, ce travail lui a été automatiquement attribué, d'autant que les ouvrages de Camara sont restés largement inconnus, mais que l’œuvre de Koster a été largement rééditée et traduite. Si bien que les découvertes botaniques de Camara ont été improprement attribuées à Koster.. Le taxon correct fait référence à l'ouvrage d'Arruda Cent. plant. Pern.. En 1873, un dictionnaire de botanique est publié basé sur les manuscrits de Camara..
Reconnaissance posthume Dans la capitale du Paraíba, João Pessoa, le parc zoobotanique communément appelé Bica, porte le nom de Parque Zoobotânico Arruda Cámara. Une chaire universitaire porte son nom : Academia Paraibana de Letras. Éponymie : L'arruda est une appellation d'origine (DOC) portugaise dont le vignoble est situé sur le terroir viticole d'Arruda.
Bibliographie
Ses publications
. Physiologico-chemicae, de influentia oxigenii in oeeconomia animali, precipe in calore, et calore hominum. Joannem Martel natu majorem, Regis Universitatisque Typographum consuetum, Montpellier. 1791. (dissertation de doctorat) Aviso aos lavradores sobre a suposta fermentação de qualquer qualidade de grãos ou pevides para aumento da colheita, A. Rodrigues Galhardo, Lisbon, 1792. Anúncio dos descobrimentos feitos em Paranambuco e remetido a um dos editors. Paládio Portugués ou Clarim de Palas do mês de maio de 1796 1(2): 4–13. . . . Cet ouvrage en 4 volumes semble être plutôt attribué à José Bernardo Fernandes Gama, voir sur google books.. . Réédité en 2008 chez Dantes . . . . Centúrias dos novos gêneros e espécies das plantas pernambucanas (ouvrage non terminé; Centuria plantarum pernambucensium -Cent. plant. Pern.) . Édition posthume.
Documents avec données biographiques
Sources historiques . . .
Autres ouvrages . . . .
Articles . . . . .
Sources
Notes et références
Annexe Liens externes
Ministério da Cultura, Rede de Memória Virtual Brasileira : mémorial virtuel brésilien (page de Manuel Arruda da Câmara (1752-1810))
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