Pierre Gilles, né le à Ménéac et mort le à Rennes, est un peintre français.
Après avoir exercé le métier de peintre en bâtiment, il décide en 1946 de se consacrer exclusivement à l'art pictural.
Entre 1943 et 1991, ses œuvres sont exposées en France, notamment à Rennes où il vit, et à Pont-Aven où il effectue de très nombreux séjours et où il côtoie de nombreux peintres. Il est sélectionné pour participer à des salons parisiens où il est remarqué.
Très impliqué dans la vie culturelle rennaise, il crée en 1965 une académie libre de peinture, l'Escabeau, qu'il dirige et anime jusqu'en 1976. Cet atelier ayant cessé son activité en 1978, il interviendra auprès de la municipalité d'Edmond Hervé pour qu'elle soutienne la création de l'Atelier du Thabor en 1979.
Il est également un des membres fondateurs de l'Association Maison de la Culture de Rennes qui ouvre en 1968.
Il fait partie du groupe Combat des Trente, association fondée en 1970 par un groupe d'artistes bretons.
Biographie
Pierre Gilles est né à Ménéac dans le Morbihan le , deuxième d'une famille de cinq enfants. Son père exerce la profession de voiturierPierre Gilles catalogue en ligne du FRAC Bretagne.
Après son certificat d'études primaires obtenu en 1926, il travaille pendant deux années comme employé de magasin d'alimentation à Ménéac, avant de commencer l'apprentissage du métier de peintre en bâtiment.
Ouvrier peintre à Rennes, il suit les cours du soir à l'Ecole régionale des beaux-arts de Rennes, d'abord en 1932-33 le cours élémentaire de dessin d'art dispensé par Pierre Galle, puis en 1938-39, le cours d'ornement et de composition décorative dispensé par Camille Godet.
Peu après son mariage en 1936 avec Anne Bedel il part à Bruxelles durant une année pour suivre les cours de l'école supérieure de peinture décorative Logelain, et il y obtient le diplôme de décorateur.
Mobilisé et blessé en , il est prisonnier de guerre en Allemagne jusqu'en 1941. Rapatrié il reprend alors un travail salarié dans le bâtiment à Rennes. En 1943, réfractaire au service du travail obligatoire, il se réfugie avec sa femme et ses trois enfants à Ménéac. Durant trois années d'inactivité forcée, il travaille à la ferme pour avoir un revenu de subsistance et mène une réflexion sur lui-même et son besoin de peindre d'après son œil et son imagination. Il s'adonne alors assidûment à la peinture de chevalet en réalisant des portraits de famille ou d'amis, des natures mortes, et reçoit quelques commandes.
En 1943, ses œuvres sont exposées au Salon des provinces françaises au palais des musées à RennesAvec celles de Lucien Seevagen, Victor Boner, Emmanuel Fougerat, Jean Deyrolle, Yvonne Jean-Haffen, Joseph Savina, Ernest Guérin (cf. P. G., « L'amour de l'art Le salon de Bretagne », L'Ouest-Éclair, , lire en ligne)..
Sa première exposition personnelle a lieu en 1944 à la galerie Perdriel à RennesF. Le R., « À la galerie Perdriel l'exposition P. Gilles », L'Ouest-Éclair, 5 avril 1944 (lire en ligne). puis à Ploërmel« L'exposition Pierre Gilles », La Voix de l'Ouest, ..
De retour à Rennes en 1946 où il se fixe définitivement, il refuse une offre de travail salarié et se consacre entièrement à son art. La galerie Perdriel à Rennes lui consacre une exposition dès cette année-làRené Thierry , « Pierre Gilles à la galerie Perdriel », Ouest-France, 17 janvier 1946..
Entre 1951 et 1956, en raison d'une situation matérielle difficile il est contraint de reprendre une activité salariée intermittente dans une entreprise de décoration, puis dans un atelier de publicité.
En 1951, il adhère à la Fraternité laïque franciscaine.
En 1953, il illustre un texte d'Henri Terrière sur la vie de Paul Gauguin pour le journal Ouest-France.
Dès les commencements de sa nouvelle vie d'artiste peintre, Pierre Gilles a abordé tous les genres qu'il pratiquera durant toute sa vie : portraits, natures mortes, paysages, marines, scènes de la vie familiale, de l'atelier du peintre, ou de la vie contemporaine, nus, compositions inspirées de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ses sources d'inspiration pour les paysages se situent en Bretagne, qu'il a largement parcourue, en Normandie, en Ile-de-France, en Brière et sur la Côte d'Azur. Il effectue un voyage d'études au Danemark en 1948 et entreprend la découverte de Tolède en 1956.
Dès 1947, son travail est sélectionné dans des Salons parisiens et obtient des prix nationaux et régionaux.
Les années 1966 à 1971 sont des années charnières durant lesquelles Pierre Gilles renouvelle sa manière de peindre et sa technique, à la fois dans les paysages et dans les compositions de figures. C'est une période de remise en cause de son métier, de recherches et d'échanges très nombreux avec ses confrères ou ses élèves. En effet, c'est à cette époque qu'il fonde l'académie libre de peinture, l'Escabeau, où il invitera notamment d'autres artistes à venir débattre avec les adhérents professionnels ou amateurs de cet atelier. Il adhère également au groupe Combat des Trente qu'il préside de 1969 à 1971. Il trouve son inspiration en Corse, en Espagne (Murcie et Andalousie), en Provence, et toujours en Bretagne (île Molène et les grèves du Finistère Nord).
À partir de 1972, il va travailler à un cycle de composition de grands formats inspiré des Mystères du Nouveau Testament qu'il présentera successivement à Rennes, Redon, Brest et Paris.
La mairie de Rennes l'invite à exposer à la Rotonde du théâtre en 1982.
À partir de 1982, il travaille pour lui-même à des compositions de figures essentiellement, souvent, mais pas exclusivement inspirées des textes bibliques. Ne souhaitant plus vendre ses œuvres récentes, il ne les montre que dans le cadre d'invitations personnelles à des expositions ou dans des salons.
Pierre Gilles meurt à Rennes le Henri Terrière, « Il avait la discrétion des grands La mort de Pierre Gilles », Ouest-France, ..
La municipalité d'Edmond Hervé attribue son nom à une place de la Ville de Rennes le « De nouveaux noms de rues », Ouest-France, ..
La Ville de Thorigné-Fouillard lui rend hommage lors de son Salon de peinture en 1994Article de Jean-Jacques Persico in catalogue de l'exposition., ainsi que Les estivales de Tinténiac en 1996« Exposition Pierre Gilles », Ouest-France, ..
Une rétrospective sur le thème de l'atelier est organisée en 1998 au Crédit mutuel de Brest au Relecq KerhuonChristian Grente, « Pierre Gilles 1913-1993. L'art de faire simple », Arts Actualités MagazineMagali Guiavarch, « L'atelier du peintre, lieu vital et sensible Rétrospective Pierre Gilles à Kerhuon », Ouest-France, ..
Le , la municipalité de Ménéac attribue le nom de Pierre et Paul Gilles (prêtre et écrivain, frère de Pierre Gilles) à la médiathèque de la ville.
L'Escabeau (1965-1972)
Pierre Gilles décide en 1965 d'ouvrir un atelier–académie, l'Escabeau, au 7, impasse Rallier du Baty dans les combles de l'ancienne prison Saint-Michel de Rennes, à destination des amateurs exercés ou non qui souhaitent dessiner, peindre et graver sous ses conseils. L'inauguration de cet atelier, qui fonctionne trois jours par semaine, a lieu le en présence du maire de Rennes, Henri FrévilleLe Peintre, : "L'atelier de dessin et de peinture " l'Escabeau" vient d'ouvrir ses portes 7 ruelle Rallier du Baty à Rennes".« L'inauguration de l’atelier-académie « escabeau » dirigé par le peintre Pierre Gilles », Ouest-France, .Henri Terrière, « L'atelier libre « L'Escabeau » un climat d'art et de sympathie », Ouest-France, 1967Jean-Yves Dubois, « Pierre Gilles et son atelier l' « Escabeau », Les Maisons de l'Ouest, ..
Des artistes, Robert TatinHenri Terrière, « À l'Escabeau, Robert Tatin a parlé de la vision chez Rembrandt, Van Gogh, La Tour et… Tatin », Ouest-France, ., Georges Breuil« Réunion à l'Escabeau avec le peintre Georges Breuil », Ouest-France, ., Jean-Yves Couliou« Samedi à l'Escabeau le peintre Jean Couliou traitera des problèmes de matière en art », Ouest-France, ., Jean Mingam« Mercredi soir à l'Escabeau : entretien sur la vocation artistique avec le sculpteur et peintre Jean Mingam », Ouest-France, . viennent y faire des conférences-débats.
En , Pierre Gilles cesse d'animer l'atelier qu'il a fondéHenri Terrière, « Le peintre Pierre Gilles quitte la direction de l'Escabeau », Ouest-France, . et en confie la direction au peintre Mariano Otero jusqu'en 1976« Le peintre Mariano Otero prend la succession de Pierre Gilles à la tête de L’Escabeau, ouverture de l'atelier le 29 septembre », Ouest-France, ., date à laquelle les locaux loués sont repris par leur propriétaire« On déménage : L'atelier de l'Escabeau qui fonctionnait avec succès depuis 1965 dans les locaux de l'ancienne prison Saint Michel s'est vu obligé de déménager », Les nouvelles de Rennes, ..
L'Escabeau trouvera un lieu d'accueil à la MJC du Grand Cordel durant deux années, mais les locaux devenant insuffisants pour répondre à une demande croissante d'inscriptions, une démarche est entreprise auprès de la Ville de Rennes pour la recherche d'un local plus adapté
Plus de 400 personnes fréquenteront cet atelier entre 1965 et 1972 (90 inscrits en 1971-1972)., certaines pendant plusieurs années de suite, voire la totalité des années d'existence de l'Escabeau.
L'Atelier du Thabor
L'Escabeau étant à l'étroit dans les locaux de la MJC, Pierre Gilles fit partie d'un groupe d'artistes comme Alain Auregan, Jean-Yves Boislève, Marcel Dinahet, Christian Tanguy, René Nogret et Janine Gislais alors conseillère municipale déléguée aux Arts plastiques à la ville de Rennes, pour réfléchir à la création d'une association dont l'objet serait de promouvoir l'expression plastique.
Cette association loi 1901 déclarée au Journal officiel du prend le nom d'Association arts recherches et techniquesJournal officiel de la République française, ., et fonctionnera dans l'ancienne chapelle des Catéchistes alors désaffectée et mise à la disposition par la Ville de RennesHenri Terrière, « L'atelier d'arts plastiques de Rennes fonctionnera place Saint Melaine », Ouest-France, .. L'atelier du Thabor ouvert le , inauguré le par Edmond Hervé, maire de Rennes« De nouvelles règles d'urbanisme à Rennes », Ouest-France, ., est toujours en activité en 2026.
Pierre Gilles en sera le premier président de 1979 à 1981« Deux journées des arts sous le signe de la mémoire L'atelier du Thabor fête ses 20 ans », Ouest-France, ..
Groupe Combat des Trente L'Association Combat des Trente est enregistrée le sous le à la préfecture de Rennes. Il s'agit d'une
La création de Combat des Trente s'est effectuée à l'initiative d'Henri Yvergniaux, artiste peintre, Jean Pol Guguen, journaliste à l'ORTF, et Pierre Le Ray, industriel du meuble. Marcel Milès, Jean-Yves Couliou, Henri Girard, Pierre Gilles, Xavier Morvan, artiste peintres, Gwen Jégou et Dodik Jégou, peintres sculpteur et céramistes, René Van de Vyver, éditeur, et Marc Bernol, cinéaste, sont les premiers adhérents..
Pierre Gilles en sera le président jusqu'en 1972« Combat des Trente Manifeste », Armor Magazine, ..